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Archive pour la catégorie 'GRANGIER Gilles'

Le Désordre et la nuit – de Gilles Grangier – 1958

Posté : 7 décembre, 2016 @ 8:00 dans * Polars/noirs France, 1950-1959, GABIN Jean, GRANGIER Gilles | Pas de commentaires »

Le Désordre et la nuit

Grangier réussit avec Le Désordre et la Nuit ce qu’il échouera à faire dans Maigret voit rouge : réaliser un polar jazzy, sorte de synthèse entre le polar à la française et le film noir, entre les ambiances envoûtantes du film de genre et un cinéma vérité en avance sur la Nouvelle Vague.

L’omniprésence de la musique dans ce Paris de la nuit donne un ton radicalement différent au genre, avec ces longs numéros de cabaret et ces gros plans fiévreux sur les musiciens, les danseurs ou les chanteuses (noirs). Loin de l’image de « cinéma de papa » que la Nouvelle Vague, justement, a injustement accolée à Grangier comme à quelques autres (qui gravitaient le plus souvent autour de Gabin), ce film permet en tout cas de tempérer ce jugement, un peu trop définitif et en tout état de cause franchement injuste.

Gabin, lui, est impeccable. Avec un bémol, quand même : le « personnage » Gabin est tellement fort, que la posture qu’il trimballe alors de film en film dépasse les talents immenses de l’acteur. Aussi parfait soit-il, on a quand même du mal à l’imaginer en flic alcoolo, craspouille et bordeline comme il nous est présenté. Le voir est un pur bonheur. Mais le film aurait sans doute été très différent avec un autre acteur, à l’image plus malléable que le « monstre Gabin ».

Avec En cas de malheur et Voici le temps des assassins, le film pourrait en tout cas conclure ce qui ressemble à un formidable triptyque, autour d’un même thème : Gabin l’homme mûr tombant amoureux d’une jeune femme trop jeune et trop femme. Trois films forts, aux tons et aux conclusions très différents, et où Gabin trouve finalement des rôles assez différents.

Il y a aussi le plaisir de retrouver Danielle Darrieux, l’une des rares actrice dont on peut se demander si le personnage est le symbole même de l’élégance, ou la plus grande des salopes…

Le film est aussi aussi par les excellents dialogues de Michel Audiard, du petit lait dans la bouche de Gabin : « Et après, qu’est-ce que ça fait un flic ? – ça téléphone, et ça rentre. »

Maigret voit rouge – de Gilles Grangier – 1963

Posté : 13 novembre, 2015 @ 1:44 dans * Polars/noirs France, 1960-1969, GABIN Jean, GRANGIER Gilles, Maigret | Pas de commentaires »

Maigret voit rouge

Quatre ans seulement ont passé depuis L’Affaire Saint-Fiacre. Pourtant, tout semble avoir changé dans ce nouveau Maigret, le troisième et dernier interprété par Jean Gabin (curieusement, le dernier interprété par un acteur français au cinéma, d’ailleurs). Delannoy et Audiard sont partis, remplacés par Gilles Grangier à la caméra et au scénario.

Pas un manchot, cela dit : le réalisateur nous offre quelques belles séquences nocturnes, joliement photographiées, tendues et pleines de suspense. Quant à l’adaptateur, ses dialogues « à la Audiard » le sont trop pour ne pas sonner un peu faux. Gabin, d’ailleurs, n’y croit pas trop, à ces dialogues : ses mimiques habituelles semblent un peu forcées ici. Un détail, cependant. Parce que le polar est réellement très efficace, le rythme ne baisse jamais, et la violence et le danger sont constamment palpables dans les rues de Paris.

Mais plus que l’absence de Delannoy et Audiard, c’est celle de l’atmosphère chère à Simenon que l’on regrette, et l’esprit même de Maigret. La silhouette massive et voûtée est bien là, mais pas cette lassitude et ce doute permanents qui font la richesse du personnage, et qui faisaient le charme des deux précédents films.

On le comprend bien d’ailleurs : cette fois, Maigret est confronté à des adversaires différents, des étrangers, des Américains, qui prennent les rues parisiennes pour « le Chicago de la Prohibition », dixit Maigret. Ce qui est au cœur de la plupart des « Maigret », cette lente immersion dans un microcosme dont il découvre peu à peu les secrets, n’a plus de raison d’être. On est ici dans l’environnement du commissaire, où la violence fait une incursion brutale.

Le sujet aurait pu être intéressant, comme aurait pu l’être la confrontation du traditionnel Maigret avec la culture américaine, le culte des gangsters, le jazz et le bowling. Mais tout ça n’est qu’un décor, et le polar est d’avantage un « Gabin » qu’un « Maigret ». Un bon Gabin d’ailleurs, mais sans grande surprise, et forcément très frustrant pour les amoureux de Maigret et Simenon.

* Voir aussi Maigret tend un piège et Maigret et l’affaire Saint Fiacre.

 

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