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Archive pour la catégorie 'GOULDING Edmund'

La Bonne Combine (Mister 880) – d’Edmund Goulding – 1950

Posté : 16 juin, 2025 @ 8:00 dans * Films noirs (1935-1959), 1950-1959, GOULDING Edmund, LANCASTER Burt | Pas de commentaires »

La Bonne Combine

Les films qui trouvent leur inspiration dans les archives des services de sécurité américains… Un genre en soi, dans le cinéma hollywoodien des années 40-50, avec quelques sommets (Appelez Nord 777…) et beaucoup de films plus dispensables.

Celui-ci, tiré des archives du Trésor, commence très exactement comme tous les autres : une voix off qui dresse les louanges du service en question, illustrée par un montage d’images documentaires et d’autres tournées pour l’occasion. Du tout venant, donc, à un détail près.

Le détail, c’est le côté anodin de l’affaire. Depuis dix ans, les agents du Trésor se cassent les dents sur un faux-monnayeur remarquable par : 1) son amateurisme flagrant (ses billets sont franchement bâclés)  ; 2) son absence totale d’ambition (il écoule des faux billets de 1 dollar… un par un).

Dix ans d’échecs, c’est long. Alors on charge un super flic de reprendre l’enquête : Burt Lancaster, dans un registre de genre idéal mâtiné d’obstination. Bref, un type un peu buté, et finalement guère aimable, surtout que le faux monnayeur qu’il recherche, et dont l’identité nous est dévoilée très tôt, est lui le meilleur type du monde : un vieil extrêmement bon, un rien naïf, et très attachant, joué avec truculence par Edmund Gwenn.

Autre détail amusant : le flic et le faux-monnayeur se rencontrent autour d’une jeune femme (Dorothy McGuire) qui passe très vite du statut de vague suspecte à celui de love-interest. Autant dire que l’intrigue policière se résume bientôt à un simple dilemme moral qui flirte avec le marivaudage amoureux.

D’un strict point de vue narratif, Edmund Goulding respecte parfaitement le cahier des charges du genre, filmant très efficacement et avec un savoir-faire imparable les avancées de l’enquête. Mais c’est surtout l’ironie qu’il infuse qui fait mouche : le contraste entre l’obstination du flic et la légèreté des faits, entre la froide détermination d’un Lancaster parfaitement rasé, parfaitement coiffé, toujours impeccablement vêtu, et la chaude décontraction de Gwenn, dont l’apparence révèle une absence totale de faux semblant.

Un polar sans suspense, et sans action… Voilà ce que filme Goulding. Et c’est franchement réjouissant.

Victoire sur la nuit (Dark Victory) – d’Edmund Goulding – 1939

Posté : 13 juillet, 2018 @ 8:00 dans 1930-1939, BOGART Humphrey, GOULDING Edmund | Pas de commentaires »

Victoire sur la nuit

Bette Davis, jeune femme frivole de la haute société (dans le milieu des courses, c’est dire !), découvre qu’elle a une saloperie dans le crâne et doit se faire opérer. Tout se passe bien en apparence, mais son beau chirurgien lui cache qu’elle est condamnée…

Evidemment, c’est un grand mélo hollywoodien. Evidemment, on pleure, et à chaudes larmes encore. Evidemment, l’amour est plus fort que tout. Evidemment, on connaît les ficelles par cœur. Mais on se laisse pourtant prendre avec volupté par ce film d’une délicatesse assez inattendue, qui séduit autant par l’émotion brute qu’elle trimbale que par l’extrême sensibilité de ses personnages.

Bette Davis, donc, qui s’est fait souffler l’Oscar par Vivien Leigh cette année-là (il faut dire que c’était pour le bien nommé Autant en emporte le vent), mais qui aurait bien mérité de faire le doublé après sa statuette obtenue pour L’insoumise l’année précédente. Omniprésente, sur tous les registres (de la légèreté à la tragédie), elle est magnifique dans ce rôle d’une femme trop gâtée qui découvre la vie quand elle la sait limitée.

Face à elle, George Brent est impeccable, et les seconds rôles sont étonnamment bien écrits, jusqu’à Ronald Reagan, qui parvient à donner une vraie profondeur à un personnage très secondaire que l’on ne voit pourtant qu’occuper à tromper son ennui en avalant verres après verres. Et que dire d’Humphrey Bogart, présence bienveillante et chaleureuse qui a droit au tout premier plan du film tout en n’apparaissant que dans une poignée de scènes… Il a droit à son nom en troisième position au générique, ce qui ressemble fort à une reconnaissance, alors qu’il est sur le point de devenir l’immense star que l’on connaît.

La réussite du film doit autant à ces personnages qu’à la mise en scène intense et lyrique de Goulding, vieux briscard qui, de Gloria Swanson à Greta Garbo, a toujours su filmer les grands personnages féminins. Mais ce qui est le plus réussi dans ce film, c’est peut-être le personnage le plus discret : celui d’Anna, la meilleure amie, qui porte sur elle toute la douleur de ce drame. Une femme étonnamment moderne aussi, qui travaille et porte un pantalon, là où les autres femmes glandent dans de splendides tenues. Un détail, peut-être, mais que la prestation toute en retenue de Geraldine Fitzgerald rend inoubliable.

Anna Karénine (Love) – d’Edmund Goulding – 1927

Posté : 27 novembre, 2016 @ 8:00 dans 1920-1929, FILMS MUETS, GOULDING Edmund | Pas de commentaires »

Anna Karénine

Très libre adaptation de l’œuvre de Tolstoï, dont Garbo tournera d’ailleurs une autre version, parlante cette fois, sous la direction de Clarence Brown. De la première rencontre au happy end, le film prend bien des distances avec le roman original ?

Au moins le titre anglais, en se démarquant clairement du roman , annonce-t-il la couleur. Avec ce film, la MGM voulait d’avantage mettre en valeur son couple star autour d’une grande histoire d’amour romanesque, que signer une adaptation luxueuse.

Le plus beau dans ce film, c’est la tension sensuelle qui se dégage de la relation entre Garbo et John Gilbert. Dès leur toute première rencontre, dans cette auberge au milieu de la steppe enneigée, cette tension est palpable et fait tout oublier. Et c’est bien ça le plus réussi : cette impression que toutes les tempêtes, toutes les hostilités, tous les écueils disparaissent dès que ces deux-là sont ensemble.

Pas ou peu de grandiloquence, d’ailleurs. Il y a bien quelques scènes d’envergure comme celle du bal, ou celle de la chasse. Mais même là, les nombreux figurants finissent par disparaître pour ne laisser la place qu’à un tête-à-tête entre les deux vedettes.

Même la relation, belle et douloureuse, entre Anne et son fils finit par passer au second plan. Même la cruauté inflexible du mari trompé finit par devenir secondaire… Anna Karénine est avant tout une histoire d’amour. Belle et tragique.

Dommage quand même que la dernière partie soit expédiée en quelques minutes seulement. En n’évoquant la longue quête de Vronsky, censée durer des années, qu’en une (petite) poignée de plans, le happy-end qui arrive un peu brusquement perd de la force émotionnel qu’il aurait dû avoir.

 

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