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Archive pour la catégorie 'FULLER Samuel'

Le Kimono pourpre (The Crimson Kimono) – de Samuel Fuller – 1959

Posté : 23 janvier, 2017 @ 8:00 dans * Films noirs (1935-1959), 1950-1959, FULLER Samuel | Pas de commentaires »

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Fasciné par le Japon, Samuel Fuller y avait tourné le formidable La Maison de Bambou. Avec ce Crimson Kimono, il creuse le même sillon, mais sur le sol américain, dans le Little Tokyo de Los Angeles. Une sorte de renversement de situation donc, mais où le cinéaste continue à confronter les deux cultures.

Avec plus d’ambiguïté encore, peut-être : du flic Américain de souche, ou de son partenaire et ami d’origine japonaise, lequel est le plus étranger dans ce quartier qui semble coupé du monde extérieur, comme un no man’s land fascinant. Ni vraiment le Japon, et plus non plus tout à fait Los Angeles.

Il y a un meurtre (qui ouvre le film par une séquence extraordinaire, d’une belle intensité, et qui pose d’emblée les bases visuelles, au noir et blanc quasi documentaire), une quête à hauts risques, et un rythme qui ne retombe jamais. Mais on sent bien que ce n’est pas le polar qui motive Fuller, mais l’ambiguïté des personnages et de leurs relations.

Plus le film avance, plus le polar laisse la place aux relations de plus en plus troubles entre les personnages, avec ce triangle amoureux qui permet de mettre à l’épreuve l’amitié de deux hommes, et qui fait la part belle à une réflexion ambitieuse et complexe sur le racisme et la loyauté.

En marge de ce triangle amoureux qui ne ressemble à aucun autre, il y a aussi le personnage, secondaire mais extraordinaire, joué par Anna Lee. En artiste vieillissante et alcoolique, l’actrice est magnifique, loin de l’image trop lisse qu’elle a parfois eue.

La Maison de Bambou (House of Bamboo) – de Samuel Fuller – 1955

Posté : 17 octobre, 2016 @ 8:00 dans * Films de gangsters, * Films noirs (1935-1959), 1950-1959, FULLER Samuel, RYAN Robert | Pas de commentaires »

La Maison de Bambou (House of Bamboo) - de Samuel Fuller - 1955 dans * Films de gangsters La%20Maison%20de%20Bambou_zpsdnaljirw

Polar ? Film d’amour ? Choc des civilisations ? Impossible de restreinte La Maison de Bambou à un genre trop précis : le film de Fuller est d’une immense richesse. Passionné depuis toujours par l’Asie, le cinéaste découvre réellement le Japon avec ce film que Zanuck l’envoie tourner sur place, uniquement en décors réels. Le résultat, du point de la véracité des images, est stupéfiant.

Souvent tourné au milieu de la « vraie » foule, le film dégage une authenticité que peu de films hollywoodiens ont réussi à atteindre avant ou depuis. A tel point qu’on peine à croire que Fuller n’avait jamais mis les pieds au Japon avant le tournage : la vision que le film donne du pays est loin, très loin des clichés habituels des occidentaux. Sa manière de filmer les gens et la vie au plus près crée une proximité qui fait beaucoup pour l’atmosphère si atypique du film.

Entre l’attaque du train qui précède le générique et l’extraordinaire fusillade finale, le film regorge de morceaux de bravoure qui, tous, s’inscrivent dans les paysages que Fuller filme admirablement : face au Mont Fuji au début (avec un magnifique plan d’un cadavre d’Américain se découpant sur la mythique montagne), ou dans une espèce de fête foraine en pleine ville à la fin.

Mais entre ces deux extrêmes aussi, Fuller est constamment inspiré par les décors naturels, qui semblent avoir largement dicté sa manière de filmer son histoire. Il y a notamment un sublime travelling suivant Shirley Yamaguchi qui traverse le quartier populaire où elle vit, et où elle découvre l’animosité de ses voisins à l’égard de celle qui se laisse séduire par un étranger.

C’est un thème fort du film : la présence américaine dans ce Japon de l’après-guerre. Une présence qui semble pour le meilleur dans les premières images, qui montrent Japonais et Américains travaillant main dans la main pour le maintien de la paix. Mais cette vision idyllique ne tarde pas à avoir du plomb dans l’aile, avec des policiers véreux, et ce gang meurtrier dirigé par le grand Robert Ryan, une nouvelle fois extraordinaire en gangster qui voit son monde s’écrouler autour de lui.

Le film tourne autour de lui, de son influence, même si, techniquement, ce n’est pas lui le héros, mais Robert Stack, dans l’un de ses meilleurs rôles. Un sale type, semble-t-il dans les premières scènes, sans allure, sans morale et sans un sou, qui finit par être admis au côté du chef de gang avant de dévoiler sa véritable nature. Il y a l’histoire d’amour, magnifique, délicate et sensuelle, entre Robert Stack et Shirley Yamaguchi. Mais il y a aussi un inattendu triangle amoureux qui ne dit pas son nom entre Ryan, Stack, et Cameron Mitchell, qui nous offre une hallucinante scène de jalousie.

Et tout ça est filmé dans un Cinemascope d’une beauté renversante de chaque plan. Un film d’une richesse infinie, donc, et dont chaque aspect semble parfaitement abouti. La Maison de Bambou est un grand film d’amour, un grand polar, un grand suspens, et une merveilleuse plongée dans ce Japon de la reconstruction. Un chef d’œuvre, oui.

* DVD dans la collection « Hollywood Légende », avec une présentation passionnante de 30 minutes par François Guérif.

40 tueurs (Forty Guns) – de Samuel Fuller – 1957

Posté : 1 juillet, 2015 @ 1:33 dans 1950-1959, FULLER Samuel, STANWYCK Barbara, WESTERNS | Pas de commentaires »

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Les toutes premières images sont ébouriffantes : l’irruption de quarante cavaliers lancés à toute vitesse à la suite de la superbe Barbara Stanwyck, qui balayent tout sur leur passage, véritable tornade sur pattes. Dès cette introduction, Fuller (scénariste, producteur et réalisateur) donne le ton, avec ce merveilleux Cinemascope en noir et blanc qu’il utilisera pendant les 80 minutes de folie qui vont suivre pour dynamiter le genre westernien.

Ces premiers instants, filmés du point de vue de voyageurs en apparence tranquille submergés par cette « vague » équestre que rien ne semble pouvoir arrêter, est impressionnante. Il y en aura d’autres, comme cette hallucinante séquence de tornade (authentique cette fois), jamais vue auparavant ou depuis dans un western. Et rarement avec autant de force dans n’importe quel autre genre.

C’est un film audacieux qui ne se refuse rien. Un western dans lequel les hommes pleurent et supplient. Un film qui remet aussi au goût du jour la vieille figure du cow-boy chantant, pour de beaux intermèdes musicaux qui s’apparentent aux chœurs antiques. C’est aussi un film où l’amour et la mort sont intimement liés, une sorte de tragédie shakespearienne où les héros sont marqués par leur passé, ou par leur entourage.

Barbara Stanwyck est formidable, comme toujours. Mais c’est Barry Sullivan qui impressionne le plus. L’acteur a peut-être un jeu limité, mais Fuller le filme comme un mythe hanté par sa propre auréole. Il faut le voir, au moment d’un duel annoncé, marcher droit vers son adversaire avec une force tranquille qui sidère littéralement (l’adversaire comme le spectateur).

Avec une liberté absolue et une inventivité de chaque instant, Fuller signe un chef d’oeuvre.

* Indispensable pour tous les amateurs du genre, le film est disponible en blue ray dans la bien nommée collection Westerns de Légende de Sidonis/Calysta. Avec les habituelles présentations de Patrick Brion et d’Yves Boisset.

 

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