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Archive pour la catégorie 'FRANKLIN Sidney'

Terre de volupté (Wild Orchids) – de Sidney Franklin – 1929

Posté : 12 mars, 2019 @ 8:00 dans 1920-1929, FILMS MUETS, FRANKLIN Sidney | Pas de commentaires »

Terre de volupté

Une jeune femme mariée à un homme beaucoup plus âgé qu’elle et qui la délaisse, obnubilé qu’il est par ses affaires. Un voyage à Java, où la chaleur étouffante désinhibe cette femme qui aime avoir le contrôle sur sa vie et ses sentiments. Une rencontre avec un prince séducteur et arrogant, au charme fou…

Et finalement, c’est un rôle sage, inhabituellement sage, pour Greta Garbo, qui joue ici les victimes : victime de son mari trop absent, victime de l’insistance lourdingue de ce beau prince, mais aussi victime de ses pulsions qu’elle a tant de mal à refréner avec cette chaleur et dans ce contexte exotique où tout semble possible.

Car cette femme bien comme il faut, issue de la bonne société de San Francisco, fidèle et amoureuse, est fascinée par cet étranger aussi séduisant qu’inquiétant, sorte de version policée du Cheik de Valentino ou du Forfaiture de Sessue Hayakawa. Un personnage que l’on découvre battant avec hargne l’un de ses larbins, image obsédante pour Garbo, qui en reverra avant d’assouvir ses pulsions.

A Hollywood, l’étranger est aussi inquiétant que fascinant. Cette vision paraît bien datée aujourd’hui, et le film l’est d’ailleurs, daté, avec son trop long intermède dédié aux danses javanaises, ou sa manière de représenter la société locale. Mais dans le rôle de ce prince asiatique, Nils Asther apporte un charme indéniable, charme que l’on retrouve d’ailleurs cette même année dans Le Droit d’aimer, autre film avec Greta Garbo.

Le film traîne quand même en longueur, et gagnerait à être resserré. C’est qu’il ne s’y passe pas tant de chose que ça, que l’exotisme n’est pas si fascinant, et que la mise en scène est globalement très plan-plan. Reste quand même une belle scène : celle de la chasse aux tigres, intense et pleine de suspense. Et Garbo elle-même, tout en nuances et très émouvante.

Gretchen the Greenhorn (id.) – de Chester M. Franklin et Sidney Franklin – 1916

Posté : 20 août, 2012 @ 5:25 dans 1895-1919, FILMS MUETS, FRANKLIN Chester M., FRANKLIN Sidney | Pas de commentaires »

Gretchen the greenhorn

Très joli film avec Dorothy Gish en tête d’affiche, sans sa sœur pour une fois. Réalisé par deux frères qui font preuve d’une belle inventivité visuelle, avec une utilisation très inspirée des cadrages, des caches, et de la pénombre. Point d’orgue de ce petit film qui supporte très bien l’épreuve du temps : un mariage génialement filmé par une suite de gros plans sur des visages expressifs (et des mains) isolés sur un fond totalement noir. Original et génial, même près d’un siècle après.

Gretchen the Greenhorn a pour toile de fond une sorte d’auberge espagnoles dans laquelle cohabitent des immigrés venus des quatre coins d’Europe et d’Amérique, à New York. Gretchen (la frangine Gish) y retrouve son père, honnête artisan venu tenter sa chance en Amérique, qui n’a jamais fait fortune, mais qui a gardé un cœur immense. La preuve : il partage son repas avec les enfants affamés d’une pauvre voisine.

Il y a là un jeune Italien, qui tombe amoureux de Gretchen ; une veuve américaine entourée d’enfants et sans le sou ; et bientôt un étrange propriétaire de bateau, joué par un Eugene Pallette presque svelte (difficile à imaginer, oui), qui profitera de la naïveté du père de Gretchen pour en faire le complice malgré lui de sa bande de faux-monnayeurs.

Belle peinture de ce petit groupe qui symbolise la diversité des immigrés, qui se retrouvent pourtant autour d’une même misère. Solidaires pour faire face à la dure réalité du « rêve américain ». C’est l’univers qui a tant inspiré Chaplin, décrit ici d’une manière un peu plus dramatique, mais tout aussi vivante.

Le rythme du film est étonnant : entre sourire et frisson, les Franklin ne laissent aucune seconde de répit aux spectateurs. Et puis, visuellement, c’est constamment inventif, en particulier pour l’utilisation des caches. Et ce dès les premiers plans, modèles du genre. D’abord, Dorothy Gish assise, rêveuse, en fond de cale d’un bateau l’amenant en Amérique. Puis, son père apparaît dans une petite vignette découpée en bas de l’écran. L’image s’agrandit peu à peu, alors qu’il se lève de son lit et se dirige vers la caméra. Son visage souriant finit par occuper tout l’écran. C’est à la fois simple et virtuose, et tout le film est à l’avenant.

 

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