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Lenny (id.) – de Bob Fosse – 1974

Posté : 3 juin, 2016 @ 8:00 dans 1970-1979, FOSSE Bob | Pas de commentaires »

Lenny

Plus encore que la prestation de Dustin Hoffman, assez formidable, c’est la sublime photo de Bruce Surtees qui surprend et fascine dans ce biopic consacré à un humoriste américain à peu près inconnu chez nous (ou me trompé-je ?). Surtees, le chef op attitré de Clint Eastwood jusqu’à Pale Rider (et de Don Siegel à la même époque), qui a certes su tirer le meilleur de l’univers urbain des deux cinéastes, et dont le travail sur Honkytonk Man notamment est une merveille, mais qu’on ne plaçait honnêtement pas au côté des plus grands.

Pourtant, c’est bien ce noir et blanc hyper-contrasté, ces éclairages trop vifs confrontés aux volutes de fumée des clubs nocturnes, ces contre-jours abrupts, et cette image très granuleuse, comme sortie d’une vieille revue cheap de l’époque, qui marquent dans Lenny, et qui donnent au film cet aspect jazzy underground radical.

Un aspect conforté par la musique, bien sûr, et par les parti-pris de Bob Fosse qui évite comme la peste tout cadrage trop propret et trop évident. Et par le montage qui joue habilement des allers-retours entre les sketchs de Lenny et sa « vrai vie » qui semblent constamment se répondre et s’influencer mutuellement.

C’est donc l’histoire de Lenny Bruce, racontée par ceux qui l’ont le mieux connu : sa femme, sa mère, son agent. Ses années de galère dans des petits clubs où son humour trop lisse ne faisait rire personne. Puis son ascension lorsqu’il s’est fait le pourfendeur de la bonne morale américaine. Jusqu’à l’obsession, jusqu’à devenir le symbole de la dépravation pour la bonne société, et jusqu’à se laisser dévorer par ce statut trop grand pour lui.

Il y a quand même un grand regret avec ce film : celui que Bob Fosse ait privilégié à ce point le côté « défenseur de la liberté de Lenny Bruce, alors que le vrai sujet semble ailleurs. Le plus passionnant, la clé du personnage tel qu’il apparaît ici, c’est sa relation avec celle qui va devenir sa femme, la mère de sa fille, qu’il va accompagner dans la déglingue, et qu’il à peu près abandonner au fond du trou…

Cette relation complexe et le côté autodestructeur du personnage sont là bien sûr, mais presque comme une toile de fond sur laquelle Bob Fosse pose sa critique, cinglante, de la société bien-pensante. Son film en devient par moments un peu froid. Avant que la flamme et le désespoir des personnages ne reprennent le dessus.

* DVD chez Wild Side dans une très belle édition accompagnée d’un livre passionnant et richement illustré signé Samuel Blumenfeld. En bonus également, une interview du chef op Darius Khondji, qui a découvert le film pour préparer ce bonus. Une démarche étonnante qui se révèle passionnante.

 

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