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Archive pour la catégorie 'FLOREY Robert'

Bedside (id.) – de Robert Florey – 1934

Posté : 28 janvier, 2018 @ 8:00 dans * Pre-code, 1930-1939, FLOREY Robert | Pas de commentaires »

Bedside

Touche-à-tout bourré de talent, Robert Florey signe un film médical, genre alors en vogue (on se souvient du très beau Night Nurse de Wellman, notamment). Warren William, excellent, y interprète un ancien étudiant en médecine, trop glandeur pour être allé au bout de ses études, qui se laisse convaincre par sa fiancée de reprendre sa dernière année pour passer son diplôme et pouvoir exercer. Pour ça, la belle lui a prêté la somme nécessaire. Sauf qu’avant même de poser ses fesses sur les bancs de l’école, l’apprenti docteur perd tout l’argent au jeu. Et ça, pas question de l’avouer…

On a donc un « héros » qui achète le diplôme d’un ex-toubib drogué, et s’installe sous un faux nom. Incapable d’établir un diagnostic, encore moins d’opérer qui que ce soit, mais franchement très bon dès qu’il s’agit de communication. Si bien qu’en peu de temps, le faux médecin devient, sans avoir touché le moindre patient (pour ça il compte sur son assistant, authentique médecin, joué par Donald Meek), une véritable star de la médecine à New York…

On est loin de Knock dans ce drame qui aborde un sujet grave : l’exercice illégal de la médecine. Plus largement, le film évoque l’impasse dans lequel s’engouffre le personnage de Warren William, enfermé dans une mécanique de mensonge et d’égocentrisme. On peut douter de la morale finale, mais Bedside est un film assez emballant, qui aurait été très différent s’il avait été tourné quelques mois plus tard : le code Hayes n’était pas encore appliqué avec rigueur, et on pouvait encore filmer une relation extra-conjugale, ou un ancien médecin accro à la morphine.

Ce dernier, joué par David Landau, a droit à une poignée de séquences étonnantes : lorsque la caméra, qui illustre son état de manque, le filme dans un gros plan qui déforme son visage, esthétique qui semble sortie d’un film d’épouvante. Le genre est également effleuré dans le laboratoire de Donald Meek, où l’acteur est filmé comme un savant fou travaillant à ressusciter les morts (avec des électrochocs, en fait). Une approche esthétique qui tranche avec le contexte réaliste de l’histoire, donnant un ton particulier au film.

La Dame en rouge / La Femme en rouge (The Woman in red) – de Robert Florey – 1935

Posté : 22 janvier, 2018 @ 8:00 dans 1930-1939, FLOREY Robert, STANWYCK Barbara | Pas de commentaires »

La Femme en rouge

Ah ! l’univers des propriétaires de chevaux. Bien sympas, ces riches oisifs, et souriants avec ça. Mais quand une simple palefrenière ose épouser le fils d’une famille de nouveaux riches, sur lequel sa patronne avait des vues, il ne faut pas longtemps pour que le vernis ne craque.

Dans les premières minutes pourtant, on craint d’assister à l’une de ces bluettes légères et bienveillantes dans la haute société. Mais non : le film de Florey n’épargne pas grand-chose à cette société de riches oisifs, à la fois hautains, manipulateurs, cyniques, revanchards… Bref, odieux. Et dans le rôle de la pétasse en chef, Genevieve Tobin est parfaite : plus elle est souriante (et elle l’est), plus elle est odieuse.

Mais sa cible préférée a du panache : c’est Barbara Stanwick, forcément formidable. En un regard, elle rappelle à quel point elle est une actrice géniale : alors qu’elle joue la légéreté face aux déclarations de son prétendant (Gene Raymond), elle réalise soudain que les mots d’amour qu’elle entend ne sont pas feints, et qu’elle-même est amoureuse. Cette prise de conscience, que Barbara Stanwick joue d’un simple regard, est magnifique.

Comme elle est magnifique quand elle comprend le scandale dont elle va inévitablement être victime lorsque tout part de travers sur le yacht où elle avait accepté de monter pour aider un ami ; ou quand elle se dresse enfin face au « clan » familial de son mari, des vieux types franchement détestables arc-boutés sur leurs fausses valeurs…

En à peine plus d’une heure, Florey boucle un film particulièrement riche, qui commence comme une simple romance avant de virer vers le mélodrame, pour se terminer par une longue séquence de procès. C’est fort bien réalisé, mené à un rythme impeccable, et il y a Barbara, ballottée d’un sentiment à l’autre. Une réussite, donc.

Danger Signal (id.) – de Robert Florey – 1945

Posté : 21 janvier, 2018 @ 8:00 dans * Films noirs (1935-1959), 1940-1949, FLOREY Robert | Pas de commentaires »

Danger Signal

Zachary Scott, charmeur et beau parleur dont on sait dès la première image qu’il a causé la mort d’une femme, débarque dans une maison sans histoire, où il séduit tour à tour les deux filles de la famille. Manipulateur, il monte bientôt les uns contre les autres, et avance lentement ses pions, dévoilant peut à peu un objectif funeste.

Sur le thème de « l’ennemi est à l’intérieur », Florey signe un thriller très efficace, et surtout remarquablement construit. La manière dont le réalisateur français introduit ce personnage inquietant, et l’amène dans cette maison où se jouera le drame ; la manière dont il filme l’isolement grandissant de la jeune femme jouée par Faye Emerson dans sa propre maison… Il y a dans la mécanique narrative du film une précision que n’aurait pas reniée Fritz Lang, comme il n’aurait pas renié la vision que livre Florey du Mal.

Et même si les motivations de Scott ne sont pas totalement convaincantes, même si le personnage de la petite sœur reste un peu superficiel, même si le médecin joué par Bruce Bennett est une caution humoristique peut-être superflue… Danger Signal reste une belle surprise, un film noir franchement flippant et parfaitement tendu.

Le Passé se venge (The Crooked Way) – de Robert Florey – 1949

Posté : 3 février, 2015 @ 11:34 dans * Films noirs (1935-1959), 1940-1949, FLOREY Robert | Pas de commentaires »

Le Passé se venge

Un vétéran blessé durant la deuxième guerre mondiale a tout oublié de sa vie, et même de son identité. Il enquête pour retrouver son passé, et découvre qu’il pourrait bien avoir été impliqué dans de sombres affaires. Le coup de l’amnésie, le film noir nous l’a déjà fait à plusieurs reprises : Fleischer avec Le Pigeon d’argile, et Mann avec Two o’clock courage en avait fait le thème central de réjouissantes oeuvres de jeunesses.

Le Passé se venge n’innove donc pas vraiment. Mais malgré une intrigue inutilement compliquée et quelques longueurs, et même sans un cinéaste de la trempe de Mann ou Fleischer aux commandes, le film est une vraie réussite.

Sans nier le talent certain de Florey qui ne démérite pas à défaut de révolutionner le genre, le film doit beaucoup au génial chef opérateur John Alton : dans un Los Angeles baigné de lumière, il parvient à plonger ses personnages dans des atmosphères mystérieuses, jouant merveilleusement avec les ombres, les transparences, la lumière qui cherche constamment son chemin. Des images inoubliables qui permettent d’oublier aisément un certain manque de rythme.

Là où Florey marque indéniablement des points, c’est dans la direction d’acteurs, et dans la manière de filmer ces acteurs, tous remarquables. John Payne surtout, dont l’apparence monolithique et faussement impénétrable est un atout formidable pour ce personnage d’amnésique.

Florey utilise aussi merveilleusement les décors (eux aussi très réussis), notamment lors de la dernière scène de fusillade dans l’entrepôt, un modèle du genre aussi ramassé que tendu, merveille de mise en scène à l’atmosphère parfaitement angoissante. Un moment qui mériterait à lui seul de découvrir cette rareté.

• Le film vient d’être édité dans la collection « Les Perles Noires » de Sidonis/Arcadès. En bonus, des présentations du film par Bertrand Tavernier, François Guérif et Patrick Brion.

 

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