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Archive pour la catégorie 'FEYDER Jacques'

Le Baiser (The Kiss) – de Jacques Feyder – 1929

Posté : 2 novembre, 2016 @ 8:00 dans * Pre-code, 1920-1929, FEYDER Jacques, FILMS MUETS | Pas de commentaires »

Le Baiser

Bref passage à Hollywood pour Feyder, qui en profite quand même pour réaliser le tout dernier film muet de la Divine, Greta Garbo.

Au regard de ses chefs d’œuvre antérieurs ou postérieurs, reconnaissons que The Kiss fait figure d’aimable bluette, fort sympathique certes, mais tout à fait anecdotique.

Il y a tout de même quelques très belles choses dans ce film, qui mêle habilement romance, suspense et film de prétoire sans génie, mais avec un savoir faire très hollywoodien dont parvient à faire preuve le Frenchy.

Parmi les belles idées, trop peu exploitées hélas : les deux apparitions légères et pleines d’humour des trois femmes de ménage dans la salle de tribunal, qui pour le coup tranchent avec les productions hollywoodiennes de l’époque, et rappellent qu’il y a aux commandes un compatriote de Pauline Carton !

Et surtout, cette étonnante séquence où Garbo, accusée du meurtre de son mari, raconte la scène aux policiers. Elle improvise et hésite sur les détails, et la scène qui se déroule sous nos yeux – celle qu’elle décrit durant son interrogatoire – s’adapte à ses hésitations : les aiguilles de l’horloge naviguent tandis qu’elle cherche l’heure précise ; les fenêtres s’ouvrent et se referment ; son doigt reste longuement sur l’interrupteur le temps qu’elle décide si oui ou non la lumière était restée allumée… Une idée assez géniale.

On sent bien que ce sont là les principales contributions de Feyder qui, pour le reste, a sans doute dû se plier aux contraintes du studio. Avec un résultat parfaitement agréable, mais quand même nettement moins surprenant.

Les Nouveaux Messieurs – de Jacques Feyder – 1928

Posté : 18 avril, 2013 @ 2:52 dans 1920-1929, FEYDER Jacques, FILMS MUETS | Pas de commentaires »

Les Nouveaux Messieurs – de Jacques Feyder – 1928 dans 1920-1929 les-nouveaux-messieurs

© La Cinémathèque française

Une danseuse sans grand talent de l’opéra de Paris devient Etoile grâce à ses protecteurs : un député de droite et un Ministre.

Un syndicaliste perd son innocence, ses valeurs et son amour en devenant Ministre.

Un député de droite austère et réactionnaire gagne en humanité en privilégiant son amour…

On peut ainsi raconter Les Nouveaux Messieurs de plusieurs manières, en adoptant tour à tour les points de vue des trois personnages (Gaby Moralay, Albert Préjean et Henry Roussel, excellents) de ce triangle amoureux dans les coulisses du pouvoir. C’est d’ailleurs ce que fait Feyder, dans un film étonnant et constamment inattendu, porté par une mise en scène d’une infinie délicatesse : une fleur un peu flétrie posée délicatement sur un sac à main luxueux suffit à évoquer le trouble naissant de la jeune danseuse, déchirée entre ces deux hommes si différents…

Jacques Feyder signe une peinture pleine de vie des dessous de l’Opéra de Paris (la reconstitution est fascinante) et des arcanes de la politique, dans ce qui est aussi une gentille satire de la république et de ses excès. Mais Les Nouveaux Messieurs n’est pas à proprement parler un film politique : Feyder met en scène des politiques de gauche et de droite qui n’ont de différents que leur aspect physique et leurs manières, mais qui utilisent les mêmes méthodes, les mêmes éléments de langage. Les débats, animés, sont d’ailleurs privés de leur substance et réduits à l’opposition gauche-droite, par l’utilisation d’intertitres rigolards.

Le film fait peu de cas de la politique et de ses figures obligées. Si critique il y a, c’est plus celle de l’ambition et du pouvoir qui coupent des réalités. La conclusion, en cela, est très inattendue, pour un film qui reste une œuvre légère.

Un film au rythme curieux, qui commence sur un ton faussement nonchalant, évitant toute accélération et tout effet facile. Mais plus le personnage du syndicaliste (joué par Préjean) s’enfonce dans la politique, plus le rythme s’accélère, tantôt agressif, tantôt comique, se rapprochant même du slapstick américain.

Au final, Les Nouveaux Messieurs laisse un sentiment désabusé. Un regard plein d’humour et de cynisme posé sur le monde du pouvoir qui, visiblement, ne laisse à Feyder aucune illusion…

Visages d’enfants – de Jacques Feyder – 1923

Posté : 29 mars, 2013 @ 5:46 dans 1920-1929, FEYDER Jacques, FILMS MUETS | Pas de commentaires »

Visages d’enfants – de Jacques Feyder – 1923 dans 1920-1929 visages-denfants

Un enfant dont la mère vient de mourir n’arrive pas à en faire le deuil, et se renferme sur lui-même lorsque son père, homme bon mais incapable d’apporter la tendresse dont son fils a besoin, décide de se remarier.

C’est un sujet particulièrement difficile que choisit Feyder, pour ce qui est l’un de ses chefs-d’œuvre. D’autant plus difficile que le cinéaste adopte la plupart du temps le point de vue du gamin, plaçant même parfois la caméra à sa hauteur, et que son film se fait le porte-parole de ses sentiments, qui oscillent de la tristesse à la colère en passant par la douleur.

La première séquence, notamment, est extraordinaire : l’enterrement de la mère, suivi en parallèle, grâce à un montage alterné, par le fils qui porte le poids de cette disparition, et sa petite sœur encore insouciante. Le montage alterné illustre parfaitement et cruellement la différence de ressenti. Cette douleur confrontée à l’insouciance de la jeune sœur est bouleversante.

C’est d’autant plus bouleversant que Feyder n’en rajoute jamais dans l’émotion. Son histoire est suffisamment dure pour ne pas surenchérir.

C’est une réussite rare, parce que c’est vraiment dans la tête de ce pauvre gamin que Feyder nous place, ce gamin qui pense à sa mère bien sûr, mais qui souffre aussi, sans jamais le dire, du manque de tendresse d’un père dont on attend jusqu’au bout qu’il l’étreigne.

En cela, Visages d’enfants est non seulement un superbe film sur le deuil d’un enfant et ses interrogations, c’est aussi l’un des plus beaux films sur l’enfance.

Et puis Feyder utilise magnifiquement des décors naturels spectaculaires : le petit village de Saint-Luc, perdu dans les montagnes suisses que le cinéaste filme avec une inspiration constante. Le voyage du gamin et de son parrain d’une vallée à l’autre, est impressionnant, comme l’est la séquence de l’avalanche et les recherches nocturnes qui suivent, filmées réellement de nuit, chose rare à l’époque et éclairée à la torche.

Jean Forest, le gamin (que Feyder avait déjà dirigé dans Crainquebille, est absolument exceptionnel, dans ce qui est l’un des sommets du muet français (franco-suisse, disons).

 

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