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Archive pour la catégorie 'DEL TORO Guillermo'

Le Labyrinthe de Pan (El laberinto del fauno) – de Guillermo Del Toro – 2006

Posté : 21 août, 2018 @ 8:00 dans 2000-2009, DEL TORO Guillermo, FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

Le Labyrinthe de Pan

Film après film, Guillermo Del Toro construit ce qu’il faut bien appeler une œuvre, avec des thèmes qui reviennent régulièrement : un hommage aux « monstres » du Hollywood des années 50, l’innocence confronté aux grands remous de l’histoire récente… Après L’Echine du Diable et avant La Forme de l’eau, ses deux chefs d’oeuvre, Le Labyrinthe… vient compléter une sorte de trilogie informelle, visiblement très personnelle.

C’est la confrontation, fascinante, du Mal dans ce qu’il a de plus diabolique, mais dans un contexte historique réaliste, et de la pureté du conte de fée traditionnel. Confrontation hautement improbable, et pour le moins casse-gueule, mais dont Del Toro tire un film qui sonne comme une extraordinaire évidence, tant tout est juste. Qu’il filme les exactions sanguinaires de l’armée franquiste, ou l’apparition de fées ou de créatures surnaturelles, c’est le même naturel qui se dégage.

Del Toro, il est vrai, prend un parti-pris fort : adopter le point de vue d’une enfant, qui se réfugie dans un monde féérique pour fuir la violence du « vrai » monde. Sauf que, bien sûr, la frontière entre les deux est toute théorique. Ce regard enfantin justifie en tout cas la violence graphique parfois insoutenable, autant que toutes les folies du monde parallèle.

La force du film repose en grande partie sur la manière, superbe et déchirante, dont Del Toro filme les horreurs de l’Histoire, et le gâchis humains… La réussite du film doit aussi beaucoup à la toute jeune actrice qui joue Ofelia (Ivana Baquero), mais aussi à la belle Maribel Verdu (la marâtre de Blancanieves) dans le rôle de Mercedes. A elles deux, ces deux-là annoncent déjà la sublime héroïne de La Forme de l’eau. Quand on vous dit que Del Toro a un univers très cohérent…

La Forme de l’eau (The Shape of Water) – de Guillermo Del Toro – 2017

Posté : 16 avril, 2018 @ 8:00 dans 2010-2019, DEL TORO Guillermo, FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

La forme de l'eau

L’Oscar du meilleur film qui revient à un cinéste mexicain pour un film très critique vis à vis de la bonne société blanche et paranoïaque américaine. Rien que ça a quelque chose de profondément réjouissant sous l’ère Trump. Mais surtout, voilà un Oscar qui vient récompenser un cinéma décomplexé et sincère, nostalgique et poétique, qui dresse d’innombrables ponts avec les classiques d’autrefois, mais aussi entre le cinéma de genre et le cinéma d’auteur. Et ça, c’est loin d’être une évidence dans le Hollywood d’aujourd’hui.

On sait Guillermo Del Toro très amateur d’un cinéma peuplé de freaks, et de plongée dans l’histoire entre réalisme et passé fantasmé. Un cinéma viscéral et poétique, qui atteint son apogée ici, avec ce film qu’on se surprend à voir comme une sorte de suite, plus qu’un simple hommage, aux films de monstres des années 50. On pense à L’Etrange créature du lac noir bien sûr, dont le monstre reprend l’apparence, mais aussi les origines (même lagon au cœur de l’Amazonie, même aspect humanoïde, même branchies…).

On pense aussi, évidemment, au Tod Browning de Freaks et de quelques autres classiques, avec cette vision décomplexée et dépouillée de toute idée reçue de l’amour, et de l’attirance charnelle. Cette créature est fascinante. Mais son aspect visqueux est surtout un formidable révélateur de la beauté (pas si cachée) de Sally Hawkins, freak à sa manière, muette aux antipodes des canons de beauté habituels, qui s’ennuie dans une vie sans amour et sans surprise, répétant à l’envi les mêmes gestes, jour après jour.

La jeune femme, et ce n’est pas un hasard, vit au-dessus d’un cinéma qui subit durement la concurrence de la télévision. On dans l’Amérique du début des années 60, avec la Guerre Froide qui menace, et les années 50 déjà regardées comme un paradis perdu. Le pays a sombré dans la paranoïa, et toutes les différences sont mal vues par le pouvoir en place, symbolisé par un agent du FBI fidèle à tous les fantasmes qu’on peut lui attribuer : un manipulateur violent et dominateur, campé par un Michael Shannon glaçant.

Le film est constamment sur le fil, s’amusant des stéréotypes et des idées reçues. Qui d’autre aurait pu réussir ce film sans tomber dans le ridicule ? Qui d’autre aurait pu rendre crédible cette histoire d’amour, passionnée et charnelle, entre une jeune femme et un monstre marin ? Qui d’autre, aussi, aurait pu se permettre ce passage de comédie musicale, où Sally Hawkins et le monstre se mettent à danser dans un décor de music-hall ?…

Guillermo Del Toro, non seulement rend son histoire crédible, mais côtoie le sublime dans ce film constamment surprenant, plein de vie, et d’un optimisme naïf… mais beau. Et que dire de Sally Hawkins, la plus belle des « moches » de cinéma. Sa prestation, émouvante et sensuelle, est à elle seule une superbe (et définitive) critique du côté interchangeable de toutes les stars actuelles. Une actrice hors des modes, pour un cinéma intemporel et totalement magique.

Blade 2 (id.) – de Guillermo Del Toro – 2002

Posté : 26 février, 2013 @ 11:52 dans 2000-2009, DEL TORO Guillermo, FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

Blade 2 (id.) – de Guillermo Del Toro – 2002 dans 2000-2009 blade-2

Le premier Blade était plutôt sympathique. Con et bourré de clichés, mais sympathique. Guillermo Del Toro, réalisateur autrement plus inspiré que Stephen Norrington, donne clairement une autre dimension à cette première séquelle, qui n’est pas beaucoup plus intelligente que l’original, mais qui est visuellement autrement plus ambitieuse.

L’univers du cinéaste, mélange de bande dessinée et de film noir, donne une autre dimension à cette guerre des vampires. Son film alterne sans temps mort les moments de bravoure, avec un sens du cadre et de la couleur qui manque trop souvent dans le grand cinéma d’action hollywoodien.

Wesley Snipes, comédien vraiment impossible, n’a pas le beau rôle. Incapable de nuancer son jeu autrement que par des coups de tatane¸ il est souvent délaissé par le cinéaste au profit de seconds rôles plus charismatiques. A commencer par Ron Perlman, l’acteur fétiche de Del Toro, gueule improbable qui a droit aux plus beaux plans du film. Impressionnant, drôle et grotesque à la fois.

Dès la toute première scène du film, la marque du cinéaste est clairement visible : sa banque du sang évoque furieusement l’imagerie nazie qui revient dans la plupart de ses films, du cartoonesque Hellboy au sublime L’Echine du Diable.

Blade 2, tout de même, n’est pas au niveau de ces deux références. La faute à un scénar toujours aussi con (Blade fait désormais équipe avec les vampires pour lutter contre un être encore plus dangereux ; Kris Kristofferson, tué dans le premier volet, ressuscite mystérieusement…) et à quelques choix de mise en scène plutôt discutables : une poignée de bastons qui semblent tout droit sortis d’un jeu vidéo des années 90.

Del Toro est nettement plus inspiré lorsqu’il filme des personnages en attente, où des atmosphères nocturnes inquiétantes. De toute façon, comparée au précédent, cette suite est une merveille.

 

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