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Je rentre à la maison – de Manoel De Oliveira – 2001

Posté : 19 juillet, 2025 @ 8:00 dans 2000-2009, DE OLIVEIRA Manoel | Pas de commentaires »

Je rentre à la maison

Il n’y a qu’un jeune homme pour signer un film si délicat et si vivant sur la vieillesse et la mort qui guette. J’ai nommé : Manoel de Oliveira, 93 ans, et en plein temps dans la période la plus active de sa carrière. Un phénomène, à la longévité inédite, et qui tournera jusqu’à l’âge de 104 ans. Ce qui n’est pas rien. Et ce qui rend son entrée si tardive sur ce blog encore plus impardonnable.

Je rentre à la maison est un film d’une étonnante fraîcheur, l’œuvre d’un cinéaste qui maîtrise parfaitement son art, réflexion fascinante sur le temps qui passe, à travers le quotidien sans fioriture d’un comédien réputé, joué par Michel Piccoli. Ce qui, il est vrai, contribue en grande partie à la réussite du film : que Piccoli soit juste n’est pas un scoop. Il l’est, donc. Mais la grandeur de son interprétation va bien au-delà.

Piccoli, devant la caméra de De Oliveira, sème le trouble sur la dimension autobiographique du rôle. Ce personnage d’acteur vieillissant qu’il incarne, qui commence en jouant Le Roi se meurt sur scène (avec Catherine Deneuve), pour finir en jouant le Ulysses de Joyce au cinéma (devant John Malkovich), n’est-ce pas une sorte de condensé de l’acteur Piccoli dans toute sa richesse et dans toute son aura ?

L’acteur est en tout cas une incarnation parfaite de ce que le cinéaste raconte : un homme en action qui réalise qu’il n’a pas eu le temps, et qui s’efface peu à peu, comme une annonce de sa propre disparition. Dans plusieurs scènes clés, De Oliveira filme Piccoli en cachant son visage à la caméra : dos tourné, ou plongé dans la pénombre d’un clair-obscur… L’acteur amorce sa disparition à venir pendant que le monde continue autour de lui…

Cette idée du temps qui s’envole prend toute sa dimension après la première séquence, ce long extrait de la pièce de Ionesco que joue la troupe : lorsque le comédien apprend la mort dans un accident de sa femme, de leur fille et de leur gendre. Et lorsqu’il réalise que son petit-fils n’a désormais plus que lui dans la vie. Ce drame est filmé avec une économie de moyen remarquable, comme la porte d’entrée vers le toboggan de la fin de vie…

Après cette séquence inaugurale, De Oliveira filme la vie dans toute sa dimension hasardeuse : des errances dans les rues de Paris, des moments d’insouciance avec l’enfant… Il filme aussi le temps qui passe inexorablement, avec des routines qui se répètent inlassablement : un café pris tous les jours à la même heure, à la même table ; une photo que l’on regarde systématiquement après que l’enfant a quitté la maison… De véritables rituels dont la répétition a quelque chose d’inéluctable.

Alors oui, c’est triste et mélancolique. Mais Je rentre à la maison est aussi un film beau, plein de vie et d’enthousiasme, dont on jurerait qu’il est l’œuvre d’un cinéaste en pleine maturité artistique. Ce qui est vrai : malgré son grand âge, De Oliveira tournera encore dix longs métrages, soit une partie importante de sa filmographie. Un phénomène, décidément.

 

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