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Archive pour la catégorie 'De MILLE Cecil B.'

Les 10 commandements (The Ten Commandments) – de Cecil B. De Mille – 1923

Posté : 25 novembre, 2016 @ 8:00 dans 1920-1929, De MILLE Cecil B., FANTASTIQUE/SF, FILMS MUETS | Pas de commentaires »

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Sommet du cinéma hollywoodien biblique, Les 10 commandements version Charlton Heston n’est pas le remake de cette première version déjà réalisée par Cecil B. De Mille. Non, le film de 1956 n’est le remake que du prologue de cette version muette de 1923 : les 50 premières minutes, illustration chapitre par chapitre du destin de Moïse et des Hébreux dans l’Egypte de Ramsès II.

Ce prologue n’est certes qu’une succession de faits marquants, sans le souffle lyrique du remake. Mais la marche des esclaves, l’avancée des chars, le mur de flammes ou, bien sûr, la traversée de la mer rouge sont déjà très impressionnants. De Mille, alors roi de la « comédie conjugale », fait ses premiers pas dans le cinéma de la démesure. Et son sens du spectacle est déjà extraordinaire.

Qu’il filme des milliers de figurants ou qu’il utilise les trucages de l’époque (des surimpressions, essentiellement), l’ampleur de sa mise en scène est toujours au service de l’histoire. 33 ans plus tard, il donnera une dimension encore plus impressionnante à l’histoire de Moïse (pour ce qui sera son dernier film). Mais cette version 1923 est déjà franchement bluffante.

Bon. Sur le fond, on est quand même dans la pure illustration biblique. Tout le film, d’ailleurs, baigne dans une bien-pensance et un moralisme qui, quand même, rompt assez radicalement avec le cynisme et la liberté de ses grandes comédies conjugales, souvent autrement plus audacieuses en matière de mœurs.

On retrouve un peu de ce ton, par bribes, dans ce qui est en fait le cœur du film: le drame contemporain. Car lorsque Moïse a brisé les tables de la loi, De Mille enchaîne avec le plan d’une bible que l’on referme : une mère lisait cet épisode à ses deux grands garçons. Deux hommes qui, bien sûr, s’apparaîtront à des versions modernes des frères ennemis du récit biblique.

Le premier (joué par Richard Dix) est honnête, travailleur et humble. Le second (Rod La Roque) est ambitieux, jouisseur et impie. Tous deux tombent amoureux de la même femme (Leatrice Joy, très émouvante), mais c’est autour d’une église que leurs destins se sépareront irrémédiablement : une église que le second est chargé de construire, et pour laquelle il utilise un béton de mauvaise qualité pour faire de plus grands bénéfices.

Non, la symbolique n’est pas légère. Mais De Mille a du savoir faire, et un sens unique du spectacle, même dans un récit finalement aussi simple que celui-ci. Le meilleur: une séquence au sommet de l’église en construction, où les sentiments se dévoilent sans fardn, et où tous les masques semblent tomber. A la fois beau… et vertigineux, dans le sens premier du terme.

Après la pluie, le beau temps (Don’t change your husband) – de Cecil B. De Mille – 1919

Posté : 12 juillet, 2016 @ 8:00 dans 1895-1919, De MILLE Cecil B., FILMS MUETS | Pas de commentaires »

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Très tôt, De Mille a affirmé son goût pour les films en costumes, et pour la démesure. C’est ce qui fera sa légende, ce pourquoi l’histoire le retient en premier lieu : ses superproductions comme Les 10 commandements. Dans les années 10, c’était sa version de Jeanne d’Arc, succès populaire qui paraît aujourd’hui bien daté et un rien pompeux.

A l’époque déjà, le succès était certes important, mais le coût de production était tel que les producteurs préféraient, de loin, le voir tourner ces comédies de mœurs qu’il a enchaîné au tournant de 1920 : des productions autrement plus rentables qu’il tournait un peu à reculons, mais qui connaissaient de gros succès pour des dépenses modestes.

Grâce soit rendue à l’appât du gain des producteurs ! Parce que ces comédies de mœurs qui semblent souvent basées sur le même modèle (un couple se sépare, va chercher ailleurs, et se retrouve finalement), avec des titres qui paraissent interchangeables (Old Wives for New auparavant, Why change your wife après), rappellent à quel point De Mille était un bon cinéaste.

Don’t change your husband n’est peut-être pas son film le plus abouti, mais il y a là un sens du rythme et du récit absolument imparable. L’histoire est simple, et on sait d’emblée où elle nous entraîne : négligent et fermé aux désirs de sa femme (Gloria Swanson), le mari qui aime trop les cigares et les oignons (Elliott Dexter) va ouvrir les yeux et redevenir un séducteur élégant pour reconquérir celle qu’il avait perdu.

Ce cheminement sans grande surprise vaut surtout pour ces petits détails que De Mille accumule pour illustrer l’usure des couples, et qui se répètent et se répondent, comme ce journal grand ouvert durant les petits déjeuners, symbole de la barrière qui sépare les deux époux. Amusante aussi, la comparaison, par enchaînement de fondus-enchaînés, entre la tenue impeccable de l’amant en puissance, et celle débraillée du mari installé…

A la fin, la morale est souvent sauve, chez De Mille. Mais en chemin, il n’hésite pas à bousculer et à faire preuve d’un cynisme authentique, dans sa peinture sans grande concession du couple. Il laisse aussi apparaître un début de postulat féministe : le personnage de Gloria Swanson est le vrai moteur de l’histoire. Même si, au final, ses aspirations romantiques seront ramenées à une réalité plus prosaïque.

Le Rachat suprême (The Whispering Chorus) – de Cecil B. De Mille – 1918

Posté : 28 avril, 2012 @ 11:01 dans 1895-1919, De MILLE Cecil B., FILMS MUETS | Pas de commentaires »

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Voler, c’est mal. John Tremble, le « héros » de ce mélodrame muet particulièrement cruel signé De Mille va s’en rendre compte bien amèrement, et en payer le prix fort…

Petit comptable sans le sou, tiraillé entre son mauvais ange et sa bonne conscience (qui apparaissent tout au long du film en surimpression : un visage d’homme pour le mal ; une douce femme pour le bien… De Mille ne fait pas exactement dans la légèreté, ici), il hésite entre mener une existence miséreuse mais honnête, vie dans laquelle il ne peut offrir ce qu’il souhaite à sa femme (Kathlyn Williams) et sa mère (la très digne Edythe Chapman) ; ou céder à la tentation en jouant au jeu d’argent et en volant de l’argent à son riche patron.

L’homme est faible, et souvent dominé par ses basses pulsions, dans la filmographie muette de De Mille. Tremble passe donc du côté obscur, et le piège ne tarde pas à se refermer sur lui. Acculé, il décide de disparaître, ce qui n’est pas le rebondissement le plus réussi du film : le départ semble bien précipité, alors qu’on ne ressent pas vraiment une pression énorme peser sur les épaules de notre pauvre héros.

Ce n’est pas non plus le rebondissement le plus spectaculaire, car la suite est tout bonnement incroyable. Réfugié dans les bois, Tremble découvre un cadavre qu’il « pêche » au bout de sa ligne, et qu’il décide de rendre méconnaissable pour le faire passer pour lui. Considéré comme mort, il refait sa vie dans les docks, devient estropié, et finit par être accusé de son propre meurtre, pendant que sa femme se remarie avec l’homme qui l’a fait arrêter (le très charismatique Elliot Dexter, un habitué du cinéma de De Mille). Et ce n’est pas fini…

Trop, c’est trop ? Non : De Mille signe un film hyper sombre, mais extrêmement poignant. Si le couple formé par Kathlyn Williams et Elliot Dexter est touchant, on sent De Mille bien plus ému par les rapports filiaux que par les relations maritales : il n’y guère de passion au sein du couple Tremble, et jamais le fuyard ne donne l’impression de regretter sa vie d’homme marié. C’est par contre le souvenir douloureux de sa mère qui le pousse à revenir.

L’un des deux plus beaux moments du film est d’ailleurs les retrouvailles entre la vieille mère et ce fils qu’elle ne reconnaît pas, un passage déchirant. L’autre, c’est cette scène où Jane Tremble, remariée, envisage de sacrifier cette vie de famille qui s’annonce, par fidélité pour son ancien mari. La caresse qu’elle esquisse au fantôme de son enfant pas encore né est bouleversante.

Le Réquisitoire (Manslaughter) – de Cecil B. De Mille – 1922

Posté : 10 novembre, 2011 @ 4:10 dans 1920-1929, De MILLE Cecil B., FILMS MUETS | Pas de commentaires »

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Cecil B. De Mille n’y va pas de main morte avec ce mélodrame qui n’a jamais peur d’aller trop loin. On a donc une riche héritière, Lydia (Leatrice Joy), frivole et amateur de vitesse, qui ne prend rien au sérieux. Surtout pas ce procureur, Dan (Thomas Meighan), qui l’aime et qui fait tout pour convaincre Lydia qu’elle vaut mieux que cette vie de débauche digne de la pire époque romaine (ce qui nous donne droit à quelques séquences romaines illustratives et indigestes, heureusement courtes). Sauf qu’à un moment, Lydia va trop loin : son égoïsme envoie une pauvre mère de famille en prison, et coûte la vie d’un policier. Alors Dan réalise que pour sauver Lydia d’elle-même, il ne reste qu’une option : la prison. Mais en faisant condamner celle qu’il aime, « c’est mon cœur que j’envoie en prison », et Dan sombre dans l’alcool. Jusqu’à ce que Lydia trouve la voie de la rédemption…

Ce curieux mélo s’apparente à un intrus dans la filmo muette de De Mille, souvent irrévérencieuse et pas loin d’être amorale. Il y a au contraire, dans Manslaughter, tout ce qui rendra parfois De Mille insupportable dans ses grandes fresques à venir : un moralisme gonflant (l’alcool, c’est mal), et une foi inébranlable dans les institutions. Parce que, finalement, quoi de mieux que quelques années en prison pour vous remettre dans le droit chemin ? Hein ?! Faut dire qu’elles ont l’air sympa, les prisons de De Mille. La prison pour femmes en tout cas : une espèce de village vacances où tout le monde doit travailler, certes, mais sous le regard bienveillant de gardiennes-copines, et main dans la main avec des tas de gentilles copines qui seront contentes de vous voir retrouver la liberté, mais un peu tristes quand même de vous voir partir…

On a l’air de se moquer, là, mais une fois ces (énormes) réserves posées, il faut bien constater que Manslaughter est une nouvelle fois l’œuvre d’un grand cinéaste particulièrement inspiré, d’un strict point de vue formel. Le scénario peut ne pas convaincre, mais le film se regarde avec un vrai plaisir. Même si on peut lui préférer les audaces et la liberté de la série de films consacrés aux couples et aux tromperies, qu’il venait alors de réaliser (notamment La Proie pour l’Ombre, déjà chroniqué sur ce blog).

Forfaiture (The Cheat) – de Cecil B. De Mille – 1915

Posté : 4 octobre, 2011 @ 10:43 dans 1895-1919, De MILLE Cecil B., FILMS MUETS | Pas de commentaires »

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Décidément, Cecil B. De Mille vaut (parfois) bien mieux que sa pauvre réputation de spécialiste de la grosse production hollywoodienne tendance réac. Pour preuve deux chef d’œuvre du western (Une aventure de Buffalo Bill et Pacific Express), et la qualité souvent exceptionnelle de ses films muets. Et De Mille n’a pas attendu la grande décennie 1920 pour maîtriser parfaitement l’outil cinématographique : dès 1915, il s’impose comme l’un des premiers très grands cinéastes, l’égal d’un Griffith. Forfaiture est bien plus modeste sur le fond que Intolérance, tourné la même année. Mais dans la forme, on est dans un cinéma d’une modernité époustouflante…

Et pourtant, le film est d’une sobriété exemplaire : la plupart du temps, les décors sont réduits au strict minimum. En particulier dans la maison de style japonais, où les personnages semblent sortir directement de la nuit. Ce dépouillement extrême permet à De Mille de se concentrer sur les visages expressifs de ses acteurs, et sur des jeux d’ombre qui touchent parfois au génie, et tout particulièrement dans le « climax » du film : la célèbre scène du fer rouge…
L’histoire est relativement connue (Marcel L’Herbier réalisera un remake en 1937) : une jeune femme mariée à un homme d’affaire perd les 10 000 euros que lui a confié un organisme de charité, en les jouant en bourse. Elle demande l’aide d’un riche Japonais qui refuse ensuite de lui laisser sa liberté, cherchant à abuser d’elle et la marquant de son sceau brûlant comme du bétail…

Il y a dans cette histoire cruelle des thèmes qui reviendront souvent dans les films « matrimoniaux » que De Mille enchaînera dans les années 20 : un couple menacé par les relations extra-conjugales, un entourage bourgeois à la frivolité parfois mesquine… Mais ce film de jeunesse possède en plus une immense cruauté, qui trouve son point culminant lorsque le Japonais marque de son sceau chauffé au fer rouge l’épaule gracile de Fanny Ward. Une scène de viol figurée que n’aurait sans doute pas reniée Hitchcock…

Cette séquence d’une grande violence psychologique et physique fait entrer Sessue Hayakawa dans l’histoire. L’acteur deviendra même l’un des acteurs les mieux payés d’Hollywood au milieu des années 10, et restera le plus célèbre acteur japonais (jusqu’à Toshiru Mifune, en tout cas). Malgré quelques apparitions dans d’autres films marquants (en particulier Le Pont de la Rivière Kwai), il restera profondément marqué par son rôle dans Forfaiture, rôle qu’il retrouvera plus de vingt ans plus tard dans le film de L’Herbier.

La Proie pour l’Ombre (Old Wives for New) – de Cecil B. De Mille – 1918

Posté : 23 mars, 2011 @ 10:36 dans 1895-1919, De MILLE Cecil B., FILMS MUETS | Pas de commentaires »

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Cecil B. DeMille n’a pas vraiment bonne presse, depuis quelques décennies. De lui, on retient surtout ses films monumentaux comme Les Dix Commandements, et son comportement ouvertement « anti-rouges » durant la chasse aux sorcières. C’est oublier un peu vite que le gars a réalisé deux des grands westerns de l’histoire (Une Aventure de Buffalo Bill et surtout Pacific Express), et qu’il fut l’un des cinéastes importants du muet, signant notamment une série de portraits de couples en crise assez audacieux, et pour la plupart très réussis.

Ce Old Wives for New est sans doute le plus misogyne de toute cette série de films : « Au lieu de gâcher nos vies, occupe toi de la maison », lance le personnage principal à sa femme… Très loin du romantisme d’un Borzage, DeMille met en scène un homme mur mais portant toujours beau, qui n’éprouve plus que du dégoût pour sa femme qui fut une jolie jeune femme, mais qui est aujourd’hui une quinquagénaire obèse et n’accordant plus la moindre attention à son apparence. Dans leur salle de bain, cet homme, Charles Murdock, regarde avec une répugnance visible les affaires de sa femme, qu’il décide alors de quitter… Il rencontrera une jeune et jolie styliste, tandis que sa femme sera séduite par le secrétaire de Murdock.

Le film est audacieux, et souvent inventif, à l’image de cette séquence d’ouverture, qui introduit les différents personnages de cette histoire par un plan évocateur sur leurs mains : des mains de travailleurs pour l’un, de fainéante bouffant du chocolat à longueur de journée… C’est original et amusant, et ça définit mieux qu’un visage le caractère de chacun.

Le film est ainsi constamment inventif, la réalisation de DeMille sublimant un scénario certes audacieux (avec la tromperie élevée au rang de tradition, et des scandales dont personne ne se choque), mais pas d’une originalité folle. C’est en enfermant à l’écran Murdock entre deux journaux lus par ses enfants pendant le petit déjeuner que le cinéaste souligne la solitude dans laquelle le personne se retrouve. C’est intelligent et jamais lourdingue, et DeMille, dans sa vision pour le moins discutable du couple et des affres du temps, révèle une sensibilité étonnante et séduisante.

Pacific Express (Union Pacific) – de Cecil B. De Mille – 1939

Posté : 2 novembre, 2010 @ 2:04 dans 1930-1939, BOND Ward, De MILLE Cecil B., STANWYCK Barbara, WESTERNS | Pas de commentaires »

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Cecil B. De Mille est entré dans l’histoire pour de mauvaises raisons. De lui, on ne retient généralement que ces péplums et ses grandes fresques bibliques, alors qu’il s’agit là de la partie (infime) la moins intéressante de sa filmographie. Et si, plutôt, on redécouvrait ses comédies de mœurs si grinçantes du muet… Et si, enfin, on revoyait ses westerns : Une aventure de Buffalo Bill et ce Pacific Express, deux chef d’œuvre du genre. Pacific Express, surtout, est un film immense, dans tous les sens du terme, peut-être bien le meilleur film de De Mille…

Immense, parce que, fidèle à sa réputation, le cinéaste ne fait dans l’intimiste. Dans l’intime, oui ; dans l’intimiste, non. Comme John Ford quinze ans plus tôt (Le Cheval de Fer), De Mille mobilise des moyens immenses pour raconter la construction du chemin de fer, qui doit relier les deux côtes américaines. Et comme chez Ford, De Mille met tout l’argent (et il y en a) qu’il a à sa disposition sur l’écran, sans jamais se laisser envahir par le gigantisme. Pacific Express est une très grosse production, avec des décors gigantesques, et des milliers de figurants. Mais c’est aussi un triangle amoureux filmé au plus près des acteurs. Et dans tous les cas, c’est magnifique.

De Mille nous fait sentir ce qu’avait d’exceptionnelle la vie sur les rails : le personnage, central, interprété par Barbara Stanwyck, est en cela unique, et inoubliable. C’est réellement une fille du rail, une jeune femme qui a vécu toute sa vie sur les chantiers de construction du chemin de fer : son père est le mécanicien de l’une des locomotives qui suit l’avancement des travaux. Ce beau personnage de western, à la fois forte et amoureuse, est le pivot du film : celui qui ajoute une dimension tragique à l’affrontement des deux personnages masculins principaux.

Le premier (joué par Robert Preston) est le partenaire d’un bandit (l’excellent fourbe Brian Donlevy), payé pour retarder le chantier par tous les moyens. Le second (Joël McCrea, un peu trop lisse), est un agent du gouvernement chargé du maintien de l’ordre. Classique, bien sûr, sauf que Robert et Joël sont amis de longue date, qu’ils aiment la même femme, et qu’ils se retrouvent dans deux camps qui risquent bien de se déclencher une guerre sanguinaire…

Pas le moindre temps mort dans ce film mené à 100 à l’heure, malgré la lenteur des travaux. On assiste à des traversées interminables de désert, à des franchissements de montagne, à une attaque d’Indiens mémorables, à des bagarres de saloon, à des duels… C’est foisonnant, impressionnant, et passionnant, et les personnages sont de merveilleux stéréotypes parfaitement dessinés. Les seconds rôles sont également excellents : on reconnaît notamment Anthony Quinn, en second couteau particulièrement détestable, dans les premières scènes du film.

Mais le vrai personnage principal du film, c’est le train lui-même, qui avance pas à pas dans des paysages gigantesques. C’est autour de lui que ce petit monde (pas si petit d’ailleurs : le chantier emploie des milliers de personnes) gravite exclusivement. Autour de lui que se construisent et se déconstruisent les villes, au fur et à mesure que le chantier avance (dans des scènes de « déménagement » extraordinaires). C’est avec lui que Barbara Stanwyck vit sa plus belle histoire d’amour, qui, lorsqu’elle est contrariée, donne la plus jolie scène : chassée du chantier, la belle vit sa dernière nuit dans le train, et c’est un immense sentiment de nostalgie qui nous envahit. Et c’est très beau…

 

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