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Archive pour la catégorie 'DE BROCA Philippe'

L’Homme de Rio – de Philippe De Broca – 1964

Posté : 14 mai, 2020 @ 8:00 dans 1960-1969, DE BROCA Philippe | Pas de commentaires »

L'Homme de Rio

L’une des inspirations de Lucas et Spielberg pour Indiana Jones… La meilleure adaptation des aventures de Tintin… Le plus grand film d’aventures du cinéma français… L’Homme de Rio, c’est tout ça à la fois : un pur de plaisir de cinéma qu’il faut apprécier comme une sucrerie, généreuse et décomplexée.

L’histoire est simple : un jeune militaire profite d’une permission pour aller voir sa fiancée. Après avoir assisté à son enlèvement, il poursuit les kidnappeurs jusqu’au bout du monde… à Rio, où il arrive sans autre bagage que sa volonté et son dynamisme. Simple, et entièrement tournée vers l’action, la vitesse, l’humour.

Et quel rythme! Dès sa descente du train, au tout début du film, Belmondo semble ne plus s’arrêter de courir. Il roule, vole, bondit, s’accroche, nage… et surtout il court, il court, il court. Il faut essayer de se remettre dans l’époque : Belmondo avait certes déjà tourné Cartouche (déjà de Philippe De Broca), deux ans plus tôt. Mais il était alors un acteur plutôt cérébral, petit chéri de la Nouvelle Vague. C’est dans ce film qu’il devient, vraiment, un acteur physique.

A le voir si dynamique, si plein de vie, si évidemment physique, on se demande bien pourquoi De Broca a été le seul à lui proposer de tels rôles, ces années-là. Le réalisateur donne un rythme extraordinaire, quasiment sans pause. Mais le film n’aurait pas été aussi réussi sans Belmondo, sans cette manière de déclamer ses répliques en en faisant un peu trop, mais toujours avec naturel, sans son dynamisme surtout.

Et puis surtout, sans le couple qu’il forme avec Françoise Dorléac, brûlante, insupportable et irrésistible : la plus grande et la plus charmante casse-couilles du cinéma français, incontestablement. Elle est à baffer, et on a envie de l’embrasser. On se sent donc tellement proche du personnage de Belmondo…

Film généreux et réjouissant, L’Homme de Rio est donc, aussi, la meilleure adaptation de Tintin (avec Le Mystère de la chambre jaune de Podalydès peut-être). Comme dans Les Tribulations d’un Chinois en Chine, sa collaboration suivante avec Belmondo, De Broca construit son film comme une série de références plus ou moins évidentes à l’univers d’Hergé, rythme et esprit compris.

Dès le cambriolage dans le musée, qui ouvre le film (et que citera en retour le dessin animé Tintin et le lac aux requins), les références sont omniprésentes, de la statuette de L’Oreille cassée à la momie aztèque des 7 boules de cristal. Belmondo s’accrochant à la façade d’un immeuble rappelle Tintin en Amérique ; le même qui manque de se faire croquer par un alligator renvoie à Tintin au Congo ; la capote de la voiture s’envole comme dans L’Or noir ; trois parchemins superposés révèlent un message caché comme dans Le Secret de la Licorne… Jusqu’aux Indiens d’Amazonie expulsés de leur forêt qui évoquent ceux de Tintin en Amérique

On pourrait continuer longtemps la liste des clins d’œil. Un petit jeu des ressemblances qui contribue au plaisir, immense, qu’on prend à revoir et revoir ce film qui n’a rien perdu de son incroyable rythme.

Cartouche – de Philippe De Broca – 1962

Posté : 6 février, 2016 @ 8:00 dans 1960-1969, DE BROCA Philippe | Pas de commentaires »

Cartouche

« Amuse-toi, ça empêche de mourir. » Cette belle phrase, écrite par Charles Spaak et dite par une Claudia Cardinale d’une beauté spectaculaire, résume mieux que tout l’esprit qui règne sur ce sommet du film de cape et d’épée made in France. De la légèreté, oui, mais pour mieux dissimuler une vraie gravité, à l’image des grands films hollywoodiens du genre. Quinze ans après les grands classiques américains, De Broca marche dans les bottes d’un George Sidney. Avec un vrai brio.

La farce a bien pris un méchant coup de vieux : toute la partie « militaire » du film est dominée par un humour un peu lourdingue, à l’image du sergent recruteur interprété par un Noël Roquevert dans son éternel numéro de vieille baderne ridicule, tellement usé qu’il finit par lasser un brin. Mais quand De Broca se concentre sur l’action, sur les duels, et sur le suspense, là son film n’a plus rien à envier à Hollywood.

Dans le genre, a-t-on fait mieux en France que Cartouche ? Pas sûr. En tout cas, et malgré quelques seconds rôles un peu caricaturaux (Marcel Dalio force nettement le trait), le film est une belle réussite, qui inaugure la longue collaboration entre De Broca et Belmondo, qui donnera lieu à quelques-uns des meilleures films populaires des années à venir. Un Belmondo qui, d’enfant chéri de la Nouvelle Vague, révèle sa nature hyper-physique avec ce rôle de voleur qui devient le roi de la Cour des Miracles.

Le personnage, et le ton du film, doivent beaucoup à cette nature conquérante et exubérante que Belmondo exploitera jusqu’au bout, quitte au fil des années à devenir la caricature de lui-même. Il n’en est pas là. A pas encore 30 ans, pas encore cantonné systématiquement dans le même personnage, il alterne avec un bonheur rare la légèreté et la gravité, et donne corps à un personnage de gamin dont la flamboyance dissimule le mal-être.

Quant à Claudia Cardinale (ai-je déjà souligné sa beauté spectaculaire ?), superbe sauvageonne qui dévore la vie à pleine dent, elle se transforme peu à peu en héroïne tragique bouleversante. A eux deux, à leur jeunesse explosive, à la profondeur qu’ils apportent à leurs personnages, le film doit beaucoup de sa réussite.

 

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