Play it again, Sam

tout le cinéma que j’aime

Archive pour la catégorie 'DASSIN Jules'

Quelque part en France (Reunion in France) – de Jules Dassin – 1942

Posté : 20 février, 2017 @ 8:00 dans 1940-1949, CARRADINE John, DASSIN Jules, WAYNE John | Pas de commentaires »

Quelque part en France (Reunion in France) – de Jules Dassin - 1942 dans 1940-1949 Quelque%20part%20en%20France_zpsjvx3qj9d

A la veille de la déclaration de guerre, en France, une riche oisive regarde d’un œil amusé les « vrais gens » s’inquiéter de l’imminence du conflit, indifférente aux malheurs qui l’entoure, et lasse de voir les hommes ne plus penser qu’à leur pays et à l’armée… Mais lorsque la guerre arrive réellement, et les privations qui vont avec, la jeune femme descendue de son piédestal ouvre les yeux, et son cœur.

C’est beau comme un pur film de propagande, contribution très hollywoodienne à l’effort de guerre qui, forcément, glorifie la force de résistance du peuple français. Sorti du contexte (le film est tourné en 1942), on peut trouver ça un peu lourd, en tout cas sans nuance. Mais ce genre d’exercice a de quoi réveiller le patriote qui sommeille en tout cinéphile.

Surtout que Jules Dassin (cinéaste français qui était déjà installé aux Etats-Unis depuis longtemps, contrairement à Duvivier ou Renoir) sait donner un rythme impeccable à son récit, et que Joan Crawford est formidable. La star porte le film sur ses épaules, et son personnage est, de loin, le plus intéressant.

Un regret, quand même : plutôt que de raconter la transformation de cette femme superficielle en résistante au grand cœur, Dassin opte pour une audacieuse ellipse, qui nous prive de ce qui aurait sans doute été le plus passionnant : les premières désillusions de la riche Frenchy, sa découverte du quotidien des Français durant la débâche, les bombardements, les victimes civiles qui tombent sous ses yeux… Tout ça est résumé bien rapidement par une simple série d’images d’archives. Dommage, toute cette partie sacrifiée aurait mérité un film à elle seule. Qui aurait sans doute été bien peu stimulant pour le moral des troupes et des populations, en cette année 1942.

A la place, on a droit à une histoire sympathique mais un peu convenue d’espionnage et de résistance, un suspense très efficace avec un John Wayne encore tout jeune et un peu gauche (on est trois ans après Stagecoach, et il n’a pas encore cette stature définitive qu’il aura quelques années plus tard) en soldat américain perdu au cœur de la France occupée, et un John Carradine dans un rôle taillé sur mesure pour lui (le même, quasiment, que dans Hitler’s Madmen).

Le cahier des charges est certes strict. Mais Dassin en tire le meilleur. Son film, de pure propagande, n’en est pas moins passionnant, émaillé de rebondissements plus ou moins attendus et basé sur une belle idée plutôt bien traitée : opposer l’amour et le devoir en temps de guerre.

Les Forbans de la nuit (Night and the City) – de Jules Dassin – 1950

Posté : 16 février, 2015 @ 5:10 dans * Films noirs (1935-1959), 1950-1959, DASSIN Jules, TIERNEY Gene | 1 commentaire »

Les Forbans de la nuit (Night and the City) - de Jules Dassin - 1950 dans * Films noirs (1935-1959) LesForbansdelanuit_zpsa14a9583

Un petit escroc qui rêve de grandeur multiplie les combines pour arriver au sommet, et finit par s’enfermer dans une spirale dont l’issue ne fait guère de doute… Merveille de mise en scène, intelligence du scénario, atmosphère glaçante, décors inquiétants, acteurs au sommet… C’est un pur chef d’œuvre que signe Jules Dassin, l’un des sommets du film noir. L’un des plus sombres aussi, dont l’atmosphère est d’une violence assez rare.

Richard Widmark trouve l’un des rôles de sa vie, celui d’un minable trop obnubilé par ses fantasmes de grandeur pour réaliser que le bonheur est à portée de main, qu’il est aimé par une femme trop belle, trop douce, et trop tout pour lui : Gene Tierney, en retrait, mais dont la triste beauté irradie le film d’un mal-être abyssal. Widmark fait de son Harry Fabian un être aussi agaçant qu’attachant, un loser tantôt magnifique, tantôt pathétique, l’un de ces personnages  dont on sait qu’il ne nous quittera jamais vraiment.

Il n’y a peut-être pas le moindre plan anodin dans Les Forbans de la nuit. Dassin, menacé par la Chasse aux sorcières aux Etats-Unis, a été envoyé à Londres pour tourner le film en décor réel. Un exil sans doute forcé, mais qui sert le film : Dassin nous offre une virée nocturne dans un Londres à peu près inconnu, celui des magouilles et de la violence. Celui des êtres seuls malgré la foule.

De bout en bout, le cinéaste compose ses plans en jouant sur les ombres, sur les cadres dans le cadre, qui semblent souligner cette solitude à laquelle les personnages sont condamnés : merveilleux plan montrant Gene Tierney et l’imposant Googie Withers, deux amoureux éconduits chacun à leur manière, dialoguer, tous deux enfermés dans leur propre univers.

La longue chasse à l’homme finale résonne également d’une manière particulière, comme si Dassin y avait mis sa propre rage d’homme acculé par le système américain de McCarthy. Alors que chaque individu qu’il rencontre devient une menace, c’est la ville elle-même qui semble hostile à Harry Fabian / Richard Widmark.

Le film est aussi un modèle de construction, articulé autour d’un improbable et interminable combat de lutte qui marque à la fois le sommet attendu et le début de la chute pour Fabian. C’est aussi dans cette séquence que l’on trouve l’un des moments les plus inattendus et les plus beaux du film : les retrouvailles tardives et déchirantes d’un vieux lutteur mourant et de son fils, organisateur de combat et gangster, qui voue à son père un amour et une admiration sans bornes.

C’est aussi la très grande force du film : en une scène seulement parfois, Dassin donne au moindre de ses personnages une existence authentique, et une profondeur rare. Les Forbans de la nuit est une merveille à tous points de vue, un film d’une grande intelligence et un immense bonheur de cinéma…

The Tell-Tale Heart (id.) – de Jules Dassin – 1941

Posté : 10 janvier, 2011 @ 5:24 dans 1940-1949, COURTS MÉTRAGES, DASSIN Jules, FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

The Tell-Tale Heart (id.) - de Jules Dassin - 1941 dans 1940-1949 The%20Tell-Tale%20Heart_zpsfwzcg7rg

Un homme d’une trentaine d’années vit depuis toujours sous la coupe d’un vieillard tyrannique, qui l’a recueilli lorsqu’il avait 14 ans, et qui le considère comme un esclave, incapable de vivre seul. Totalement dépendant de lui, le jeune homme se laisse dominer et humilier depuis trop longtemps… Un soir, il entre dans la chambre du vieil homme et le tue. Mais le meurtre le hante, et les bruits de la maison lui rappellent sans cesse ceux que faisait son « maître » lorsqu’il était vivant.

C’est grâce à son travail, remarquable, sur ce court métrage (de 20 minutes) que Jules Dassin s’est fait remarquer par les producteurs, qui lui confieront dès l’année suivante les commandes de son premier long métrage, Nazi Agent. C’est incontestable : cette adaptation d’une nouvelle de Poe se distingue nettement des courts métrages de l’époque, souvent faits à la va-vite en guise de simples compléments de programme.

Dassin ne prend pas son sujet à la légère (un sujet qui évoque La Conscience vengeresse, le premier long de D.W. Griffith), loin de là, et signe un beau film d’atmosphère, qui évoque non seulement celle des œuvres de Poe, mais aussi les nouvelles fantastiques de Maupassant. C’est un petit chef d’œuvre à découvrir d’urgence.

The Tell-Tale Heart est proposé en bonus dans le beau coffret métal édité par Warner et regroupant L’Introuvable et ses six suites.

 

Kiefer Sutherland Filmographie |
LE PIANO un film de Lévon ... |
Twilight, The vampire diari... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | CABINE OF THE DEAD
| film streaming
| inderalfr