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Archive pour la catégorie 'CUKOR George'

Haute société (Our betters) – de George Cukor – 1933

Posté : 1 avril, 2014 @ 3:12 dans 1930-1939, CUKOR George | Pas de commentaires »

Haute société (Our betters) – de George Cukor – 1933 dans 1930-1939 Hautesocieacuteteacute_zpsc1362a2f

Un an après What price Hollywood ?, Cukor retrouve l’une de ses comédiennes de prédilection, Constance Bennett, pour un sommet de la comédie américaine de ce début des années 30. Tourné quelques mois avant l’entrée en vigueur du fameux Code Hayes, le film est d’une cruauté et d’une liberté de ton qui appartiennent définitivement à cette parenthèse hollywoodienne.

Cette critique acerbe et sans la moindre concession de la haute société anglo-américaine (les personnages, d’origine américaine pour la plupart, vivent à Londres, signe de l’universalité de ces codes), le film met en scène une héroïne qui est une manipulatrice entourée d’hypocrites. Déçue après un mariage qu’elle croyait d’amour, elle est devenue le symbole de cette société cynique. Une femme entretenue par un riche homme d’affaires dont elle profite, et qui pousse son innocente jeune sœur (Anita Louise, seule comédienne peu crédible, qui déclame étrangement son texte) à privilégier un mariage de raison. Une femme, aussi, que l’on voit céder à des désirs purement sexuels, avec le jeune amant de sa « meilleure amie ».

Le genre de scènes que l’on ne verra plus dans le cinéma américain pendant des décennies… Et ce n’est pas tout : outre l’adultère, la passion charnelle (et sans sentiment), les relations entre une « dame » et un jeune homme qui pourrait être son fils… Cukor filme également un danseur fardé et maniéreux, et évoque même une possible homosexualité féminine.

Mais surtout, Cukor met en scène la mesquinerie et l’incroyable hypocrisie de cette société pour laquelle ne comptent que l’apparence et la légèreté. Une scène, glaçante, résume parfaitement cet état d’esprit : un aveu lancé par Constance Bennett comme une boutade, qui touche au cœur la moitié des protagonistes qui n’en montrent rien, préférant se lancer tous ensemble dans un grand éclat de rire qui ne trompe personne. Mais les apparences sont sauves.

Adapté d’une nouvelle de Somerset Maugham, le film n’édulcore rien. Son héroïne, loin de se racheter (malgré un bref moment de pureté retrouvée), joue jusqu’au bout son impitoyable partition. Mais Cukor filme Constance Bennett comme il sait filmer les femmes : mieux que personne, en magnifiant ses qualités comme ses défauts, soulignant ses contradictions, sa détermination et ses regrets.

Sa manière de prononcer « perhaps » au téléphone à celui qui veut devenir son amant, une cigarette se consumant à la main, la pose glamour, le regard plein de promesses… Dans ce plan magnifique, Cukor semble tout dire de son héroïne : manipulatrice, enfantine, déterminée et surtout libre. Une femme passionnée, pleine d’envies et de vie.

• Collection RKO chez les Editions Montparnasse, avec une présentation par Serge Bromberg.

What price Hollywood ? (id.) – de George Cukor – 1932

Posté : 10 octobre, 2012 @ 12:50 dans 1930-1939, CUKOR George | Pas de commentaires »

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Une star d’Hollywood donne sa chance à une petite serveuse, qui devient en quelques films l’une des plus grandes stars, pendant que la carrière de son pygmalion périclite… Plus le nom de sa protégée monte au fronton des cinémas, plus il s’enfonce dans la dépression et l’alcoolisme. Il finit par tout perdre. L’histoire vous dit quelque chose ? Normal, le film de Cukor a inspiré A Star is born (dont Cukor lui-même réalisera la deuxième version, en 1954), et il est l’une des inspirations revendiquées pour The Artist. Tout le début du film de Cukor a été repris fidèlement par Michel Hazanavicus dans son film muet.

Le réalisateur français s’est consacré uniquement au destin croisé de ses deux stars. Le film de Cukor, lui, est plus foisonnant, ou plus brouillon, c’est selon. What Price Hollywood ? semble plus spontané, moins construit. Surtout, on sent que Cukor, grand filmeurs de femmes, est bien plus intéressé par la petite serveuse qui devient une grande star que par le personnage du réalisateur Max Carey. C’est dommage, parce que le personnage interprété par Lowell Sherman est passionnant, et l’alchimie avec Constance Bennett, dans le rôle principal, est de celles qui forgent les légendes. Mais au fil du film, la relation entre ces deux-là devient secondaire, Cukor lui préférant celle nettement plus convenue et moins intéressante de la jeune star avec son mari (Neil Hamilton, charmant mais un peu transparent). Le destin tragique de Max n’est alors pas aussi bouleversant qu’il devrait l’être…

Constance Bennett, elle, trouve un rôle en or : à la fois belle et émouvante, légère et grave, drôle et tragique… Un rôle complexe et d’une extrême richesse, qu’elle assume avec talent. Me souviens pas l’avoir vue aussi juste et pleine de nuances que dans ce rôle.

Le film est aussi, et surtout, l’une des visions les plus passionnantes du Hollywood de l’âge d’or. La manière dont Cukor filme les studios évite les clichés, et nous fait réellement pénétrer au cœur de la machine à rêve. On empreinte les portes dérobées, on déambule dans les larges allées ou entre les câbles et les cordes des décors, et on a l’impression d’être de la famille. Et si le côté « machine » est bien perceptible, l’aspect « rêve » l’est tout autant. Alors que la plupart des films sur le cinéma dénonce le cynisme et la cruauté d’Hollywood, Cukor, lui, filme son milieu de travail avec amour et tendresse, sinon avec bienveillance. Visiblement pas blasé par l’usine à rêve, il n’élude pas le côté autodestructeur de certaines idoles. Mais il aime Hollywood, et ça se sent.

 

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