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Archive pour la catégorie 'COOPER Scott'

The Pale Blue Eye (id.) – de Scott Cooper – 2022

Posté : 15 février, 2026 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 2020-2029, COOPER Scott | Pas de commentaires »

The Pale Blue Eye (id.) - de Scott Cooper – 2022 dans * Thrillers US (1980-…) 55070605016_589683f050_z

Le sens de l’humour n’est pas la qualité première des films de Scott Cooper, dont le western Hostiles, déjà porté par Christian Bale, était d’une noirceur assez abyssale. The Pale Blue Eye n’est pas beaucoup plus joyeux, même si on peut y trouver une note d’ironie avec le personnage qui s’avérera central : celui d’un tout jeune Edgar Allan Poe, alors cadet de West Point et déjà poète, en décalage total avec son environnement.

L’histoire se déroule en 1830, dans un décor gris et enneigé qui semble sorti d’un conte macabre de Poe. Et le personnage central est un enquêteur hanté par un drame passé qu’on vient chercher pour lever le mystère sur la mort d’un cadet, qui se serait pendu et à qui on a retiré le cœur. Cet enquêteur, on le découvre dès les premières images au bord d’une rivière, le regard dans le vide, semblant fuir la compagnie de ceux qui viennent le chercher.

Christian Bale, le regard sombre et la mâchoire crispée derrière son épaisse barbe, est très convainquant en super-enquêteur, qui semble être un double américain de Sherlock Holmes, adepte de la bouteille et guère porté sur l’empathie. Il l’est encore plus lorsqu’il révèle les failles et douleurs de cet homme hanté par un passé rempli de secrets.

Dans le rôle de Poe, Harry Melling (le Dudley de Harry Potter) est étonnant, à la fois intense et étrange, grotesque et magnifique. Son étrangeté révèle paradoxalement les fêlures et failles d’à peu près tous les autres personnages (dont Gillian Anderson en mère flirtant avec la folie). Le duo qu’il forme avec Bale est le pilier de ce thriller introspectif, d’une extrême noirceur.

Et qu’importe les quelques facilités de scénario et les rebondissements discutables, c’est l’atmosphère du film qui séduit, cette manière qu’a Cooper de jouer avec les codes du genre, et avec l’imagerie de l’œuvre d’Edgar Poe.

Hostiles (id.) – de Scott Cooper – 2017

Posté : 3 juillet, 2018 @ 8:00 dans 2010-2019, COOPER Scott, WESTERNS | Pas de commentaires »

Hostiles

La guerre sans pitié entre la Cavalerie américaine et les Indiens a laissé des traces. Dans un fort reculé, un officier considéré comme un tueur d’Indiens sans pitié est chargé de convoyer un vieux chef avec qui il a une longue histoire marquée par le sang, vers le lieu sacré où il doit mourir. Ça ne lui fait pas plaisir (à l’officier)…

La mâchoire crispée, le regard noir, la moustache (avec barbichette fournie)… Christian Bale fait peur quand il apparaît. Oh là, va-t-on assister à l’un de ces numéros faussement intenses qui peuplent les « films à Oscar » (tiens, pourquoi je pense à Di Caprio et à The Revenant, là maintenant… ?…). Mais non. Avec ce personnage taiseux hanté par la violence qu’il a trop côtoyée, Bale réussit l’une de ses meilleures incarnations. Impressionnant, parce que tout ou presque passe par son regard, qu’il faut du temps pour vraiment le sonder.

Est-il un odieux tueur d’Indiens ? Un soldat aux ordres déconnecté de sa responsabilité morale ? Ou simplement un homme qui fait son boulot, quitte à être détruit lui-même ? OK, la bonne réponse est assez facile à trouver, finalement. Mais la prestation de Christian Bale est à l’image du film : intense, mais aussi étonnamment modeste. La tentation d’en faire des tonnes dans le pathos doit être immense (re-tiens, pourquoi je re-pense à Di Caprio et à The Revenant ?). Mais non.

Le film est aussi remarquable par son rapport à la nature, elle aussi étonnamment modeste. Oui, elle est belle, cette nature, vaste et sauvage. Mais ce sont aussi des paysages plus apaisés que lyriques, filmés avec une simplicité qui n’a plus vraiment cours ces derniers temps. Ce qui compte, c’est moins la beauté spectaculaire de la terre que son rapport avec la violence et la mort.

Scott Cooper sait prendre son temps, mais il n’oublie pas non plus de parsemer le périple de ses personnages d’explosions de violence particulièrement marquantes. Chacune d’entre elle étant marquée par la violence et la mort qui, comme le répètent les personnages, ne fait aucune distinction et n’épargne personne. Et c’est tout le sujet du film : ce rapport entre la terre et la mort, ne serait-ce que pour le prétexte initial.

Et cela ne s’arrête pas là. Retrouvée par le soldat Christian Bale, la veuve Rosamund Pike lui fait promettre de revenir l’enterrer dans la même terre qui abritent son mari et ses enfants. Et lorsque Bale perd l’un de ses hommes, c’est moins sur sa sépulture que face à la nature environnante qu’il se recueille et se retrouve confronté à son propre passé, et à son propre avenir.

Sombre, sombre, sombre. Hostiles est aussi marqué par une sorte d’optimisme lucide mais bien réel. On ne peut que remercier Scott Cooper d’avoir réserver un peu d’espace à la vie et à l’espoir, dans cet univers violent et glauque qui laisse des traces.

 

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