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L’Assassinat du Père Noël – de Christian-Jaque – 1941

Posté : 11 octobre, 2017 @ 8:00 dans * Polars/noirs France, 1940-1949, CHRISTIAN-JAQUE | Pas de commentaires »

L'Assassinat du Père Noël

Il est beau, ce conte de Noël lugubre, ce film à hauteur d’enfants qui invoque, mine de rien, toutes les figures des récits pour la jeunesse. Dans le genre du fantasme enfantin, Fritz Lang fera nettement mieux avec son Moonfleet, certes. Mais Christian-Jacque, cinéaste pas toujours enthousiasmant, réussit là l’un de ses meilleurs films (le premier tourné pour la Continental durant l’Occupation, mais échappant à toute récupération de propagande).

Et c’est justement ce parti pris qui fait mouche, cette volonté de coller les images de contes de fée dans un univers contemporain. Comme un royaume enchanté où tout peut arriver, le petit village où se déroule l’histoire est totalement coupée du monde : un village de montagne, comme hors du temps, dont toutes les routes d’accès sont barrées par la neige.

On y trouve un château et son prince mystérieux, de retour au pays après avoir couru le monde, et qui semble dissimuler derrière ses murs un lourd secret. On y trouve aussi une pauvrette prisonnière de ses rêves de fillette, et qui va se découvrir une destinée de princesse. On y découvre aussi un ogre inquiétant, silhouette difforme qui parcours les ruelles étroites et sombres et prépare son crime.

Et puis il y a le Père Noël lui-même, qui va de maison en maison en cette veille de Noël. Ou presque le Père Noël : le vieil homme du village, qui passe ses journées à fabriquer des mappe-mondes et à inventer des histoires, et que tout le monde attend vêtu de sa houppelande rouge ce soir-là, comme tous les ans.

C’est Harry Baur, truculent et réjouissant, qui ne se laisse aller au cabotinage too much que dans deux ou trois petites scènes. Entre comique et émotion, il est assez formidable lorsque, justement habillé en Père Noël, il descend les uns après les autres les verres que les parents lui servent (et on ne boit pas du cidre doux, dans ces villages de montagne), tout en tâchant, de plus en plus difficilement, de répondre aux attentes d’enfants aux yeux grand ouverts. « Il sent comme toi le samedi », ose même un gamin à son père, qui lui renvoie une belle claque en guise de cadeau.

C’est cette atmosphère qui fait la réussite du film, plus qu’une intrigue policière un peu paresseuse (pliée en deux secondes avec l’apparition tardive et fugitive d’un Bernard Blier rigolard en gendarme). Une atmosphère qui trouve son apogée lors d’une superbe scène quasi surréaliste, où deux enfants s’enfoncent dans la nuit, leurs silhouettes se découpant sur les montagnes enneigées et balayées par le vent.

 

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