Play it again, Sam

tout le cinéma que j’aime

Archive pour la catégorie 'CHAPLIN Charles'

Charlot boxeur (The Champion) – de Charles Chaplin – 1915

Posté : 2 septembre, 2011 @ 12:21 dans 1895-1919, CHAPLIN Charles, COURTS MÉTRAGES, FILMS MUETS | Pas de commentaires »

Charlot boxeur

• Titres alternatifs (VO) : Champion Charlie, Battling Charlie, Charlie the Champion

• Titres alternatifs (VF) : Charlot champion de boxe

Encore une fois, Chaplin monte sur le ring (il l’avait déjà fait, en tant qu’arbitre, dans Charlot et Fatty sur le ring, et y remontera des années plus tard pour Les Lumières de la Ville), et cela donne l’un des meilleurs courts métrages de sa période Essanay. Tout est parfaitement réussi dans ce petit bijou comique, qui culmine avec un combat hilarant, petit bijou d’inventivité.

Le film est aussi marquant par sa toute première scène, qui évoque un chef d’œuvre à venir, Une Vie de Chien : comme dans le moyen métrage qu’il tournera trois ans plus tard, Chaplin se met en scène dans son costume de Charlot, affamé et assis sur les marches en compagnie de son chien, un bâtard aussi laid qu’attachant avec lequel il partage son maigre repas… Pourtant, le ton n’est pas le même que celui qu’il aura en 1918 : le jeune Chaplin n’a pas encore trouvé ce mélange d’humour et de tendresse qui caractériseront ses grands films à venir.

Début 1915, il est encore un pur gagman. D’ailleurs, le compagnon à quatre pattes du clochard est vite évacué, et Chaplin se concentre rapidement sur la boxe : pour gagner un peu d’argent, Charlot décide de devenir le sparing-partner d’un champion de boxe, véritable brute comme les aime Chaplin. Un fer à cheval glissé dans son gant lui permet de mettre le champion KO, et Charlot est propulsé en haut de l’affiche, avec un vrai combat sur le ring…

Evidemment, le vainqueur décrochera le cœur de la belle, Edna Purviance, qui n’est là que pour apporter une caution « charme » à cette comédie endiablée. Mission réussie…

Charlot fait la noce (A Night out) – de Charles Chaplin – 1915

Posté : 31 août, 2011 @ 8:39 dans 1895-1919, CHAPLIN Charles, COURTS MÉTRAGES, FILMS MUETS | Pas de commentaires »

Charlot fait la noce

• Titres alternatifs (VO) : Charlie’s Night out, Charlie’s Drunken Daze, His Night out, Champagne Charlie

• Titres alternatifs (VF) : Charlot en bombe, Le Noceur. En France, le film est initialement sortie en deux parties : la première sous le titre A l’hôtel ou Charlot va se coucher ; la seconde sous le titre Charlot en bombe ou Charlot fait la foce

Chaplin ne fait pas preuve d’une ambition démesurée pour son deuxième film à la Essanay : la star recycle pour l’essentiel des gags qui ont déjà fait leur preuve dans ses précédents courts métrages de la Keystone. Le public veut le voir dans un rôle d’ivrogne ? C’est exactement ce qu’il lui donne, tout au long de cette demi-heure menée sans le moindre temps mort, mais parfois un peu lassante. Charlot a beau aller d’un café à un autre, et changer d’hôtel au milieu du métrage, cette multiplication des décors n’enlève rien au fait que la majeure partie des effets comiques repose sur l’ivresse du personnage.

On ne boude pas son plaisir, d’ailleurs : Chaplin joue l’ivresse mieux que quiconque, et ses gestes mal assurés sont souvent très drôles. Très drôle aussi le côté teigneux du personnage, qui prend autant de plaisir à tourmenter le bellâtre très digne, qu’à envoyer valser son compagnon de beuverie (Ben Turpin et sa tronche pas possible), qui vient pourtant de voler à son secours… Charlot a un sens de l’amitié qui lui est très personnel…

Pour l’essentiel, ce court métrage est un enchaînement de scènes sans réel enjeu dramatique, dans lesquelles Charlot sème la zizanie partout où il passe. Rien de particulièrement mémorable ? Oh si ! C’est dans ce film que Chaplin dirige pour la première l’indispensable Edna Purviance, qui deviendra son interprète de prédilection jusqu’à L’Opinion publique. La belle n’est pas une actrice exceptionnelle, non, mais sa fraîcheur apporte un contrepoint parfait à la tendresse cynique de Charlot…

D’ailleurs, comme le signe d’une alchimie presque magique, toutes les scènes dans lesquelles apparaît Edna sont au-dessus du lot, dans ce film. Comme si sa présence inspirait le cinéaste. C’est le début d’un longue filmographie commune, qui accouchera de pas mal de chef d’œuvre (dont Le Kid), et qui durera huit ans.

Charlot débute (His New Job) – de Charles Chaplin – 1915

Posté : 26 mars, 2011 @ 10:19 dans 1895-1919, CHAPLIN Charles, COURTS MÉTRAGES, FILMS MUETS | Pas de commentaires »

Charlot débute

• Titres alternatifs (VO) : Charlie’s new job

• Titres alternatifs (VF) : Charlot débute au cinéma, Charlot dans les coulisses, Charlot auteur dramatique

Voilà un film qui porte bien son titre, puisque His new job marque les débuts de Chaplin à la Essanay (la compagnie de Spoor et Anderson), pour laquelle il venait de quitter la Keystone de Mack Sennett, où il avait fait ses débuts exactement un an plus tôt. Pour ses nouveaux débuts, Chaplin est en terrain connu : il choisit de situer son film dans les coulisses d’un studio, comme il l’avait déjà fait à la Keystone avec Charlot fait du cinéma et Charlot grande coquette (il le refera encore dans Charlot machiniste).

On sent que ses ambitions sont à la hausse à la Essanay : plus long, plus riche, plus inventif que ses bandes à la Keystone, His new job est un peu foutraque, certes (il n’y a pas encore le soucis de la construction qu’on verra dans ses chef d’œuvre à venir), mais le film fourmille de gags et d’idées géniales, qui seront pour certaines réutilisées dans d’autres films. C’est notamment dans ce court métrage que Chaplin utilise pour la première fois sa manière inimitable de faire sauter son chapeau alors qu’il fait mine de le remettre sur sa tête.

C’est aussi dans ce film que, malgré le manque visible de scénario, Chaplin devient un vrai cinéaste, qui sort enfin su strict plan fixe théâtral, pour s’essayer à quelques subtilités (discrètes, mais tout de même) de réalisation. On y trouve notamment son premier travelling.

Chaplin a visiblement voulu explorer au maximum les coulisses du cinéma : du figurant qui cherche un emploi à la vedette en tournage, en passant par le machiniste dans l’ombre, son personnage de Charlot passe par toutes les étapes en une demi-heure à peine.

Le meilleur gag ? Sans doute le passage où Charlot, improvisé vedette d’un tournage en costume, prend appui sur une colonne de marbre… en carton-pâte. Chaplin est un pitre génial, et il le prouve une nouvelle fois.

Le film est aussi célèbre pour être le premier dans lequel apparaît Gloria Swanson. D’après les historiens et les dictionnaires de cinéma, parce que j’avoue que je ne l’ai toujours pas reconnue…

Charlot nudiste (His prehistoric past) – de Charles Chaplin – 1914

Posté : 14 mars, 2011 @ 4:29 dans 1895-1919, CHAPLIN Charles, COURTS MÉTRAGES, FILMS MUETS | Pas de commentaires »

Charlot nudiste

• Titres alternatifs (VO) : A Dream, The Caveman, The Cavman, King Charlie, The Hula-hula dance

• Titres alternatifs (VF) : Charlot roi, Le Rêve de Charlot, Le Passé préhistorique de Charlie

C’est officiellement le dernier film de Chaplin à la Keystone, un deux-bobines qui a particulièrement vieilli, sans doute parce qu’il part d’un sujet qui était à l’époque très à la mode : la vie des hommes préhistoriques, qui passionnait les Américains des années 10, après la découverte des restes de « l’homme de Piltdown » en 1912. Mais ce qui était à la mode il y a près d’un siècle n’a évidemment pas le même impact aujourd’hui. D’ailleurs, Keaton se cassera la figure sur un sujet semblable quelques années plus tard, dans Les Trois Âges.

Le film commence comme un « Charlot » classique : notre vagabond préféré s’installe sur un banc public, pour s’y endormir. Mais ce début n’est qu’un prétexte pour lancer le vrai sujet du film : aussitôt endormi, Charlot se met à rêver, et s’imagine en homme préhistorique dans un pays où il finira par prendre la place du roi, et par profiter des jolies jeunes femmes qui l’entourent… Jusqu’à ce qu’il soit réveillé par un policier, joué par le frère de Chaplin, Sydney.

La première apparition de Chaplin en homme préhistorique est assez drôle : vêtu d’une peau de bête, mais coiffé de son melon et sa canne à la main, il arrache quelques poils de son vêtement de fortune pour bourrer sa pipe, qu’il allume en grattant un silex sur ses fesses, comme il l’aurait fait d’une allumette. La suite n’est pas honteuse d’ailleurs, mais se regarde d’un œil assez distrait. Difficile de se passionner pour ce rêve filmé qui marque symboliquement la fin de « l’ère préhistorique » de Chaplin à Hollywood. Vivement la suite…

Charlot et Mabel en promenade (Getting Acquainted) – de Charles Chaplin – 1914

Posté : 14 mars, 2011 @ 4:28 dans 1895-1919, CHAPLIN Charles, COURTS MÉTRAGES, FILMS MUETS | Pas de commentaires »

Charlot et Mabel en promenade

• Titres alternatifs (VO) : A Fair Exchange, Exchange is no robbery, Hello everybody

• Titres alternatifs (VF) : Charlot marié

Même s’il est sorti avant His Prehistoric Past, ce Getting Acquainted est le dernier film tourné par Chaplin à la Keystone, avant son départ pour la Essanay. Sur le papier, on se dit qu’il a vite bâclé cet ultime film d’une bobine seulement, dû à la société de Mack Sennett, en choisissant de tourner un énième film de parc. Les recettes, d’ailleurs, sont sans surprises : deux hommes mariés (Chaplin avec l’imposante Phyllis Allen, et Mack Swain avec la charmante Mabel Normand) tentent de séduire une autre femme, ce qui ne manque pas d’attiser la colère de leurs épouses respectives, la fraternité entre les deux hommes, et la suspicion d’un policier.

Et pourtant, ce petit film sans ambition est bien plus fin que la majorité des comédies du même genre (et elles sont nombreuses) tournées dans Echo Park ou dans d’autres parcs de Los Angeles à cette époque (ici, c’est le Westlake Park). Parce qu’on évite les jets de briques, les course-poursuite endiablées, et le traditionnel final au fond du lac… au profit d’un humour plus travaillé et souvent plus inattendu.

Le personnage de Charlot est aussi moins méchant et cynique que dans beaucoup de ses précédents films, et ressemble parfois à un enfant. Un enfant tête-à-claque, certes, mais un enfant tout de même.

Le Roman comique de Charlot et Lolotte (Tillie’s punctured romance) – de Mack Sennett – 1914

Posté : 23 février, 2011 @ 11:11 dans 1895-1919, CHAPLIN Charles, FILMS MUETS, SENNETT Mack | Pas de commentaires »

Le roman comique de Charlot et Lolotte

• Titres alternatifs (VO) : Tillie’s nightmare, Marie’s millions, For the love of Tillie, Tillie’s big romance

• Titres alternatifs (VF) : Un roman d’amour dégonflé, L’extravagante aventure de Charlot

De tous les films tournés par Chaplin au cours du second semestre 1914, à la Keystone, celui-ci est le seul qu’il n’ait pas lui-même mis en scène. Ce n’est pas la seule particularité de ce film, qui appartient à l’histoire : il est en effet considéré comme le tout premier long métrage comique de l’histoire du cinéma. Côté drame, Griffith était lui-même passé au six-bobines quelques mois plus tôt seulement, avec La Conscience vengeresse.

Bon, son importance historique mise à part, Tillie’s punctured romance n’a pas vraiment de quoi rentrer dans les annales. C’est une comédie tantôt drôle, tantôt poussive, qui porte indéniablement la marque de Marck Sennett : celle que le patron de la Keystone a donnée aux centaines de courts métrages tournés par le studio depuis sa création, deux ans plus tôt.

Dans l’évolution personnelle de Chaplin, ce film est pour le moins anecdotique. Ou plutôt, c’est une parenthèse dans sa construction, de plus en plus précise à cette époque, du personnage de Charlot : Chaplin, ici, joue un rôle de composition totalement différent. Et c’est la dernière fois, en tant qu’acteur, qu’il s’éloigne du personnage de Charlot avant Monsieur Verdoux, plus de trente ans plus tard. Ce personnage-ci ne tue pas des jeunes femmes, contrairement à Verdoux. Il est pourtant bien plus détestable.

Chaplin, avec une petite moustache fine et une redingote élégante, joue un petit voyou fiancé à Mabel Normand, qui décide de séduire l’imposante Tillie pour lui voler ses quelques billets. Le forfait commis, il retrouve sa belle. Mais quand Tillie devient l’héritière désignée d’un richissime oncle, il tente de remettre la main sur le magot…

Tillie, c’est Marie Dressler, totalement tombée dans l’oubli aujourd’hui, mais qui était une grande vedette de l’époque. Cette comédienne gargantuesque avait créé le personnage sur scène, et c’est bien autour d’elle que tourne le film. La filiation entre l’opérette et le film est d’ailleurs clairement revendiqué par Sennett, avec un lever et un tomber de rideau inattendus.

Charlot papa (His Trysting Place) – de Charles Chaplin – 1914

Posté : 15 février, 2011 @ 2:20 dans 1895-1919, CHAPLIN Charles, COURTS MÉTRAGES, FILMS MUETS | Pas de commentaires »

Charlot papa

• Titre alternatif (VO) : Family House, The Ladies Man, The Hempecked Spouse, Very much married

• Titres alternatifs (VF) : Charlot en famille

C’est peut-être le meilleur des courts métrages tournés par Chaplin à la Keystone : à la fois l’un des plus drôles, et l’un des mieux construits. Chaplin, qui ne cesse de s’améliorer depuis qu’il est seul maître de ses films, signe là un film à la narration parfaitement maîtrisée, vif et fluide. L’histoire pourrait être celle d’un banal vaudeville : deux hommes (Chaplin et Mack Swain) échangent malencontreusement leurs manteaux. Leurs épouses respectives (Mabel Normand et Phyllis Allen) découvrent pour l’une une lettre destinée à une autre femme (qui fait penser à Mabel que Charlot a une maîtresse), et pour l’autre un biberon (qui fait penser à Phyllis que Ambrose, alias Swain, a un bébé illégitime).

L’intrigue de ce deux-bobines est entièrement basé sur ce quiproquo, qui tient toutes ses promesses, jusqu’à une conclusion réjouissante avec les quatre protagonistes enfin réunis dans un parc. Mais l’humour dépasse largement ce strict cadre.

Le plus drôle, dans ce film, est ailleurs : dans la manière dont Chaplin se filme en père de famille. Un père très, très loin de celui qu’il sera dans Le Kid. Charlot attrapant son fils comme il le ferait avec un chat, ou s’installant dans le berceau de son fils après avoir posé ce dernier par terre… toutes les scènes où Chaplin côtoie le gamin sont à mourir de rire. Avec un rôle assez ingrat pour Mabel, mère de famille qui enchaîne les tâches ingrates pendant que son mari ne cherche qu’à se la couler douce.

On peut juste regretter que Chaplin n’ait pas davantage délaissé le côté vaudeville, pour se concentrer davantage sur son rôle de père et de mari. S’il l’avait fait, Charlot papa aurait trouvé sa place au côté des meilleurs courts métrages tournés pour la Essanay ou la Mutual au cours des années suivantes.

Charlot déménageur (His musical Career) – de Charles Chaplin – 1914

Posté : 15 février, 2011 @ 2:17 dans 1895-1919, CHAPLIN Charles, COURTS MÉTRAGES, FILMS MUETS | Pas de commentaires »

Charlot déménageur

• Titre alternatif (VO) : The Piano Movers, Musical Tramps

• Titres alternatifs (VF) : Charlot livreur de pianos, Les Déménageurs de pianos

Charlot déménageur n’est pas représentatif des mois passés par Chaplin à la Keystone : le film évoque davantage ses années Essanay ou Mutual. Moins grossier que la plupart des films Keystone, cette petite comédie d’une bobine est aussi d’une grande simplicité, dont l’humour est totalement basé sur le nouveau métier de Charlot : déménageur de piano. Le jeu d’acteur de Charplin est formidable dans cette comédie très, très drôle. Qu’il joue avec ses « muscles » (dans une petite scène irrésistible), ou qu’il dévale les escaliers d’une maison sur le derrière (il faudrait faire une étude, un jour, sur l’imagination sans borne de Chaplin face aux escaliers de toutes sortes), iln tire le meilleur des situations qu’il imagine.

Il y a aussi dans ce Charlot déménageur un gag désopilant, digne de ses meilleures courts métrages : l’âne qui tire le chariot de déménagement, emporté par le poids du piano qu’il tire, est soulevé du sol à deux reprises. C’est simple, réalisé sans trucage comme on dit, et comme l’âne s’en sort sans heurt (« aucun animal, etc, etc… »), on rit franchement devant ce plan aussi fugace qu’inattendu.

Et puis il y a le duo que Chaplin forme avec Mack Swain, qui fonctionne parfaitement bien ici. Toujours à propos des partenaires de Chaplin à l’écran, citons Charles Parrot, le futur Charley Chase, dans le rôle du patron du magasin de pianos. Est-ce un hasard ? En 1932, Laurel et Hardy seront les héros de Livreurs, sachez livrer, une courte comédie très réussie, inspirée de ce Charlot déménageur, et réalisée par James Parrott… le frère cadet de Charles.

Charlot et Mabel aux courses (Gentlemen of nerve) – de Charles Chaplin – 1914

Posté : 15 février, 2011 @ 1:58 dans 1895-1919, CHAPLIN Charles, COURTS MÉTRAGES, FILMS MUETS | Pas de commentaires »

Charlot et Mabel aux courses

• Titre alternatif (VO) : Some nerve, Charlie at the races

• Titres alternatifs (VF) : Charlot pâtissier, Pâte et dynamite

La période Keystone de Chaplin peut se diviser en deux catégories : les films bien construits d’un côté, les films improvisés de l’autre. Charlot et Mabel aux courses est clairement à placer dans la seconde de ces catégories : on sent bien que Chaplin, désormais scénariste et réalisateur de tous ses films, est arrivé sur les lieux du tournage avec une simple trame en tête. Une trame bien connue, d’ailleurs : Charlot, nommée « Mister Wow-Wow » pour l’occasion (du nom d’un personnage que Chaplin avait interprété pour la troupe Karno), entre clandestinement dans l’enceinte de l’Ascott Park Speedway où se déroulent des courses d’automobiles, et où il avait déjà tourné Charlot et les saucisses. Il y rencontre une jeune femme, délaissée par son mari pour une grande rombière.

Chaplin retrouve Mabel Normand, qu’il n’avait plus guère côtoyée depuis qu’il avait obtenu d’être le principal maître de ses films. Leur retrouvaille fait plaisir à voir : les deux vedettes semblent éprouver un grand plaisir à jouer ensemble, ce qui était loin d’être évident quelques mois plus tôt, lorsque Mabel était déjà bien installée au sommet de la Keystone, et que Chaplin se faisait rapidement une place.

Le plaisir est d’ailleurs perceptible sur tous les visages : celui de Chaplin, celui de Mabel, mais aussi et surtout sur celui des nombreux figurants de l’autodrome, sans doute venus assister à une course de voitures, et qui se sont retrouvés au cœur d’un tournage de cinéma. De tous les films « improvisés » de Chaplin, tournés en décors naturels, avec figurants, celui-ci est sans doute le plus fascinant. Chaplin, qui se contentait auparavant de se mettre en scène avec les figurants en arrière-plan, comme une toile de fond animée, se place cette fois au cœur du public. Le résultat, d’un strict point de vue de la qualité de jeu et de la mise en scène, est pour le moins approximatif. Mais c’est aussi un film d’une totale fraîcheur, joyeux et décomplexé.

Charlot mitron (Dough and dynamite) – de Charles Chaplin – 1914

Posté : 14 février, 2011 @ 11:15 dans 1895-1919, CHAPLIN Charles, COURTS MÉTRAGES, FILMS MUETS | Pas de commentaires »

Charlot mitron

• Titre alternatif (VO) : The Cook, The Doughnut designer, The New Cook

• Titres alternatifs (VF) : Charlot pâtissier, Pâte et dynamite

Ce « deux-bobines » est à la fois très important, et mineur. Mineur, parce que Chaplin manque parfois d’inspiration pour les gags, et parce que le film est largement basé sur l’humour « tarte à la crème », en l’occurrence pâte à pain. Important, parce qu’il a été un très gros succès populaire, mais parce qu’il est en partie la matrice de films autrement plus importants que Chaplin tournera dans les années et les décennies à venir, en particulier des Temps Modernes.

Bon, la filiation est un peu lointaine, et Charlot mitron reste une œuvre assez brouillonne. Mais c’est la première fois que Chaplin filme un « mouvement social » : la manière dont il montre les boulangers en grève rappelle parfois les grévistes des Temps Modernes, mais aussi de Charlot machiniste, tourné pour la Mutual. Une espèce de brouillon sympathique, très rythmé, mais perfectible…

1...456789
 

Kiefer Sutherland Filmographie |
LE PIANO un film de Lévon ... |
Twilight, The vampire diari... |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | CABINE OF THE DEAD
| film streaming
| inderalfr