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Archive pour la catégorie 'CARLSON Richard'

Quatre tueurs et une fille (Four guns to the border) – de Richard Carlson – 1954

Posté : 8 février, 2014 @ 1:18 dans 1950-1959, CARLSON Richard, WESTERNS | Pas de commentaires »

Quatre tueurs et une fille (Four guns to the border) – de Richard Carlson – 1954 dans 1950-1959 Quatretueursetunefille_zpsd7c74b18

Les quatre tueurs du titre n’ont de tueur que la réputation, et encore : dès la séquence d’ouverture, casse foireux d’un saloon dont le coffre-fort est vide, ce petit western tombé dans l’oubli nous présente un quatuor fort sympathique et guère reluisant de pied-nickelés qui n’ont pas l’air bien dangereux. Des vagabonds qui n’ont rien en commun les uns avec les autres (un indien, un homme vieillissant, une brute au grand cœur, et leur chef), si ce n’est une fidélité et un sens de l’amitié bien affirmé.

Acteur devenu réalisateur, Richard Carlson dirige déjà son acteur de L’Implacable poursuite, Rory Calhoun, pour le rôle principal de ce western au scénario plutôt original et inventif, qui entremêle habilement tous les ingrédients du genre en un seul mouvement d’une belle fluidité : le braquage d’une banque, la poursuite dans le désert, la menace des Indiens, l’affrontement de deux anciens amis désormais séparés par la loi…

Rory Calhoun trouve, mine de rien, l’un de ses très beaux rôles. Apparemment simple et sans grand relief, son personnage révèle toute sa complexité au fil du film : un homme à la croisée des chemins, vivant dans le présent, mais tiraillé par son passé et indécis quant à son avenir. Rien de psychologisant ici : cette pure série B se résume à l’essentiel. Mais le scénario est suffisamment fin pour en dire beaucoup, avec peu de mots.

Quant à la mise en scène, elle alterne le très bon et le franchement anonyme. Face à ses très beaux paysages, Carlson marque ses limites de cinéaste, tranchant d’une manière très nette avec le génie d’un Anthony Mann. Mais l’acteur-réalisateur est nettement plus inspiré par ses personnages, en particulier lorsqu’ils sont en groupe. Cela donne des moments plein d’énergie : la bagarre au milieu de la foule, mais aussi des passages moins spectaculaires, mais tout aussi dynamiques : les nombreux plans où apparaissent ensemble les quatre amis sont ainsi tous parfaitement mis en scène.

Carlson réunit une belle distribution autour de Calhoun. George Nader dans le rôle de son « meilleur ennemi », mais aussi deux gueules incontournables du western, John McIntire et Walter Brennan. On le sent surtout fasciné par son actrice, Colleen Miller, petite sauvageonne dont il met systématiquement en valeur les formes et la sexualité qui ne demande qu’à éclore, la filmant en nuisette sous la pluie battante, ou dans des tenues arrachées… La première étreinte entre elle et Rory Calhoun, dans la grange sous l’orage, est d’une belle sensualité.

• Le film vient d’être édité chez Sidonis dans l’incontournable collection « Westerns de Légende », avec une présentation par Patrick Brion.

L’Implacable poursuite (The Saga of Hemp Brown) – Richard Carlson – 1958

Posté : 11 septembre, 2013 @ 9:29 dans 1950-1959, CARLSON Richard, WESTERNS | Pas de commentaires »

L’Implacable poursuite (The Saga of Hemp Brown) – Richard Carlson – 1958 dans 1950-1959 limplacable-poursuite

Il y a décidément de bien belles surprises parmi les innombrables petits westerns des années 50. Celui-ci, tout en respectant les règles du genre, avec un rythme impeccable, des bagarres, des fusillades et de la romance dans l’air, est une grande réussite, particulièrement original, et filmé avec un vrai talent de cinéaste par Richard Carlson, surtout connu comme acteur (le héros du Météore de la nuit, c’est lui).

Rory Calhoun, figure importante de la série B, interprète Hemp Brown, un officier de cavalerie viré de l’armée après qu’un ancien soldat a volé l’argent qu’il était chargé de convoyer, tout en le faisant passer pour un traître.
Calhoun, gueule idéale du cow-boy sans peur, traverse le pays pour retrouver celui qui l’a trahi. Rien que de très classique, a priori. Sauf qu’il le fait le plus souvent sans cheval. Cela peut sembler anodin, mais non : le rythme et le ton du film s’en trouvent chamboulés. Pas ou peu de cavalcades effrénées ici, mais un homme qui avance lentement mais avec détermination, souvent seul dans une nature trop grande, ou à contre-courant des personnes qu’il rencontre et qui, eux, sont dans leur milieu quotidien. Les tribulations de notre héros ont parfois les apparences d’une virée dans une Amérique criante de vérité, avec ses rituels, son ennui, ses vies sans histoire…

Soldat dégradé, Hemp Brown doit aussi porter sur ses épaules la honte du déshonneur, relayé par tous les journaux du pays. Où qu’il aille, il se heurte au mépris des « gens biens » qu’il rencontre. Mépris dont on sent qu’il ne demande qu’à exploser en violence dès que ces « gens biens » deviendront une foule. La colère de la foule : un sujet au cœur de nombreux grands films hollywoodiens.

Au milieu de ces Américains sans histoire qui affichent une bienveillance à toute épreuve, mais qui se révèlent capables de lyncher le premier venu, Hemp Brown et sa némesis, Jed Givens, sont des mavericks, qui suivent leurs règles personnelles plutôt que celles de la bonne société.

Rory Calhoun est excellent, mais John Larch l’est tout autant dans le rôle du méchant de service, dont la santé mentale est remise en question. L’affrontement de ces deux-là aura bien lieu, mais à l’issue d’une interminable (et implacable) poursuite, qui s’apparente plutôt à un jeu du chat et de la souris. Et dans des conditions qui me semblent uniques dans l’histoire du western : après que le méchant, accusé à tort d’un meurtre, a été sauvé de la potence par celui qui le traque sans répit.

• Quasiment invisible depuis des décennies, le film est édité dans la collection Western de Légende de Sidonis, avec une présentation de Patrick Brion et la bande annonce originale. Le DVD présente une version pan and scan, la seule disponible pour ce western sorti en salles en cinemascope. Mais le recadrage se révèle harmonieux, et ne gâche en rien le rythme du film.

 

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