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Archive pour la catégorie 'CAHN Edward L.'

Law and order (id.) – d’Edward L. Cahn – 1932

Posté : 25 mars, 2019 @ 8:00 dans 1930-1939, CAHN Edward L., WESTERNS, Wyatt Earp / Doc Holiday | Pas de commentaires »

Law and order

C’est avec une certaine excitation que je me suis plongé dans ce western des premiers temps du parlant, film auréolé d’une réputation assez exceptionnelle auprès des amoureux du genre, notamment aux Etats-Unis. Law and order est-il vraiment ce chef d’œuvre précurseur, qui surnage dans une décennie (les années 30, donc) aussi riche quantitativement que pauvre qualitativement pour le western (jusqu’en 1939, année de la renaissance du genre) ? Eh bien oui et non.

Non, parce que cette variation sur le thème de Wyatt Earp et du règlement de compte à OK Corral (le nom du héros est changé, pas celui du lieu) manque singulièrement de rythme, et reste typique de cette époque sur bien des points, qui tiennent en partie aux difficultés techniques encore rencontrées pour les tournages en extérieur, et à une utilisation très plate du son. Oui, parce qu’il y a là dedans des tas d’idées fortes et originales, qui gardent toute leur singularité près de neuf décennies plus tard.

La démarche hésitante de voyageurs qui viennent de passer des heures à cheval, les quatre amis qui font leur toilette ensemble dans le même récipient, et qui partagent le même lit, un homme qui vérifie sous un matelas qu’il n’y a pas de cafard… Des détails inhabituels qui donnent au film des accents de vérité, et une profondeur exceptionnelle. Difficile de dire à qui on doit ces idées… mais c’est le genre de détails qu’on attribuerait volontiers à John Huston, qui signe l’adaptation du roman original.

C’est l’un des premiers jobs du fiston Huston, qui doit sans doute beaucoup à cette époque à son père Walter, star de ce Law and Order. Il est d’ailleurs excellent, Walter Huston, sombre et taiseux. Avec ses trois comparses (parmi lesquels Harry Carey, qui impose une présence formidable), l’acteur crée une imagerie westernienne qui fera date, jusqu’à aujourd’hui : la manière dont Cahn les filme se mettant en marche vers le règlement de compte final sera repris un nombre incalculable de fois, jusqu’à La Horde sauvage ou Wyatt Earp.

Cette séquence du règlement de comptes est une réussite, qui synthétise à elle seule toute la rudesse, la brutalité et la vérité du film, dans une explosion de violence sèche et impressionnante. La mise en scène d’Edward L. Cahn, réalisateur prolifique qui n’a pas laissé une empreinte très marquante dans l’histoire, est pour beaucoup dans ces qualités, avec ses beaux mouvements de caméra, au plus près de visages marqués et passionnants.

Le film prend de grandes libertés avec l’histoire, et avec le mythe de Wyatt Earp. Le personnage de Doc Holliday a notamment disparu, remplacé par celui de Harry Carey qui n’a pas grand-chose à voir. Le plus célèbre tuberculeux du western est quand même rapidement évoqué sous la forme d’un clin d’œil au début du film, avec ce personnage de Mexicain à la toux inquiétante.

Outre la présence remarquée d’un tout jeune Andy Devine, rigolo dans le rôle d’un pauvre type « fier d’être le premier à être pendu légalement », le film est aussi marqué par le petit rôle (non crédité) de Walter Brennan, dont l’histoire avec Wyatt Earp est loin d’être terminée, puisqu’on le retrouvera quinze ans plus tard dans My darling Clementine, authentique chef d’œuvre cette fois.

Destination : Murder (id.) – de Edward L. Cahn – 1950

Posté : 10 septembre, 2013 @ 3:44 dans * Films noirs (1935-1959), 1950-1959, CAHN Edward L. | Pas de commentaires »

Destination : Murder (id.) – de Edward L. Cahn – 1950 dans * Films noirs (1935-1959) destination-murder

Une jeune femme est témoin de l’assassinat de son père. Jugeant que la police ne fait pas grand-chose, elle mène sa propre enquête, identifie le tueur, et se rapproche de lui pour découvrir qui est le commanditaire du meurtre.

L’intrigue de ce film noir méconnu est assez maligne, et le scénario réserve quelques surprises qui assurent l’intérêt. Le scénario évite aussi soigneusement les pistes trop faciles en ce qui concerne les personnages, faisant du tueur une petite frappe manipulée par tout le monde, et de la jeune héroïne une tête brûlée plus déterminée que réfléchie. Surtout, le flic relégué au rang de second rôle un peu ridicule et apparemment totalement incompétent, se révèle être le véritable héros du film. Les vais héros ne sont pas ceux qu’on croit, et les vrais méchants non plus : c’est la principale force du film.

Hélas, le scénario n’est pas exempt de défauts, à commencer par d’immenses raccourcis qui rendent le propos à peine crédible. Quant à la mise en scène, elle est d’une platitude digne des pires nanars fauchés de cette période. Edward L. Cahn n’est pas exactement le plus grand cinéaste de son époque (Ce Destination : Murder est son plus grand titre de gloire). Ce n’est pas non plus le meilleur des directeurs d’acteur : Si Hard Hatfield, éternel Dorian Gray, est excellent dans son rôle de mystérieux gérant de club, et si Albert Dekker est parfait en brute qui se rêve plus malin qu’il n’est, les autres comédiens, moins aguerris, semblent livrés à eux-mêmes et débitent sans y croire des dialogues qu’ils n’incarnent jamais.

Mais le pire, c’est le rythme du film. Ou plutôt l’absence totale de rythme. Le moindre dialogue est précédé de longues secondes de silence… même quand un personnage est censé couper la parole à un autre, ce qui laisse des phrases en suspens assez déroutantes. Finalement, les quelque 75 minutes de métrage, à l’exception de quelques passages plus enlevés, paraissent bien longs.

 

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