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Archive pour la catégorie 'BROOKS Richard'

Les Professionnels (The Professionals) – de Richard Brooks – 1966

Posté : 29 avril, 2016 @ 11:38 dans 1960-1969, BROOKS Richard, LANCASTER Burt, RYAN Robert, WESTERNS | Pas de commentaires »

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Dans la riche filmographie de Richard Brooks, cinéaste génial et engagé, Les Professionnels peut sembler bien anecdotique : un « simple » western construit sur le modèle déjà éculé des Sept mercenaires, soit quatre fines gâchettes engagées par un riche propriétaire pour retrouver sa femme, enlevée par un révolutionnaire mexicain…

Tourné après l’échec de Lord Jim, le film répond en effet à une volonté de Brooks de reprendre la main. En partie en tout cas, parce que le cinéaste n’abandonne pas ses ambitions pour autant. De ce film d’action fun et explosif, il tire en effet une réflexion un rien désenchantée sur la frontière entre le bien et le mal, filmant des personnages qui n’ont rien d’univoques, ou le manichéisme n’a pas sa place.

Le film fut un triomphe à sa sortie en salles. Un demi-siècle plus tard, il paraît étrangement moderne. Bien plus en tout cas que la plupart des westerns tournés durant cette période de déclin du genre et qui tentaient à tout prix d’être dans l’air du temps. Brooks, lui, réussit ce prodige de raconter son histoire le plus simplement du monde, avec une suprême élégance et une immense efficacité, tout en proposant une étude complexe et passionnante du genre humain, tiraillé entre convictions et intérêts personnels. Un vrai film politique…

Et puis il y a ce casting, fabuleux. L’un des plus excitants de toute la décennie sans aucun doute. Lee Marvin en tête d’affiche, sobre encore (dans son jeu en tout cas, paraît que sur le tournage, ce n’était pas souvent le cas…) et d’une intensité incroyable. Burt Lancaster surtout, acteur décidément formidable qui révèle ici une humilité rare, acceptant de passer au second plan pour le bien du film. Woody Strode encore, acteur fordien comme souvent peu bavard, mais dont la silhouette taillée à la serpe impressionne toujours. Robert Ryan enfin, acteur que je soupçonne incapable d’être mauvais, voire juste passable, excellent malgré un rôle très en retrait.

Et l’apparition tardive mais miraculeuse de Claudia Cardinale (des retrouvailles pour elle et Lancaster, après Le Guépard), d’une beauté à couper le souffle. Le couple qu’elle forme avec Jack Palance, méchant très relatif, constitue l’une des raisons de voir et revoir ce western majeur, l’un des meilleurs de la décennie.

* Blue ray dans la belle collection Very Classics de Sony, avec un livret passionnant et joliment illustré, et quelques bonus intéressants.

Bas les masques (Deadline USA) – de Richard Brooks – 1952

Posté : 30 juin, 2015 @ 2:09 dans * Films noirs (1935-1959), 1950-1959, BOGART Humphrey, BROOKS Richard | Pas de commentaires »

Bas les masques (Deadline USA) - de Richard Brooks - 1952 dans * Films noirs (1935-1959) Bas%20les%20masques_zpscpvelwuw

Ne cherchez plus le plus beau film sur le journalisme (vous ne cherchiez pas ?) : il est signé Richard Brooks, et c’est Bogart qui s’y colle dans la peau du rédac chef que tous les journalistes rêveraient d’avoir : un type droit et humain, coriace et intègre. Bref, un vrai homme de presse qui vit son métier comme un sacerdoce et dont la déclaration d’amour à son métier et à son médium, longue tirade totalement inutile à l’intrigue, est renversante d’intensité.

Le film de Brooks est un chef d’oeuvre cynique et sincère à la fois. Cynique parce qu’il décrit une société déjà dominée par le profit, où l’intégrité et le courage sont des notions en voie de disparition. Sincère dans sa vision d’un journalisme qui semble déjà en voie de disparition. En 1952, la presse était donc déjà en crise ? Ce journalisme d’investigation au cœur de son film est menacé par une presse à scandale qui joue avec les peurs et le voyeurisme de ses lecteurs.

Avec une pointe de nostalgie qui paraît encore totalement d’actualité en 2015, Brooks raconte les derniers jours d’un grand journal, condamné à disparaître alors qu’il doit être racheté par son principal concurrent. Des derniers jours que le rédacteur en chef (Bogart, donc, aussi impérial en journaliste qu’il l’était en privé) refuse de vivre comme une agonie, préférant en faire un superbe chant du cygne.

Parallèlement à ses efforts pour tenter de sauver « son » journal, Bogart galvanise donc ses troupes, menacées par le chômage, pour poursuivre leurs investigations et faire tomber un gangster intouchable. Entre le film noir sombre et violent (dans un magnifique noir et blanc) et les petits drames humains, Brooks ne choisit pas et trouve un équilibre absolument parfait.

Et c’est bien ce qui fait le poids de son film : ses personnages sont constamment tiraillés entre leur devoir de journaliste et leur intérêt personnel. Il y a ce reporter montré du doigt parce qu’il s’est fait embauché par un autre journal. Il y a cette veuve du grand patron confrontée à la cupidité de ses filles. Il y a tous ces journalistes tentés par la déprime. Et il y a Bogie lui-même, dont le dévouement absolu à son métier l’empêche de renouer avec son ex-femme. Dans le rôle de cette dernière, personnage discret et en retrait, Kim Hunter est superbe et apporte une indispensable touche d’humanité.

* Belle édition DVD chez Rimini Editions / Fox, avec un beau portrait de Bogart et une présentation passionnante par Patrick Brion qui évoque sa passion pour Richard Brooks.

 

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