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Archive pour la catégorie 'BOETTICHER Budd'

Le Déserteur de Fort Alamo (The Man from the Alamo) – de Budd Boetticher – 1953

Posté : 15 juillet, 2019 @ 8:00 dans 1950-1959, BOETTICHER Budd, WESTERNS | Pas de commentaires »

Le Déserteur de Fort Alamo

Ce n’est pas encore l’ère des grands films, mais le cinéma de Boetticher est déjà très recommandable au début des années 50, avec des premiers westerns qui n’ont certes pas l’impact de ceux que jouera Randolph Scott quelques années plus tard, mais qui sont déjà de belles réussites : L’Expédition du Fort King, Le Traître du Texas… Autant de films dont on peut dire qu’ils sont des Boetticher mineurs, mais qui ont quand même une sacré classe.

Le Déserteur de Fort Alamo est de ceux-là. Clairement pas le plus personnel de sa filmographie : lui-même ne le tenait d’ailleurs pas en très grande estime, l’évoquant dans Amis Américains (le pavé de Bertrand Tavernier réunissant quelques-uns de ses interviews fleuves) comme « un film drôle ». Ce qu’il répète d’ailleurs : « Nous avons voulu faire un film drôle pour contrebalancer le pathétique de l’histoire. »

Bon. Visiblement, son propre film ne l’a pas marqué outre mesure, parce que le côté humoristique du film m’a complètement échappé. Le pathétique, lui, est bien là, avec ce personnage de Glenn Ford, considéré comme un lâche parce qu’il a quitté le fort Alamo avant l’ultime massacre : choisi par le hasard pour aller sauver les femmes et enfants de ses camarades, mais qui ne peut que constater que toutes les familles ont été massacrées par des bandits déguisés en Mexicains.

Le gars arrive trop tard pour sauver qui que ce soit, y compris sa propre femme et son propre fils. Trop tard aussi pour retourner à Alamo, ou même pour sauver sa réputation. Condamné par ce putain de sort à être considéré comme un lâche, lui qu’on a pourtant vu risquer sa vie pour redresser le drapeau flottant sur le fort assiégé. Même si la fin adoucit le propos, toute notion de drôlerie est absente de ce western.

Un western carré et efficace, qui fait le spectacle à défaut d’être hyper personnel. Il ne manque en tout cas d’intérêt, ne serait-ce que pour sa manière d’être complémentaire avec le futur classique de John Wayne consacré au siège d’Alamo. Le film de Boetticher ne se situe dans le fort que dans le premier quart d’heure. Après quoi c’est le contexte et les enjeux se jouant à l’extérieur du fort que le film évoque : la menace des Mexicains sur les Texans, la désorganisation d’une population livrée à elle-même…

Pas inintéressante non plus, quoi que plus convenue, la manière dont Boetticher filme la meute : la rapidité avec laquelle le « déserteur » est condamné, au moins moralement, par la population parce qu’il a commis le crime de survivre à des héros. Glenn Ford apporte beaucoup d’intensité à ce personnage tragique. Et Fictif, contrairement à certains autres (à commencer par Davy Corckett et Jim Bowie).

L’Aventurier du Texas (Buchanan rides alone) – de Budd Boetticher – 1958

Posté : 7 juillet, 2019 @ 8:00 dans 1950-1959, BOETTICHER Budd, WESTERNS | Pas de commentaires »

L'Aventurier du Texas

Randolph Scott, cowboy solitaire. Normal. Mais ce cowboy solitaire là débarque en ville avec un large sourire aux lèvres, dont il ne se départira que dans les circonstances les plus sombres… et encore. Et ce n’est pas la seule originalité de ce western plein de surprises.

L’histoire, pourtant, semble classique. Ce voyageur en route vers son Texas natal débarque dans une ville frontalière dominée par une famille omniprésente, qu’il ne tarde pas à se mettre à dos : le juge Agry, qui détient le pouvoir et la fortune ; le shérif Agry, qui aimerait bien s’approprier les deux ; et le patron d’hôtel Agruy, qui passe son temps à courir d’un frère à l’autre.

Curieux western, où le héros passe son temps à être sauvé de la mort par ceux qui sont censés être ses ennemis. Une sorte d’ironie amusée qui baigne tout le film, avec un humour plutôt inhabituel pour un western de Boetticher, surtout dans sa période Scott.

Boetticher glisse des tas de détails étonnants dans son récit : ce frère constamment essouflé qui a tout du poulet paniqué ; l’homme qu’on « enterre » au sommet d’un arbre ; Scott qui manque tranquillement son steak sous le regard de l’homme qui veut le tuer ; le prix fixe (10 dollars) de tout ce qui s’achète dans cette ville…

Buchanan rides alone peut sembler mineur dans la collaboration de Scott et Boetticher, mais cette pochade au ton parfois déroutant séduit par son côté décalé, par son rythme impeccable, et par l’écriture de ses personnages, à commencer par l’homme de main du juge joué par Craig Stevens, totalement inattendu, sorte d’ange noir dont la présence domine tout.

Le Courrier de l’Or (Westbound) – de Budd Boetticher – 1959

Posté : 3 octobre, 2018 @ 8:00 dans 1950-1959, BOETTICHER Budd, WESTERNS | Pas de commentaires »

Le Courrier de l'or

Pas le plus connu, ni le plus typique, ni le meilleur des sept westerns que Randolph Scott a tourné sous la direction de Budd Boetticher.

Loin des personnages taiseux et raides, presque minéraux, qui ont fait sa légende, Scott est ici un « héros » beaucoup plus classique : un officier nordiste qui doit reprendre son activité civile, diriger une ligne de diligence, pour convoyer l’or dont les Fédéraux ont tant besoin.

L’histoire n’est pas inintéressante, mais on sent bien qu’il n’y a à peu près que la stature de Randolph Scott, sa manière d’occuper l’écran, en particulier dans les scènes d’action, qui inspirent vraiment Boetticher. Scott est excellent d’ailleurs, bien supérieur à ce que l’on veut bien dire de ses talents d’acteur. Il occupe en tout cas l’espace avec un charisme hors du commun.

Les autres personnages sont, pour la plupart, un peu sacrifiés. A commencer par la pauvre Virginia Mayo, dont les rares scènes de dialogues sont d’une lourdeur déroutante. Karen Steele (en douce épouse d’un soldat manchot) et Andrew Duggan (en « méchant » assez nuancé) sont un peu mieux traités. Sans doute pas un hasard si Karen Steele est, justement, la future femme de Boetticher. Les yeux de l’amour donnent un petit quelque chose de plus à ses scènes à elle.

Rythmé, pas désagréable pour un sou, ce Scott-Boetticher est mineur. Mais c’est un Scott-Boetticher…

Sept hommes à abattre (Seven Men from now) – de Budd Boetticher – 1956

Posté : 28 novembre, 2016 @ 8:00 dans 1950-1959, BOETTICHER Budd, WESTERNS | Pas de commentaires »

Sept hommes à abattre

La première apparition de Randolph Scott dans un western de Budd Boetticher (six autres collaborations suivront) donne le ton : il fait nuit et la pluie tombe à torrents. Deux hommes se sont abrités sous un rocher. Soudain, une silhouette apparaît de dos, comme si elle sortait de la caméra… C’est Scott, mutique et minéral, apparition mystérieuse dont on ne se demande pas longtemps ce qu’elle recherche…

Il ne s’agit pas de se réchauffer au coin du feu ici, mais d’une histoire de vengeance, brute et rude, que Boetticher filme avec une sécheresse et un sens de l’épure formidable. Tout ce qui fera la richesse et la particularité de cette incroyable œuvre commune est déjà là.

On a beaucoup dit que les westerns d’Anthony Mann utilisaient merveilleusement les décors. C’est le cas aussi de Boetticher, tout particulièrement dans les scènes d’action. Scott ne se cache pas simplement derrière les rochers qui se dressent dans ce paysage désertique : il s’y glisse, il y rampe, et pénètre les moindres aspérités de la roche, comme s’il ne faisait plus qu’un avec cet environnement.

Le film est court, extrêmement tendu, et entièrement tourné vers la vengeance, comme l’est le personnage de Scott, ancien shérif à la recherche des assassins de sa femme. Du coup, la romance qui s’ébauche avec le très beau personnage de Gail Russell ne fait qu’évoquer ce qui aurait pu être dans d’autres circonstances. Et cela donne un moment magnifique, lorsque Scott, au dernier moment, détourne son visage et renonce à un baiser qui aurait tout changé, et enfourche son cheval pour repartir sans un regard derrière lui.

La relation qu’il noue avec Lee Marvin serait, en comparaison, presque plus charnelle. Entre ces deux là, il y a un mélange de haine et d’affection assez troublant. Tout ça est filmé avec une sobriété exemplaire. Ce Seven Men from now est absolument formidable…

Le Tueur s’est évadé (The Killer is loose) – de Budd Boetticher – 1956

Posté : 10 octobre, 2016 @ 8:00 dans * Films noirs (1935-1959), 1950-1959, BOETTICHER Budd | Pas de commentaires »

Le Tueur s'est évadé

Avant d’inaugurer son fameux cycle westernien avec Randolph Scott, Boetticher frappait déjà très fort avec ce thriller dont on sort franchement exsangue, après une séquence finale au suspense hallucinant. Tout le film, en fait, semble se diriger vers cette longue séquence nocturne qui semble d’une simplicité absolue : un piège à haut risque qui se referme – ou pas – sur un évadé bien décidé à tuer la femme du flic qui l’a arrêté.

Il faut dire que le flic en question (Joseph Cotten, prématurément vieilli et pas franchement impliqué) a lui-même tuer la femme de l’assassin, par mégarde, lors d’une scène nettement plus courte dont la violence sèche et brutale impressionnait déjà. Tout n’est pas parfait dans cette petite production dont certains passages en creux manquent un peu de peps. La faute, surtout, à un Cotten qui semble curieusement mal à l’aise, loin en tout cas de ses débuts spectaculaires chez Orson Welles.

Heureusement, sa femme est interprétée par Rhonda Fleming, qui ne se contente pas d’être une magnifique rouquine (même en noir et blanc), mais qui est absolument parfaite dans le rôle de la femme de flic trop exigeante, qui ne voit pas que son bonhomme fait tout pour la protéger. On la bafferait presque, mais c’est Rhonda…

Dans le rôle du tueur, Wendell Corey est lui aussi formidable. Loin de l’image habituelle des grands méchants de cinéma, il impose un personnage de grand malade un peu paumé absolument glaçant. Les éclats de violence de ce type à la gueule de comptable sont autant de décharges électriques qui donnent son ton au film, comme lors du meurtre sauvage du gardien de prison.

Et mine de rien, avec un noir et blanc propre mais sans grande profondeur, Boetticher signe un modèle de mise en scène, en tout cas dans les grands moments de tension comme cette séquence finale, dans laquelle il dilate le temps à l’extrême et concentre tout le suspense sur une unique rue d’un quartier résidentiel, paisible et familière. Du grand art.

Comanche Station (id.) – de Budd Boetticher – 1960

Posté : 16 mars, 2016 @ 8:00 dans 1960-1969, BOETTICHER Budd, WESTERNS | Pas de commentaires »

Comanche Station

Des personnages secs qui paraissent monolythiques, mais qui dévoilent par moments une sensibilité inattendue, terrible. La patte Boetticher est bien là, dans cet ultime film tourné avec Randolph Scott, qui aura été son interprète idéal pour sept westerns, à l’unité remarquable.

Dans Comanche Station, Scott est exceptionnel. Dès la première séquence, impressionnante séquence quasi muette dans des étendues immenses et sublimes, sa présence fascine, figure icônique du cow-boy solitaire qui tire une jeune femme des mains d’Indiens qui l’avaient enlevée.

Une variation sur le thème de La Prisonnière du Désert ? Oui, mais c’est moins l’obsession qui intéresse Boetticher que le poids du destin. Scott se consacre certes inlassablement à sauver des femmes, dans l’espoir de retrouver la sienne disparue depuis des années. Mais son regard ne laisse guère transparaître d’espoir, pas plus que de colère d’ailleurs. Juste une bouleversante fatalité.

Tout le film est baigné par ce sentiment de fatalité, jusqu’au dénouement inattendu et touchant. Et jusque dans les personnages de « méchants » : ces deux jeunes porte-flingues qui jouent au dur mais qui pleurent leur enfance disparue lorsque le soir tombe ; et Claude Akins, second couteau habitué aux rôles de sales types sans grande profondeur, dont les derniers mots sont d’une ironie cinglante.

Derrière son dépouillement et son aridité apparents, Comanche Station est un film magnifique. L’un des sommets pour Randolph Scott et Budd Boetticher. Leur chant du cygne à tous deux, aussi. L’acteur ne tournera plus qu’un film : Coup de feu dans la Sierra de Peckinpah. Quant à Boetticher, obsédé par son désir de réaliser un film consacré au matador Carlos Arruza (qu’il mettra dix ans à terminer), il ne tournera plus qu’un autre long métrage : Qui tire le premier ?, en 1969.

* Blue ray dans la collection Westerns de Légende de Sidonis/Calysta, avec des présentations par Patrick Brion et Bertrand Tavernier.

Le Traître du Texas (Horizons West) – de Budd Boetticher – 1952

Posté : 25 janvier, 2012 @ 10:18 dans 1950-1959, BOETTICHER Budd, RYAN Robert, WESTERNS | Pas de commentaires »

Le Traître du Texas

La rivalité entre le gentil frère et le méchant frère est l’un des thèmes récurrents du western : le genre est pratiquement propice à ce type d’histoire, avec l’opposition classique entre la vie familiale et rangée (le travail au ranch) et la tentation de la grande vie facile (le banditisme). De La Vallée de la Vengeance de Richard Thorpe au Survivant des Monts lointains de James Neilson, cette opposition revient très régulièrement, avec des variations plus ou moins importantes. Le Traître du Texas, western « pre-Randolph Scott » de Budd Boetticher, fait peut-être figure de film de jeunesse dans sa filmographie, loin des films de la maturité qu’il tournera avec Scott, mais il aborde ce thème avec une sensibilité rare.

Résultat : ce petit western tourné pour la Universal est un film épatant, touchant, émouvant, et passionnant. La première grande idée est d’avoir inscrit cette histoire de guerre fratricide dans un contexte historique fort : l’après guerre civile. Les personnages principaux du film sont trois Sudistes de retour dans leur ville natale après des années de guerre : deux frères et le palefrenier travaillant dans leur ranch. Ils reviennent vaincus, mais heureux d’être en vie et de retrouver leurs racines. Tous, sauf le frère aîné, Robert Ryan. Pas un méchant homme, non : un type banal broyé par ces années sacrifiées pour rien, ou si peu. Un homme à qui les années passées sous le drapeau ont enlevé toute envie de retrouver une vie de labeur, où une génération de souffrances ne suffit pas à effacer toutes les dettes…

C’est l’autre grande idée du film : faire du « méchant » non pas un ambitieux sans scrupule, mais un homme aussi attachant qu’inquiétant, une victime de son époque. Le pire ennemi de ce fils d’un fermier modèle, ce n’est pas le riche propriétaire réellement sans scrupule (Raymond Burr, éternel salaud de cette époque) qui l’accule et le pousse à passer du mauvais côté de la barrière ; ce n’est pas non plus cette femme trop belle dont il tombe amoureux (Julie Adams, joli personnage très complexe) : c’est lui-même, frère et fils aimant, mais trop désireux de rattraper trop vite des années sacrifiées. Qu’importe les horreurs qu’il finit par commettre : jamais le personnage de Robert Ryan ne devient totalement antipathique. Pathétique, oui.

Face à Ryan, le personnage du petit frère, joué par Rock Hudson, paraît bien fade, mais le jeune acteur s’en tire avec les honneurs. Révélé la même année dans le Victime du Destin de Raoul Walsh, il retrouvera Boetticher l’année suivante avec L’Expédition du Fort King, autre western très réussi dans lequel il aura un rôle bien plus conséquent.

 

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