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Archive pour la catégorie 'BIGELOW Kathryn'

A House of Dynamite (id.) – de Kathryn Bigelow – 2025

Posté : 24 novembre, 2025 @ 8:00 dans 2020-2029, BIGELOW Kathryn | Pas de commentaires »

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Une attaque nucléaire ? Une possible apocalypse ? Oui, bon, le cinéma américain nous a déjà fait le coup cinquante fois, alors quoi de neuf ? Eh bien le neuf, bien sûr, c’est Kathryn Bigelow aux commandes. Le résultat est, forcément, très loin de tout ce qu’on a déjà pu voir sur le sujet. Fidèle à la veine engagée qu’elle poursuit depuis quinze ans, la réalisatrice de Zero Dark Thirty fait un choix radical : à peu près rien d’autres que des parlottes. Pour un résultat tout aussi radical : un film flippant et glaçant, dont on ressort (difficilement) sous le choc.

Choix radical, donc… Tout le récit se concentre sur une vingtaine de minutes, qui séparent la détection d’un missile nucléaire tiré d’une région du Pacifique qui n’a pas pu être déterminé, et le moment où il doit sur une ville américaine qui pourrait bien être Chicago. Pas de grande scène de foule, pas d’explosion pas plus que de missions à hauts risques d’agents infiltrés : toute l’action se déroule dans des salles de crise américaines, notamment celle de la Maison Blanche.

Ou comment une journée sans histoire bascule en quelques minutes vers un cataclysme sans doute inévitable. Une vingtaine de minutes, qui s’étendent à l’écran sur à peu près deux fois plus long, jusqu’à l’instant qui précède le probable impact. Et puis rewind… Bigelow revient vingt minutes plus tôt, et recommence avec de nouveaux points de vue : ceux des officiers et autres responsables, guère préparés à un tel scénario. « Il n’y a pas de plan B », résume un officier, synthèse d’une simplicité aberrante du propos alarmiste de Bigelow.

Heureusement, lorsqu’on arrive une nouvelle fois à l’instant précédant l’apocalypse annoncé, Bigelow rewinde une seconde fois, montant encore d’un cran dans les points de vue adoptés. Cette fois, c’est le chef du Pentagone et le Président des Etats-Unis lui-même que l’on suit. En arrivant au sommet de la pyramide, la scénariste-réalisatrice touche à ce que la sécurité du monde a… de plus humain, et de plus fragile, de simples hommes à qui revient une décision impossible.

Dans le rôle du président, Idris Elba est parfait, colosse aux genoux fragiles, incapable de prononcer les mots que tout le monde attend de lui. Comme souvent chez Kathryn Bigelow, c’est du côté des femmes que pourrait se trouver la vraie force. Celle d’une obscure responsable du centre de crise, formidable Rebecca Ferguson, tenue à l’écart des vraies décisions au profit d’un supérieur bien moins clairvoyant.

Au-delà de la pure efficacité du film, tourné comme tous ses précédents en caméra porté (pour un résultat censé renforcer le côté réaliste du truc, mais qui a ses limites, donnant parfois une impression de facilité), Bigelow signe un film coup de poing qui souligne avec beaucoup de poids la fragilité d’un monde bâti depuis 80 ans sur la dissuasion nucléaire. Une maison remplie de dynamite, que la moindre étincelle suffirait à souffler. Et non : « il n’y a pas de plan B ».

Blue Steel (id.) – de Kathryn Bigelow – 1989

Posté : 6 mai, 2025 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 1980-1989, BIGELOW Kathryn | Pas de commentaires »

Blue Steel

Kathryn Bigelow, un film de motards et un film de vampires au compteur, signe ici son premier polar, dont elle co-écrit le scénario. Et la plume à la main, la cinéaste se révèle à la fois ambitieuse… et pas d’une grande légèreté.

Sur le papier, Blue Steel ne manque pas d’intérêt, mais n’évite pas quelques grosses ficelles, et des facilités assez énormes. Mais qu’importe : l’intérêt du film ne repose pas vraiment sur la seule intrigue, prenante mais finalement pas tellement différente de tous les polars tendus de l’époque.

En quelques mots : Jamie Lee Curtis (parfaite) est une jeune flique à peine promue, qui abat dès son premier jour de service un braqueur devant quelques témoins. L’un de ces derniers, fasciné par le geste de la jeune femme, s’empare de l’arme du braqueur, disparaît sans demander son reste, et se lance dans une virée meurtrière, tout en séduisant notre fliquette.

C’est tortueux à souhait, et le suspense ne cesse de monter jusqu’à un final un eu grand-guignolesque, gâché par une surabondance de ralentis qui atténuent paradoxalement la tension. Mais re-peu importe.

Si Blue Steel est un film mémorable (et il l’est, malgré tout), c’est pour l’interprétation de Jamie Lee Curtis, parfait mélange de fragilité et de détermination, d’innocence et de révolte. Une jeune femme en pleine (rude) mutation, donc.

C’est aussi, et surtout, pour la manière dont Bigelow filme New York, nous plongeant au cœur d’une ville tentaculaire et grouillante de vie. La plupart du temps sans esbroufe, sa mise en scène est d’une efficacité énorme, et totalement immersive. Sur ce point, une sorte de version plus pêchue du Scorsese de Taxi Driver.

Point Break, extrême limite (Point Break) – de Kathryn Bigelow – 1991

Posté : 16 février, 2019 @ 8:00 dans 1990-1999, ACTION US (1980-…), BIGELOW Kathryn | Pas de commentaires »

Point Break 1991

Keanu Reeves sous la pluie, ses longs cheveux noirs volant au ralenti lorsqu’il se tourne vers la caméra. Patrick Swayze dans l’eau, ses longs cheveux blonds volant au ralenti lorsqu’il se tourne vers la caméra… Kathryn Bigelow a fait plus délicat que cette ode à la liberté et aux grands frissons, film devenu culte mais qui accuse quand même assez lourdement ses presque trente ans.

C’est clairement le film d’une époque, avec cette esthétique parfois outrancière et ses dialogues impossibles, qui tirent par moments quelques sourires gênés. Surtout que jamais Bigelow ne s’est contentée, avant ou après, d’un scénario aussi bourré de facilités et de raccourcis. Et que, franchement, ni Keanu Reeves ni Patrick Swayze ne sont des acteurs renversants, en particulier ici, où ils se contentent d’être des stéréotypes.

Cela dit, ces stéréotypes sont assumés, tout comme les rebondissements improbables. Impossible de croire en cette histoire de surfeurs-braqueurs ? Oui, totalement impossible, sauf qu’à défaut d’y croire, on marche quand même, emporté par le rythme, les images assez bluffantes (même si l’accumulation de ralentis met bien en valeur les doublures des deux stars) et le caractère hyper fun de tout ça.

Les scènes de surf finissent certes par être un rien répétitives, mais le scénario glisse habilement vers un autre sport extrême avant de lasser vraiment, en l’occurrence le saut en parachute, qui a rarement été filmé avec autant d’habileté et avec un tel sentiment d’immersion. A tel point qu’on finit même par s’attacher aux personnages, si caricaturaux soient-ils. Et même si aucun des acteurs principaux n’arrivent à la cheville de Gary Busey, second rôle génialement utilisé ici, réjouissant quand il en fait des tonnes. Et il ne s’en prive pas.

Zero Dark Thirty (id.) – de Kathryn Bigelow – 2012

Posté : 30 janvier, 2013 @ 12:15 dans 2010-2019, BIGELOW Kathryn | Pas de commentaires »

Zero Dark Thirty (id.) - de Kathryn Bigelow - 2012 dans 2010-2019 zero-dark-thirty

Sur le papier, Zero Dark Thirty a tout de la fausse bonne idée : un film-enquête sur la longue traque de Ben Laden, près de dix ans de l’histoire secrète des Etats-Unis dont on ne connaît que la partie émergée… D’autres avant Kathryn Bigelow se sont attaqués à des sujets aussi brûlants, sans avoir plus de recul : Oliver Stone, surtout, qui a réalisé des World Trade Center et W qui ne sont pas parmi ses grandes réussites.

Mais Kathryn Bigelow n’est pas Oliver Stone. Ce qui, pour le coup, est un sacré compliment (même si j’aime bien Stone, la plupart du temps). Avec Zero Dark Thirty, la première réalisatrice oscarisée de l’histoire (c’était pour Démineurs) fait ce qu’un Oliver Stone n’aurait jamais pu faire : un film qui n’assène pas. Dépassionné et passionnant.

Avec son scénariste Mark Boam, Bigelow a réussi un pari totalement improbable : rendre parfaitement intelligible, sans jamais simplifier, une enquête de près de dix ans où l’essentiel se situe dans des rapports, où on a bien du mal à comprendre qui est qui dans la nébuleuse Al Qaïda… Grâce à un scénario d’une rare intelligence, et grâce aussi (et surtout) à une mise en scène qui mériterait un nouvel Oscar.

Car jamais Kathryn Bigelow, cinéaste à la carrière passionnante, ne tombe dans les excès du cinéma-document. La caméra est la plupart du temps à l’épaule, oui. Mais ça ne l’empêche pas de soigner ses cadrages et ses éclairages. Plus que n’importe quel blockbuster lambda, et même si on nous assure que (presque) tout est vrai, à commencer par l’usage de la torture (que Bigelow filme frontalement mais sans complaisance), Zero Dark Thirty est un vrai film de cinéma, et un grand.

La réalisatrice utilise tous les artifices du cinéma pour raconter son histoire, pour souligner les effets. Pour filmer la peur, surtout, qui a rarement été aussi tangible que dans ce film. Qu’elle plane d’une manière diffuse sur des rues bondées et vaguement menaçante, ou qu’elle fasse irruption de manière soudaine et violente.

Mine de rien, c’est peut-être bien le premier film crédible consacré à la guerre au terrorisme, que signe Kathryn Bigelow. Un film qui risque bien de rester un modèle total, tant, à travers quelques scènes traumatisantes, elle parvient à rendre tangible la peur, l’horreur, et les différences absolues entre les protagonistes de cette guerre. Les séquences d’attentat sont d’ailleurs d’une force incroyable, irruption de la mort dans des bulles de quiétude…

Au début, forcément, on pense à JFK (Stone, toujours), pour le côté film-dossier, pour la complexité et la longueur de l’enquête, pour la manière exceptionnelle dont le film parvient à ne jamais nous perdre. Mais rapidement, on réalise que c’est ailleurs qu’il faut chercher une vraie parenté : du côté, inattendu, de La Prisonnière du Désert.

Car le film parle avant tout de l’obsession : celle du personnage principal, jouée par une Jessica Chastain décidément formidable, jeune agent de la CIA qui passera plus de sept ans à traquer Ben Laden, y sacrifiant toute sa vie. Sept ans : c’est justement le temps que Ethan Edwards/John Wayne passait à chercher sa nièce dans le chef d’œuvre de John Ford.

Physiquement, bien sûr, il n’y a pas de comparaison entre le rude Duke et la belle Chastain. Mais les deux personnages sont de la même trempe. Des obsessionnelles que leur quête mènera au bord de la folie et qui, au final, seront exclus des effusions de joie, se retrouvant seuls lorsque la porte se referme. Douce et incroyablement forte, d’une intensité rare, la belle a les épaules de Wayne. Et Kathryn Bigelow a la stature d’un immense cinéaste.

Strange Days (id.) – de Kathryn Bigelow – 1995

Posté : 26 août, 2010 @ 5:00 dans 1990-1999, BIGELOW Kathryn, FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

Strange Days (id.) - de Kathryn Bigelow - 1995 dans 1990-1999 strange-days

J’avais gardé un meilleur souvenir de ce film de S.F. signé Kathryn Bigelow, et écrit par son ex, James Cameron. La réalisatrice n’a rien à se reprocher d’ailleurs : sa caméra est toujours aussi virtuose, et la belle insuffle un souffle et un rythme parfait, réinventant même avec beaucoup d’efficacité l’utilisation de la caméra subjective, notamment lors d’une longue séquence d’ouverture mémorable. Cette séquence est doublement réussie : d’abord parce qu’elle nous met littéralement à la place d’un petit truand en plein casse dont l’issue lui/nous sera fatal ; ensuite parce qu’elle pose les bases visuelles des nombreuses séquences similaires à venir.

Le style « coup de poing » de Bigelow ne vampe jamais ni l’histoire, ni les personnages. Au contraire : la caméra est toujours au service de l’intrigue et de l’intensité dramatique. En cela, Strange Days est une grande réussite. Le contexte du film (la veille de l’an 2000) est également joliment illustré, la réalisatrice nous montrant par petites touches discrètes la violence et l’insécurité galopantes dans les villes. Jamais elle n’appuie le trait de ce qui est pourtant le sujet principal du film : le mal-être et la tentation que l’on a de trouver refuge dans « autre chose ».
Les acteurs non plus n’ont rien à se reprocher, et surtout pas Ralph Fiennes, comédien aussi intense en nazi impitoyable (La Liste de Schindler) qu’en monsieur tout le monde dépassé par les événements (Quizz Show) ou en diplomate ravagé par la mort de sa femme (The Constent Gardener) ; en ancien flic devenu une loque limite junkie, Fiennes est formidable. Ni la trop rare Angela Basset, personnage apparemment un peu en retrait, mais d’une grande richesse : à la fois dure et féminine, fragile et déterminée, forte et amoureuse… Et quel coup de pied !

Hélas, trois fois hélas, il y a le scénario qui est certes bourré de qualités, et d’une grande richesse thématique. Mais qui est aussi bourré de clichés et de codes mille fois rabâchés, et souvent bien mieux. Il ne faut pas attendre longtemps avant de douter de la dévotion de Tom Sizemore pour son « pote » ; les flics pourris ne sont guère mieux servis (même s’ils sont incarnés par de bons acteurs : Vincent d’Onofrio et William Fichtner) ; pas plus que le grand méchant du film, joué par un Michael Wincott qui fait… du Michael Wincott, avec toujours autant de charisme et un air aussi méchant…

Ces clichés parfois hénormeux gâchent un peu le plaisir, mais Strange Days est bel et bien un film de Kathryn Bigelow : profondément divertissant, et bien plus complexe qu’il n’y paraît…

 

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