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Déserts (Al Thalith al khali) – de Faouzi Bensaïdi – 2023

Posté : 17 novembre, 2025 @ 8:00 dans 2020-2029, BENSAÏDI Faouzi | Pas de commentaires »

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Dans leurs beaux costumes bleus, deux hommes arpentent les grandes étendues désertiques marocaines, allant d’un minuscule village à l’autre pour recouvrer des dettes non payées… Ou comment, à travers deux héros dépassés, faire se fracasser deux visions du monde qui semblent incompatibles : le Maroc traditionnel des villages reculés, et le monde capitaliste dans ce qu’il a de plus carnassier.

Tout, à vrai dire, tourne autour de l’argent dans ce film au ton singulier et aux faux airs de westerns, qui me permet de découvrir Faouzi Bensaïdi, dont c’est pourtant le sixième long métrage. Le réalisateur a un ton bien a lui, constamment sur un fil distendu entre le drame très sombre et la satire très second degré. Et il a un sens extraordinaire du cadre : chaque image de son film est spectaculaire, que ce soit les décors extérieurs grandioses, ou les intérieurs intimes et sombres.

Bensaïdi fait d’incessants grands écarts : de la lumière éclatante du désert à la pénombre des maisons ; de la comédie flirtant avec le burlesque au trip halluciné et envoûtant (superbe balade en voiture sur fond de coucher de soleil et de musique électronique, totalement fascinante) ; de la ville capitaliste à ces paysages désertiques où tout semble appartenir au passé et échapper au présent, ce que semble annoncer cette carte routière qui se refuse au regard des deux héros dans la première scène.

Les deux héros, donc : de véritables Pieds Nickelés, qui parcourent le Maroc pour récolter l’argent dû à leur employeur, font mine de faire les gros bras, mais se retrouvent à la place avec un tapis, une chèvre, un van… pour tout paiement. La première partie ne laisse guère planer de doute : on est là pour rire des mésaventures de ces deux hommes gentiment ridicules, qui semblent totalement déplacés dans leur environnement.

Mais petit à petit, Bensaïdi instille quelques notes d’amertume. Par petites touches, il met en valeur une rupture dans la société marocaine, ce qui ressemble aussi à une perte des valeurs. Et puis une rupture, inattendue et brusque, ou plutôt un chemin de traverse qui change pour un temps le point de vue, pour suivre un personnage recherché par la police, en fuite. Puis, encore, une grande noirceur s’installe, avec l’apparition de migrants revenus à leur point de départ, et ce sentiment d’assister à une errance sans issue.

Le trouble grandit par à coups, dans un film où tous les rebondissements, toutes les ruptures, sont hors-champs et font l’objet d’étonnantes ellipses. La comédie cède la place à la satire, puis à un trip halluciné que renforce l’utilisation systématique du grand angle. Jusqu’à un final très amer. Un film bien singulier, disais-je, et un vrai coup de cœur.

 

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