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Archive pour la catégorie 'BAYONA Juan Antonio'

Le Cercle des neiges (La Sociedad de la nieve) – de Juan Antonio Bayona – 2023

Posté : 7 décembre, 2025 @ 8:00 dans 2020-2029, BAYONA Juan Antonio | Pas de commentaires »

Le Cercle des neiges (La Sociedad de la nieve) – de Juan Antonio Bayona – 2023 dans 2020-2029 54961487904_44025f32ee_z

Après deux films qui montraient bien que deux heures trente peuvent paraître très longues (Frankenstein et Tenet), il était temps d’en voir un autre qui rappelle que deux heures trente peut aussi être la durée parfaite. Et, comme le film de Guillermo Del Toro, c’est une production Netflix : Le Cercle des neiges, deuxième film évoquant le sort des survivants d’un crash dans les Andes (après Les Survivants, qui m’avait bien plus quand j’étais ado, mais pas revu depuis).

L’histoire est donc absolument authentique, basée d’ailleurs sur le récit d’un des survivants de ce fameux crash. Ça s’est passé en 1972, et le drame a été d’autant plus marquant qu’il impliquait une équipe de jeunes rugbymen uruguayens, dont certains quittaient leur pays pour la première fois, pour participer à une tournée internationale. Leur avion s’est écrasé au cœur de la Cordillère, les recherches n’ont rien donné, on les a cru morts durant des semaines.

Sauf que non : une vingtaine d’entre eux ont survécu au crash. Et quand ils ont réalisé que les secours ne viendraient pas, ils ont dû se résoudre à manger la chair de leurs morts. L’histoire est évidemment horrible, elle est aussi pleine de vie, en dépit de l’omniprésence de la mort, et c’est là qu’est toute la beauté du film de Juan Antonio Bayona (qui avait déjà porté à l’écran avec beaucoup de force une autre catastrophe dans The Impossible).

Avec Le Cercle des neiges, Bayona réussit un film profondément immersif, qui réussit à montrer l’horreur de ce à quoi doivent se résoudre les survivants, sans jamais avoir recours à l’effet facile. Il ne cache rien de l’horreur, mais choisit de ne rien montrer ou presque de ces corps mutilés. Une image furtive résume la force de ce parti pris : lorsqu’un des survivants photographie le groupe autour de la carcasse de l’avion, l’un des personnages dissimule subrepticement un membre qui apparaissait, comme s’il voulait effacer ce « détail » de la réalité.

Le Cercle des neiges est un film très spectaculaire, visuellement splendide (grandiose, même). Mais ce qu’il raconte est profondément intime : il est question de survie, d’acceptation et de renoncement. Sur ce point aussi, le film est très réussi. Sans oublier, donc, l’efficacité énorme et directe d’un vrai film d’aventures d’une maîtrise totale. Un grand spectacle qui est aussi un voyage métaphysique renversant : du grand art.

The Impossible (Lo impossible) – de Juan Antonio Bayona – 2012

Posté : 27 avril, 2020 @ 8:00 dans 2010-2019, BAYONA Juan Antonio | Pas de commentaires »

The Impossible

Un couple a décidé de passer Noël sur une plage de Thaïlande, avec ses trois enfants. Une idée qui en vaudrait une autre, s’ils n’avaient pas fait ce choix en 2004, l’année du terrible tsunami qui a ravagé les côtes et fait des dizaines de milliers de morts tout autour de l’Océan Indien. Deux jours après leur arrivée, la mer déferle sur eux comme un mur qui emporte tout…

Le tsunami lui-même, raconté du strict point de vue de la mère de famille (l’excellente Naomi Watts), est particulièrement immersif. Cette première partie ne triche jamais avec le parti-pris original. Il serait tenté de chausser des gros sabots à la Roland Emmerich et de filmer cette catastrophe en démiurge désireux de capter l’ampleur du drame et des dégâts. La scènes est effectivement très impressionnante, mais la vision qu’on en a, qui est celle d’une anonyme qui ne fait que subir les événements, reste aussi partielle qu’intense.

Puis, le point de vue passe au fils unique, qui devient le moteur de cette famille : le père (Ewan McGregor) et les deux plus jeunes enfants ont disparu, et la mère est grièvement blessée, c’est à lui que revient le rôle de pivot. Et donc de narrateur en quelque sorte. Pourquoi pas : cette deuxième partie reste d’ailleurs très forte émotionnellement.

Et puis le film fait le choix de changer encore de point de vue, multipliant les regards, zappant de l’un à l’autre des personnages. C’est assez compréhensible pour un aspect purement narratif, mais l’originalité et la force du point de vue unique laissent alors la place à un film-catastrophe plus convenu. L’émotion est bien là, et grande, dans les moments les plus attendus (les multiples retrouvailles). Mais aussi bien foutu le film soit-il, les promesses du début se transforment en une machine hollywoodienne efficace, passionnante même, mais classique.

 

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