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Archive pour la catégorie 'BAUMBACH Noah'

Marriage Story (id.) – de Noah Baumbach – 2019

Posté : 4 février, 2026 @ 8:00 dans 2010-2019, BAUMBACH Noah | Pas de commentaires »

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Noah Baumbach aime Ingmar Bergman. Il faut à peu près deux secondes pour s’en rendre compte, et on ne peut que lui donner raison : Bergman est grand. Il aime aussi Woody Allen, et ça se voit beaucoup aussi. Il aime encore John Cassavetes, et ça se voit toujours. Bref, Noah Baumbach a bon goût.

Il a aussi une grande tendance à parler du milieu qu’il connaît, ce qu’on peut comprendre. Sauf que le principal problème de Marriage Story, c’est justement ce milieu dont il parle, et qui tient constamment à distance le spectateur lambda (dont je suis) : un milieu très aisé qui oscille entre le théâtre branché new-yorkais et les villas hollywoodiennes. Le genre de milieu où le héros qui se dit fauché continue à faire d’incessants allers-retours entre New York et Los Angeles. Va falloir redéfinir le mot fauché.

Avec un titre comme Marriage Story, on pouvait s’attendre à une histoire universelle : celle d’un couple qui s’est beaucoup aimé, et qui est en train de divorcer. Avec beaucoup de tendresse qui reste, un enfant à protéger (et à reconquérir), et une envie de faire les choses proprement qui se heurte à la réalité d’un monde de requins où tout est compétition, et où tous les coups sont permis (tiens, on pourrait rajouter Kramer contre Kramer dans les références). Heureusement qu’il y a de la tendresse…

Baumbach s’inspire en fait essentiellement de sa propre expérience : celle de son divorce avec Jennifer Jason Leigh. Et celle aussi de son passage du New York branché au flamboyant Hollywood. On sent bien son tiraillement, mais il faut bien reconnaître que ce tiraillement nous paraît bien étranger. Ce qui contribue sans doute largement à maintenir l’émotion le plus souvent à distance.

Malgré cette (grosse) réserve, on retrouve dans Marriage Story tout ce qui fait la beauté du cinéma de Noah Baumbach, cette manière qu’il a de chroniquer des existences qui s’émiettent. Et ce qu’on appelle une vision, qui s’impose dès la première séquence, basée sur une très belle idée : la liste de tout ce que l’un aime chez l’autre, et réciproquement. Des images de tendresse d’une belle vérité, qui se heurtent à la révélation qui suit immédiatement : ces deux-là se séparent.

Scarlett Johansson et Adam Driver sont formidables, apportant à leurs personnages d’immenses nuances, à la fois profondément attachants, insupportables par moments, et franchement paumés. Autour d’eux, les seconds rôles sont étrangement excessifs, tous à leur manière : la mère envahissante (Julie Hagerty), le vieil acteur habité (Wallace Shawn), les avocats carnassiers (Laura Dern et Ray Liotta), comme pour mieux souligner la singularité et le trouble de ce couple qui vole en éclat sans perdre l’essentiel.

Jay Kelly (id.) – de Noah Baumbach – 2025

Posté : 12 janvier, 2026 @ 8:00 dans 2020-2029, BAUMBACH Noah | Pas de commentaires »

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Le premier plan-séquence, extraordinaire, est aussi une fausse piste. En nous plongeant directement, et avec style, dans les coulisses très hollywoodiennes d’un tournage de film, Noah Baumbach laisse entendre qu’il nous fait ici sa Nuit américaine. L’hommage à Truffaut est d’ailleurs tellement explicite qu’il le cite nommément.

Fausse piste, donc. Après ce premier plan assez dingue, le film s’éloignera pour de bon des plateaux de tournage, pour ne plus être que le portrait d’un homme entre deux âges, dont la vie est en apparence une réussite éclatante, mais qui réalise peu à peu à quel point toute son existence n’a été tournée que vers son ambition professionnelle, au détriment de tout le reste.

Et il se trouve que cet homme entre deux âges est une star mondiale du cinéma, que joue une star mondiale du cinéma, George Clooney, cette dernière trouvant au passage l’un de ses plus beaux rôles. Il est magnifique, Clooney, dans ce rôle pour lequel il donne forcément beaucoup de lui-même, et pour lequel il dévoile une fragilité inattendue.

C’est en fait un double-portrait. Celui de cette star confrontée à sa grande solitude au cours d’un voyage en Europe où il est pourtant constamment entouré. Et celui de l’homme de l’ombre qui l’assiste au quotidien, qui l’accompagne partout… et qui sacrifie lui-même toute sa vie personnelle au profit de cet « ami » qui lui donne 15 % de tous ces gains.

Dans ce rôle évidemment bien plus en retrait (il est l’ombre, le soleil n’éclairant que la star), Adam Sandler est lui aussi formidable : deux facettes pathétiques d’un même revers de la médaille. Deux hommes qui comprennent bien tard que la gloire a un prix bien amer, au cours de ce voyage beau, cruel, bouleversant.

The Meyerowitz Stories (id.) – de Noah Baumbach – 2017

Posté : 13 février, 2020 @ 8:00 dans 2010-2019, BAUMBACH Noah | Pas de commentaires »

The Meyerowitz Stories

Il y a une petite musique irrésistible dans ce film de Noah Baumbach, une manière toute personnelle de faire le lien, disons, entre Woody Allen (référence évidente de bout en bout) et Paul Thomas Anderson (peut-être pour l’interprétation lunaire de Adam Sandler).

Les Meyerowitz ne sont pas vraiment une famille unie. Le père (Dustin Hoffman) est un artiste vieillissant, fruste et totalement égocentré qui a des relations difficiles avec ses enfants, et particulièrement ses deux fils (Sandler et Ben Stiller) qui, eux, n’ont à peu près aucun rapports entre eux. Quand le père est hospitalisé, les liens se resserrent, pour le meilleur et pour le pire.

Rien de spectaculaire chez Baumbach, qui réfère filmer les petites choses de la vie plutôt que de grands conflits. Mais dans ces petits riens, dans ces moments de vie où les temps morts ont leur place, le réalisateur permet aux émotions de s’installer, et de prendre des chemins souvent inattendus.

Avec un tel tandem de frères, forcément, on rit. Beaucoup, et franchement. Mais le rire débouche toujours sur une fêlure, sur une révélation qui change la perspective. Ou à l’inverse, d’ailleurs : lorsque Jean, la sœur à qui personne ne s’intéresse vraiment, se livre sur un lourd secret d’enfance, ce pourrait être plombant, mais la gravité soudaine débouche sur une pure scène de comédie.

A l’issue du voyage, au cours duquel on croise brièvement Adam Driver, Judd Hirsch et Sigourney Weaver (dans une poignée de scènes savoureuse), personne ne changera vraiment. Dustin Hoffman restera un égoïste cruel, Emma Thompson (sa compagne) une hippie alcoolique et peu intéressée par les autres. Mais les abcès sont crevés, et on en sort avec un sentiment inexplicable d’immense optimisme…

 

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