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Archive pour la catégorie 'AVILDSEN John G.'

Rocky 5 (id.) – de John G. Avildsen – 1990

Posté : 10 mai, 2012 @ 2:10 dans 1990-1999, AVILDSEN John G., STALLONE Sylvester | Pas de commentaires »

Rocky 5

« My ring’s outside »

Rocky est un baromètre d’une grande justesse pour évaluer l’évolution de la carrière de Stallone. A travers ce personnage, l’acteur (et scénariste) se livre avec une honnêteté manifeste à un travail d’introspection surprenant de la part d’une star dont les choix sont loin d’être tous aussi sympathiques. Et avec ce cinquième volet, Stallone dit haut et fort qu’il est temps pour lui de rompre avec l’image de super-héros qui lui colle à la peau depuis le milieu des années 80, et qui ne font plus autant recette depuis quelques films.

Pour Stallone, cette volonté ne sera ni très intelligente, ni vraiment payante (il cherchera à changer son image avec deux comédies calamiteuses, un remake d’Oscar et Arrête ou ma mère va tirer !). Pour Rocky, par contre, elle est salvatrice. Loin des excès impardonnables de Rocky 4, Rocky 5 marque un retour aux sources pour l’ancien boxeur de seconde zone de Philadelphie, qui retrouve son ancien quartier après avoir perdu toute sa fortune suite aux magouilles de son comptable. Pire : les coups reçus lors de son combat contre Drago dans le précédent film ont des conséquences terribles pour son corps, si bien que les médecins lui interdisent désormais de combattre.

Ruiné, incapable de remonter sur le ring, Rocky doit faire face au ressentiment de son fils lorsqu’il devient l’entraîneur d’un jeune boxeur qui lui permet de vivre sa passion par procuration, et qu’il considère comme son propre fils. Avec ce cinquième film, Stallone revient aux valeurs premières de son personnage. Le vieux quartier n’est qu’un décor, mais il permet de retrouver l’atmosphère populaire et gouailleuse du premier film. Et le choix de laisser les rênes de la réalisation à Avildsen, le réalisateur du premier Rocky en 1976, n’est pas anodin : Stallone veut retrouver la magie du premier film.

Il n’est pas loin d’y réussir. Imparfait, Rocky 5 est bien meilleur que les trois premières suites. Le personnage retrouve son humanité et, c’est un détail qui compte, ses vieux oripeaux. Burgess Meredith, dont le personnage est mort dans Rocky 3, fait même une apparition « fantomatique » et nostalgique. Surtout, soucieux de ne pas laisser les scènes de boxe prendre le dessus sur les personnages, Stallone se permet de ne pas faire monter Rocky sur le ring, concédant juste une bagarre de rue musclée.

Cette audace et cette simplicité ne convaincront pas le public, hélas : Rocky 5 sera, et de loin, le plus gros échec de la saga. Il faudra attendre plus de quinze ans avant qu’il revienne.

• Lire aussi : Rocky ; Rocky 2, la revanche ; Rocky 3, l’œil du tigre ; Rocky 4Rocky Balboa ; Creed, l’héritage de Rocky Balboa

Rocky (id.) – de John G. Avildsen – 1976

Posté : 9 mai, 2012 @ 1:54 dans 1970-1979, AVILDSEN John G., STALLONE Sylvester | Pas de commentaires »

Rocky (id.) - de John G. Avildsen - 1976 dans 1970-1979 rocky

Stallone est un acteur profondément attachant. Bien sûr, il a fait des nanars, et plus souvent qu’à son tour. Mais il y a Rocky, ce personnage qu’il a créé de toutes pièces, seul sa petite piaule d’apprenti comédien sans le sous, qui a fait de lui un vrai acteur, puis une grande star, et qu’il a retrouvé tout au long de sa carrière. Un refuge pour l’acteur, un double idéal de lui-même. Rocky est l’un des personnages récurrents les plus attachants de toute l’histoire du cinéma, et ce seul personnage fait de Stallone un acteur profondément attachant. Oui, on peut avoir une passion pour Ford, Walsh, Hitchcock, Lang et Borzage, et aimer Stallone. Grâce à Rocky.

Rocky, premier du nom, c’est l’histoire d’un tocard qui, à 30 ans, enchaîne les petits boulots et les combats de boxe de quatrième zone. Un raté. La frontière entre le personnage et l’acteur-scénariste est évidemment très ténue. Stallone lui-même est cantonné aux apparitions furtives et aux rôles alimentaires. Il bouffe sa vache maigre, et c’est ce régime forcé qui lui inspire ce qui sera le personnage de sa vie.

On connaît l’histoire, digne d’un scénario de film. Stallone, depuis des années, se contente d’apparitions furtives (notamment dans le Bananas de Woody Allen), ou de productions peu reluisantes (un film érotique, qui ressortira le succès venu sous le titre racoleur L’Etalon italien). Candidat malheureux lors d’une audition pour un rôle important, il réussit à glisser aux producteurs qu’il a quelques scénarios dans un tiroir. L’un de ces manuscrits est celui de Rocky, qui porte à la fois l’influence des grands films de boxe (Sang et Or, en particulier), et de sa propre vie. Les producteurs sont enthousiastes, et offrent une fortune à l’apprenti comédien, qui refuse pourtant de céder son scénario si on ne lui confie par le rôle principal.

Stallone a conscience que c’est la chance de sa vie, et que ce personnage lui appartient. Tenace, il finit par emporter le morceau. Le genre de destins qui n’existe que dans les films. Résultat : le film, réalisé par un vétéran qui signe là sa réalisation la plus inspirée, décroche l’Oscar du meilleur film devant Taxi Driver (mais pas celui du meilleur réalisateur, obtenu par Scorsese), et Stallone celui du meilleur scénario. C’est la naissance d’un acteur qui tournera quelques films ambitieux, avant de se concentrer sur sa carrière de star. C’est aussi la naissance de l’un des personnages les plus attachants de l’histoire du cinéma.

Petit loubard, gentille brute un peu balourd, Rocky Balboa est un boxeur raté cantonné dans les combats de bas d’affiche qui n’intéressent pas grand monde et qui ne lui rapportent que quelques billets. Pas suffisamment pour vivre : il doit jouer les gros bras pour un recouvreur de fond qui lui confie les sales besognes tout en le considérant comme son fils. Rocky a 30 ans, et n’a plus guère d’illusion. Il se contente de boire des bières avec son pote Paulie, un lourdaud vulgaire et aigri, en espérant séduire à grands coups de vannes foireuses sa sœur Adrian, vendeuse gourde et gauche dans une animalerie.

Ce sont les bas-fonds de Philadelphie qu’Avildsen filme. Sans complaisance, et sans misérabilisme. Juste avec un réalisme un rien sordide : il n’y a pas vraiment d’avenir, ici. Sauf si le destin s’en mêle. Et le destin, c’est le pari du champion du monde poids lourds, Appolo Creed, qui décide d’affronter un boxeur inconnu, pour convoquer le « rêve américain ». Le choix se porte sur Rocky.

Les combats de boxe sont d’un réalisme rarement vu à l’époque. Mais c’est le ton du film qui marque les esprits : Rocky est un personnage parfaitement émouvant. Une brute au grand cœur d’enfant qui évolue dans un monde aux règles cruelles, qui le dépassent. Rocky, comme Stallone, finira par jouer avec ces règles, et à en devenir l’un des symboles. Mais il ne cessera jamais, régulièrement, de revenir à ce qu’il est vraiment : un grand naïf aux muscles saillants, et au vague à l’âme.

• Lire aussi : Rocky 2, la revanche ; Rocky 3, l’œil du tigre ; Rocky 4 ; Rocky 5 ; Rocky Balboa ; Creed, l’héritage de Rocky Balboa

 

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