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Archive pour la catégorie 'AMENABAR Alejandro'

Tesis (id.) – de Alejandro Amenabar – 1996

Posté : 7 août, 2014 @ 3:03 dans * Polars européens, 1990-1999, AMENABAR Alejandro | Pas de commentaires »

Tesis

Futur réalisateur du très efficace Les Autres et du très sous-estimé Agora, Alejandro Amenabar faisait des débuts très remarqués avec ce film franchement glaçant au thème pour le moins sordide : l’héroïne, interprétée par Anna Torent (vue dans Cria Cuervos), est une étudiante qui prépare une thèse sur la violence audiovisuelle, et qui découvre l’existence d’un réseau de snuff movies (des films mettant en scène de véritables meurtres) dans son université.

Amenabar n’a que 23 ans quand il réalise ce premier long métrage, et sa maîtrise est déjà impressionnante, même si le film aurait gagné à être un peu plus resserré. La première heure, trop longue, trop froide, trop maladroite même, peine à créer un véritable sentiment d’angoisse, qui s’installera véritablement dans la seconde moitié du film, avec une dernière demi-heure franchement terrifiante.

Tesis a marqué l’émergence d’une nouvelle génération pour un cinéma espagnol jusqu’alors moribond, dont le film se moque d’ailleurs gentiment : lorsqu’un professeur meurt en visionnant une cassette vidéo, un étudiant souligne qu’il regardait sûrement un film espagnol. Le film d’Amenabar a aussi inspiré tout un pan du cinéma d’angoisse des deux décennies à venir, pour des cinéastes qui rechercheront souvent à créer l’effroi à tout prix. Amenabar, lui, signe une mise en scène d’une discrétion surprenante, qui jamais ne souligne l’effet.

On a peur, bien sûr, mais c’est surtout un malaise sourd qui domine. D’autant plus que le cinéaste semble moins intéressé par la peur que par le trouble de son personnage, tiraillée entre dégoût et attirance. Sa relation avec les deux personnages masculins est fascinante : l’un, étudiant passionné par l’hyper-violence ; l’autre, bellâtre soupçonné d’être le meurtrier, mais terriblement attirant…

Et elle, incapable d’agir avec raison, se laissant aller à une attirance morbide et mortelle, à l’instar du Michael Douglas de Basic Instinct en quelque sorte. Un trouble qui atteint des sommets lorsque « ses » deux hommes finissent par s’empoigner et se battre, sans que l’on sache qui est le bon, qui est le mauvais. Une vision aussi troublante pour l’héroïne que pour le spectateur, qui n’en ressort pas vraiment indemne…

• Le film est redécouvert grâce à Carlotta, qui propose un DVD d’une belle tenue éditoriale, avec un long documentaire dans lequel Alejandro Amenabar revient sur sa première réalisation. Au menu également, quelques scènes coupées, et un making of avec des interviews d’époque.

Agora (id.) – d’Alejandro Amenabar – 2010

Posté : 3 avril, 2013 @ 12:04 dans 2010-2019, AMENABAR Alejandro | Pas de commentaires »

Agora (id.) – d’Alejandro Amenabar – 2010 dans 2010-2019 agora

Alejandro Amenabar aime les plongées dans le passé : il l’a prouvé avec Les Autres. Mais on ne l’attendait pas forcément dans le péplum. Agora est, pourtant, l’une des plus grandes réussites du genre depuis bien des années (décennies ?). Un film hyper ambitieux qui décrit, à travers le destin d’une poignée de personnages, la fin d’un monde. En l’occurrence de l’empire romain, mais cette époque en rappelle bien d’autres, troublées, où le fanatisme religieux débouche sur des torrents de sang.

Le premier truc que l’on regarde dans un péplum, c’est la reconstitution. Et celle-ci, d’Alexandrie au 4ème siècle, dominée par son phare, est époustouflante. Les effets numériques jouent leur rôle, bien sûr, mais rien de froid dans cette reconstitution : Amenabar nous emmène réellement au cœur de la cité, grouillante de vie et de dangers.

L’action se déroule à une époque où l’empire romain, au bord de l’implosion, a autorisé la liberté de culte, et où les chrétiens prennent le pas sur les païens et leurs dieux encore omniprésents. Entre défiance et agressions, les chrétiens finiront par bouter les païens hors de leur temple : la fameuse bibliothèque d’Alexandrie. Mais l’histoire n’a rien de linéaire : au contraire, elle n’est qu’une infinie répétition, d’où l’omniprésence des cercles et des ellipses dans le film : les mouvements des planètes qui livrent peu à peu leurs secrets, mais aussi l’histoire des hommes, et son éternel recommencement. Les païens massacrent les chrétiens, qui le leur rendent, avant de massacrer les juifs à leur tour…

Au cœur de cette violence absurde (la religion semble n’être que politique et opportunisme), une femme : l’astronome Hypatie, jouée par une Rachel Weisz forcément magnifique, puisque c’est la plus belle actrice du monde.

Avec ce film très ambitieux, Amenabar s’attaque au fanatisme et à l’obscurantisme, qui mettent un frein à l’évolution et l’intelligence humaine : Hypatie entrevoit la réalité de notre place dans l’univers, mais ses découvertes seront enterrées par le poids de l’histoire en marche, et ne seront enfin redécouvertes que 1200 ans plus tard…

Amenabar filme une époque où le fanatisme religieux prend le pas sur la connaissance et les sentiments. Sa caméra, qui filme régulièrement la ville d’en haut, ne fait que souligner l’absurdité de cette violence qui déferle, ramenant les hommes à leur petite condition de fourmis à l’échelle du monde. Ces plans, qui rompent avec le tumulte de la cité, ne font que renforcer le sentiment d’immense gâchis.

 

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