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Archive pour la catégorie 'ALLEGRET Marc'

Le Blanc et le noir – de Robert Florey et Marc Allégret – 1930

Posté : 3 mars, 2021 @ 8:00 dans 1930-1939, ALLEGRET Marc, FLOREY Robert | Pas de commentaires »

Le Blanc et le noir

Adaptée d’une pièce de Sacha Guitry, dont elle garde la structure en quatre actes et l’unité de lieu, cette comédie a cette particularité de moins faire rire que glacer le sang par la cruauté hallucinante des situations, et par un cynisme dont on a un peu de mal à définir s’il est assumé au troisième degrés ou s’il est le fruit d’une vision de blanc condescendant (pour rester soft). Peut-être un peu des deux…

Un couple de bourgeois s’engueule. Neuf mois plus tard, la femme accouche d’un bébé noir. L’homme décide de tout faire pour cacher la vérité à sa femme (qui n’a pas encore vu le bébé) et fait appel à l’assistance publique pour échanger l’enfant avec un bon petit blanc, bien rose, sous le regard approbateur de ses amis et du médecin de famille.

« Il serait bicéphale… ou hermaphrodite… il n’y aurait rien à dire… Mais un noir ! » Voilà tout ce que le médecin, vieillard priapique dur d’oreille, trouve à dire au père désabusé que joue Raimu (qui retrouve un rôle qu’il avait tenu sur scène quelques années plus tôt). Et cette réplique si énorme tendrait à faire pencher pour un humour très noir pas dupe. La dernière réplique lancée par Aimos dans le rôle de l’ami fidèle va aussi dans ce sens : « Tout compte fait, ce n’est pas tellement déshonorant », d’un cynisme sans borne.

Le film bouscule, en tout cas, dérange, et laisse un goût amer. Il aborde avec une légèreté troublante la vision qu’a la bonne bourgeoisie blanche d’alors des « nègres ». C’est d’ailleurs tout ce qui peut jurer dans une société si uniformisée qui est tourné en dérision, à l’image de cet obèse obligé de prendre deux chaises pour s’asseoir. Quant au père biologique de l’enfant, le fait qu’il soit un chanteur reconnu fait de lui un noir acceptable… mais quand même, un nègre.

Reste qu’il y a là une cruauté réellement assumée, qui trouve son apogée dans la visite de l’assistance publique, où Raimu va « faire son marché », découvrant des alignements d’enfants parfaitement blancs et sages. Le ton est constamment exagéré, le jeu lui-même des acteurs est volontiers outré (à l’exception de celui de Raimu, dont c’est pourtant le premier film parlant, intense et posé), quelques épisodes font sourire (les apparitions d’un tout jeune Fernandel, dans son tout premier rôle). Mais drôle de comédie quand même, qui bouscule et évite consciencieusement toute zone de confort.

Gribouille – de Marc Allégret – 1937

Posté : 29 octobre, 2019 @ 8:00 dans 1930-1939, ALLEGRET Marc | Pas de commentaires »

Gribouille

Gribouille commence là où beaucoup d’autres films se terminent : par une longue séquence de procès, celui de Michèle Morgan, jeune femme accusée de meurtre. Une victime de la société patriarcale, comme le cinéma français en proposait souvent à cette époque. Qu’elles soient physiques ou morales, les violences faites aux femmes étaient au cœur de nombreux films, contrairement aux idées reçues qu’on pourrait avoir : non, cette prise de conscience n’est pas née avec le mouvement metoo…

Michèle Morgan, donc, toute jeune et pas encore passée sur le Quai des brumes, mais déjà des yeux magnifiques et bouleversants, portant toute la tristesse du monde. Face à elle, Raimu, immense et tellement humain en juré très investi, jusqu’à prendre la pauvrette sous son aile en la faisant passer aux yeux de sa famille pour la fille d’un vieil ami perdu de vue.

C’est un beau film, tendre et cruel à la fois, que signe Allégret. Un film profondément optimiste, malgré tout, mais qui n’oublie rien de la violence des rapports humains. Le personnage de Carette illustre bien cette position : un type sympa et chaleureux a priori, mais avec des accès inquiétants. Tantôt drôle, tantôt glauque. A l’image du film, donc, où comédie et drame se renvoient constamment la balle.

Mais c’est la bonté qui l’emporte, devant la caméra d’Allégret. Avec autant de violence, mais moins de cynisme qu’un Decoin, le réalisateur filme des personnages qu’il aime visiblement sans réserve. Il y a notamment une tendresse énorme entre Raimu, ce commerçant tranquille et généreux, et sa femme, jouée par Jeanne Provost, dont le devenir du couple est une très jolie sous-intrigue.

On notera aussi la participation de Bernard Blier, dans l’un de ses tout premiers rôles, touchant en jeune amoureux que l’on voit troquer son vélo contre un tandem, avant de revenir rendre ce dernier, joli symbole d’un couple qui se fait et se défait…

 

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