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Archive pour la catégorie 'ALDRICH Robert'

Vera Cruz (id.) – de Robert Aldrich – 1954

Posté : 28 mai, 2015 @ 1:03 dans 1950-1959, ALDRICH Robert, COOPER Gary, LANCASTER Burt, WESTERNS | Pas de commentaires »

Vera Cruz (id.) - de Robert Aldrich - 1954 dans 1950-1959 Vera%20Cruz_zpszah0tkep

Un face-à-face entre Gary Cooper et Burt Lancaster, ça ne se rate pas. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne déçoit pas dans ce classique qui fait partie des quelques westerns qui marquent la profonde mutation du genre durant cette décennie, et qui annoncent les westerns spaghettis de la décennie suivante.

Et quel face-à-face! Dès leur première rencontre, le génie des deux stars, leurs jeux radicalement différents, et même les deux familles de cinéma qu’ils représentent (le vieil Hollywood pour l’un, une approche plus moderne et décomplexée pour l’autre), s’opposent et se complètent miraculeusement. Entre le Gary Cooper bon et droit (enfin, la droiture en prend quand même un sacré coup avec ce personnage de mercenaire) et le Burt Lancaster au sourire arrogant et dangereux, ce sont deux visions du western, et du cinéma en général, qui cohabitent et s’affrontent.

C’est en tout une sorte d’adieu à un certain western hollywoodien que Cooper représente, et auquel il tourne le dos ouvertement. Comme si l’un de ses anciens personnages héroïques et irréprochables était obligé de tourner le dos à son passé et à ses convictions… Bon, la notion de bien et de mal est toujours bien là dans cet affrontement. Mais le mal trouve sinon des excuses, au moins une justification dans l’enfance. Et le bien, comme le « bon » pour Sergio Leone, est tout relatif.

Vera Cruz tient toutes les promesses de son affiche. Mais Robert Aldrich va bien au-delà de son duel de star. Il signe une merveille de film d’action, enchaînant les moments de bravoure tout en restant au plus près de ses personnages. C’est aussi ce qui est remarquable dans ce film : la manière dont Aldrich met en scène ses décors (spectaculaires) et ses figurants (nombreux), tout en évitant l’étalage vain. A la fois grandiose et intime.

En quatrième vitesse (Kiss me deadly) – de Robert Aldrich – 1955

Posté : 31 décembre, 2013 @ 6:05 dans * Films noirs (1935-1959), 1950-1959, ALDRICH Robert | Pas de commentaires »

En quatrième vitesse

La première séquence est aussi mythique que la toute dernière image. Une route déserte, par une nuit noire. Une femme, nue sous son imperméable, court sur l’asphalte, visiblement paniquée, et tente d’arrêter les voitures qui passent. Elle se dresse alors au beau milieu de la route. Une belle voiture décapotable fait une embardée pour l’éviter. A bord : le héros, Mike Hammer, le détective imaginé par Mickey Spillane.

Drôle de héros, vraiment, qui essaie de redémarrer son moteur au plus vite pour éviter d’avoir à laisser cette femme entrer dans sa vie. Drôle de héros, qui se complait dans sa vie minable de privé spécialisé dans les divorces. Drôle de héros entouré de femmes folles de lui, mais qui évite soigneusement de laisser quiconque s’immiscer dans son intimité. Et qui martyrise un petit escroc avec un sourire incroyablement sadique… Ralph Meeker, dans le rôle, est absolument formidable.

Kiss me deadly est à l’image de tous les grands films d’Aldrich : un pont entre le cinéma classique des années 40, et celui de la relève qu’il annonce, celle de Frankenheimer ou Lumet. Ses films sont alors marqués par sa cinéphilie. On pense à Détour pour la rencontre avec cette mystérieuse jeune femme, et au Faucon maltais évidemment, pour cet objet dont on ne sait pas grand-chose mais pour qui on tue, beaucoup (et dont Tarantino livrera une version copié-collé dans son Pulp Fiction). Mais ils préfigurent aussi le Nouvel Hollywood dans la manière qu’a Aldrich d’utiliser le noir et blanc et les décors, quasiment abstraits, et dans sa manière de composer ses images, agressives et souvent désaxées, qui soulignent la menace diffuse que fait planer cette mystérieuse boîte de Pandore, au cœur de l’intrigue.

Dès le générique de début, qui défile à l’envers sur l’asphalte qui déroule, on comprend que ce film noir ne ressemblera pas aux autres. Très vite aussi, on pressent qu’il y a dans cette enquête que Hammer mène d’une manière assez classique, tirant un fil après l’autre, quelque chose de différent, menaçant, et presque surnaturel. Il est clairement question de la menace nucléaire ici, même si le sujet n’est jamais abordé frontalement.

Il y a dans ce film une atmosphère dérangeante, particulièrement choc. Dès ces pieds nus qui courent sur l’asphalte et les halètements que l’on entend sur le générique, Aldrich crée une tension incroyable, et fait naître le malaise. On n’en sortira plus, jusqu’à la scène finale, inoubliable.

• Voir aussi : Solo pour une blonde, autre film avec Mike Hammer, interprété par Mickey Spillane lui-même.

• Le film vient d’être édité chez Carlotta, avec une analyse toujours passionnante.

L’Ultimatum des trois mercenaires (Twilight’s Last Gleaming) – de Robert Aldrich – 1977

Posté : 10 décembre, 2013 @ 7:13 dans 1970-1979, ALDRICH Robert, LANCASTER Burt | Pas de commentaires »

l'ultimatum des trois mercenaires

Trois anciens militaires prennent le contrôle d’une base de lancement de missiles nucléaires, où ils se replient, réclamant à être entendus par le Président des Etats-Unis… Il y a de belles choses dans cet avant-avant-dernier film du vétéran Aldrich : un certain mordant, une approche politiquement pas très correcte, et une audace scénaristique qui trouve son apogée dans les dernières minutes, s’inscrivant alors dans la lignée d’un Black Sunday, autre film politico-terroriste sorti cette même année, et réalisé par un John Frankenheimer en pleine forme.

Mais en 1977, Aldrich semble bien plus à côté de la plaque que Frankenheimer. Son Ultimatum… se révèle vite bien assommant. Lent et long, le film a énormément vieilli. Et la charge politique n’a guère de poids, si on excepte la toute fin, d’un cynisme réjouissant.

Le casting, pourtant, est exceptionnel, mais Robert Aldrich semble plus concerné par la volonté de multiplier les split screens, jusqu’à l’absurde, que par celle de faire exister ses personnages. La plupart des acteurs sont d’ailleurs réduits à un simple rôle illustratif, dépouillés de toute vie propre. Cela concerne des seconds rôles (Joseph Cotten, vieillard de 72 ans qui n’a strictement rien à jouer), mais aussi les personnages principaux : Burt Lancaster se contente la plupart du temps d’appuyer sur des boutons et de regarder sur des écrans. Mais rien ne lui permet de rendre réellement crédible son personnage.

Il y a quand même quelques figures intéressantes : celle du président (Charles Durning), présenté comme un monsieur tout le monde tiraillé entre son sens du devoir et ses peurs d’homme ordinaire. Celle aussi de l’un de ses conseillers, qui n’a pas grand-chose d’intéressant à faire, mais qui a la gueule de cette vieille baderne de Charles McGraw, le héros de L’Enigme du Chicago Express, qui fait une nouvelle fois des merveilles.

Le film a quand même ses fans. Michael Bay, pour commencer, qui s’en est largement inspiré pour son Rock

• Le DVD vient d’être édité chez Carlotta.

 

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