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Archive pour la catégorie 'ABRAMS J.J.'

Le Réveil de la Force / Star Wars, épisode VII (Star Wars : Episode VII – The Force awakens) – de J.J. Abrams – 2015

Posté : 16 mai, 2017 @ 8:00 dans 2010-2019, ABRAMS J.J., FANTASTIQUE/SF, FORD Harrison | Pas de commentaires »

Star Wars épisode 7

La bande annonce avait fait son petit effet, avec l’apparition de Han Solo et Chewbacca à bord du Faucon Millenium. La petite phrase lancée par un Harrison Ford vêtu des mêmes frusques qu’il y a quarante ans avait fait frissonner de plaisir bien plus que les seuls fans : « Chewie, we’re home ! » De la même manière, ce plan sombre de la main robotisée de Luke Skywalker se posant sur RD2D était une image particulièrement excitante, promesse d’un film porté par une douce nostalgie.

Résultat ? Cette suite tardive, qui permet de retrouver Harrison Ford, Carrie Fisher et Mark Hammill dans les rôles qui les ont rendus tous les trois célèbres, plus de trente ans après l’épisode 6, s’inscrit effectivement dans le prolongement direct de la première trilogie, et multiplie les clins d’œil aux films par lesquels tout a commencé. Et la meilleure idée, c’est peut-être d’avoir fait de Luke une figure quasi-mythologique, que tous les personnages passent l’intégralité du film à chercher.

Sauf que J.J. Abrams confirme ce qu’on pense de lui depuis quelque temps. Cinéaste brillant, Abrams a un vrai sens du rythme et sait composer des cadres qui marquent les esprits. Mais ce n’est pas un créateur : ses films sont tous des hommages sincères, parfois enthousiasmants, et toujours appliqués, à des œuvres existantes, auxquels il applique un lifting et un aspect feuilletonant qui rappelle ses débuts de créateur de série. Ce Star Wars 7 ne fait pas exception.

Le problème, c’est qu’on le sent nettement plus inspiré lorsqu’il introduit de nouveaux personnages que lorsqu’il met en scène les figures historiques de la saga, traités trop ouvertement comme des passages obligés. Ce fameux premier plan sur Han Solo et Chewbacca sonne ainsi curieusement faux. Son personnage, pourtant central dans l’histoire à cause de l’identité du nouveau grand méchant, semble embarrasser Abrams. Trop appliqué, comme écrasé par le poids de l’attente, le réalisateur échoue à lui donner la dimension tragique qui devrait lui convenir.

Même constat pour Leia, qui n’a droit qu’à une poignée de scènes pas franchement bouleversantes. Quant à l’apparition pour le moins tardive de Luke…
Les personnages nouveaux sont plutôt intéressants. Mais dans le rôle de la jeune héroïne qui découvre qu’elle possède la Force, Daisy Riley s’avère nettement plus fade que Felicity Jones dans Rogue One. Dans celui de l’ancien Stormtrooper qui décide de passer du côté de la lumière, John Boyega est impeccable, mais la richesse potentielle de son personnage tourne court. Quant à l’excellent Oscar Isaac, il est franchement sous-exploité.

Bref, c’est bien foutu, plein de suspense et bourré d’action. Tout ce qu’on attendre d’un Star Wars. Mais cet épisode 7 marque d’emblée la limite de ce renouveau, annonce de nouvelles pistes pas franchement enthousiasmantes, et laisse craindre le pire des multiples suites et films dérivés que Disney envisage déjà pour les années, voire les décennies, à venir. C’était peut-être, finalement, bien dispensable.

La saga Star Wars

Super 8 (id.) – de J.J. Abrams – 2011

Posté : 20 janvier, 2012 @ 2:58 dans 2010-2019, ABRAMS J.J., FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

Super 8

Avec ses séries télé (en particulier Lost), on devinait depuis longtemps la fascination qu’exerçait Spielberg sur JJ Abrams. Le troisième long métrage du jeune prodige ne laisse plus planer le moindre doute : Abrams est bien le fils spirituel du réalisateur des Dents de la Mer. Avec Super 8, le jeune cinéaste revendique clairement cette paternité, en même temps qu’il est officiellement adoubé par son aîné. Spielberg est en effet le producteur de ce film qu’il aurait pu réaliser lui-même dans les années 80.

Avec cette histoire située à mi-chemin entre E.T. et, surtout, Rencontre du 3ème type, Abrams signe sans doute le plus personnel de ses projets, télé et cinéma confondus. Ces adolescents américains de la fin des années 70 qui passent tout leur temps libre à tourner des films en super 8, c’est un peu lui et ses potes, notamment Larry Fong (directeur de la photo sur le film) et Bryan Burk (co-producteur), ses amis d’enfance. Ados, ils faisaient leurs armes avec d’autres (dont Matt Reeves, le réalisateur de Cloverfield), tournant des films d’horreurs ou de SF avec les moyens du bord, comme le faisait un certain Steven Spielberg trente ans avant eux.

Ce n’est donc pas un hasard si l’action de Super 8 se déroule en 1979. Cette année-là, JJ Abrams avait 13 ans, à peu près l’âge de ses héros. Et paradoxalement, la première demi-heure du film est sans doute la plus passionnante : c’est la chronique douce-amère d’un groupe d’ados comme les autres, un été comme les autres, dans une petite ville comme les autres. C’est simple, étonnamment juste, et très beau. Il faut dire que ces ados qui passent leur été à tourner un film de zombie idiot et rigolo, et incidemment à flirter gentiment, sont interprétés par de tout jeunes comédiens qui sont d’une justesse rare. C’est la grande force du film, qui aurait pu être totalement insupportable pour les mêmes raisons : le choix des acteurs principaux. Inconnus, ils sont d’une justesse inattendue, et n’ont jamais ce côté tête-à-claque qui plombe la plupart des films dont les héros sont des enfants.

La scène-pivot du film (le déraillement d’un train en pleine nuit, avec l’évasion d’une mystérieuse créature) tient également toutes ses promesses : on assiste sans doute à la catastrophe ferroviaire la plus spectaculaire de l’histoire du cinéma. La suite est hyper efficace, mais un peu plus classique et attendue. Les rebondissements ne manquent pas (la révélation du secret¸ l’enlèvement de la jeune héroïne, l’état de siège de la petite ville), mais le film manque parfois de vie. C’est efficace, visuellement splendide et très inventif, mais on garde trop souvent un simple regard de spectateur étranger à l’action.

Dommage, parce que le film avait tout pour atteindre le niveau d’un Rencontre du 3ème type, justement, référence omniprésente tout au long du film. Ce n’est d’ailleurs pas la seule référence. JJ Abrams lorgne aussi ouvertement du côté de X-Files, LA série qui a révolutionné la télévision au début des années 90, et dont il est également l’héritier direct. Ce sentiment de déjà-vu que l’on ressent bien souvent tout au long du film tient au moins autant aux emprunts à la « mythologie » x-filienne (les fans sauront de quoi je parle, les autres auront le plaisir de se plonger dans les neuf saisons du show) qu’aux films de Spielberg.

Ces références multiples sont la principale signature de JJ Abrams. Celui qui a révolutionné la série télé (avec Chris Carter pour X-Files, quand même) en utilisant les ficelles du cinéma pour ses différentes créations, avait en retour donné un sérieux coup de fouet au cinéma d’action en utilisant les mêmes recettes augmentées des contraintes de rythmes, pour Mission : Impossible 3. Avec Super 8¸ il dresse le pont ultime entre ses deux mamelles absolues : Spielberg et X-Files.

Mission : Impossible 3 (id.) – de J.J. Abrams – 2005

Posté : 19 octobre, 2010 @ 6:05 dans 2000-2009, ABRAMS J.J., CRUISE Tom | Pas de commentaires »

Mission : Impossible 3 (id.) - de J.J. Abrams - 2005 dans 2000-2009 mission-impossible-3

Tom Cruise a décidément trouvé un filon intarissable avec les Mission : Impossible. Un filon qui lui permet, film après film, de jalonner durablement l’histoire du cinéma d’action. Parce que, mine de rien, il n’y a strictement rien à jeter, jusqu’à présent, dans cette série de trois films radicalement différents les uns des autres, mais tous absolument enthousiasmants. Après l’élégance de Brian De Palma (voir ici), après les excès romantico-stylistiques de John Woo (ici), J.J. Abrams revient aux fondamentaux du cinéma d’action, mais leur donne un coup de boost ébouriffant, avec ce qui est le premier film pour grand écran du créateur de séries télé aussi cultes que Alias, Lost et Fringe.

M:I 3 est d’ailleurs le trait d’union ultime entre le cinéma et la télévision. Longtemps, c’est le grand écran qui a inspiré le petit, avant que la logique s’inverse dans les années 2000. La qualité grandissante des séries télé a fini par faire du petit écran un lieu de création souvent plus enthousiasmant que le grand, en tout cas en ce qui concerne le cinéma populaire américain. En faisant ses débuts au cinéma, l’un des plus inventifs des créateurs de shows télévisés apporte à son film la créativité qu’il a su apporter à ses séries, et le rythme étourdissant des grandes séries récentes (on retrouve d’ailleurs de nombreux acteurs de série, parfois dans de simples apparitions, notamment lors de la scène des fiançailles), tout en respectant les règles du grand écran, et en prenant place dans une longue tradition du cinéma d’action.

Mais cette tradition en prend un sacré coup. La romance entre Tom Cruise et Michelle Monagham n’est évidemment qu’un prétexte, dont le seul but est de faire monter la tension, et de donner une motivation très personnelle au personnage de Ethan Hunt, qui redevient alors le renégat du premier film. Un simple prétexte pour enchaîner des séquences de poursuites, de fusillades et d’explosions qui figurent d’emblée parmi les meilleurs de tous les temps.

Deux séquences, notamment, sortent du lot : la longue course sur les toits et dans les ruelles de Shanghai, vers la fin du film, et surtout l’attaque du convoi par des avions et des hélicoptères, sur cet interminable pont, qui est sans doute l’une des scènes d’action les plus spectaculaires, les plus inventives, et les plus réussies de toute l’histoire du film d’action. Et il faut bien le reconnaître : la présence à l’écran de Tom Cruise est pour beaucoup dans cette réussite.

On s’en était rendu compte dès Mission : Impossible premier du nom : Tom Cruise est un acteur profondément physique, l’une des stars hollywoodiennes les plus physiques depuis l’époque du muet. Dans M:I 3, il est omniprésent, et les capacités hors-du-commun de son corps apportent beaucoup à la réussite du film. Il court, se jette dans le vide, est soufflé par une explosion, court littéralement sur un mur à la verticale, se balance d’une tour à l’autre… C’est énorme, hallucinant, mais l’implication physique de Cruise est telle qu’on y croit à chaque instant, et que toutes les séquences musclées du film (et elles sont très nombreuses) sont mémorables.

C’est du grand, du très grand cinéma d’action, l’équivalent de ce que Piège du Cristal fut dans les années 80. Reste à savoir si Mission : Impossible 4, actuellement en tournage à Prague, atteindra les mêmes sommets que les trois premiers opus.

 

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