La Joyeuse Suicidée (Nothing Sacred) – de William A. Wellman – 1937
La comédie n’est décidément pas le genre auquel on associe le plus facilement Wellman. Cinéaste de films de genres, souvent engagé socialement, Wellman signe ici une fantaisie pleine de folie qui aurait sans doute bien mieux convenu à Ernst Lubitsch ou à Preston Sturges. Si plaisante soit-elle, cette comédie n’atteint pas leurs réussites.
Fredric March que Wellman retrouve un an après sa version de A Star is born, incarne un journaliste new yorkais un rien cynique qui cherche à réhabiliter son image après s’être laissé duper par un faux milliardaire indien, en consacrant un grand reportage aux derniers jours d’une jeune femme de province atteinte d’une maladie incurable, que joue Carole Lombard, et dont on apprend bien vite qu’elle n’est en fait pas malade.
Joyeusement amoral, le film ne parle que de mensonge, avec en ligne de mire la presse dont Wellman n’est visiblement pas un grand admirateur. Mais au-delà de la critique un peu facile du journalisme, il y a dans cette screwball comedy une vision assez cynique du monde du spectacle et de l’humanité en tant que groupe social.
Plutôt intéressant, donc, et souvent politiquement incorrect. C’est le genre de films où les grandes valeurs se heurtent souvent à la réalité de personnages très imparfaits et très corruptibles (à commencer par les héros), et où la plus grande preuve d’amour d’un homme à une femme est un coup de point en plein visage. Oui, c’est discutable, mais faut remettre dans le contexte.
Il y a là matière à une vraie et grande réussite du genre, même avec ce Technicolor très usé. Manque juste une pointe de rythme, cette touche de folie que d’autres réalisateurs auraient sans doute pu apporter. La comédie, décidément, n’est pas le genre où Wellman déploie le mieux son immense talent.









