Play it again, Sam

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Archive pour la catégorie 'Chronologie'

Watchtower over tomorrow (id.) – de John Cromwell, Harold F. Kress (et Alfred Hitchcock) – 1945

Posté : 25 mars, 2018 @ 8:00 dans 1940-1949, COURTS MÉTRAGES, CROMWELL John, DOCUMENTAIRE, HITCHCOCK Alfred, KRESS Harold F. | Pas de commentaires »

Watchtower over tomorrow

Ce court documentaire (une quinzaine de minutes) est produit au lendemain de la seconde guerre mondiale dans le but d’expliquer au public l’intérêt des Nations Unies, alors sur le point d’être créés, pour éviter une troisième guerre mondiale.

« Why can’t we organize a world where the people could work and live in peace ? » interroge la voix off de John Nesbitt, tandis que les images d’Américains vivant tranquillement s’enchaînent.

Forcément très didactique, le film mélange habilement images documentaires et stock shots, avec la vision d’une mappemonde qui revient régulièrement pour rappeler l’enjeu planétaire du projet, et quelques séquences tournées pour l’occasion. Un procédé efficace qui donne de la vie au film, entre deux séquences purement explicatives.

On y voit notamment Lionel Stander, en ouvrier indélicat qui lit le journal par-dessus l’épaule de l’employé de bureau Grant Mitchell, dans le bus qui les ramènent tous deux à leurs domiciles. Les deux hommes se lancent alors dans une discussion autour de ce projet de Nations Unies, avant que le narrateur, toujours en voix off, ne les interpelle.

Signé John Cromwell et Harold F. Kress, co-écrit par Ben Hecht, le film a bénéficié de l’apport d’Hitchcock. De quelle manière ? Il semble que sa participation ait surtout concerné l’écriture du film, plus que la mise en scène elle-même, même si les sources ne sont pas très claires à ce sujet.

Au-delà de demain (Beyond tomorrow) – de A. Edward Sutherland – 1940

Posté : 24 mars, 2018 @ 8:00 dans 1940-1949, FANTASTIQUE/SF, SUTHERLAND A. Edward | Pas de commentaires »

Au-delà de demain

Trois hommes d’affaires âgés et une vieille aristocrate russe exilée vivent ensemble dans un grand appartement new-yorkais, où ils oublient ensemble, chacun à leur manière, les pertes et les épreuves du passé. Le soir de Noël, désœuvrés, les trois compères attirent chez eux des inconnus : une jeune femme et un jeune homme qui vont s’aimer instantanément, et devenir leurs protégés. Jusqu’à un accident d’avion qui fait d’eux des fantômes…

Jolie surprise que ce Beyond tomorrow, qui comment comme un film de Noël à la Capra, où tout n’est que bonté et bienveillance. Joyeux et enlevé, le film doit beaucoup à la complicité charmante du trio de vieux, joués par Charles Winninger, C. Aubrey Smith et un Harry Carey grognon comme jamais. Le regard qu’ils portent, au seuil de la mort, sur ce jeune couple qui se forme devant leurs yeux, est assez beau.

Autre beaux regards : ceux que s’échangent les jeunes amoureux le soir de leur rencontre. Même si Jean Parker et Richard Carlson n’ont pas le charisme de leurs aînés, leur relative fadeur s’oublie totalement dans cette très belle scène, à l’émotion grisante. Simple et sans la moindre arrière-pensée : lorsqu’il est sur ce registre, le film est beau.

La dernière demi-heure, hélas, n’est pas à la hauteur. Les premiers pas de nos trois compères en fantômes sont plutôt convaincants, et assez émouvants eux aussi. Mais le film s’engouffre bientôt dans un mélange de préchi-précha pseudo-religieux et de bons sentiments incroyablement univoques.

En gros, pour gagner le paradis, mieux vaut être un éleveur de chevaux dans les grandes plaines qu’une artiste à Broadway. D’ailleurs, celle qui éloigne notre héros du droit chemin (sans non plus atteindre des sommets de mesquinerie) n’a même pas d’âme à défendre, apprendra-t-on. Les personnages sont certes attachants, mais la conclusion, ainsi que l’imagerie de l’au-delà, laissent dubitatifs.

Cela dit, je persiste : à condition d’arrêter le film après ses 45 premières minutes, Beyond Tomorrow est un beau conte de Noël.

Golem, le tueur de Londres (The Limehouse Golem) – de Juan Carlos Medina – 2016

Posté : 22 mars, 2018 @ 8:00 dans * Polars européens, 2010-2019, MEDINA Juan Carlos | Pas de commentaires »

Golem le tueur de Londres

Toujours très photogénique, ce Londres meurtrier de la fin du 19e siècle. On n’a pas affaire à Jack l’Eventreur ici, mais c’est tout comme. En surnommant son mystérieux tueur le « Golem », le film inscrit moins l’intrigue dans la culture juive que dans la mythologie horrifique dont le tueur de White Chapel est un illustre représentant.

Juan Carlos Medina réussit d’ailleurs plutôt bien à recréer cette atmosphère si particulière d’une ville grouillante de vie, où la richesse et la misère se mélangent autour de lieux qui symbolisent le vice, ou le plaisir c’est selon. En l’occurrence un théâtre où se noue et se dénouent les couples, plus ou moins légitimes, et dont la façade brillante cache mal des secrets inavouables.

Un bon point pour la reconstitution, donc, pleine de vie. Un bon point aussi pour Bill Nighy en flic de Scotland Yard, dont on se demande pourquoi il n’a jamais eu ce genre d’emploi auparavant tant son physique acéré colle parfaitement à ce que devait être ce superflic raté, placardisé pour des suspicions d’homosexualité. Nighy est parfait aussi dans l’évocation jamais frontale de cette « déviance » si mal venue à l’époque, comme dans l’obsession de sa quête.

Il aurait d’ailleurs pu ne jamais trouver ce genre d’emploi : Bill Nighy a été appelé à la dernière minute pour remplacer son pote Alan Rickman, très malade, qui mourra pendant le tournage. Le film lui est dédié, bien sûr.

Efficace et plaisant, ce Golem manque aussi de surprise : cet univers criminel d’un Londres poisseux a fait l’objet d’innombrables films depuis le Lodger d’Hitchcock. Avec quelques pépites, au fil des décennies. Mais il faut bien reconnaître qu’il n’y a ici rien de franchement nouveau, surtout que Medina fait tellement attention à brouiller les pistes bien comme il faut qu’on se doute au bout de 10 minutes que le meurtrier est, en gros, le personnage le plus insoupçonnable (pas manqué).

Si, quand même. Il y a une ambition très louable dans la forme, lorsque Kildare (le flic) passe en revue les différents crimes et les différents suspects, et que les projections de son esprit prennent corps à l’écran. Là, le film renouvelle le genre, comme lorsqu’il invoque des personnages bien réels (Karl Marx, ou le comédien Dan Leno). Pas totalement enthousiasmant, non, mais plutôt plaisant tout de même…

La Madone des sleepings – de Henri Diamant-Berger – 1955

Posté : 21 mars, 2018 @ 8:00 dans 1950-1959, DIAMANT-BERGER Henri | Pas de commentaires »

La Madone des sleepings

Entre espionnage, romance, aventure et comédie… C’est un curieux mélange que propose Diamant-Berger dans cette adaptation d’un roman de Maurice Debrocka qui a connu un énorme succès en librairie à l’époque. Le résultat étonne, n’enthousiasme pas toujours franchement, mais séduit aussi par moments. En demi-teinte, donc, comme on dit.

Le plus réussi, c’est le personnage central de Diane, la « madone » (« parce que je ressemble à un ange… enfin c’est ce qu’on dit ») des « sleepings » (parce qu’elle ne voyage que dans des trains de nuit, des sleeping cars) interprétée par Gisèle Pascale. Une femme belle et intrigante, jeune veuve qui flirte avec l’espionnage et se laisse séduire par un ambitieux qui tente de la violer.

Le personnage contribue largement à donner au film cette sensation de liberté rafraîchissante, et assez inhabituel dans le cinéma français des années 50. A mettre au crédit du film, il y a aussi les ruptures de ton continuels (jusqu’à passer, vers la mi-film, d’une intrigue urbaine élégante à un pur film d’aventures exotiques), l’utilisation audacieuse de la construction en flash-backs, ou encore ce réjouissant jeu de masques, où personne n’est jamais vraiment ce qu’il prétend être.

On ne peut pas décemment condamner un film où l’héroïne s’amourache d’un homme qui a voulu la violer, avant de sauter avec lui d’un avion en vol pour échapper à un guet-apens, et de partir vers un avenir plein d’aventures sur un beau cheval blanc. Certes. N’empêche, on suit ces multiples rebondissement avec un petit plaisir non feint, mais aussi avec la sensation d’assister à un grand n’importe quoi un peu vain, avec qui plus est de sérieuses baisses de rythme.

On remarque aussi Erich Von Stroheim dans un rôle sur mesure, et sans surprise. Pas totalement convainquant dans ce qui sera son ultime apparition sur grand écran. Pour le coup, si le film a un point commun avec les grandes réussites de Stroheim trente ans plus tôt, c’est cette liberté de ton. Rien de plus.

Un château en enfer (Castle Keep) – de Sydney Pollack – 1969

Posté : 20 mars, 2018 @ 8:00 dans 1960-1969, LANCASTER Burt, POLLACK Sydney | Pas de commentaires »

Un château en enfer

Quand Pollack s’attaque au film de guerre, cela donne une curiosité qui ne ressemble à rien d’autre. Une balade quasiment onirique et parfois opaque vers la mort, tantôt fascinante, tantôt désarçonnante.

Ça se passe dans les Ardennes. On découvre une poignée de soldats américains avançant péniblement dans la boue, lorsqu’apparaît sur son cheval un seigneur en habit de chasse d’un rouge superbe, flamboyant. Drôle de rencontre qui donne le ton.

Le film est ambitieux : il tisse des liens impossibles entre la mort et l’art, entre la guerre et la beauté. Surtout, Pollack semble décidé à supprimer toutes les clés d’interprétation possible, passant de la poésie à la violence brute dans le même mouvement (le dialogue qui se noue autour d’une flûte entre un soldat américain et un « collègue » allemand).

Le film est parfois lyrique et poétique, comme lorsque Burt Lancaster, un bandeau sur l’œil, domine sur son cheval blanc une armée de morts en marche. Une vision qui semble tirée de l’un de ces tableaux que collectionne le châtelain, joué par Jean-Pierre Aumont.

Mais Pollack se permet aussi des scènes quasiment burlesques, voire grotesques : un camion de pompier qui monte à l’assaut d’un château fort ; une voiture plongée dans des douves qui remonte à la surface, et que son propriétaire fait littéralement rouler sur l’eau.

Le moins que l’on puisse, c’est que Pollack surprend avec ce film de guerre qui se moque totalement des codes du genre. Une promenade sur le chemin de la mort ? Elle est en tout cas omniprésente, et ce dès la première scène : dès l’apparition quasi-fantomatique des cavaliers, on sent que ces personnages sont déjà des cadavres.

Abrupt, mal aimable, le film n’est pas toujours totalement convaincant, mais il y a là de très beaux moments et des acteurs excellents : de Lancaster, sobre et intense, à Peter Falk en soldat boulanger qui se trouve une famille, en passant par Bruce Dern en soldat évangélisateur ou Jean-Pierre Aumont en châtelain amoureux des belles choses. Une curiosité, pour le moins…

Mary Poppins (id.) – de Robert Stevenson (et Walt Disney) – 1964

Posté : 19 mars, 2018 @ 8:00 dans 1960-1969, DESSINS ANIMÉS, DISNEY Walt, FANTASTIQUE/SF, STEVENSON Robert | Pas de commentaires »

Mary Poppins

Un peu à reculons, que j’ai abordé ce classique made in Disney, pas vu depuis ma prime jeunesse, avant tout pour le faire découvrir à mes enfants. Mais sans grand enthousiasme de ma part. Eh bien me voilà cueilli, séduit, emballé, transporté même par cette fantaisie au cœur gros comme ça, au rythme absolument parfait, et à l’humour constamment teinté d’une tendre poésie.

Ben oui, il a beau être à la tête d’un véritable empire (s’il savait ce que c’était devenu, le pauvre !), partager son temps entre la télévision, les parcs d’attraction et accessoirement le cinéma, il a encore le feeling, tonton Walt. Deux ans avant sa disparition, ce film qu’il a supervisé est même, clairement, l’un de ses chefs d’oeuvre, une merveille qui vous rebooste et vous colle un sourire immense aux lèvres.

Comme son personnage principal, nounou qui attend sur son nuage qu’une famille ait besoin d’elle pour résoudre les problèmes, il y a quelque chose de magique dans ce film. De Robert Stevenson, réalisateur par ailleurs pas franchement enthousiasmant, on pouvait difficilement attendre un film aussi fluide, aussi inspiré, aussi maîtrisé dans la légèreté comme dans la gravité, dans le drame comme dans la comédie musicale.

Il y a évidemment les chansons, toutes merveilleuses : pas la moindre note en-deçà tout au long des 135 minutes de film, qui passent comme un enchantement. Les « tubes » bien sûr, mais pas seulement. Rien à retirer, rien à changer dans les chansons des frères Sherman.

La plongée magique dans les dessins de Bert (Dick Van Dyke), qui donnent lieu à une longue séquence mêlant animation et prises de vue réelles, est d’une formidable inventivité. Mais le film recèle bien d’autres grands moments : l’arrivée de Mary Poppins (Julie Andrews, irrésistible dans le rôle de sa vie) est hilarante ; le ballet des ramoneurs sur les toits de Londres est superbe ; et on pourrait continuer la liste longtemps comme ça.

Bref… A l’époque, Disney était déjà le nom d’un empire. Mais il y avait encore un enchanteur à sa tête.

La Fontaine d’Arethuse / La Soif (Törst) – d’Ingmar Bergman – 1949

Posté : 18 mars, 2018 @ 8:00 dans 1940-1949, BERGMAN Ingmar | Pas de commentaires »

La Fontaine d'Arethuse

Un jeune couple termine un voyage en Europe en traversant l’Allemagne en ruines, à bord d’un train dont l’exiguïté met en évidence leurs rancœurs et leurs difficultés à vivre ensemble…

Bergman, tout jeune, est déjà sans concession sur la vie de couple, et sur la vie en général. « Je ne veux pas être seul et indépendant. C’est pire que l’enfer que nous vivons à deux », dit le jeune mari après avoir cru tuer cette femme qu’il aime et qui lui pourrit la vie. Et cette phrase résume parfaitement ce film beau et violent, qui semble désabusé mais qui est en fait furieusement romantique.

Ces deux-là s’aiment, mais ils sont ravagés et hantés par leurs échecs respectifs. Des échecs que Bergman dévoile en faisant des choix très différents. Pour elle, par une série de flash-backs qui évoquent les rêves de jeunesse, la perte de l’insouciance, et les premières expériences de la violence des hommes (la terrible scène de la séparation, avec cet amant qui utilise la violence physique et psychologique pour ne pas assumer leur avenir commun). Pour lui en racontant en parallèle les errances dépressives de sa précédente femme, elle aussi victime de la violence des hommes. Qui n’ont, donc, pas le beau rôle.

Le film est beau aussi parce qu’il met en écho les douleurs de ces êtres avec celle de la terre qu’ils traversent, avec ces paysages en ruines dont on ne voit guère que des ombres chinoises se dessinant derrière la vitre du train, et des populations exsangues qui guettent de la nourriture à chaque arrêt dans une gare.

Mais c’est souvent au plus près des visages et des corps que filme Bergman. C’est par les gros plans qu’il dévoile les espoirs, les désirs, les désespoirs et la solitude de ses personnages. C’est très beau, la beauté du désespoir.

Alfred Hitchcock présente : Poison (Alfred Hitchcock presents : Poison) – d’Alfred Hitchcock – 1958

Posté : 17 mars, 2018 @ 8:00 dans 1950-1959, COURTS MÉTRAGES, HITCHCOCK Alfred, TÉLÉVISION | Pas de commentaires »

Alfred Hitchcock présente Poison

Hitchcock inaugure lui-même la quatrième saison de sa série avec un épisode particulièrement éprouvant. Pas ou peu d’humour ici, mais un suspense assez étouffant basé sur une idée particulièrement simple : en Malaisie, un homme est coincé dans son lit après qu’un serpent aspic s’est lové sur son ventre, sous les draps…

Hitchcock étire le suspense avec une efficacité rare, jouant sur le contraste entre l’homme alité et immobile (James Donald, qu’Hitchcock dirigera de nouveau dans son épisode suivant, The Crystal Trench) et son ami exubérant et curieusement détaché (Wendel Corey, le pote de James Stewart dans Fenêtre sur cour).

Invisible jusqu’à la dernière scène, le serpent est pourtant omniprésent, et occupe constamment les pensées, créant un malaise qui ne cesse de croître, jusqu’à une conclusion traumatisante qu’Hitchcock, sadique, annonce bien en avance. Et plus il retarde le moment fatidique, plus la tension monte, et plus le choc est rude.

Alfred Hitchcock présente : Le Plongeon (Alfred Hitchcock presents : Dip in the pool) – d’Alfred Hitchcock – 1958

Posté : 16 mars, 2018 @ 8:00 dans 1950-1959, COURTS MÉTRAGES, HITCHCOCK Alfred, TÉLÉVISION | Pas de commentaires »

Alfred Hitchcock présente Le plongeon

Efficace mais anodin, ce 35e épisode de la saison 3, réalisé par le maître en personne. La logique de la série repose le plus souvent sur un switch final qui assomme ou surprend le spectateur. Cette fois-ci, ce switch semble être l’unique point d’intérêt d’Hitchcock, qui précède ce dénouement d’une histoire de pari perdu inutilement complexe, qui peine à vraiment intéresser.

Cette complexité inhabituelle chez le cinéaste, d’habitude toujours attentif à l’efficacité de son récit, étouffe un thème qui aurait pu être passionnant : celui du nouveau riche qui cherche maladroitement sa place dans la haute société, dans ce bateau qui traverse l’Atlantique. Surtout que le personnage, interprété par Keenan Wynn, est plutôt réussi.

La conclusion du film, cela dit, est assez réjouissante. Et si on la voit venir de loin, cela ne fait que renforcer le plaisir forcément un rien sadique qu’on y prend. Détail amusant : dans cette histoire où tout repose sur un cri de femme qui ne viendra pas, Hitchcock dirige brièvement celle qui fut la première scream queen du cinéma : Fay Wray, dans un rôle secondaire.

Le Pacha – de Georges Lautner – 1969

Posté : 15 mars, 2018 @ 8:00 dans * Polars/noirs France, 1960-1969, GABIN Jean, LAUTNER Georges | Pas de commentaires »

Le Pacha

Soyons positif, ne retenons que le meilleur : le personnage de flic de Gabin qui réussit à sortir du tout-venant de sa filmographie d’alors en passant son temps à évoquer son enfance ; une manière étonnante de s’amuser des brutalités policières (oui, il y a du second degré… enfin je pense) ; le soin inhabituel apporté aux décors, et particulièrement à ce bureau tout en vitres et en lignes géométriques ; et surtout la scène musicale avec Gainsbourg, lorsque Gabin débarque dans un studio en pleine cession d’enregistrement.

Le face à face entre Gabin et Gainsbourg est forcément historique et mythique, même s’il ne passe que par l’image, sans s’inscrire directement dans l’histoire. Ces deux monstres que tout sépare le sont effectivement (séparés), par la vitre du studio d’enregistrement. Pourtant, c’est le moment le plus marquant du film, la seule scène vraiment bien filmée.

S’il y avait du mauvais esprit sur ce blog, on soulignerait que ce passage est l’un des rares, voire le seul, où le réalisateur Lautner prend le pas sur son dialoguiste Michel Audiard. Il est alors au sommet, Audiard, et les dialogues qu’il signe pour Le Pacha sont effectivement aux petits oignons, mémorables même pour certains. Sauf qu’ils n’existent que pour eux-mêmes, comme s’ils étaient écrits indépendamment du scénario.

L’impression, désagréable au possible, qui en ressort, c’est que Audiard fait le malin, et que toutes ses punchlines semblent clignoter avec une grande flèche qui dirait « regarde comme c’est génial ! » Tellement lourd que ça en devient pénible, y compris la fameuse réplique pour laquelle Le Pacha est resté célèbre, lancée par Gabin (qui ne jurait que par Audiard à cette époque) à Robert Dalban : « Quand on mettra les cons sur orbite, t’as pas fini de tourner. » Mémorable, certes, mais qui arrive comme un cheveu sur la soupe.

Une réplique, quand même, est réjouissante : la toute dernière, sur le fil, quand l’histoire est terminée, en voix off, comme un drôle d’hommage de Gabin à son ami disparu : « Albert les Galoches, la terreur des Ardennes, le bonheur des dames, mon pote !… L’empereur des cons… »

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