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Archive pour la catégorie '1990-1999'

X-Files, le film (X-Files : Fight the future) – de Rob Bowman – 1998

Posté : 7 janvier, 2016 @ 8:00 dans 1990-1999, BOWMAN Rob, FANTASTIQUE/SF, X-Files | Pas de commentaires »

X-Files, le film

C’est un cas rarissime dans l’histoire de la série télévisée : un show qui a droit à son prolongement sur grand écran alors que la production télé se poursuit. L’existence même de ce film démontre l’importance d’X-Files à la fin des années 90. Après cinq saisons, la série de Chris Carter atteint alors des sommets en terme d’audience, et de qualité. Et c’est l’ensemble de la production télévisuelle qui s’en trouve durablement bouleversée…

Reste que pour mener à bien ce film, Chris Carter et son co-scénariste (le film est écrit avec le fidèle Frank Spotnitz) ont dû résoudre un véritable casse-tête : comment insérer efficacement le long métrage entre deux saisons (le film sort dont l’été, après la fin de la saison 5 et avant le lancement de la saison 6), en contentant les nombreux fans et sans délaisser ceux qui suivent de loin, voire pas du tout, la série et sa complexe mythologie.

Le film a été tourné avant la saison 5, dont la production a dû être réduite, et dont la conclusion était donc connue dès le début. Et il faut reconnaître que Carter réussit son coup. Le créateur de la série savait qu’il ne pouvait pas faire l’impasse sur les nombreuses figures mythiques de la série, il n’en oublie donc quasiment aucune (une exception, le mystère autour de la sœur de Mulder) : la conspiration, le gouvernement secret, l’invasion extraterrestre, la paranoïa, la relation tendre et ambiguë entre Mulder et Scully (avec un presque baiser qui a fait hurler les fans au cœur tendre !), l’huile noire, les abeilles… et la plupart des personnages emblématiques qui défilent, de Skinner à l’homme à la cigarette en passant par l’homme bien manucuré (qui fait ici ses adieux au show) et les Lone Gunmen.

Le film réussit même à imposer un personnage, joué par Martin Laudan qui, par sa paranoïa et son aspect mystérieux, marquera la mythologie de son empreinte même s’il n’apparaîtra jamais dans la série télé. Celui incarné par Armin Mueller-Stahl, présenté comme le chef du consortium, n’apporte par contre pas grand-chose si ce n’est le talent de son interprète.

Pour être honnête, le long métrage n’est rien d’autre qu’un long épisode de luxe, qui renoue avec la mythologie la plus pure et doit recentrer la série sur ce qui fait sa richesse depuis ses débuts. Réalisé avec efficacité par Rob Bowman (que Carter récompense ainsi pour la qualité qu’il a largement contribué à apporter à la série), le film ne manque pas de souffle, et se permet une séquence finale effrayante et très spectaculaire qui flirte avec Alien et Blade Runner, deux références qui n’avaient jamais été de mise dans la série.

* Voir aussi la saison 1, la saison 2, la saison 3, la saison 4, la saison 5, la saison 6, la saison 7, la saison 8, la saison 9, le second film, la saison 10.

X-Files, aux frontières du réel (The X-Files) – saison 5 – créée par Chris Carter – 1997-1998

Posté : 6 janvier, 2016 @ 8:00 dans 1990-1999, BOLE Cliff, BOWMAN Rob, CARTER Chris, COULTER Allen, DOWLER Brett, FANTASTIQUE/SF, GOODWIN R.W., GRAHAM William, HEMECKER Ralph, MANNERS Kim, MARKLE Peter, SACKHEIM Daniel, TÉLÉVISION, X-Files | Pas de commentaires »

X-Files saison 5

Étrange et passionnante saison, plus courte que d’habitude (20 épisodes seulement : le tournage du long métrage qui suivra ayant eu lieu au cours de l’été précédent), à la tonalité particulièrement sombre, et qui explore plusieurs pistes troublantes.

D’abord, la douleur grandissante de Scully, dont la maladie est au cœur du double-épisode inaugural, Le Complot et La Voie de la Vérité (épisodes 1 et 2), et que l’on retrouvera en mère déchirée dans le tragique et superbe diptyque Emily (épisodes 6 et 7), avant de la voir confrontée à sa vérité la plus intime et à sa foi dans le très intense L’Âme en peine (épisode 17).

Autant d’épisodes qui font partie des plus noirs et déchirants de la série, et qui contribuent à faire de Scully une sublime héroïne tragique, superbement interprétée par Gillian Anderson. Parfois mise au second plan par rapport à Mulder/Duchovny, cette dernière occupe décidément une place centrale dans cette saison 5, puisqu’elle est également au cœur de l’épisode écrit par Stephen King, La Poupée (épisode 10), une réussite flippante et pleine de dérision.

Quant à Mulder, il est lui confronté à une crise de foi sans précédent. Le fameux complot se densifie, et la manipulation est tellement omniprésente qu’il en vient à douter de sa propre croisade, et de l’existence des extraterrestres. Des doutes au cœur de l’excellent diptyque Patient X, épisodes mythologiques incontournables (épisodes 13 et 14).

Curieusement, comme si cette saison ne permettait pas d’aller beaucoup de l’avant (sans doute contraint aussi par la cohérence avec le film déjà en boîte, qui doit faire la jonction avec la saison 6), plusieurs épisodes plongent dans les origines des X-Files : le génial Compagnons de route (épisode 15) qui nous ramène au cœur de la Chasse aux sorcières avec un jeune William Mulder), le réjouissant Les Bandits solitaires (épisode 3) qui raconte la rencontre des Lone Gunmen et de Mulder, ou les retrouvailles de ce dernier avec une ex dans La Fin (épisode 20)… Que du bon, là-dedans.

Ajoutez à cela une poignée de « monstres de la semaine » excellents, avec une mention à Détour (épisode 4), charmante et flippante balade en forêt ; à l’émouvant L’Œil de l’esprit (épisode 16) ; et surtout au très original Folie à deux (épisode 19), monstre très classique mais construction assez géniale.

Un sans faute, donc, pour cette cinquième saison essentiellement très sombre, par moments même franchement plombante. Heureusement, la saison recèle deux pépites hilarantes : Le Shérif a les dents longues (épisode 12), incroyable et irrésistible chasse aux vampires avec un shérif grotesque ou séducteur selon le point de vue interprété par un Luke Wilson formidable ; et surtout Prométhée post-mortem (épisode 5), hommage décalé, drôle et émouvant (et en noir et blanc) à Frankenstein, un épisode génial réalisé par Chris Carter lui-même, l’un des sommets de la série.

* Voir aussi la saison 1, la saison 2, la saison 3, la saison 4, le premier film, la saison 6, la saison 7, la saison 8, la saison 9, le second film, la saison 10.

X-Files, aux frontières du réel (The X-Files) – saison 4 – créée par Chris Carter – 1996-1997

Posté : 13 décembre, 2015 @ 4:42 dans 1990-1999, BOLE Cliff, BOWMAN Rob, CARTER Chris, CHARLESTON James, FANTASTIQUE/SF, GATES Tucker, GOODWIN R.W., LANGE Michael, MANNERS Kim, TÉLÉVISION, WONG James, X-Files | Pas de commentaires »

X Files saison 4

Vingt-quatre épisodes… et au moins douze chefs d’œuvre. Avec cette saison 4, X-Files atteint des sommets, aussi bien avec sa mythologie qui se complexifie encore et gagne en intensité, qu’avec les loners, dont la tonalité globale est nettement plus sombre que la précédente saison : il faut attendre La Queue du diable (épisode 20) pour retrouver un épisode teinté de cet humour si typique de la série. Un épisode à la fois très drôle et très intime, qui en dit long sur les relations toujours aussi passionnantes entre Mulder et Scully.

Mais cette saison 4 est particulièrement sombre, une direction clairement annoncée dès le premier loner, La Meute (épisode 2), sommet glauque et traumatisant, qui met en scène une incroyable famille de freaks totalement malsain.

La suite n’est guère plus joyeuse avec Les Hurleurs (épisode 4), effrayante histoire d’un tueur en série génialement interprété par un Pruitt Taylor Vince inoubliable, qui rappelle que Le Silence des Agneaux a été l’une des inspirations principales de Chris Carter.

Le thème du mort qui revient à la vie est aussi, curieusement, un thème redondant de cette saison, et toujours pour le meilleur : l’urgentiste de Régénérations (épisode 12) dont la tête coupée repousse, le juif assassiné de La Prière des morts (épisode 15) que l’amour de sa femme réinvente tel un Golem, ou ce vétéran laissé pour mort au VietNam qui réapparaît des années plus tard dans L’Homme invisible (épisode 16).

Et que dire du superbe Pré où je suis mort (épisode 5), qui confronte Mulder à ses vies antérieures, l’une des visions les plus déchirantes de l’amour de toute la série. Un épisode totalement à part.

Parmi les épisodes atypiques de cette saison, on trouve un autre sommet : le fascinant L’Homme à la cigarette (épisode 7), plongée dans le passé (réel ou fantasmé par les Lone Gunmen ?) de l’un des personnages emblématiques de la série, qui apparaît à la fois comme un monstre responsable des pires crimes de l’histoire américaine récente, et comme un homme sensible et plein de fêlures.

La saison fait la part belle aussi à la mythologie, qui se complexifie encore (oui, c’est possible), en soufflant constamment le chaud et le froid, enchaînant les révélations constamment mises en doute par la théorie du complot et l’omniprésence du mensonge… jusqu’à un final étourdissant dans Le Baiser de Judas (épisode 24).

L’huile noire ainsi que Kryceck (dont le sombre destin se dessine) réapparaissent dans le diptyque Tungunska (épisodes 9 et 10), aussi passionnant que l’autre double-épisode de la saison, Tempus Fugit (épisodes 17 et 18), au scénario génialement inventif, qui réussit parfaitement à intégrer un crash d’avion dans la plus pure mythologie extraterrestre.

Mais là où la saison est la plus réussie, c’est lorsqu’elle colle au plus près aux personnages. Mulder replonge ainsi dans le mystère de la disparition de sa sœur, qui lui apparaît sous un angle inattendu dans le superbe Cœur de tissu (épisode 8), et qui ouvre de nouveaux horizons, qui prendront de l’ampleur par la suite, dans le troublant Crime de mémoire (épisode 23).

Et puis il y a le cancer de Scully, qui sert de fil conducteur à toute la saison, qui se déclare dans le déchirant Journal de mort (épisode 15), et qui ajoute un élément nouveau et souvent très émouvant entre Scully et un Mulder qui se retrouve impuissant face à sa maladie. Ce cancer donne aussi un rôle nouveau à Skinner, au coeur de l’excellent Nid d’abeilles (épisode 21).

Bref : que du bon dans cette quatrième saison, qui ouvre des tas de portes particulièrement excitantes.

* Voir aussi la saison 1, la saison 2, la saison 3, la saison 5, le premier film, la saison 6, la saison 7, la saison 8, la saison 9, le second film, la saison 10.

Jackie Brown (id.) – de Quentin Tarantino – 1997

Posté : 9 décembre, 2015 @ 2:00 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, DE NIRO Robert, TARANTINO Quentin | Pas de commentaires »

Jacky Brown

Entre Pulp Fiction et Jackie Brown, il y a plus d’un lien. D’un film à l’autre, Tarantino garde son goût pour les personnages barrés et verbeux, pour les dialogues interminables et quasi-absurdes, ou encore pour les chansons oubliées du folklore américain. Mais la reconnaissance immense obtenue avec son précédent film semble avoir libéré le cinéaste, qui s’aventure pour la première fois vers une narration à peu près classique.

Pour Jackie Brown, Tarantino garde un principe de chapitrage,qui rappelle qu’il s’agit de l’adaptation d’un roman (celui d’Elmore Leonard, co-producteur du film). Mais contrairement à Pulp Fiction, le film est d’une remarquable linéarité, à une exception près : la scène cruciale de l’échange, répétée à trois reprises avec des points de vue différents. Un procédé particulièrement efficace, mais finalement assez classique.

Mais, surprise, c’est lorsqu’il révèle une vraie sensibilité (honnêtement, pas flagrante dans ses deux premiers films) que Tarantino est ici le plus passionnant. Des revenants marqués par leur passé, le cinéaste en avait déjà filmé auparavant. Mais cette fois, il utilise le statut de Pam Grier et Robert Forster pour faire de leurs personnages des êtres moins marqués par leur passé que par leur avenir, et par la difficulté de se voir offrir une nouvelle chance.

Si Forster est remarquable en vieil ours solitaire, Pam Grier, l’ex reine de la blaxploitation, est sublime, bouleversante en hôtesse de l’air effrayée par son manque de perspective, à 44 ans. Il y a quelque chose de déchirant dans ce portrait sensible d’une femme à la croisée des chemins, qui transforme le piège mortel dans lequel elle se retrouve entraînée, en ultime chance de se construire un avenir.

Jackie Brown est du pur Tarantino, avec tout ce qu’on peut lui reprocher, en particulier des scènes trop longues basées uniquement sur les dialogues « à la Tarantino », un peu vaines et agaçantes. Mais on y retrouve surtout tout ce qui fait la richesse de son cinéma, et le plaisir simple que l’on y prend : son sens du récit, sa capacité à créer de grands moments de cinéma à partir de pas grand-chose (rien que le premier plan, fascinant travelling sur le profil de Pam Grier), et sa manière de prendre son temps pour nous introduire au plus près de ses personnages.

Et le directeur d’acteurs est exceptionnel. Pam Grier trouve là le rôle de sa vie, Robert Forster aussi sans doute. Tous sont formidables : Samuel Jackson en trafiquant parano, Michael Keaton en flic intraitable, Bridget Fonda en droguée téléphage, et surtout Robert De Niro, extraordinaire (et d’une sobriété rare) en ex-taulard taiseux et bas du fond, dont la subite explosion de violence, absurde, terrible et hilarante, est l’un des sommets de ce Tarantino là.

X-Files, aux frontières du réel (The X-Files) – saison 3 – créée par Chris Carter – 1995-1996

Posté : 14 novembre, 2015 @ 6:26 dans 1990-1999, BOWMAN Rob, CARTER Chris, CHARLESTON James, FANTASTIQUE/SF, GATES Tucker, GOODWIN R.W., MANNERS Kim, NUTTER David, TÉLÉVISION, X-Files | Pas de commentaires »

X Files saison 3

Cette saison 3 confirme la qualité grandissante de la série, et recèle bien des bijoux. Bizarrement pourtant, après une saison 2 qui a posé de nombreuses bases, la mythologie se retrouve un peu en retrait ici. Plus exactement, les scénaristes semblent hésiter sur la direction à prendre. Le diptyque Monstres d’utilité publique (épisodes 9 et 10), aussi passionnant soit-il, n’apporte ainsi pas grand-chose à la quête de Mulder et Scully…

C’est toutefois dans cette saison qu’apparaît la fameuse huile noire, dans un autre diptyque, L’Epave (épisodes 15 et 16), particulièrement réussi. Là aussi que le mystère s’épaissit et prend une tournure inattendue à propos de la présence d’extraterrestres sur terre et sur leurs ambitions divergentes, avec ce mystérieux alien chasseur d’aliens qui prend une importance centrale dans le dernier épisode, Anagramme (épisode 24), dont le personnage central très christique, ne semble être introduit que pour donner un rôle à Roy Thiennes, star d’une autre série paranoïaque autour de la présence d’extraterrestres sur terre (Les Envahisseurs, bien sûr).

Dans le rayon « monstres de la semaine », la saison 3 contient quelques perles : les terrifiants Souvenir d’oubliette (épisode 8) ou La Règle du Jeu (épisode 19). Mais le meilleur est sans doute celui qui, sur le papier, paraissait le plus anecdotique : Autosuggestion (épisode 17), véritable chef d’œuvre de mise en scène et de construction dramatique, dont le final est absolument bouleversant.

Il y a bien quelques rares épisodes un peu faiblards : La Liste (épisode 5) et Meurtre sur Internet (épisode 6), sur des sujets pourtant passionnants. Le premier est réalisé par un Chris Carter dont le talent de réalisateur s’améliorera nettement au fil des saisons.

Mais la saison est surtout marquée par de grandes réussites. La série développe les ruptures de ton, qui contribuent à en faire un show si passionnant. Deux exemples : le quasi-parodique Le Seigneur du Magma (épisode 20), qui s’amuse de la paranoïa habituelle de la série avec une auto-dérision irrésistible, et le génial Voyance par procuration (épisode 4), où la parodie flirte superbement avec le tragique.

De la même manière, la relation entre Mulder et Scully s’enrichit et se complexifie dans quelques épisodes qui s’inscrivent sur un mode à la fois léger et émouvant qui sied parfaitement à ce couple déjà mythique : La Guerre des Coprophages (épisode 12) ou Les Dents du Lac (épisode 22).

Notons aussi le superbe La Visite (épisode 21), envoûtant et bouleversant, qui contribue à enrichir considérablement la personnalité de Walter Skinner, et à faire de lui l’un des personnages majeurs de la série. La saison 4 confirmera largement cette tendance.

* Voir aussi la saison 1, la saison 2, la saison 4, la saison 5, le premier film, la saison 6, la saison 7, la saison 8, la saison 9, le second film, la saison 10.

Retour vers le futur 3 (Back to the Future, part 3) – de Robert Zemeckis – 1990

Posté : 4 novembre, 2015 @ 1:24 dans 1990-1999, FANTASTIQUE/SF, WESTERNS, ZEMECKIS Robert | Pas de commentaires »

Retour vers le futur 3

Tourné dans la continuité du deuxième épisode, ce Back to the Future part 3 en prend l’exact contre-pied. Les allers-retours temporels incessants du numéro 2 cèdent la place à un récit beaucoup plus linéaire. Certes, les paradoxes temporels sont toujours au cœur du film, et on retrouve toutes les figures imposées de la trilogie (le réveil de Marty dans les bras de sa « mère », Tannen et son aversion pour le fumier…), mais ce film, construit sur un enjeu similaire au premier film (comment retourner vers le futur) est le plus simple de la série.

C’est aussi celui vers lequel toute la saga semblait converger vers le début : un hommage chaleureux et enthousiaste aux westerns dont Doc Brown est un grand amateur. Avec toute la dérision que la vision hollywoodienne de l’Ouest sauvage (surtout dans ces années 50) impose : pour preuve, l’accoutrement très kitsh que doit enfiler Marty avant de s’embarquer pour 1885.

L’arrivée dans la ville de l’Ouest fait partie des grands moments de la série, avec ce mouvement de caméra qui renvoie explicitement à Il était une fois dans l’Ouest. Et puis l’apparition des trois « old-timers » piliers de bar, interprétés par trois rescapés de l’âge d’or d’Hollywood, habitués des westerns : Dub Taylor, Pat Buttram, et surtout la figure fordienne Harry Carey Jr. Sans oublier le clin d’œil réjouissant à Clint Eastwood.

Zemeckis réussit une nouvelle fois son coup, signant un divertissement qui n’a pas pris une ride en vingt-cinq ans, et parvenant à intégrer une romance inattendue dans cette histoire. Le cœur de l’histoire se déplace d’ailleurs de Marty vers Doc dans cet ultime opus, pour s’intéresser à l’histoire d’amour improbable d’un homme vieillissant avec une femme d’une autre époque. Une love story à travers le temps… La manière parfaite de conclure une trilogie qui aura tenu toutes ses promesses, sans jamais tomber dans la facilité ni dans la redite.

* Voir aussi Retour vers le futur et Retour vers le futur 2.

Basic Instinct (id.) – de Paul Verhoeven – 1992

Posté : 3 novembre, 2015 @ 3:08 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, VERHOEVEN Paul | Pas de commentaires »

Basic Instinct

Le pic à glace, la beauté impériale de Sharon Stone, ses jambes qui se décroisent, Michael Douglas qui n’y tient plus en jean trop moulant, l’apparition intrigante de Dorothy Malone, les rues chargées de références de San Francisco…

A revoir Basic Instinct plus de vingt ans après sa sortie, on est frappé de réaliser à quel point les images marquantes de ce film ont été nombreuses. Et parmi elles, bizarrement, pas vraiment les scènes de sexe, certes nombreuses et assez osées pour l’époque, mais qui semblent presque sages aujourd’hui.

Il faut dire que le film a ouvert tellement de portes (et en tellement grand) que ces scènes de sexe n’ont plus la même puissance et ne procurent plus le même trouble en soi. Mais ce qui reste particulièrement troublant, et d’une manière rarement égalée, c’est l’atmosphère du film, et la manière dont Paul Verhoeven a réussi à mettre en image le trouble de ses personnages.

Le film est clairement une variation sur le thème de Sueurs froides. Une séquence de filature dans les rues de San Francisco (un décor pas choisi par hasard) évoque d’ailleurs ouvertement le film d’Hitchcock. Le vrai thème du film, c’est l’obsession mortifère de Michael Douglas, qui ressemble à s’y méprendre à celle de James Stewart dans le film d’Hitchcock. Avec une différence, quand même : le sexe justement, nettement plus explicite.

Mais on le regretterait presque. Pas que l’idée de voir Sharon Stone ou Jeanne Triplehorn nues soit particulièrement insupportable, remarquez ! Mais ces scènes qui ont fait le succès du film viennent souvent désamorcer la tension sexuelle incroyable qui habite les personnages. Pire, elles sont parfois un peu maladroites, voire franchement lourdingues, comme ce faux suspense tout pourri avec le pic à glace, que Verhoeven nous sort tout au long du film.

Reste que Basic Instinct est un thriller remarquablement construit et d’une efficacité redoutable, l’un des meilleurs de ces années-là.

Un coeur en hiver – de Claude Sautet – 1992

Posté : 21 août, 2015 @ 4:35 dans 1990-1999, SAUTET Claude | Pas de commentaires »

Un cœur en hiver

C’est l’un des plus beaux films de Sautet. L’un des plus opaques, aussi, parce qu’entièrement basé sur un personnage fermé aux autres et à la vie. Daniel Auteuil, dans l’un des rôles de sa vie, fascinant en homme qui s’évertue systématiquement à rester « en dehors ».

Promis à une grande carrière de violoniste, il préfère rester dans l’ombre des musiciens dont il répare les instruments. Génial dans son métier, il s’efface derrière son patron (André Dussolier) qui le protège dans la lumière. Un éternel spectateur incapable d’entrer pleinement dans la vie, et qui en est pleinement conscient… et content.

Cet homme à la fois tragique et séduisant, touchant et détestable, ne ressent rien, ou si peu. Son patron-associé le considère comme son meilleur ami? Lui le laisse penser, mais ne voit dans leur relation qu’une association utile et efficace. Et quand la belle et grande violoniste Emmanuelle Béart tombe amoureuse de lui, on se dit qu’il va vibrer. Quand même, elle est sublime et sensuelle, et pleine de vie…

Du portrait d’un homme froid jusqu’à la cruauté, et austère jusqu’à l’excès, Sautet tire un film chaud, vibrant, et plein de vie. La prestation d’Emmanuelle Béart n’y est pas étrangère, contrepoint parfait de cet homme qui prend tout, mais refuse tout en même temps. Entre ces deux-là, pourtant aux antipodes, il y a une sorte d’évidence : celle de tous les très grands couples de cinéma.

X-Files, aux frontières du réel (The X-Files) – saison 2 – créée par Chris Carter – 1994-1995

Posté : 16 août, 2015 @ 2:46 dans 1990-1999, BOWMAN Rob, CARTER Chris, CONTNER James A., FANTASTIQUE/SF, GOODWIN R.W., LANGE Michael, MANNERS Kim, MARCK Nick, NUTTER David, PHELPS Win, SACKHEIM Daniel, SURJIK Stephen, TÉLÉVISION, VEJAR Michael, WHITMORE James, Jr., X-Files | Pas de commentaires »

X-Files saison 2

X-Files gagne nettement en qualité, après une première saison qui avait posé les bases de la série, mais avait pris un petit coup de vieux. Avec cette saison 2, le showrunner Chris Carter gagne en confiance, creuse plus profondément les sillons qu’il n’avait fait qu’effleurer jusqu’alors, et s’entoure de scénaristes et de réalisateurs qui ont définitivement trouvé leurs marques dans l’univers d’X-Files.

Parmi les réalisateurs qui prennent une importance grandissante dans la production du show, Rob Bowman tient une place à part. C’est à lui qu’on doit le premier authentique chef d’oeuvre de la série : Insomnies (l’épisode 4), petite merveille de mise en scène qui joue aussi bien sur la terreur que sur l’émotion pure, et réussit le pari d’être l’un des meilleurs « loners » de la saison, tout en développant à sa manière la fameuse théorie du complot, qui prend une ampleur considérable au fil de cette saison.

L’ambition cinématographique de Rob Bowman donne l’exemple à ses successeurs, à commencer par Kim Manners (futur pilier du show) et Chris Carter lui-même, qui fait des débuts brillants derrière la caméra avec le fameux Duane Barry (épisode 5), sans doute l’épisode-pivot de toute la série avec l’enlèvement de Scully, dont on ne connaîtra toutes les implications que dans les saisons suivantes. Cet enlèvement est pourtant en grande partie dû à un événement imprévu : la grossesse de Gillian Anderson, que Carter justifie et utilise de la manière la plus inattendue qui soit. Un coup de génie, qui va profondément marquer toute la série.

C’est aussi dans Duane Barry qu’apparaît Alex Kryceck, le formidable « double-maléfique » de Mulder qui sera avec l’Homme à la cigarette le méchant le plus iconique de la série, et qui reviendra en force dès la fin de cette saison avec un rebondissement aussi tragique qu’inattendu, qui va donner une dimension personnelle bouleversante à la quête de Mulder.

Le complot prend de l’ampleur avec le diptyque Duane Barry (qui se conclut avec Coma, l’épisode 8, première incursion de la série dans la rêverie poétique), l’apparition de « Monsieur X » (Steven Williams, successeur de Gorge Profonde) le double-épisode La Colonie (16 et 17) qui replace au cœur de la série la sœur de Mulder, et le formidable dernier épisode, Anasazi, l’un des meilleurs cliffhangers de fin de saison qui laisse Mulder pour mort et ouvre de nombreuses portes passionnantes.

Mais l’essentiel de la saison reste constituée de loners, avec notamment l’un des monstres les plus marquants de la série : cette répugnante larve humaine de L’Hôte (épisode 2). D’autres monstres peuplent la saison 2 : celui, bien humain celui-là, du Fétichiste (épisode 13), l’un des plus traumatisants de la saison ; et ceux, beaucoup plus décalés, de Faux frères siamois, génial hommage au Freaks de Tod Browning.

C’est avec cet épisode que la série fait ses premiers pas (d’anthologie) dans le domaine de l’autodérision, absent jusqu’à présent. Les saisons à venir seront toutes marquées par de telles incursions dans l’absurde, l’humour, le décalage et l’ironie. Cet épisode-là reste l’un des meilleurs du genre, marqué par plusieurs séquences inoubliables : Scully qui mate la difformité de Vincent Schiavelli pendant que ce dernier reluque sa poitrine ; un « freak » qui évoque la standardisation des hommes et clame qu’un jour, « tout le monde ressemblera à ça » en pointant du doigt un Mulder à l’allure un peu ahurie…

Beaucoup d’épisodes plus classiques aussi, avec de rares ratages (Les Vampires, épisode 7, le seul sans Scully, rencontre manquée de la série avec ce mythe immortel), et des tas de réussites qui empruntent aux grands thèmes du fantastique : la réincarnation (Aubrey, épisode 12), le vaudou (Mystère vaudou, épisode 15), Le Vaisseau Fantôme (épisode 19, du même nom) ou encore la possession (Les Calusari, épisode 21).

Notons encore une histoire de contagion bien dégueulasse (F. Emasculata, épisode 22), une belle évocation des préjugés autour d’une secte (Excseis Dei, épisode 11) ou une mystérieuse ombre tueuse (Ombre mortelle, épisode 23)… Avec cette saison 2, qui se termine de la manière la plus excitante qui soit, pleine de mystères et de promesses, X-Files s’impose comme la série majeure de la décennie.

* Voir aussi la saison 1, la saison 3, la saison 4, la saison 5, le premier film, la saison 6, la saison 7, la saison 8, la saison 9, le second film, la saison 10.

La Firme (The Firm) – de Sydney Pollack – 1993

Posté : 30 juin, 2015 @ 2:01 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, CRUISE Tom, POLLACK Sydney | Pas de commentaires »

La Firme

Pas encore action-hero à plein temps, Tom Cruise commence à collectionner les cinéastes prestigieux à ce stade de sa carrière. Une jeune star qui peut choisir le projet qu’il veut, tourner avec qui il veut, et dont l’avenir promet d’être brillant. Une description qui correspond à Tom Cruise-acteur, aussi bien qu’à son personnage dans La Firme : on jurerait que le rôle a été écrit sur mesure pour lui, Pollack s’amusant de cette image de golden boy à qui tout réussi pour le confronter à un piège infernal sans issue possible.

Pollack est en terrain connu dans ce film adapté d’un roman de John Grisham : l’histoire d’un jeune avocat courtisé par toutes les grandes boîtes des Etats-Unis, qui accepte la proposition d’une firme puissante dont l’aspect très familial cache une vérité nettement plus sordide. On est dans un thriller paranoïaque dans la lignée des Trois Jours du Condor. En plus simpliste, quand même, parce qu’avec cette histoire de descente aux enfers, Grisham et les scénaristes (parmi lesquels Robert Towne) n’y vont pas avec le dos de la cuillère.

C’est du gros, gros méchant que doit affronter Tom Cruise, avec son innocence et son humanité retrouvées alors qu’il est au fond du trou. Jusqu’à la caricature, mais avec un savoir faire immense, un vrai sens de l’action (une belle course poursuite, notamment) et surtout une capacité à donner de l’épaisseur à des personnages a priori pas exceptionnels.

C’est le cas des nombreux seconds rôles de prestige que l’on croise le temps de deux ou trois scènes pour la plupart : Holly Hunter assez inattendue, Ed Harris raide et cabot mais superbement pitoyable, et surtout Gary Busey, éternel méchant de service qui trouve ici le rôle de sa vie le temps de deux petites apparitions inoubliables, jubilatoire en détective privé grande gueule.

C’est le cas aussi de Gene Hackman qui, lui, est étonnamment sobre dans le rôle du salaud désigné, mais dont l’humanité transparaît petit à petit, révélant les fêlures de l’homme, miroir terrible et vieilli du personnage de Tom Cruise.

La qualité de l’interprétation est pour beaucoup dans le plaisir que l’on prend devant ce Pollack séduisant, mais mineur.

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