Play it again, Sam

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Archive pour la catégorie '1990-1999'

Ennemis rapprochés (The Devil’s Own) – d’Alan J. Pakula – 1997

Posté : 2 avril, 2021 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, FORD Harrison, PAKULA Alan J. | Pas de commentaires »

Ennemis rapprochés

La grande critique, à la sortie en salles, voulait que Harrison Ford et Brad Pitt donnent l’impression de jouer dans deux films différents. C’est assez vrai, mais la critique semble assez injuste, à vrai dire. Pas que le film ne mérite pas de critique : il est effectivement à moitié convaincant, seulement, et donne bien souvent le sentiment de rater sa cible.

Mais cette impression de deux grands acteurs qui se croisent sans se comprendre vraiment est, au fond, le sujet même du film. D’un côté, Brad Pitt, figure de l’IRA armée qui vit dans la violence et la mort depuis que son père a été abattu sous ses yeux alors qu’il n’était qu’un gamin (ce qui nous donne un prologue en forme de compilation de clichés irlandais). De l’autre, Harrison Ford, flic new-yorkais d’origine irlandaise, droit comme la justice, bon père de famille, habité par des idéaux dont il ne dévie jamais, et qui n’a jamais tiré sur qui que ce soit en vingt-trois ans de police…

Comment voulez-vous que ces deux-là se comprennent vraiment, alors qu’ils vivent dans des univers si radicalement différents ? Le premier côtoie la violence au quotidien, le second ne la comprend plus et n’aspire qu’à une vie de famille rangée dans son paisible quartier pavillonnaire du New Jersey. Le sujet est fort, et assez beau. Il donne lieu à quelques très belles scènes, parce que ces deux-là, s’ils ne se comprennent pas, s’aiment d’un amour filial.

C’est parfois beau, donc, et c’est parfois lourdement appuyé. Très lourdement, comme cette réplique finale qui fait lever les yeux au ciel : « On n’a jamais eu le choix, ni toi, ni moi ». Franchement, quand un réalisateur arrive sur le plateau en devant filmer un tel dialogue, dans un tel contexte, ne doit-il pas comprendre qu’il ferait mieux de retravailler son scénario ? Quelque chose, en tout cas, quine soit pas si abêtissant pour le spectateur (des fois qu’on n’aurait pas compris ce qui se joue).

Ford est très bien, mais en terrain connu. Pitt est d’une intensité assez émouvante. La rencontre de ces deux-là ne fait pas vraiment d’étincelles, mais elle évite au moins les sentiers battus. Pakula, finalement, signe une réflexion pas si facile sur la violence et ses effets, et sur les chemins qu’impose la vie. « On n’a jamais eu le choix »

Jumanji (id.) – de Joe Johnston – 1995

Posté : 24 mars, 2021 @ 8:00 dans 1990-1999, FANTASTIQUE/SF, JOHNSTON Joe | Pas de commentaires »

Jumanji

Une idée rigolote : un jeu de société venu d’on ne sait où qui confronte ceux qui y jouent à d’innombrables dangers. Selon la case où tombe votre pion, des moustiques géants peuvent apparaître autour de vous, ou un lion, ou une horde de rhinocéros… Le jeu peut aussi précipiter des trombes d’eau à l’intérieur d’une maison, ou précipiter un joueur dans une jungle mystérieuse jusqu’à ce qu’un autre joueur l’en sorte…

Le petit Alan en fait les frais. Lorsque le jeu l’avale, il n’a qu’une douzaine d’années. Lorsque nouveaux joueurs font le 5 qui lui permettent de sortir de là, vingt-six ans se sont écoulés. Le gamin est devenu un adulte chevelu : c’est Robin Williams, et c’est la meilleure idée du film, tant l’acteur est doué pour incarner cette espèce de gamin attardé que la vie n’a pas transformé en un véritable adulte. Bon. Sur le mode comique seulement, parce l’idée n’est pas de se morfondre sur son enfance gâchée…

Les héros sont pourtant tous des orphelins, à qui leurs parents manquent cruellement. Alan est hanté par un père incapable de donner des signes d’amour, au point de transposer cette figure paternelle dans le chasseur impitoyable qui sort du jeu pour le poursuivre (joué par le même acteur, Jonathan Hyde)… Bref, de quoi donner un sous-texte tragique, dont Joe Johnston ne sait visiblement pas trop quoi faire.

Joe Johnston est aux manettes, donc, réalisateur sans univers propre et sans grand talent. Et c’est la promesse (tenue) d’un divertissement rythmé et sans grande audace, qui enchaîne les apparitions décalées à grand renfort d’effets spéciaux qui ont pris un méchant coup de vieux. Pas désagréable, assez marrant par moments, sympa à voir en famille quand on a une famille… un carton en salles qui a donné un remake récent en forme de suite dont on va sans doute continuer à se passer un bon moment sur ce blog. Voilà, voilà.

Sailor et Lula (Wild at heart) – de David Lynch – 1990

Posté : 16 mars, 2021 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, LYNCH David | Pas de commentaires »

Sailor et Lula

Le sexe et le feu, la musique et le bitume… David Lynch nous accueille dans son univers fascinant, pour un film à la fois étonnamment linéaire, et déjà très personnel. L’histoire d’amour fou de Sailor et Lula est ancrée dans un certain réalisme, mais la force des sentiments, chez Lynch, est purement cinématographique, toute notion de réalité n’étant que fortuite.

Tout est musique, mouvement et rage dans ce film, Palme d’Or qui est aussi une sorte de génial brouillon pour Twin Peaks ou Lost Highway. On ne peut pas en vouloir au jury du festival d’avoir accordé la récompense suprême pour ce qui n’est qu’une étape dans une démarche qui ne cessera de s’enrichir jusqu’au fameux retour de Twin Peaks : le film est déjà, en soi, un immense moment de pur cinéma.

Hallucinante galerie de tarés, au milieu de laquelle se débattent Laura Dern et Nicolas Cage, tous deux extraordinaires, paumés hantés par la violence, mais d’une innocence presque enfantine. Deux amoureux ivres de libertés, deux amants plus forts que tout, qui défient le temps, la société, les convenances…

Ils s’aiment, ils le crient, ils le chantent. A deux reprises, l’action s’arrête, le temps aussi, et Nicolas Cage se met à chanter Elvis Presley, avec accompagnement musical grandiose, et ce sont les plus beaux moments du film, envoûtants et hors de tout. Des moments de pure magie cinématographique comme Lynch sait en offrir sans doute mieux que quiconque.

Sailor et sa peau de serpent, « symbole de mon individualité ». Lula et sa cambrure affolante. Le couple le plus rock, le plus glamour de ce début de décennie. Trente ans après, Laura Dern a confirmé devant la caméra de Lynch qu’elle était grande, Cage s’est perdu depuis longtemps dans des DTV indignes. Mais il reste Sailor (et quelques autres), incarnation immense et démesurée. Symbole de l’amour fou, de la liberté, et du cinéma.

The Gingerbread Man (id.) – de Robert Altman – 1998

Posté : 15 mars, 2021 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, ALTMAN Robert | Pas de commentaires »

The Gingerbread Man

John Grisham a le vent en poupe dans les années 90, à la fois en librairie et au cinéma. De là à voir un cinéaste comme Robert Altman s’intéressait au roi du thriller judiciaire, il y avait un pas qu’on n’aurait pas franchi facilement, surtout que le gars sortait de quelques-uns de ses films les plus marquants, notamment Short Cuts.

Grisham est le roi des intrigues complexes. Altman signe un film à l’intrigue étonnamment simple, voire simpliste. Loin de la paranoïa retorse de La Firme, Gingerbread Man met en scène des ploucs et des faibles, dans une machination bas de gamme vouée à l’échec.

L’histoire se passe à Savannah, mais c’est clairement un autre univers que celui de Minuit dans le jardin du bien et du mal. Le héros, avocat joué par Kenneth Branagh, est certes un nantis, mais il s’aventure dans les quartiers les plus populaires, sur les docks, dans les bois marécageux alentours. Loin du glamour et du monde des puissants qu’Eastwood mettait en scène l’année précédente.

La beauté de ce film réside dans l’atmosphère, dans ces ambiances feutrées typiques du Sud de l’Amérique, ou couvertes par la tempête qui gronde. Tout le film se déroule à l’approche d’une tornade dans une ville qui se prépare à souffrir : une sorte d’entre-deux dont Altman capte parfaitement le caractère incertain et angoissant.

Le trouble vient aussi du visage d’Embeth Davidz, beau, fragile et insondable, objet de désir et de fascination pour l’avocat qui en fait sa maîtresse et une sorte de mirage pour sa propre grandeur d’âme supposée… avocat cynique, père absent, mari divorcé, arrogant et égocentré.

Altman, ce n’est pas nouveau, sait donner de l’espace à ses acteurs, jusqu’aux plus petits rôles. Branagh est excellent, Robert Duvall formidable le temps de quelques scènes en vieil ermite inquiétant, Darryl Hannah (l’assistante fidèle) comme Famke Janssen (l’ex-épouse), deux facettes évocatrices de la vie du « héros ». Robert Downey Jr, surtout, avant d’être absorbé par Iron Man, a un charisme fou dans le rôle secondaire mais attachant du détective privé. Il s’inscrit là dans la grande lignée des seconds rôles de l’âge d’or d’Hollywood.

48 heures de plus (Another 48 hours) – de Walter Hill – 1990

Posté : 1 mars, 2021 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, ACTION US (1980-…), HILL Walter | Pas de commentaires »

48 heures de plus

Huit ans après 48 heures, on prend les mêmes, on recommence, et on n’a pas grand-chose à rajouter à ça. Eddie Murphy sort de taule. Le flic Nick Nolte est au fond du trou. Les deux vont devoir refaire équipe. Ils passent le film à s’engueuler, mais au fond ils s’aiment bien. Et quand j’ai vu le film au cinéma à sa sortie, la bobine avait cramé…

La routine, donc, et une routine bien datée déjà, avec ses méchants bikers en cuir et une esthétique très marquée eighties. Pourtant, on sent que Walter Hill n’est pas dupe. Il est en terrain connu ? Il s’inscrit dans une longue lignée de films d’action interchangeables? Oui, alors autant l’assumer crânement.

« J’ai pas envie de me battre dans un bar, ça fait tellement cliché… » lance Nick Nolte, avant de se battre dans le bar, forcément. Hill joue avec ces clichés sans même chercher à s’en défaire. Il enchaîne les scènes d’action, et il le fait frontalement, en assumant le côté régressif de la chose, et en chiadant ses images. La fusillade finale est même plutôt stylée, avec un beau plan de chute pour le coup très original.

Ce qui marque aussi dans cette suite tardive, c’est l’obsession de Walter Hill pour le western. Au-delà de ses trois westerns officiels (Le Gang des frères James, Geronimo et Wild Bill), le genre a souvent été présent dans ses films, de Extrême préjudice à Dernier Recours. Dans 48 heures de plus, cette obsession est particulièrement flagrante. Toute la première partie, notamment, rendez-vous inquiétant dans un saloon perdu au milieu du désert que n’aurait pas renié Sergio Leone.

Petit plaisir régressif à la fois pop-corn et cinéphile, finalement.

Clockers (id.) – de Spike Lee – 1995

Posté : 22 février, 2021 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, LEE Spike | Pas de commentaires »

Clockers

Un quartier noir de New York, drogue, violence, destin… Spike Lee en terrain connu ? Oui, mais avec ce film en forme de polar, le cinéaste surprend et séduit malgré tout, avec une sorte de mélancolie désespérée qui dépasse la colère et la morgue, et qu’on ne lui connaissait pas.

Le film s’ouvre sur des photos de cadavres dans les rues, clichés pris sur des scènes de crimes, froids et bruts. Mais la musique que l’on entend est totalement décalée : une chanson soft presque lounge. Le genre de musique que l’on entend presque constamment au cours du film, malgré la violence ambiante latente.

Dans ce quartier où les destins semblent tout tracés, deux personnages tranchent par leurs regards un peu paumés. Strike, un jeune noir dont on sent bien qu’il aurait pu être un type bien dans une autre vie. Un dealer, avec du cœur, mais qui a le don de prendre les mauvaises décisions et de concentrer les rancœurs. l’autre, c’est un flic, le verbe raciste (« no offence ! »), mais l’acte généreux, et l’envie que son travail fasse la différence.

Le premier, c’est Mekhi Phifer, révélation du film, regard dur et brisé à la fois. Le second, c’est Harvey Keitel, l’intensité du flic qui en a trop encaissé. Spike Lee installe autour d’eux la sensation d’une spirale infernale, sans issue. Clockers n’est pas un film sur le racisme, qui n’est qu’une toile de fond, mais sur la prédestination, sur la difficulté de s’arracher à son destin.

Strike s’accroche à ses modèles réduits de train pour s’extirper de cette réalité insupportable, et c’est une idée à la fois naïve et très belle. Idée qui débouche sur une fin inattendue et superbe, d’une douceur presque irréelle.

Gremlins 2 : la nouvelle génération (Gremlins 2 : the new batch) – de Joe Dante – 1990

Posté : 13 février, 2021 @ 8:00 dans 1990-1999, DANTE Joe, FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

Gremlins 2

Joe Dante n’est pas homme à se plier aux attentes d’un grand studio, sa carrière le prouve. Le succès de Gremlins en 1984 ressemble d’ailleurs presque à un accident de parcours, qui porte sans doute autant la patte du producteur Steven Spielberg que la sienne. Six ans après, Dante renoue avec les bestioles qui ont valu la gloire, mais avec la ferme intention de dynamiter le mythe qu’il a lui-même mis en scène, comme pour mettre fin à un malentendu. Il le fera d’ailleurs de nouveau avec son film suivant, le très beau Panic sur Florida Beach. Mais avec ce Gremlins 2, il le fait de la manière la plus radicale qui soit.

Une suite se doit d’être plus grande, plus explosive, plus tout ? OK, Dante quitte sa petite ville de province sortie de La Vie est belle pour installer son action dans l’immeuble le plus moderne de New York, véritable ville dans la ville où tout est mécanisé, informatisé et déshumanisé. Une manière de rompre avec les bons sentiments du premier film, mais aussi de s’offrir un terrain de jeu à la hauteur de sa folie.

Parce que folie il y a dans cette suite, et une folie totalement désinhibée. Joe Dante s’accorde tous les délires, tous les excès, multipliant les monstres et les transformant au gré de son imagination, abolissant toutes les limites scénaristiques grâce à un très opportun laboratoire dirigé par une sorte de savant fou joué par Christopher Lee : l’un prend la parole et se livre à une véritable logorrhée, un autre se voit littéralement pousser des ailes avant de se transformer en gargouille de cathédrale, un autre encore devient une araignée géante…

Et chaque fois, le cinéphile Joe Dante s’offre une évocation des grandes heures du cinéma fantastique, bis ou pas, de Tarantula à Batman en passant par Le Fantôme de l’Opéra. Les citations dépassent d’ailleurs allégrement le genre purement horrifique, avec des clins d’œil délirants à Chantons sous la pluie, Marathon Man ou King Kong. Sans oublier les références explicites à l’accueil du premier film, lorsque le célèbre critique Leonard Maltin apparaît pour descendre Gremlins avant de subir les assauts des monstres.

Phoebe Cates et Zack Galligan, les deux jeunes acteurs principaux du premier film, sont bien de retour. Mais Joe Dante ne s’intéresse vraiment qu’à dépasser autant que possible toutes les frontières habituelles du cinéma populaire. Jusqu’à sortir du film dans une séquence centrale extraordinaire, sans doute la meilleure, lorsque la pellicule brûle comme cela arrivait parfois à l’époque (curieux hasard, l’incident m’était vraiment arrivé quelques jours plus tôt, lors d’une projection de 48 heures de plus), avant que l’on comprenne grâce à des ombres chinoises que ce sont les gremlins qui se sont emparés de la cabine de projection !

Ce gag était assez formidable, dans le contexte d’une vraie salle de cinéma en 1990. Et témoignait de l’imagination foutraque et totalement débridée d’un cinéaste cinéphile, qui voyait dans son art bien autre chose que la logique trop facile d’une suite forcément lucrative. Il a d’ailleurs fallu bien des années avant que Gremlins 2 soit vraiment apprécié comme le film culte qu’il est.

Batman, le défi (Batman returns) – de Tim Burton – 1992

Posté : 4 février, 2021 @ 8:00 dans 1990-1999, BURTON Tim, FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

Batman le défi

Trois ans plus tôt, Tim Burton a remporté un véritable triomphe public avec son premier Batman, phénomène de société et succès à l’ampleur inattendue. Ce film original était déjà très personnel par sa noirceur, par les thèmes traités, par l’univers visuel… Pourtant, Burton n’avait pas pu imposer jusqu’au bout ses idées. Trop jeune, pas assez solide, il avait dû composer avec les attentes de la Warner.

Trois ont passé donc, et Tim Burton peut désormais mettre en avant ce succès et celui du très intime et sublime Edward aux mains d’argent. Une suite à Batman ? Avec plaisir, mais à sa manière, et avec toute la liberté qu’il réclame. Résultat : plus sombre, plus viscéral, plus trouble, Batman returns est une merveille, le meilleur de tous les Batman jusqu’à présent.

Un grand film de super-héros ? Avant tout un film de freaks, l’éternelle obsession de Tim Burton, poussée ici à l’extrême. Thématiquement comme visuellement, c’est l’un des films les plus aboutis de Burton, un de ceux qui résument le mieux la richesse de son univers gothique, et les thèmes qui reviennent film après film.

La paternité, la responsabilité, la différence surtout, et la difficulté pour ceux qui ne se sentent pas dans un moule de trouver leur place dans la société. Batman returns, derrière ses apparences cartoonesques et excessives, est un film furieusement ancré dans la réalité, dans ce qu’il dit des rapports sociaux : les puissants et les anonymes, les hommes et les femmes…

Danny De Vito est extraordinaire en « Pingouin », monstre pathétique qui ne s’est jamais remis d’avoir été abandonné par ses parents lorsqu’il était bébé. Et il y a surtout Michelle Pfeiffer, Catwoman définitive, sensuelle et tragique, symbole absolu du sentiment de révolte des femmes malmenées par l’éternel patriarcat. Selina Style n’est pas le premier personnage féministe, mais ce qu’elle annonce des combats féministes à venir reste d’une force étonnante, surtout dans un film de cette ampleur.

Le couple impossible qu’elle forme avec Bruce Wayne/Batman est la plus belle réussite du film. Trouble et vénéneuse, leur relation touche au sublime lors de la scène du bal, superbe séquence intime entre Michelle Pfeiffer et Michael Keaton, où les deux amants comprennent enfin qui ils sont vraiment, dans une sorte de belle d’espoir d’une beauté folle.

Maman, j’ai encore raté l’avion (Home alone 2, lost in New York) – de Chris Columbus – 1992

Posté : 2 février, 2021 @ 8:00 dans 1990-1999, COLUMBUS Chris | Pas de commentaires »

Maman j'ai encore raté l'avion

Certaines suites cherchent à tout prix à surprendre, prenant le contre-pied des films originaux. Ce n’est pas le cas de ce Home alone 2. Deux ans plus tard, on retrouve le petit Kevin de nouveau « oublié » par sa famille pendant les fêtes de Noël, et lâché cette fois dans New York.

Le terrain de jeu a changé. Le scénario, lui, est un exact copié-collé, ou presque. A vrai dire, ce n’est même pas une critique : au moins les scénaristes ont-ils l’honnêteté de revendiquer le fait d’utiliser les mêmes recettes. Le plaisir des deux premiers tiers du film consiste ainsi à voir comment les ressors comiques et dramatiques du premier sont adaptés dans ce nouveau décor.

Et comme le premier film, le meilleur moment, et de loin, est le jeu de massacre entre Kevin, toujours joué par Macaulay Culkin, et le duo de cambrioleurs idiots incarnés par Daniel Stern et Joe Pesci. Là aussi, cette suite recycle les trucs du premier, mais en mode XL. Là, Columbus et John Hughes (scénariste et producteur) se laissent complètement aller, et jouent à fond la carte de la folie cartoonesque, tendance Tex Avery.

Dommage que tout le film n’ait pas la même liberté, le même lâcher-prise. Mais rien que pour cette longue séquence digne d’un Tom et Jerry live…

Maman, j’ai raté l’avion (Home alone) – de Chris Columbus – 1990

Posté : 31 janvier, 2021 @ 8:00 dans 1990-1999, COLUMBUS Chris | Pas de commentaires »

Maman, j'ai raté l'avion

Incroyable de voir comment l’image de ce film a changé au fil du temps. Ce gentil nanar d’il y a trente ans a acquis récemment un petit statut de film culte de Noël. Et, surprise, c’est assez mérité.

Non, Chris Columbus n’a pas signé un chef d’œuvre. N’exagérons pas. La première moitié du film n’est à peu près basée que sur la présence si mignonne du tout jeune Macaulay Culkin, et elle est aussi sympathique que vaine. On peut quand même souligner une remarquable propension au cynisme, avec le portrait d’une famille a priori modèle (beaucoup d’enfants, beaucoup de vie, une maison luxueuse) particulièrement gratinée.

C’est d’ailleurs le moteur du film : la famille qui part en voyage en France a quand même oublié le petit dernier, Kevin, 8 ans, un peu chiant certes. Pire : le père s’en fout largement, et la mère ne se prend la tête que parce qu’elle prend conscience de la mauvaise mère qu’elle est. Cette méchanceté en arrière plan reste toutefois très sage.

En revanche, Columbus lâche totalement la bride quand il confronte le petit Kevin à deux cambrioleurs bas du front, bien décidés à profiter de l’absence de la famille pour cambrioler la maison. Là, le film se rapproche du cartoon le plus fou, transformant la maison en champ de bataille réjouissant et hilarant, ou en jeu de massacre d’où toute notion de réalisme est bannie.

Cette partie du film, tardive, est d’une liberté folle. Si le film reste aussi réjouissant, ce n’est pas pour Macaulay Culkin, mais pour la folie de ce moment de bravoure, et pour le duo de cambrioleurs totalement idiots joués par Daniel Stern et Joe Pesci, gros durs qui ne cessent de se prendre des coups et d’être humiliés par un gamin de 8 ans, dignes héritiers du chat Tom ou d’autres personnages de cartoon.

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