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Archive pour la catégorie '1990-1999'

Frankenstein (Mary Shelley’s Frankenstein) – de Kenneth Branagh – 1994

Posté : 19 avril, 2017 @ 8:00 dans 1990-1999, BRANAGH Kenneth, DE NIRO Robert, FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

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Au début des années 90, Francis Coppola a entrepris un dépoussiérage des grands mythes de la littérature fantastique, d’abord avec son magnifique Dracula, puis en produisant un nouveau Frankenstein confié au Shakespearien Kenneth Branagh. Et dont j’avais gardé un bon souvenir.

Comme quoi… A le revoir, je comprends mieux pourquoi une grande partie de la publicité du film avait été basée sur le fait que, grâce à Branagh, tout le monde saurait désormais que “Frankenstein” n’est pas le monstre, mais le scientifique qui l’a créé. Oui, parce que non seulement la créature (jouée par un De Niro plutôt sobre si on oublie le maquillage) passe au second plan, mais tout le film tourne autour de ce Dr Frankenstein que Branagh interprète lui-même.

Et le film tourne littéralement autour de lui, avec d’interminables et très pompeux mouvements de caméras qui semblent littéralement faire l’amour avec l’acteur-réalisateur, les trois quarts du temps à moitié à poil. Ce Frankenstein a été mal titré : il aurait dû s’appeler Kenneth Branagh’s Frankenstein. Ou même mieux : Great Kenneth Branagh’s Frankenstein. Ou pour faire court : Great Kenneth Branagh.

Le film n’est pas juste mauvais, c’est une véritable aberration, l’œuvre d’un jeune cinéaste qui a enchaîné les succès et les signes de reconnaissance jusque là, et qui se vautre littéralement dans une sorte d’auto-admiration risible et désagréable. Cela dit, il l’est vraiment (mauvais) : Branagh semble incapable de donner un rythme ou une fluidité à son récit, accumule les décors impressionnants sans savoir comment les filmer, et réussit l’exploit de rendre la moindre de ses tirades ridicule. Une catastrophe !

La Menace Fantôme / Star Wars, épisode I (Star Wars : Episode I – The Phantom Menace) – de George Lucas – 1999

Posté : 6 avril, 2017 @ 8:00 dans 1990-1999, FANTASTIQUE/SF, LUCAS George | Pas de commentaires »

La Menace Fantôme / Star Wars, épisode I (Star Wars : Episode I - The Phantom Menace) - de George Lucas - 1999 dans 1990-1999 La%20Menace%20Fantme_zpsmrcki5wy

Un film aussi attendu que celui-ci ne pouvait qu’être critiqué violemment. Et les fans ne s’en sont pas privés, confirmant le désamour qui ne fera que croître entre l’ex-enfant chéri George Lucas et son public. Un désamour qui était né avec la décision prise par le réalisateur et producteur de « remettre au goût du jour » sa trilogie originelle en ajoutant des effets spéciaux derniers cris et en apportant quelques petites modifications (et qui sera définitivement consommé avec les choix qu’il imposera pour le quatrième Indiana Jones).

Des modifications qu’il justifiait alors par sa volonté de rendre l’ensemble cohérent : tourné plus de vingt ans après le premier film, avec des effets spéciaux qui n’ont plus rien de comparable avec ceux de Un nouvel espoir, cet « épisode 1″ est aussi censé se dérouler trente ou quarante plus tôt, avec donc des machines censément moins développées.

La principale critique faite à Lucas pour ce film-ci porte un nom : Jar-Jar Binks. En revoyant le film, l’existence même de ce personnage m’était un peu sorti de la tête. Mais dès sa toute première apparition, il ne faut qu’une poignée de secondes pour réaffirmer que toutes les critiques faites lors de la sortie du film sont justifiées : non seulement Jar-Jar Binks, créature entièrement créée à l’ordinateur (ça aussi, ça tranche avec le caractère bricolo de la première trilogie), est insupportable avec son bagout intarissable, mais il tue complètement le rythme et l’atmosphère du film.

Tenté par un humour lourdingue à la Luc Besson dans Le Cinquième élément, Lucas gâche quelques scènes avec des choix douteux, tout en débordant d’idées excitantes qu’il exploite habilement pour la plupart : l’alliance forcée entre les habitants de la surface et ceux du monde souterrain d’une même planète, la fragilité de la République qui régit la galaxie, et le rôle donné à un enfant dont on sait qu’il est promis à un sombre destin.

Malgré ses défauts, le film se révèle assez réjouissant, lorsqu’il s’adresse directement aux fans de la première trilogie. Les combats aux sabres lasers, l’apparition d’Obi-Wan-Kenobi (Ewan McGregor, très bien en jeune Alec Guiness), ou la première séquence qui reprend tous les codes de la saga, tiennent ainsi toutes leurs promesses. Même si la fameuse « course de chars » semble inutilement étirée, les morceaux de bravoure sont globalement parfaitement réussis.

Le grand méchant du film l’est en revanche beaucoup moins, sorte de clone de Dark Vador lui-même, en moins effrayant et en plus grimaçant. Et la principale limite du film, c’est qu’il ressemble à ce qu’il est : la mise en place d’un drame qui ne prend pas encore toute son ampleur, et dont on connaît la fin.

La saga Star Wars

Seven (id.) – de David Fincher – 1995

Posté : 4 mars, 2017 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, FINCHER David | Pas de commentaires »

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Je me souviens encore du jour où j’ai découvert Seven, lors de sa sortie en salles : j’en étais sorti avec les jambes molles, traumatisé par le choc de cette découverte. Un peu plus de vingt ans après, le film de David Fincher a été plus que pillé : son style visuel, sa manière de filmer la violence dans ses effets les plus horribles, jusqu’à sa musique et le générique du début… Seven a posé les bases de la quasi-totalité des thrillers qui ont suivi, avec à chaque fois un jeu de surenchère dans l’horreur et la violence crue.

Revoir Seven pouvait donc déboucher sur une petite déception : à l’époque, le style du film était à lui seul un choc ; aujourd’hui, l’effet de surprise est forcément émoussé. Pourtant, le deuxième long métrage de David Fincher (après le très prometteur Alien 3) se porte encore très bien. Et le constat est clair : si le style de Fincher a été maintes fois copié par des cinéastes moins talentueux que lui, ils ne sont pas bien nombreux à avoir réussi une telle alchimie entre le sujet, le décor et le style.

Devant la caméra de Fincher, la violence de ces meurtres inspirés par les sept pêchés capitaux devient une allégorie de la déshumanisation des grandes villes. Et cette ville, où on ne croise finalement personne véritablement, devient une sorte d’enfer sur terre, dont la pluie incessante (et très cinégénique) n’arrive pas à laver la pourriture ambiante.

Au milieu de cet enfer, trois personnages, guère plus : le vieux flic revenu de tout (Morgan Freeman, absolument génial), le jeune chien fou plein d’illusions (Brad Pitt, intense mais un rien cabot), et une personnification de l’innocence (Gwyneth Paltrow, désincarnée). Les autres ne sont, pour la plupart, que des silhouettes, à commencer par celle du tueur, forme abstraite que l’on découvre lors d’une poursuite à pied (et sous la pluie, donc) qui n’a rien perdu de son extraordinaire puissance.

Les meurtres, avec leur originalité macabre, ont certes un côté « catalogue » qui inspirera tout un pan douteux du cinéma américain (à commencer par l’interminable saga Saw). Mais le film reste un chef d’œuvre indépassable du genre, l’un des thrillers les plus mémorables de la décennie.

L’Arme fatale 3 (Leathal Weapon 3) – de Richard Donner – 1992

Posté : 23 février, 2017 @ 8:00 dans 1990-1999, ACTION US (1980-…), DONNER Richard | Pas de commentaires »

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Il y a au moins un élément qui a totalement disparu de l’équation depuis le premier film, c’est la surprise. Episode après épisode, Donner n’a cessé de transformer son drame d’action en saga quasi-familiale, semi-parodique et confortable. Bref, un pur pop-corn-movie calibré pour répondre en tous points aux attentes des fans.

Reconnaissons lui quand même un vrai sens de l’action et de l’humour, qui trouve une sorte de plénitude dans ce troisième film qui reprend strictement les recettes des deux premiers, et en particulier du numéro 2, en multipliant les scènes s’action dans lesquelles Mel Gibson se révèle une nouvelle fois très à son aise. La plus réussie : une poursuite au cours de laquelle Riggs/Gibson court après une voiture (une constante dans la série), s’accroche à un métro, pour finir sur une moto qui fait une chute vertigineuse d’une rocade en construction.

On sent constamment que Donner se demande comment broder sur la même trame que le précédent film, en essayant quand c’est possible de faire mieux. La scène d’ouverture le montre bien : comment faire une entrée en matière plus dynamique que dans L’Arme fatale 2 ? Réponse : en faisant exploser un immeuble entier (profitant pour le tournage de la destruction réelle d’un vieil immeuble), en misant au moins autant sur l’humour que sur l’aspect spectaculaire (“Roger, grab the cat !”).

En contrepoint du chien-fou Gibson, Danny Glover est une nouvelle fois excellent, et c’est à lui qu’échoit l’incontournable penchant dramatique de Donner (inutile), dont il se sort plutôt bien. Pour le reste, c’est clairement la routine : Joe Pesci est de retour et en fait toujours des tonnes, le méchant est très méchant et très improbable, l’intrigue est imaginée par un gamin de 12 ans…

Ah si, une nouveauté quand même : la romance du film, qui permet à Riggs de roucouler avec son alter ego au féminin (Rene Russo, qui semble y prendre un plaisir très communicatif). Lorsque ces deux-là se rapprochent, c’est en comparant leurs cicatrices respectives dans des préliminaires assez réjouissantes. Et quand ils sortent enfin ensemble, c’est pour permettre à Riggs d’admirer sa dulcinée distribuer des mandales…

Bon, ce n’est pas léger-léger : Donner a une propension à la blague scato, et voir Mel Gibson amadouer un chien en l’imitant n’est pas d’un goût exquis. Mais c’est un petit plaisir, à savourer sans arrière pensée, et en faisant bien attention de se vider la tête avant de lancer le film…

* Voir aussi : L’Arme fataleL’Arme fatale 2 et L’Arme fatale 4.

L’Arme fatale 4 (Lethal Weapon 4) – de Richard Donner – 1998

Posté : 7 février, 2017 @ 8:00 dans 1990-1999, ACTION US (1980-…), DONNER Richard | Pas de commentaires »

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Le générique de fin résume plutôt bien la seule ambition du film : réunir tous les personnages des trois premiers films pour une série de photos de familles dont on aurait soigneusement éloigné tous les éléments inattendus. Les fans les plus passionnés apprécieront sans doute. N’empêche : cet argument est-il suffisant pour faire un film ?

Franchement, pas sûr… Avec le premier film et son improbable duo de flics, Richard Donner avait donné un petit coup de frais bien sympathique au buddy movie. Sans génie mais avec un vrai savoir-faire, et avec l’aide de Mel Gibson et Danny Glover, dont l’alchimie fait plaisir à voir, et qui savent insuffler un vent de légèreté et un humour bienvenus.

De cet humour, que reste-t-il dans ce quatrième volet ? Un échantillon d’urine volé à un vieux dans un hôpital, des sous-entendus homophobes et des blagues racistes. Bref, rien de bien glorieux.

Et côté action, l’autre spécificité de la saga ? Là, c’est (un peu) mieux, surtout lorsque Donner met en valeur les qualités évidentes d’action movie de Gibson, jamais aussi intense que lorsqu’il s’obstine sur sa cible quoi qu’il arrive, s’accrochant à un métro en marche, ou sautant d’un toit à l’autre. Dommage que sa doublure soit aussi présente et aussi visible.

Et puis tout ça ronronne un peu trop, avec un air constant de déjà vu, et l’impression tenace que le cœur n’y est pas. Les scènes d’action semblent désormais n’être que des passages obligés pour Donner, qui préfère mettre en place ses photos de famille, transformant la saga d’action policière en une farce familiale.

On prend bien un peu de plaisir par moments, entre deux longues plages d’ennui. La romance entre Rene Russo et Mel Gibson ne surprend plus, le numéro de Joe Pesci fatigue. Le nouveau venu Chris Rock n’apporte pas grand-chose, et le grand méchant Jet Li se contente du service minimum. Franchement, il était temps que ça s’arrête.

* Voir aussi : L’Arme fataleL’Arme fatale 2 et L’Arme fatale 3.

Dead Man (id.) – de Jim Jarmush – 1995

Posté : 1 février, 2017 @ 8:00 dans 1990-1999, JARMUSH Jim, MITCHUM Robert, WESTERNS | Pas de commentaires »

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Jarmush est un cinéaste qui a son rythme bien à lui, lent et envoûtant, qui relève souvent plus du trip hallucinogène que de la simple recherche d’efficacité. Avec Dead Man, ce ton singulier trouve peut-être son aboutissement : cette lente déambulation hallucinée atteint des sommets avec cette histoire d’un homme mort sur le chemin d’un étrange ailleurs.

On peut essayer d’analyser cet étrange western dont le héros se fait descendre dès la première partie, et qui passe le reste du film à errer dans des paysages déserts où les seuls êtres qu’il croise sont des morts en sursis. On peut imaginer qu’il s’agit d’une réflexion sur la vie, la mort, et ce long cheminement interne qui consiste à passer de l’un à l’autre.

Et puis on peut aussi choisir de se laisser emporter par cette étrange poésie, se laisser envoûter par ce rythme lancinant que personnifie si bien Johnny Depp (jamais aussi fascinant que quand il se place ainsi, entre vie et trépas, comme dans Sweeney Todd ou d’une certaine manière Edward aux mains d’argent), et que soulignent les quelques accords et riffs de guitare de Neil Young, qui signe une partition minimaliste qui participe à l’envoûtement.

Du western, Jarmush tire l’esprit le plus pur, et les figures les plus symboliques, qui donnent d’ailleurs lieu à quelques grands numéros d’acteurs, de Michael Wincott à John Hurt en passant par le grand Bob Mitchum, dont c’est la dernière apparition sur grand écran (on fait plus pourri, comme adieux), ou le hiératique Lance Henricksen.

Jarmush n’évite pas quelques notes de mauvais goût (un gros plan sur un crâne écrasé… beurk et bof). Mais son film, fascinant dès la première image, est l’un des westerns les plus originaux qui soit, et l’un des plus beaux de l’après-Impitoyable.

Independance Day (id.) – de Roland Emmerich – 1996

Posté : 30 janvier, 2017 @ 8:00 dans 1990-1999, EMMERICH Roland, FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

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Je me souviens avoir vu Independance Day en salle à sa sortie, avec des amis. L’un d’eux avait eu ce jugement définitif : « C’est pas réaliste ». D’autres (dont moi) avaient eu d’autres arguments : ses sabots énormes dès que l’humain prime sur les effets spéciaux, les effets spéciaux trop dominants justement, et surtout cet Américanisme primaire du film qui se révèle jusque dans le titre. Confrontée à une menace d’extermination, l’humanité ne peut compter que sur l’Amérique. Mieux : sur l’Américain moyen, avec ce que cela véhicule du triomphe de l’individu sur le groupe.

Avec le recul, et en revoyant le film pour la première fois depuis vingt ans, cette phrase si ridicule a priori (« c’est pas réaliste ») apparaît pourtant comme le curseur qu’il ne faut pas oublier dès que l’on parle du cinéma de Roland Emmerich, en tout cas celui de la destruction massive dont cet Independance Day fut le précurseur. Non, ce n’est pas réaliste. Mais si on veut bien se laisser guider dans cet univers qui se défait totalement de toutes les contraintes du réalisme, alors oui, Emmerich a un vrai talent.

Il fera nettement mieux avec Le Jour d’après, et surtout 2012, ses deux classiques jumeaux dans lesquels ils réussira à détruire plus de choses encore que dans Independance Day. Mais dès 1996, le gars a un vrai talent pour tout faire péter, pourvu qu’il y ait un maximum de dégâts, et au minimum quelques millions de morts (dans les années 90, il ne misait pas encore sur les milliards, mais ça n’allait pas tarder). En cela, la première moitié du film, celle où justement tout pète, est une vraie réussite.

Bien sûr, il y a cette contrainte cinématographique dont Emmerich essayera de plus en plus de se libérer : les personnages. Dès qu’il s’y intéresse d’un peu trop près, son cinéma est lourd, rempli d’un pathos écœurant. Faut reconnaître : il ne sait pas faire dans la demi-mesure. Ses trois personnages principaux ? Un pilote de chasse qui ne connaît vraiment pas la peur (Will Smith, prêt à sortir une phrase fun dès son premier face-à-face avec un alien), un réparateur télé qui comprend tout mieux que tous les spécialistes du gouvernement (Jeff Goldblum, dans son numéro habituel), et rien de moins que le président des Etats-Unis en as de l’aviation (Bill Pullman, juste juste).

Alors oui, c’est énorme. Et oui, cet Américanisme primaire a un côté exaspérant, surtout lorsque les pays du monde entier accueillent comme le messie le mode d’emploi de la libération dictée par mister president himself. Mais ce côté too much fait aussi des merveilles dès que les personnages disparaissent derrière l’action pure. Et en la matière, Emmerich n’est pas avare. C’est donc un plaisir éminemment coupable, et éminemment plaisant.

* A l’occasion des fêtes de fin d’année, Fox Vidéos a sorti un coffret double DVD regroupant le Independance Day original et sa suite, sortie en 2016. En bonus, des commentaires audios, notamment de Roland Emmerich et de son producteur et co-scénariste Dean Devlin.

Jurassic Park – Le Monde perdu (The Lost World – Jurassic Park) – 1997

Posté : 24 janvier, 2017 @ 8:00 dans 1990-1999, FANTASTIQUE/SF, SPIELBERG Steven | Pas de commentaires »

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Après 1993, année exceptionnelle pour lui (un triomphe populaire avec Jurassic Park, et un sacre critique avec La Liste de Schindler), il a fallu du temps à Spielberg pour retrouver le chemin des plateaux. Après quatre ans d’absence, il retourne au charbon en terrain connu, avec une suite au succès attendu qu’il donne à son grand film de dinosaures.

Le premier film était un hommage aux grands films de monstres, King Kong en tête ? Celui-ci encore plus : ce Monde perdu (dont le titre évoque d’ailleurs un livre de Conan Doyle qui avait déjà inspiré le plus célèbre des singes géants) reprend une trame qui multiplie les clins d’œil au roi Kong, jusqu’au final dans les rues d’une ville américaine. On s’attendrait presque à voir le T-Rex grimper sur la façade de l’Empire Stade Building…

Cette partie urbaine arrive tardivement. Trop, sans doute : le film, sur ce point, laisse un petit sentiment d’inachevé, comme si Spielberg n’avait pas trop su quoi faire de cette rencontre exceptionnelle entre un dinosaure et le décor d’une grande ville. Sur ce point seulement, parce que cette suite, qui joue forcément moins sur la surprise que le premier, est d’une inventivité et d’une intensité dignes des meilleurs Spielberg.

Premier point positif : on n’a pas à se taper la longue séquence explicative qui plombait le début du premier film. Et en confrontant l’équipe de scientifiques (toujours menée par Jeff Goldblum, accompagné cette fois de Julianne Moore) à des mercenaires sans scrupules (menés par un Pete Postlethwaite intense en grand chasseur à sang froid) dans un environnement forcément hostile, peuplé de dinosaures, Spielberg s’offre un terrain de jeu réjouissant.

Pas de grande réflexion métaphysique, pas de message profond : Spielberg signe un pur spectacle de cinéma, et il multiplie les morceaux de bravoure, superbement réalisés. Un plan en plongée qui dévoile les traînées que laissent des dinosaures en traversant un champs pour se diriger vers une colonne de mercenaires. Une caravane accrochée dans le vide sous une pluie battante… Spielberg nous embarque dans une véritable attraction, pleine de sensations.

Jurassic Park (id.) – de Steven Spielberg – 1993

Posté : 24 novembre, 2016 @ 8:00 dans 1990-1999, FANTASTIQUE/SF, SPIELBERG Steven | Pas de commentaires »

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Comme avec Les Dents de la Mer ou Les Aventuriers de l’Arche perdue, Spielberg a durablement inspiré le cinéma hollywoodien avec ce premier Jurassic Park, ne serait-ce que pour l’utilisation, extraordinaire pour l’époque, d’effets spéciaux qui continuent, plus de vingt ans plus tard, à impressionner. A vrai dire, si le film reste aussi convaincant aujourd’hui, c’est parce qu’il mélange très habilement les effets spéciaux à proprement parler et les « animatronix ». Un aspect que les blockbusters à venir auront de plus en plus tendance à ignorer, privilégiant de plus en plus les tournages sur fond vert.

Jurassic Park, aussi révolutionnaire soit-il, est donc presque un film d’un autre temps. C’est d’ailleurs tout le paradoxe de Steven Spielberg, quasiment depuis ses débuts : s’il a réinventé à lui seul, ou presque, les règles du grand cinéma populaire, il s’est toujours inscrit dans la lignée des grands cinéastes classiques. Et cette fois, c’est du côté des vieux films de monstres qu’il s’est tourné. King Kong en tête bien sûr, avec cette gigantesque porte, cette île qui ressemble tant à Skull Island, et le combat final du T-Rex et des velociraptors, comme un hommage au film de 1933.

On retrouve en tout cas dans Jurassic Park le pur plaisir du cinéma d’aventures à l’ancienne, dont Spielberg avait déjà fait le cœur de ses trois premiers Indiana Jones. Il y a d’ailleurs une vraie parenté entre ces films : dans la personnalité, le chapeau… et jusqu’aux mimiques du personnage de paléontologue (presque un archéologue) joué par Sam Neill. On se demanderait presque si, à un moment ou un autre, Spielberg n’aurait pas pensé à intégrer Indy dans le film. Sans doute pas, mais la ressemblance est par moments troublante.

La séquence d’ouverture est formidable, comme souvent chez Spielberg : un grand moment terrifiant où le cinéaste pose les bases du drame, avec un art consommé de filmer les choses (et les dinosaures) sans rien vraiment montrer.

Après cette ouverture percutante, on a hélas droit à une longue partie explicative, sans doute indispensable à l’époque (il fallait bien explique comment on avait réussi à clôner tous ces animaux disparus depuis des millénaires), mais dont l’effet de surprise, et même l’intérêt, sont aujourd’hui très émoussés. Un ventre creux qui permet quand même de faire connaissance avec les personnages : Sam Neill excellent, Jeff Goldblum cabot sympathique, Laura Dern cabote agaçante, deux gamins pas du tout tête à claque, et Richard Attenborough que le fait d’avoir vu 10 Rillington Place il y a peu rend glaçant…

Bref, on se contrefout de tout l’aspect scientifique de l’histoire, créée par Michael Crichton (une sorte de variation sur le thème de son Mondwest). Et la fascination qu’exerçaient les dinosaures à la sortie du film n’est plus aussi forte. Mais quand tout part en couille, quand les garde-fous de ce parc d’attraction sautent les uns après les autres, quand ces braves scientifiques émerveillés se transforment en gibier potentiel, alors là le génie de Spielberg prend toute sa dimension.

La vraie attraction, le vrai trip, les vraies sensations, c’est le pur cinéma qui les offre. Spectateurs et personnages se retrouvent alors sur le même plan, embarqués par un maître du spectacle qui se permet même de jouer avec sa propre image, en mettant en scène le merchandising qu’il a lui-même développé avec ses films événements, et tout particulièrement celui-ci. Un grand spectacle, doublé d’une mise en abyme. Une nouvelle leçon de cinéma.

Total Recall (id.) – de Paul Verhoeven – 1990

Posté : 17 novembre, 2016 @ 8:00 dans 1990-1999, FANTASTIQUE/SF, VERHOEVEN Paul | Pas de commentaires »

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Qu’est-ce qui arrive quand on confie le plus gros budget de l’année à un cinéaste venu d’Europe ? Avec Total Recall, Paul Verhoeven signe une date dans l’histoire de la science fiction, et dynamite le cinéma d’action hollywoodien, en l’abordant avec une ironie et un second degré pour le moins inhabituel dans la tradition du blockbuster. Une ironie dont Schwarzenegger (avec Last Action Hero, peu après) deviendra le principal héraut.

On l’avait déjà vu avec RoboCop, tourné juste avant : Verhoeven n’est pas un réalisateur de film d’action comme les autres. Tout en remplissant le cahier des charges des producteurs (et il le fait mieux que personne), l’hyperviolence qu’il met en scène et le cynisme de ses personnages disent beaucoup sur la vision qu’a le cinéaste de la société de l’entertainment.

On retrouve dans Total Recall le même ton que dans son précédent film, une violence graphique très crue et parfois gore, une omniprésence des écrans et de la publicité « qui conditionne », mais aussi un côté volontairement too much, qui flirte par moments avec la parodie. Une logique que Verhoeven poussera à son paroxysme avec son autre film de SF, Starship Troopers, et qui prend ici une dimension particulière.

On peut se demander si Verhoeven prend au sérieux la violence qu’il filme. Dans Total Recall, cette question devient le sujet même du film : Quaid, l’ouvrier qui découvre en se rendant chez un « marchand de souvenir » qu’on lui a effacé la mémoire, a-t-il vraiment été un agent secret ? Ou tout ce qui lui arrive n’est-il qu’une vision de son esprit abîmé ?

Le doute est constamment là. Et plus que la vision de l’avenir, qui a pris un sacré coup de vieux avec ses écrans d’un autre temps et ses voitures aux lignes très 80s (Minority Report, autre adaptation de Philip K. Dick, sera nettement plus clairvoyant), c’est ce doute qui fait le poids du film et le rend si troublant. Un trouble dont s’amuse constamment Verhoeven, et qui valent à Schwarzenegger quelques répliques mémorables : « Mais si je suis pas moi, bordel, qui je suis ? »

Il y a Sharon Stone aussi, révélation du film, dont le cinéaste fera une star deux ans plus tard avec Basic Instinct. N’est-elle pas une garce trop parfaite pour être réelle ? Schwarzenegger ne décide-t-il pas de tourner définitivement le dos à la réalité lorsqu’il lui lance le mythique « Considère ça comme un divorce ? »

Ironique et rigolard, Verhoeven sème le trouble et s’amuse, en faisant dire dès les premières minutes à ce commercial qui s’apprête à vendre à Schwarzie ses souvenirs d’agent secret en voyage sur Mars : « Avant que tout soit fini, vous aurez emballé la fille, tué les méchants et sauvé la planète »

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