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Archive pour la catégorie '1990-1999'

Halloween 6 : la malédiction de Michael Myers (Halloween 6 : the curse of Michael Myers) – de Joe Chappelle – 1995

Posté : 6 février, 2026 @ 8:00 dans 1990-1999, CHAPPELLE Joe, FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

Halloween 6 : la malédiction de Michael Myers (Halloween 6 : the curse of Michael Myers) – de Joe Chappelle – 1995 dans 1990-1999 55054082784_93d6a75b15_z

Six ans se sont passés depuis le bien pénible Halloween 5. Et il semble que personne n’attendait avec impatience de savoir ce qui était arrivé à Michael Myers et à sa nièce, et qui était cet étrange homme en noir qui hantait le pire épisode de la saga. Au bout de deux minutes, on sait : ils ont été enlevés et séquestrés pendant six ans par une secte occulte dans le but de… de… enfin vous voyez, quoi.

Et comme, au fond, personne ne sait vraiment quoi faire de cette information (et que le scénario original a été haché menu pour faire des économies), les deux s’évadent (en même temps mais pas ensemble, le boogeyman voulant trucider la gamine qui a bien grandi et le bébé qu’elle vient d’avoir de… de… enfin vous voyez, quoi). Michael laissant quelques cadavres derrière lui, bien sûr.

Passons les détails… Michael Myers finit par revenir à Haddonfield, autour de cette maison où tout a commencé dans un premier film nettement plus mémorable, dont cette énième suite tente de retrouver l’esprit, tout en se dépatouillant comme elle peut des inepties imposées par les précédentes suites. En faisant de louables efforts d’apporter du neuf en respectant le vieux.

Les nouveaux personnages croisent ainsi les rescapés des précédents films, une vague cousine de Laurie s’associant bientôt au gamin devenu grand que gardait la même Laurie dans le premier film (et que joue un tout jeune et pas terrible Paul Rudd). La nuit sanglante par laquelle tout a commencé est dans tous les esprits d’une ville qui veut tourner la page, après tant d’années.

Raté, bien sûr : les morts vont s’enchaîner, bien plus nombreux et moins flippants que dans le chef d’œuvre de John Carpenter. Et l’inoxydable Docteur Loomis va pointer son nez vieillissant, comme il aurait sans doute continué à le faire dans les épisodes suivants si la mort n’avait emporté Donald Pleasance peu après le tournage.

Après une série de tueries sans grande invention, la mystérieuse secte qui avait disparu depuis le début du film refait son apparition, pour justifier un final en forme de course poursuite dans les couloirs d’un asile psychiatrique d’une platitude remarquable. Une séquence qui semble par moments copiée sur celle de Terminator 2… tournée quatre ans plus tôt, mais pas par Joe Chappelle.

Germinal – de Claude Berri – 1993

Posté : 31 janvier, 2026 @ 8:00 dans 1990-1999, BERRI Claude | Pas de commentaires »

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Après Marcel Pagnol (Jean de Florette et Manon des Sources) et Marcel Aymé (Uranus), Claude Berri continue à explorer le panthéon de la littérature française. Direction le nord cette fois, dans les mines de Germinal, pour ce que le réalisateur veut être l’adaptation ultime du roman d’Emile Zola.

On a beaucoup reproché au réalisateur et producteur d’y faire preuve d’académisme, ce qui me semble à la revoyure assez injuste. Certes, Berri se montre d’une extrême fidélité au chef d’œuvre de Zola (c’est tout à son honneur), mais les immenses moyens dont il dispose font surtout du film l’une des dernières énormes productions à l’ancienne, un « blockbuster à la française » impressionnant, mais aussi d’une grande honnêteté et très intense.

Du cinéma classique, oui, mais avec une âme. Et si, avec le recul, certains seconds rôles qu’on jugeait géniaux il y a trente ans paraissent cabotiner un peu trop lourdement (Jean-Roger Milo dans le rôle du répugnant Chaval, et Laurent Terzieff dans celui de l’anarchiste et nihiliste russe Souvarine), Berri tire le meilleur de la plupart de ses acteurs, littéralement habités par leurs personnages.

Depardieu évidemment, dont la présence physique est impressionnante, Miou-Miou particulièrement émouvante, Jean Carmet dans son dernier rôle majeur, et Renaud, pari audacieux qui s’avère payant : l’éternel titi parisien fait un Etienne Lantier très convainquant, qui est de presque toutes les scènes.

Berri n’oublie quasiment aucun épisodes du roman, et utilise ses gigantesques moyens pour créer des images qui marquent la rétine. La boue, la foule des mineurs, les chevaux fatigués, les infrastructures immenses, mais aussi l’opulence révoltante des bourgeois… Tout est à l’écran, précis et impressionnant, dans ce parangon d’un certain cinéma français, populaire, ambitieux et généreux.

Jerry Maguire (id.) – de Cameron Crowe – 1996

Posté : 16 janvier, 2026 @ 8:00 dans 1990-1999, CROWE Cameron, CRUISE Tom | Pas de commentaires »

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Le mec cynique que l’amour va réhabiliter. On a déjà vu ça 1000 fois dans la comédie romantique, et sur ce registre, le film de Cameron Crowe coche à peu près toutes les cases. A quelques nuances près, quand même : d’abord, le premier déclencheur n’est pas l’amour (ce beau gosse si sûr de lui n’est pas le plus clairvoyant lorsqu’il s’agit de détecter la rencontre qui va changer sa vie), mais l’humiliation.

Parce qu’un soir, pris d’une crise de conscience aussi soudaine qu’éphémère, il a envoyé un mémo appelant à la modération et à l’humanité à tous ses collègues de la grande firme d’agents sportifs pour laquelle il bosse, Jerry Maguire est viré du jour au lendemain : les belles idées c’est bien, mais pas quand ça incite à rogner sur les bénéfices. Et quand il s’en va en lançant un « qui m’aime me suive », il réalise bien vite qu’il se retrouve seul.

Ou presque, donc, puisque la secrétaire un peu trop timide que personne ne remarque va suivre Jerry et son poisson rouge. Manquerait plus que la fausse nunuche ait un gamin tout craquant, et il y aurait tous les éléments pour que l’humiliation tourne à la révélation familiale. Ce qui arrive, oui. Et ce qui ressemble beaucoup à d’énormes clichés, oui. Parce que oui, tout ça va finir comme on s’y attend. On s’y attend.

Pourtant, Jerry Maguire reste, trente ans après, l’une des meilleures comédies romantiques de la décennie, qui compte beaucoup de comédies romantiques marquantes. Parce qu’elle est signée Cameron Crowe, et que le sieur n’est pas n’importe qui : il a un ton, un regard, et le don pour glisser quelques détails inattendus qui changent tout. Une musique jazzy, un gros plan décalé sur un objet, un éclair de folie soudain.

Et une ironie réjouissante dans sa description du monde du sport (version grosses stars), que résume assez bien le joyeux et central « Show me the money » (qui valut à Cuba Gooding Jr un Oscar du second rôle), et qui offre un cadre original à cette histoire d’amour où l’argent, certes surcoté, n’est pas non plus méprisé. La pointe de cynisme n’est jamais bien loin.

C’est aussi l’un des triomphes personnels de Tom Cruise, en pleine gloire (c’est l’année du premier Mission Impossible), et qui ne s’autorisera plus jamais une vraie comédie romantique (sauf sous le couvert d’un film d’action, dans Night and Day). Crowe joue évidemment du charisme incroyable de Cruise, pour en faire une sorte d’incarnation de la perfection masculine face à une Renee Zelwegger très bien en terrain connu… avant d’égratigner allégrement la surface, pour dévoiler ses failles, et ses bassesses.

C’était l’époque où il pouvait séduire et convaincre sans cascades. Alors qu’on attend Digger, le film qu’il a tourné sous la direction d’Inarritu avec une impatience énorme, on se dit que peut-être, ce temps-là va revenir.

Le Monde ne suffit pas (The World is not enough) – de Michael Apted – 1999

Posté : 14 novembre, 2025 @ 8:00 dans * Espionnage, 1990-1999, ACTION US (1980-…), APTED Michael, James Bond | Pas de commentaires »

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Dernier Bond du deuxième millénaire, le troisième et avant-dernier pour Pierce Brosnan, particulièrement à l’aise dans ce costume qui semble avoir été taillé pour lui. Brosnan n’est clairement pas le plus surprenant des interprètes de 007, mais il faut lui reconnaître une certaine classe, aussi bien qu’une vraie gourmandise pour ce personnage.

On le sent particulièrement dans Le Monde ne suffit pas, où Brosnan, tout en livrant ce qu’on attend de lui (sourire séducteur et bons mots), instille ces quelques touches de noirceurs auxquelles il aspirait. Bond est un séducteur ? Oui, mais pour lequel les femmes ne sont au fond que des objets destinés à assouvir ses pulsions dominatrices, d’où ces allusions constantes (et un peu lourdingues) au sexe, dans à peu près tous les dialogues du film.

Bond est surtout un tueur, dont Brosnan se plaît à souligner le caractère dangereux. Ce que Daniel Craig fera d’une manière nettement plus radicale bien sûr (et ce que Sean Connery faisait d’une manière bien plus naturelle), mais ce Bond-là, le 19e de la série officielle, a au moins le mérite de ne pas trop se prendre au sérieux, et de se moquer gentiment de la vraisemblance, sans pour autant tomber dans des excès qui ont pesé sur certains opus précédents (et sur le suivant).

Côté intrigue, c’est à peu près la routine : une crise mondiale à éviter (liée au pétrole cette fois, avec une conscience écologique… inexistante : autre millénaire, autre monde), un super méchant vraiment chelou (celui-ci, joué par Robert Carlisle, a une balle dans la tête qui le prive de toute sensation, jusqu’à ne plus éprouver la douleur physique), des cascades très inventives et très percutantes sur des motifs éprouvés (poursuite en bateau, poursuite à ski, poursuite en voiture), et des Bond girls bien sûr.

A commencer par notre Sophie Marceau nationale, au sommet de sa carrière internationale, et très bien dans un rôle nettement plus complexe que le commun des Bond girls, dont elle se sort avec beaucoup de panache… une ligne plutôt très classe sur son CV. Très relativement classe aussi pour celui de Denise Richards, actrice nettement plus limitée au parcours nettement moins enthousiasmant, qui incarne avec beaucoup de… euh… poitrine, une physicienne nucléaire, avec un jeu mono-expressif qui laisse pantois. Autant Sophie Marceau renouvelle un peu le statut de Bond girl, autant Denise Richards tire le côté « potiche » vers une sorte d’absolu…

Ce n’est d’ailleurs pas le seul grand écart de ce Bond, signé Michael Apted, qui enchaîne tous les poncifs de la saga avec une grande application, tout en apportant un petit quelque chose de très nouveau. C’est le cas des scènes de laboratoire, aux gags éculés, mais tournées vers l’avenir (les adieux de Desmond Llewelyn, l’arrivée de John Cleese), et surtout des décors… Comme tout James Bond, celui-ci voit du pays. Mais l’exotisme romantique de rigueur a du plomb dans l’air, avec des paysages ravagés par les forages, les pipe-lines ou les usines… On n’ira pas jusqu’à affirmer que le film dénonce les effets d’un capitalisme mondialisé, mais il y a quand même quelques signes qui montrent une conscience. C’est déjà énorme.

Un flic à la maternelle (Kindergarten Cop) – d’Ivan Reitman – 1990

Posté : 26 juillet, 2025 @ 8:00 dans 1990-1999, ACTION US (1980-…), REITMAN Ivan | Pas de commentaires »

Un flic à la maternelle

Nouvelle (petite) madeleine de cette année 1990 si fondatrice pour ma cinéphilie. Cette année-là, il y a eu Danse Avec Les Loups, Le Parrain 3, Les Affranchis, A la poursuite d’Octobre Rouge, et beaucoup d’autres plus ou moins mémorables. Alors pourquoi pas Un flic à la maternelle, deuxième incartade d’un Schwarzenegger au sommet (il allait enchaîner avec Terminator 2) dans la comédie, avec son réalisateur attitré du genre, Ivan Reitman (les deux hommes ont déjà tourné ensemble Jumeaux, et se retrouveront pour Junior).

Reitman n’est pas le plus emballant des réalisateurs, mais c’est un malin qui sait dénicher les concepts forts. Dans les trois films qu’ils ont fait ensemble, il utilise le physique hors normes de Schwarzie pour faire naître l’humour. Dans Un flic à la maternelle, tout est dans le titre, et il n’y a effectivement rien d’autre à chercher : tout repose sur le contraste entre les petits monstres de 6 ans et celui que le (trop long) prologue a permis de cataloguer comme un super flic aux méthodes très brutales.

Qui se transformera très, très vite en un enseignant très clean, fantasme immédiat de toutes les mères célibataires de l’école. Le pourquoi de cette transformation importe peu, mais en quelques mots : pour démasquer l’ex-compagne d’un criminel, le flic doit infiltrer l’école dans laquelle il sait que leur fils est scolarisé. Hautement improbable, mais qu’importe : le film n’est pas très à cheval sur la plausibilité, et ce n’est pas le sujet.

On pourrait tiquer aussi sur la morale ébauchée par la métamorphose que l’on devine durable du héros : une vague apologie de la discipline et de l’effort physique, qui magnifie la violence libératrice et s’amuse de remarques un rien homophobes. Tiquer aussi devant les regards énamourés at first sight de Penelope Ann Miller, actrice qui a eu des rôles nettement plus gratifiants (L’Impasse de De Palma)…

Ou on peut prendre ça au troisième degré et tenter de retrouver son âme de tout jeune ado, et s’amuser de voir Schwarzenegger malmené comme rarement par une classe de maternelle. Et se dire que c’est une petite chose plutôt sympathique, qui garde un certain charme, trente-cinq ans après. Au moins en tant que madeleine.

La Manière forte (The Hard Way) – de John Badham – 1991

Posté : 13 juillet, 2025 @ 8:00 dans 1990-1999, ACTION US (1980-…), BADHAM John | Pas de commentaires »

La Manière forte

On ne dira pas que ce blog n’est pas éclectique : passer de Yasujiro Ozu à John Badham, quand même… Eh bien, passer de l’un à l’autre, ou plutôt de l’autre l’un, c’est faire un bon de 35 ans dans le parcours cinéphilique de votre serviteur. Avant de considérer le réalisateur des Sœurs Munakata comme le plus grand cinéaste de tous les temps, il fut un temps, justement, où Badham était l’un des noms les plus stimulants pour moi.

Quelques décennies plus tard, lui semble être resté coincé dans cette période de la fin des années 80 et du début des années 90, durant laquelle il a signé quelques-uns de ses films les plus marquants (du Prix de l’Exploit à Meurtre en suspens en passant par Comme un oiseau sur la branche et quelques autres), période que sa postérité n’a pas vraiment dépassé : que reste-t-il de lui aujourd’hui, si ce n’est son nom à l’affiche de La Fièvre du samedi soir ?

C’est un peu injuste, parce que Badham, qui m’impressionnait alors par la générosité et l’inventivité de sa mise en scène, n’est certes pas un auteur majeur, mais il est effectivement un artisan très efficace, dont le cinéma est généreux, souvent bien au-delà de ce qu’on attend d’un réalisateur de sa stature. Il y a du rythme dans ses films, mais aussi un petit grain de folie, des cadrages hyper dynamiques, et mine de rien un vrai style toujours au service de l’efficacité.

La Manière forte est un exemple aussi bon qu’un autre. Michael J. Fox, tout juste sorti de Retour vers le Futur, incarne une star hollywoodienne qui s’incruste dans le quotidien d’un flic dur à cuire joué par James Woods, pour s’imprégner de sa personnalité dans l’espoir de décrocher le rôle qui va changer son image trop lisse…

Ou comment, quelques années avant Last Action Hero, s’emparer des codes du buddy movie traditionnel pour les détourner, s’en amuser… tout en les respectant. Apposer un genre à un film est souvent très réducteur. La Manière forte est, très clairement, une comédie policière. Une comédie, et un film policier, donc. Vrai flic (Woods joue heavy très premier degré), vraie enquête, vrai tueur en série (Stephen Lang, futur méchant d’Avatar), vrai suspense.

Et au milieu de ce film tourné comme un polar noir : la star, Michael J. Fox, comme sorti d’un autre film, dont la seule présence sert de contrepoint jubilatoire au côté sombre de l’histoire et de l’enquêteur. Comédie, et polar, ou ni vraiment l’un, ni vraiment l’autre. En tout cas, un pur Badham dans le ton, qui repose peut-être sur cette capacité à garder une ligne claire et une certaine légèreté, dans un environnement sombre.

Ce qui n’est pas une analyse en profondeur de l’œuvre de Badham : plutôt une vision rétrospective de ce qui m’a tant plu chez ce réalisateur oublié. Il n’est ni Ozu, ni même McTiernan, mais un réalisateur populaire de second plan qui gagnerait à être redécouvert, qui mérite mieux en tout cas que l’oubli dans lequel il est très vite tombé, et que d’autres réalisateurs de la même trempe mais moins méritants (Richard Donner par exemple) n’ont pas subi.

Face à face (Knight moves) – de Carl Schenkel – 1992

Posté : 12 mai, 2025 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, SCHENKEL Carl | Pas de commentaires »

Face à face

Le tueur en série qui répond à une logique très personnelle, et originale… Il y en a eu un paquet dans le cinéma américain depuis le début des années 90 (en gros depuis le succès du Silence des Agneaux). Parfois pour le meilleur (les pêchés capitaux de Seven), parfois pour le pire (Hangman et… son jeu du pendu). Face à face, avec sa partie d’échecs macabre, se situe, disons, dans une moyenne acceptable.

Il m’avait même assez emballé à sa sortie. Mais j’étais jeune, pas exigeant, et fan de Christophe Lambert, alors… Depuis, je suis devenu moins jeune, sans doute plus exigeant, et j’ai découvert avec effroi que Christophe Lambert était un acteur désastreux. Charismatique et cool quand il est bien utilisé, mais mauvais quand il s’agit de jouer quoi que ce soit.

Et là, il faut bien admettre qu’il est le principal défaut de ce thriller plutôt malin et efficace, dont certains passages clés sont gâchés par son incapacité absolue à passer d’une émotion à l’autre. Et puis son éternel regard de myope ne peut pas tout. Difficile de voir en lui le grand champion d’échecs qu’il est censé incarner. Oui, c’est dur, mais on est toujours plus dur avec ses idoles d’hier…

Bon. Une fois passée cette prise de conscience, le duo-couple qu’il forme avec Diane Lane, sa compagne d’alors (autrement plus convaincante) fonctionne plutôt bien. Et il y a l’impeccable Tom Skerritt, dont l’autorité naturelle fait des merveilles (et compense la présence très bovine de Daniel Baldwin, pas le plus enthousiasmant des frangins).

Et puis Carl Schenkel fait le job. Avec les effets grandiloquents en vogue à l’époque, et sans génie. Mais avec une vraie efficacité, qui suffit à maintenir la tension, et à se souvenir que, oui, à sa sortie, ce thriller m’avait emballé.

Summer Of Sam (id.) – de Spike Lee – 1999

Posté : 19 avril, 2025 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, LEE Spike | Pas de commentaires »

Summer of Sam

L’été 1977, un tueur en série a sévi dans le Bronx, abattant des jeunes femmes dans la rue. Longtemps, l’enquête de la police a piétiné, laissant la porte ouverte à toutes les spéculations tandis que les crimes continuaient. Spike Lee aurait-il signé un Zodiac avant l’heure ? Il y a des points communs bien sûr, jusque dans la manière dont Fincher filmera les meurtres dans son film, quelques années plus tard. Mais ce fait divers (authentique) n’est au fond que le fil conducteur du film de Lee.

Le tueur se faisait appeler Son Of Sam. Mais c’est Summer Of Sam que Spike Lee choisit pour titre. Parce que le vrai sujet de son film, c’est cet été caniculaire, et la violence qui l’a secoué, au-delà même de la vague de meurtres. Lee filme la communauté italo-américaine du Bronx comme il a surtout filmé la communauté afro-américaine de Brooklyn notamment, jusque là, en nous y plongeant viscéralement, filmant la fièvre de ses nuits et de ses journées surchauffées.

Un film sur la chaleur et ses effets : voilà ce qu’est Summer Of Sam, à travers les parcours croisés d’une poignée de personnages dont les destinées sont troublées par ce mystérieux tueur dont la présence invisible fait office de catalyseur. Une poignée de jeunes gens, à moitié paumés, à moitié délinquants, dont on sent que leur semblant d’équilibre ne sortira pas indemne de cet été brûlant et irréel.

Dans le rôle central de Vinnie, John Leguizamo trouve l’un de ses meilleurs rôles, queutard impénitent incapable de rester fidèle à sa femme (Mira Survino, elle aussi formidable), qu’il aime pourtant profondément, et qui l’aime en retour, prête pour lui à entrer dans ses zones d’ombre. Et il y a Adrien Brody, tout jeune et d’une justesse parfaite, dans le rôle de Richie, le punk borderline dont le look et le mode de vie font un suspect idéal dans cette communauté qui semble sortie de Goodfellas.

Spike Lee s’offre le petit rôle très ironique d’un journaliste télé à qui une habitante de Brooklyn lance qu’elle pensait de lui qu’il n’aimait pas les noirs. Il signe surtout une mise en scène particulièrement inspirée et immersive, avec ces pas de côté formels dont il a le secret. Un film fascinant dont New York est, encore et toujours, le personnage principal. Cette ville qu’on aime et qu’on déteste avec la même puissance, comme le souligne celui qui introduit et qui referme cette histoire parmi tant d’autres.

L’Anglais (The Limey) – de Steven Soderbergh – 1999

Posté : 14 avril, 2025 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, SODERBERGH Steven | Pas de commentaires »

L'Anglais

Quand Soderbergh s’attaque au film de genre, il y a toujours ce petit truc qui fait du film quelque chose d’un peu différent. Souvent de manière imperceptible. Qu’il s’attaque à un géant du roman noir (Elmore Leonard pour Hors d’atteinte), ou à un classique du film noir (son remake de Criss Cross), le projet repose toujours sur une vision de la narration.

Dans The Limey, cette vision frappe en quelques secondes : un étonnant montage qui fait se succéder les plans de différentes temporalités. Passé, présent, futur, souvenirs, prescience ou fantasmes… Soderbergh fait se superposer des images qui se répondent, s’annoncent, se révèlent. Il découle de ce parti-pris esthétique une ambiance étonnante, à la fois implacable et désabusée. Comme si tout était déjà joué.

C’est d’ailleurs un peu le cas. L’Anglais du titre, c’est Terence Stamp, ressuscité à la fin de cette décennie 90s, qui incarne un père tout juste sorti de prison en Angleterre, qui débarque à Los Angeles pour venger la mort de sa fille, dont il ne sait même pas si sa mort est criminelle.

Ce rôle de père aurait pu être interprété par Michael Caine dans un film anglais des années 60. Ou pas Lee Marvin aux Etats-Unis. Ici, c’est Stamp, dont Soderbergh utilise des images de jeunesse tirées du film Poor Cow, de Ken Loach.

Parce que mine de rien, les 60s sont omniprésentes dans ce film contemporain. A travers le personnage de Stamp, décalé et comme sorti d’une autre époque. Et celui de Peter Fonda, le « méchant » du film, filmé avec son aura post-Easy Rider par un Soderbergh qui ne l’a pas choisi par hasard.

Il y a beaucoup de 60s, par ce qu’elles trimballent d’un paradis perdu : l’innocence d’une jeunesse volatilisée, happée par une usine à rêve qui dévore tout. Dans ce décor là, la marche morbide d’un Stamp vengeur semble absurde, coupée du monde. Et curieusement, c’est très beau.

Une histoire vraie (The Straight Story) – de David Lynch – 1999

Posté : 27 mars, 2025 @ 8:00 dans 1990-1999, LYNCH David | Pas de commentaires »

Une histoire vraie

Entre deux chefs d’œuvre labyrinthiques et cauchemardesques (Lost Highway et Mulholland Drive), Lynch signe son film le plus simple, le plus direct, le plus solaire, et pas le moins surprenant.

Inspiré d’une histoire vraie, The Straight Story raconte l’histoire d’Alvin Straight, un vieil homme malade et mal en point, qui décide de traverser tout un Etat sur un tracteur-tondeuse, pour aller voir son frère, avec lequel il est en froid depuis dix ans, et qui vient de faire une attaque…

Au début de son périple, un plan fixe sur la bande jaune au milieu de la route qui défile au rythme de l’avancée d’Alvin… au pas donc, ou presque. Un plan, comme un clin d’œil évident et ironique au précédent film de Lynch, Lost Highway. Même image, rythme radicalement différent. Comme si Lynch souriait lui-même de l’aventure dans laquelle il se lance.

C’est aussi une plongée inhabituelle dans une Amérique profonde et rurale, qu’incarne merveilleusement Richard Farnsworth, ancien cascadeur, shérif remarqué de Misery. Au naturel, filmé souvent en gros plan et sans fard, le regard brillant et la moustache qui vivre, il est touchant, bouleversant même, souvent, au fil de ses rencontres et de ses souvenirs de vieil homme qui sait vivre sa dernière aventure.

Le cinéma de Lynch est souvent un voyage mental dans la psyché de ses personnages. The Straight Story ne fait pas exception. Rythmé par les rencontres successives d’Alvin, tantôt émouvantes, tantôt amusantes, ou burlesques, ce voyage est aussi un voyage intérieur pour le vieil homme, confronté à ses souvenirs, à ses fantômes, et à ses angoisses : celle de la mot, celle de revoir ce frère perdu de vue qu’incarne Harry Dean Stanton, dans une séquence aussi brève que magnifique.

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