Play it again, Sam

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Archive pour la catégorie '1990-1999'

Hudson Hawk, gentleman et cambrioleur (Hudson Hawk) – de Michael Lehmann – 1991

Posté : 13 septembre, 2017 @ 8:00 dans 1990-1999, ACTION US (1980-…), LEHMANN Michael | Pas de commentaires »

Hudson Hawk

C’était l’époque où Bruce Willis avait un charme fou (et des cheveux). Cette année-là surtout, on sentait chez lui un plaisir communicatif d’être ce qu’il était : un type cool, un acteur enthousiasmant, la star la plus hot du moment. Après le triomphe de 58 minutes pour vivre, il peut faire à peu près tout ce qu’il veut. Et ce qu’il choisit, on sent que c’est par passion qu’il le fait. Oui, tout ça semble très loin.

Cette année-là, le voilà donc à l’affiche du Bûcher des Vanités (un bide historique), et de ce Hudson Hawk, une comédie d’action imaginée par l’ami Bruce lui-même, un thème qu’il retrouve par ailleurs sur l’un des albums qu’il enregistre en tant que chanteur. Un bide historique également. Bref, autant dire que les sorts consécutifs de ces deux films ambitieux ont sans doute contribué à rendre la star plus… prudente. Jusqu’à l’enfermer dans les nanars qu’il enchaîne depuis des années.

On n’en est pas là. Hudson Hawk, film mal aimé à l’époque, semble n’être pas plus aimé aujourd’hui, personne n’ayant l’envie de le réhabiliter. Eh bien moi je le dis : voilà une vraie et grande injustice ! OK, le film de Michael Lehmann n’est pas parfait. Quelques gags un peu limites (le sourire de la Joconde dans le prologue, bof), quelques petites baisses de régimes. Mais le film joue avec jubilation avec les lois du film d’action, s’amusant avec un décalage réjouissant du genre dont Bruce Willis lui-même devenait à l’époque le symbole.

Il faut voir la star, avec son comparse Danny Aiello, balancer des bombes dans la nuit en chantant « Side by side ». Il faut les voir aussi cambrioler un musée en fredonnant des chansons célèbres dont la durée leur permettent de chronométrer leurs actions. Et puis ces transitions folles : Willis qui tombe d’un camion et se retrouve assis sur une terrasse face à une Andy McDowell craquante…

L’humour, parfois, est franchement bas du plafond, mais avouons qu’il frappe juste, et que tout ça est simplement très drôle : les petites frappes (parmi lesquels David Caruso étonnant en caméléon muet) qui portent des noms de barres chocolatées, ou un couple de criminels totalement déjantés qui flingue à tout va en éclatant de rire, James Coburn en vieux briscard qui se transforme en roi du kung-fu, sans oublier le fameux « Bunny ? Baballe… » Culte.

Non seulement le film est drôle et spectaculaire, mais il est aussi visuellement très réussi, avec une photo magnifique, et une vraie ambition esthétique. Allez, et si on réhabilitait vraiment Hudson Hawk ?

Carrotblanca (id.) – de Douglas McCarthy – 1995

Posté : 3 septembre, 2017 @ 8:00 dans 1990-1999, COURTS MÉTRAGES, DESSINS ANIMÉS, McCARTHY Douglas | Pas de commentaires »

Carrotblanca

Bugs Bunny dans le rôle de Bogart, Titi dans celui de Peter Lorre, Sylvestre en Paul Henreid, sans oublier Daffy Duck au piano de Sam, et une demi-douzaine d’autres personnages… Les grandes figures du cartoon made in Warner sont réunis pour cet hommage à Casablanca, parodie un peu paresseuse du chef d’œuvre de Michael Curtiz.

Malgré les apparences, ce petit dessin animé n’a pas été réalisé dans les années 40, et ne fait pas partie de ces innombrables cartoons qui détournaient les grands succès de l’époque. Sorti en 1995, le film fait plutôt figure de pastiche, mais le savoir-faire semble avoir en grande partie disparu.

Jamais surprenant, ce court se contente grosso modo d’enchaîner les moments clés de Casablanca en les parodiant. Seul détail vraiment savoureux : le sourire très « lorrien » de Titi dont la voix, les deux seules dents et le regard évoquent irrésistiblement l’interprète d’Ugarte.

Twin Peaks, saison 1 (Twin Peaks, season 1) – créée par David Lynch et Mark Frost – 1990

Posté : 24 août, 2017 @ 8:00 dans 1990-1999, DESCHANEL Caleb, DUNHAM Duwayne, FANTASTIQUE/SF, FROST Mark, GLATTER Lesli Linka, HUNTER Tim, LYNCH David, POLARS/NOIRS, RATHBONE Tina, TÉLÉVISION | Pas de commentaires »

Twin Peaks saison 1

Un pilote et sept épisodes, pas un de plus : c’est ce qu’il a fallu à David Lynch et son comparse Mark Frost pour bouleverser l’univers bien ronronnant de la série télé, en ce tout début des années 90. S’y replonger plus de vingt-cinq ans après ne renvoie pas seulement à une madeleine de notre adolescence (c’est l’époque de mes premiers émois cinéphiliques, mais j’avoue être passé à côté du phénomène lors de sa première diffusion). Cela nous ramène à une étape incontournable du nouvel âge d’or de la série télévisée.

Après Twin Peaks, plus rien ne sera comme avant. La décennie qui suivra verra quelques-unes des plus grandes réussites du petit écran. Quant à David Lynch, il ouvre en quelque sorte une voie. Cinéaste majeur, au sommet de sa gloire, tout juste auréolé d’une Palme d’or (pour Sailor et Lula), il choisit de se tourner vers la télévision sans rien perdre de ses ambitions. Bien au contraire : pour lui aussi, la série marque le début d’une sorte d’âge d’or. Bien sûr, il y a déjà eu Blue Velvet. Mais avec Twin Peaks, il s’offre un terrain d’expérimentation qu’il peaufinera dans ces années 90 avec trois chefs d’oeuvre : Twin Peaks Fire walk with me, Lost Highway et Mulholland Drive.

Dans cette première – courte – saison, Lynch annonce déjà un penchant prononcé pour l’étrange, surfant par moments avec le surnaturel. Il n’en reste pas moins ancré dans une forme de réel, et dans une narration presque traditionnelle. La série répond en effet aux lois du polar : une petite ville, une jeune femme assassinée, des dizaines de suspects potentiels, et un agent du FBI qui débarque et révèle les secrets des uns et des autres.

Le mystère autour de la mort de Laura Palmer n’est pas qu’un prétexte : le mystère est profond et passionnant, et reste constamment au coeur de l’intrigue. Mais il l’est aussi d’une certaine manière (un prétexte) : parce qu’au-delà de l’enquête pure, l’arrivée de l’agent Dale Cooper (formidable Kyle MacLachlan, réjouissant en grand flic de la ville bienveillant et d’un enthousiasme contagieux devant une tasse de café) est le fil conducteur qui nous fait passer d’un personnage à l’autre, d’une intrigue secondaire à une autre.

Et la constante dans ce va-et-vient perpétuel, c’est la folie que l’on sent poindre dans tous les coins. Lynch et Frost nous livrent une incroyable galerie de personnages psychotiques ou juste frappadingues. Troubles en tout cas. De cette femme à la buche au mystérieux manchot en passant par Nadine, la borgne obnubilée par ses tringles à rideaux… Difficile de trouver un habitant anodin dans cette ville aussi séduisante qu’inquiétante. Ce pourrait être too much, ça ne l’est jamais : chacun de ces personnages existe bel et bien, et contribue à la réussite de cet édifice étonnant.

Twin Peaks, c’est aussi une série d’images déjà mythiques : Kyle McLachlan parlant avec une complicité affichée à Diane, son dictaphone ; les pauses de jeune fille modèle de la garce Sherilyn Fenn ; ou, bien sûr, ce sublime générique porté par la musique envoûtante d’Angelo Badalamenti. Qui n’est pas pour rien dans le culte qui entoure cette série fondatrice.

Fargo (id.) – de Joel et Ethan Coen – 1996

Posté : 25 juin, 2017 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, COEN Ethan, COEN Joel | Pas de commentaires »

 Fargo

On a souvent parlé de la thématique de l’échec chère à John Huston. On pourrait parler de la thématique du crétin pour les frères Coen. Dans Fargo, les frangins nous plongent en plein cœur de la crétinerie, peuplée d’êtres bêtes ou méchants, ou les deux, d’où surnage un couple au verbe rare et aux gestes lents, dans un paysage immensément plat et couvert de neige qui renforce l’impression d’isolement et de silence oppressant.

Étrange et fascinante atmosphère, que celle de Fargo, avec sa policière taiseuse et enceinte jusqu’aux dents, qui semble porter un regard maternel un rien affligé sur la violence et la bêtise qui l’entourent, mais qui traverse ce monde tragique avec une forme d’apaisement magnifique, à l’image du couple superbement complice (au-delà des mots qu’ils ne prononcent que rarement) qu’elle forme avec son mari.

C’est le rôle d’une vie pour Frances McDormand, qui a souvent été gâtée par son mari de cinéaste (Joel), et qui a décroché un Oscar mérité pour sa prestation très décalée dans Fargo. Mais c’est toute la distribution qui aurait mérité une récompense, avec cette magnifique galerie d’abrutis, de losers et de monstres pour qui n’existe aucun espoir dans ces paysages d’où toute joie est absente.

A qui revient la palme ? A William H. Macy, révélation du film, extraordinaire en quintessence d’anti-héros de film noir ? Petit homme sans charisme et sans talent, dévoré par un beau-père trop riche et trop présent, il imagine une petite combine qu’il croit sans risque mais qui va précipiter un effroyable bain de sang. Un homme qui porte la culpabilité et la bêtise sur son visage de paumé et dans ses longues phrases vides de sens.

De l’autre côté, une sorte de double négatif : Steve Buscemi en petit escroc sans envergure dont la logorrhée conduit son complice Peter Stormare jusqu’à l’explosion inévitable de violence. Ces deux-là forment le duo de méchants le plus improbable et le plus inquiétant de la décennie. Parce qu’ils sont totalement cons et incontrôlables (l’un très franchement, l’autre parce qu’il se croit plus fort qu’il ne l’est), et parce que l’on sent dès leur apparition qu’ils amènent le drame et le sang, une sorte de boîte de Pandore aux regards ahuris.

Tout ça finit très mal bien sûr, et ce n’est jamais une surprise : la défaite de tous ses ratés semble écrite dès la toute première image, comme celle des grands personnages du film noir de la grande époque (celui de Détour, ou du Facteur sonne toujours deux fois…). Mais c’est le chemin qu’utilisent les Coen qui fait la singularité du film, la manière dont la violence fait irruption, absurde et radicale à la fois. Et ce regard, toujours, d’une Frances McDormand émouvante et hilarante à la fois. Un très grand cru.

Last Action Hero (id.) – de John McTiernan – 1993

Posté : 15 mai, 2017 @ 8:00 dans 1990-1999, ACTION US (1980-…), McTIERNAN John | Pas de commentaires »

Last Action Hero

Face à Arnold Schwarzenegger (le vrai), Jack Slater (le personnage qu’il interprète) lance un définitif : « I don’t really like you. You brought me nothing but pain. » Une réplique qui donne un ton inattendu à cette rencontre entre deux Schwarzy, un petit trouble même, qui résume bien ce film ambitieux, variation musclée sur le thème de Sherlock Junior ou La Rose pourpre du Caire, à la fois pur divertissement et belle réflexion sur le cinéma en général, et sur le film d’action en particulier.

Last Action Hero n’est pas un film parfait : la partie se déroulant dans le monde de fiction est trop longue, et a tendance à diluer le propos et à résumer le film à ce dont il se moque gentiment, un pur pop-corn movie décérébré aux rebondissements improbables. Cette première partie ne manque pas de piquant cela dit : on y croise Anthony Quinn dans l’un de ses derniers rôles, mais aussi la Catherine Trammel de Basic Instinct ou le T1000 de Terminator 2, clin d’œil au précédent film d’Arnold Schwarzenegger, qu’une affiche dans un vidéo club de ce monde parallèle attribue à Stallone. « It’s his best performance ever », s’enthousiasme même Slater/Schwarzy.

McTiernan va loin dans la dérision, multipliant volontairement les incohérences, les facilités scénaristiques, ou l’humour pas toujours fin (l’enterrement explosif de monsieur pet), ou imaginant de réjouissantes parodies (Schwarzie en Hamlet). Il y met en scène un personnage de cartoon, et même un hologramme de Bogart, annonçant ainsi avec vingt ans d’avance le retour discutable de comédiens morts au cinéma (Peter Cushing dans Rogue One).

S’il y a une chose qui frappe dans cette première partie, c’est d’ailleurs cette clairvoyance dont fait preuve John McTiernan. Immense réalisateur du cinéma d’action (Predator et Une Journée en enfer restent des sommets), il annonce dès le titre de son film la décadence du genre, avec la systématisation des suites comme une manière obligée de tirer profit ad nauseum d’une recette qui fait recette. Critique à peine voilée, que l’évolution du genre rend particulièrement parlante aujourd’hui.

Mais c’est bien quand le personnage de fiction et le jeune spectateur qui l’accompagne arrivent dans le monde réel que le film prend toute sa dimension. Un peu trop tard sans doute : le décalage de la première partie était sympathique ; mais c’est bien le contraste entre la fiction et la réalité, et la prise de conscience d’un personnage sans libre-arbitre qui passionnent.

Schwarzenegger, véritable animal de cinéma bigger than life, a rarement été aussi intense que dans cette prise de conscience, action hero découvrant sa fragilité d’être humain, et réalisant l’imagination macabre des scénaristes qui ont pavé son « existence » de tragédies. Présenté comme l’un des blockbusters d’été lors de sa sortie en 1993, Last Action Hero a sans grande surprise été un échec public. Il reste aujourd’hui une étape importante du cinéma d’action, et l’un des meilleurs films de sa star.

Frankenstein (Mary Shelley’s Frankenstein) – de Kenneth Branagh – 1994

Posté : 19 avril, 2017 @ 8:00 dans 1990-1999, BRANAGH Kenneth, DE NIRO Robert, FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

Frankenstein Branagh

Au début des années 90, Francis Coppola a entrepris un dépoussiérage des grands mythes de la littérature fantastique, d’abord avec son magnifique Dracula, puis en produisant un nouveau Frankenstein confié au Shakespearien Kenneth Branagh. Et dont j’avais gardé un bon souvenir.

Comme quoi… A le revoir, je comprends mieux pourquoi une grande partie de la publicité du film avait été basée sur le fait que, grâce à Branagh, tout le monde saurait désormais que “Frankenstein” n’est pas le monstre, mais le scientifique qui l’a créé. Oui, parce que non seulement la créature (jouée par un De Niro plutôt sobre si on oublie le maquillage) passe au second plan, mais tout le film tourne autour de ce Dr Frankenstein que Branagh interprète lui-même.

Et le film tourne littéralement autour de lui, avec d’interminables et très pompeux mouvements de caméras qui semblent littéralement faire l’amour avec l’acteur-réalisateur, les trois quarts du temps à moitié à poil. Ce Frankenstein a été mal titré : il aurait dû s’appeler Kenneth Branagh’s Frankenstein. Ou même mieux : Great Kenneth Branagh’s Frankenstein. Ou pour faire court : Great Kenneth Branagh.

Le film n’est pas juste mauvais, c’est une véritable aberration, l’œuvre d’un jeune cinéaste qui a enchaîné les succès et les signes de reconnaissance jusque là, et qui se vautre littéralement dans une sorte d’auto-admiration risible et désagréable. Cela dit, il l’est vraiment (mauvais) : Branagh semble incapable de donner un rythme ou une fluidité à son récit, accumule les décors impressionnants sans savoir comment les filmer, et réussit l’exploit de rendre la moindre de ses tirades ridicule. Une catastrophe !

La Menace Fantôme / Star Wars, épisode I (Star Wars : Episode I – The Phantom Menace) – de George Lucas – 1999

Posté : 6 avril, 2017 @ 8:00 dans 1990-1999, FANTASTIQUE/SF, LUCAS George | Pas de commentaires »

La Menace Fantôme

Un film aussi attendu que celui-ci ne pouvait qu’être critiqué violemment. Et les fans ne s’en sont pas privés, confirmant le désamour qui ne fera que croître entre l’ex-enfant chéri George Lucas et son public. Un désamour qui était né avec la décision prise par le réalisateur et producteur de « remettre au goût du jour » sa trilogie originelle en ajoutant des effets spéciaux derniers cris et en apportant quelques petites modifications (et qui sera définitivement consommé avec les choix qu’il imposera pour le quatrième Indiana Jones).

Des modifications qu’il justifiait alors par sa volonté de rendre l’ensemble cohérent : tourné plus de vingt ans après le premier film, avec des effets spéciaux qui n’ont plus rien de comparable avec ceux de Un nouvel espoir, cet « épisode 1″ est aussi censé se dérouler trente ou quarante plus tôt, avec donc des machines censément moins développées.

La principale critique faite à Lucas pour ce film-ci porte un nom : Jar-Jar Binks. En revoyant le film, l’existence même de ce personnage m’était un peu sorti de la tête. Mais dès sa toute première apparition, il ne faut qu’une poignée de secondes pour réaffirmer que toutes les critiques faites lors de la sortie du film sont justifiées : non seulement Jar-Jar Binks, créature entièrement créée à l’ordinateur (ça aussi, ça tranche avec le caractère bricolo de la première trilogie), est insupportable avec son bagout intarissable, mais il tue complètement le rythme et l’atmosphère du film.

Tenté par un humour lourdingue à la Luc Besson dans Le Cinquième élément, Lucas gâche quelques scènes avec des choix douteux, tout en débordant d’idées excitantes qu’il exploite habilement pour la plupart : l’alliance forcée entre les habitants de la surface et ceux du monde souterrain d’une même planète, la fragilité de la République qui régit la galaxie, et le rôle donné à un enfant dont on sait qu’il est promis à un sombre destin.

Malgré ses défauts, le film se révèle assez réjouissant, lorsqu’il s’adresse directement aux fans de la première trilogie. Les combats aux sabres lasers, l’apparition d’Obi-Wan-Kenobi (Ewan McGregor, très bien en jeune Alec Guiness), ou la première séquence qui reprend tous les codes de la saga, tiennent ainsi toutes leurs promesses. Même si la fameuse « course de chars » semble inutilement étirée, les morceaux de bravoure sont globalement parfaitement réussis.

Le grand méchant du film l’est en revanche beaucoup moins, sorte de clone de Dark Vador lui-même, en moins effrayant et en plus grimaçant. Et la principale limite du film, c’est qu’il ressemble à ce qu’il est : la mise en place d’un drame qui ne prend pas encore toute son ampleur, et dont on connaît la fin.

La saga Star Wars

Seven (id.) – de David Fincher – 1995

Posté : 4 mars, 2017 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, FINCHER David | Pas de commentaires »

Seven

Je me souviens encore du jour où j’ai découvert Seven, lors de sa sortie en salles : j’en étais sorti avec les jambes molles, traumatisé par le choc de cette découverte. Un peu plus de vingt ans après, le film de David Fincher a été plus que pillé : son style visuel, sa manière de filmer la violence dans ses effets les plus horribles, jusqu’à sa musique et le générique du début… Seven a posé les bases de la quasi-totalité des thrillers qui ont suivi, avec à chaque fois un jeu de surenchère dans l’horreur et la violence crue.

Revoir Seven pouvait donc déboucher sur une petite déception : à l’époque, le style du film était à lui seul un choc ; aujourd’hui, l’effet de surprise est forcément émoussé. Pourtant, le deuxième long métrage de David Fincher (après le très prometteur Alien 3) se porte encore très bien. Et le constat est clair : si le style de Fincher a été maintes fois copié par des cinéastes moins talentueux que lui, ils ne sont pas bien nombreux à avoir réussi une telle alchimie entre le sujet, le décor et le style.

Devant la caméra de Fincher, la violence de ces meurtres inspirés par les sept pêchés capitaux devient une allégorie de la déshumanisation des grandes villes. Et cette ville, où on ne croise finalement personne véritablement, devient une sorte d’enfer sur terre, dont la pluie incessante (et très cinégénique) n’arrive pas à laver la pourriture ambiante.

Au milieu de cet enfer, trois personnages, guère plus : le vieux flic revenu de tout (Morgan Freeman, absolument génial), le jeune chien fou plein d’illusions (Brad Pitt, intense mais un rien cabot), et une personnification de l’innocence (Gwyneth Paltrow, désincarnée). Les autres ne sont, pour la plupart, que des silhouettes, à commencer par celle du tueur, forme abstraite que l’on découvre lors d’une poursuite à pied (et sous la pluie, donc) qui n’a rien perdu de son extraordinaire puissance.

Les meurtres, avec leur originalité macabre, ont certes un côté « catalogue » qui inspirera tout un pan douteux du cinéma américain (à commencer par l’interminable saga Saw). Mais le film reste un chef d’œuvre indépassable du genre, l’un des thrillers les plus mémorables de la décennie.

L’Arme fatale 3 (Leathal Weapon 3) – de Richard Donner – 1992

Posté : 23 février, 2017 @ 8:00 dans 1990-1999, ACTION US (1980-…), DONNER Richard | Pas de commentaires »

L'Arme fatale 3

Il y a au moins un élément qui a totalement disparu de l’équation depuis le premier film, c’est la surprise. Episode après épisode, Donner n’a cessé de transformer son drame d’action en saga quasi-familiale, semi-parodique et confortable. Bref, un pur pop-corn-movie calibré pour répondre en tous points aux attentes des fans.

Reconnaissons lui quand même un vrai sens de l’action et de l’humour, qui trouve une sorte de plénitude dans ce troisième film qui reprend strictement les recettes des deux premiers, et en particulier du numéro 2, en multipliant les scènes s’action dans lesquelles Mel Gibson se révèle une nouvelle fois très à son aise. La plus réussie : une poursuite au cours de laquelle Riggs/Gibson court après une voiture (une constante dans la série), s’accroche à un métro, pour finir sur une moto qui fait une chute vertigineuse d’une rocade en construction.

On sent constamment que Donner se demande comment broder sur la même trame que le précédent film, en essayant quand c’est possible de faire mieux. La scène d’ouverture le montre bien : comment faire une entrée en matière plus dynamique que dans L’Arme fatale 2 ? Réponse : en faisant exploser un immeuble entier (profitant pour le tournage de la destruction réelle d’un vieil immeuble), en misant au moins autant sur l’humour que sur l’aspect spectaculaire (“Roger, grab the cat !”).

En contrepoint du chien-fou Gibson, Danny Glover est une nouvelle fois excellent, et c’est à lui qu’échoit l’incontournable penchant dramatique de Donner (inutile), dont il se sort plutôt bien. Pour le reste, c’est clairement la routine : Joe Pesci est de retour et en fait toujours des tonnes, le méchant est très méchant et très improbable, l’intrigue est imaginée par un gamin de 12 ans…

Ah si, une nouveauté quand même : la romance du film, qui permet à Riggs de roucouler avec son alter ego au féminin (Rene Russo, qui semble y prendre un plaisir très communicatif). Lorsque ces deux-là se rapprochent, c’est en comparant leurs cicatrices respectives dans des préliminaires assez réjouissantes. Et quand ils sortent enfin ensemble, c’est pour permettre à Riggs d’admirer sa dulcinée distribuer des mandales…

Bon, ce n’est pas léger-léger : Donner a une propension à la blague scato, et voir Mel Gibson amadouer un chien en l’imitant n’est pas d’un goût exquis. Mais c’est un petit plaisir, à savourer sans arrière pensée, et en faisant bien attention de se vider la tête avant de lancer le film…

* Voir aussi : L’Arme fataleL’Arme fatale 2 et L’Arme fatale 4.

L’Arme fatale 4 (Lethal Weapon 4) – de Richard Donner – 1998

Posté : 7 février, 2017 @ 8:00 dans 1990-1999, ACTION US (1980-…), DONNER Richard | Pas de commentaires »

L'Arme fatale 4

Le générique de fin résume plutôt bien la seule ambition du film : réunir tous les personnages des trois premiers films pour une série de photos de familles dont on aurait soigneusement éloigné tous les éléments inattendus. Les fans les plus passionnés apprécieront sans doute. N’empêche : cet argument est-il suffisant pour faire un film ?

Franchement, pas sûr… Avec le premier film et son improbable duo de flics, Richard Donner avait donné un petit coup de frais bien sympathique au buddy movie. Sans génie mais avec un vrai savoir-faire, et avec l’aide de Mel Gibson et Danny Glover, dont l’alchimie fait plaisir à voir, et qui savent insuffler un vent de légèreté et un humour bienvenus.

De cet humour, que reste-t-il dans ce quatrième volet ? Un échantillon d’urine volé à un vieux dans un hôpital, des sous-entendus homophobes et des blagues racistes. Bref, rien de bien glorieux.

Et côté action, l’autre spécificité de la saga ? Là, c’est (un peu) mieux, surtout lorsque Donner met en valeur les qualités évidentes d’action movie de Gibson, jamais aussi intense que lorsqu’il s’obstine sur sa cible quoi qu’il arrive, s’accrochant à un métro en marche, ou sautant d’un toit à l’autre. Dommage que sa doublure soit aussi présente et aussi visible.

Et puis tout ça ronronne un peu trop, avec un air constant de déjà vu, et l’impression tenace que le cœur n’y est pas. Les scènes d’action semblent désormais n’être que des passages obligés pour Donner, qui préfère mettre en place ses photos de famille, transformant la saga d’action policière en une farce familiale.

On prend bien un peu de plaisir par moments, entre deux longues plages d’ennui. La romance entre Rene Russo et Mel Gibson ne surprend plus, le numéro de Joe Pesci fatigue. Le nouveau venu Chris Rock n’apporte pas grand-chose, et le grand méchant Jet Li se contente du service minimum. Franchement, il était temps que ça s’arrête.

* Voir aussi : L’Arme fataleL’Arme fatale 2 et L’Arme fatale 3.

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