Play it again, Sam

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Archive pour la catégorie '1980-1989'

L’Arme fatale (Leathal Weapon) – de Richard Donner – 1987

Posté : 12 février, 2017 @ 4:55 dans 1980-1989, ACTION US (1980-…), DONNER Richard | Pas de commentaires »

L'Arme fatale

Une petite madeleine pour tous les hommes de ma génération (les tout jeunes quadras, donc). Ce modèle du buddy movie était de ces films dont on se repassait inlassablement la VHS usée jusqu’à la corde. A le revoir… quelques années plus tard, on est pourtant de surpris de réaliser que toutes les répliques et figures attachées à L’Arme fatale… ne figurent pas dans ce premier film. « On y va à 3″, Leo Getz, la bombe sous les chiottes… Il faudra attendre le numéro 2 pour découvrir ce à quoi on continue à associer la saga.

Ce premier film constituait un nouveau départ pour un Mel Gibson tout juste sorti de la trilogie Mad Max, qui s’imposait comme l’un des grands action héros de la décennie à venir, l’égal d’un Bruce Willis dont la consécration (avec Piège de cristal) suivrait de peu. Mais c’est la part sombre de son personnage qui domine encore. La folie pseudo-suicidaire de son personnage Martin Riggs ne sera plus qu’un vague argument par la suite. Elle constitue ici le cœur du film, et de sa relation naissante avec son aîné, le plus sage et plus mûr Roger Murtaugh (Danny Glover).

L’humour est déjà présent, mais c’est c’est bien la noirceur qui domine : au début du film, on découvre Riggs prêt à se tirer une balle dans la bouche. De son côté, Murtaugh célèbre un cinquantième anniversaire dont on sent qu’il lui pèse lourdement. Bref, des premiers pas d’avantage tournés vers le passé que vers un avenir souriant. D’autant plus que l’intrigue policière est elle aussi très sombre, autour de la mort d’une jeune femme dont la vie a été gâchée par la drogue et la pornographie.

Cette noirceur sied assez mal à Richard Donner, réalisateur sans génie, mais qui s’avérera nettement plus à l’aise avec un ton léger, à la limite de la parodie (Maverick, L’Arme fatale 3). Mais l’alchimie entre Mel Gibson et Danny Glover est, d’emblée, évidente. Non, le principal problème, c’est que l’extrême noirceur de l’histoire nécessitait quand même que l’intrigue soit prise au sérieux. Ce qui est loin d’être le cas.

Shane Black (qui tenait un second rôle la même année dans Predator) s’est fait une réputation et une fortune avec le scénario de ce film, qu’il avait écrit quelques années plus tôt. Sans doute quand il avait 12 ans : difficile d’imaginer qu’il était plus âgé lorsqu’il a imaginé les rebondissements de cette histoire policière totalement improbable, qui n’avance qu’au hasard des tueries perpetrées par des méchants très extrêmes (dont le charismatique Gary Busey). Heureusement, Donner comprendra dès le film suivant que la comédie est l’élément moteur de ce tandem impeccable.

* Voir aussi : L’Arme fatale 2L’Arme fatale 3 et L’Arme fatale 4.

Le Lion sort ses griffes (Rough Cut) – de Don Siegel – 1980

Posté : 31 janvier, 2017 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 1980-1989, SIEGEL Don | Pas de commentaires »

Le Lion sort ses griffes

Suis-je fatigué (pas impossible, en ce moment) ? Ou est-ce Don Siegel qui accuse le coup en cette fin de carrière ? Difficile en tout cas de reconnaître la patte du réalisateur de Madigan, Dirty Harry ou Charley Varrick dans cette petite chose tournée après Escape from Alcatraz, et qui sera son avant-dernière réalisation.

Pas désagréable cela dit, et on prend même un petit plaisir intermittent devant ce film de braquage alambiqué et ouvertement léger : Siegel flirte ici avec la comédie, ce qui n’est pas loin d’être une première dans sa brillante filmographie, plutôt teintée de noir et de toutes ses nuances.

C’est léger, avec un Burt Reynolds qui se rêve en dandy décontracté, façon le Saint : un cambrioleur de génie doublé d’un séducteur, qu’un flic au bord de la retraite (David Niven, dans son emploi habituel) veut faire tomber en utilisant une belle cleptomane (Lesley Ann Down, charmante), qui bien sûr tombera amoureuse de sa cible.

Ce n’est pas désagréable, donc, mais rien ne fonctionne vraiment totalement. Le scénario inutilement tarabiscoté finit par lasser, et jamais on ne ressent la tension sexuelle qui devrait attirer Burt et Lesley l’un vers l’autre.

Résultat : une petite bluette pas vraiment mémorable.

Firefox, l’arme absolue (The Firefox) – de Clint Eastwood – 1982

Posté : 28 janvier, 2017 @ 8:00 dans * Espionnage, 1980-1989, EASTWOOD Clint (acteur), EASTWOOD Clint (réal.), FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

Firefox l'arme absolue

Les rares fois où Eastwood a cherché à coller aux goûts du moment, le résultat s’est avéré catastrophique. Avec La Relève, tentative maladroite de surfer sur le succès des films d’actions explosifs du début des années 90. Et dix ans plus tôt avec ce Firefox, où le grand Clint essaye de trouver sa place dans un cinéma hollywoodien très hich tech et SFX, marqué par la folie Star Wars (dont il reprend d’ailleurs l’un des responsables des effets spéciaux).

Le résultat est au mieux très maladroit, au pire assez navrant. La première partie, quand même, ne manque pas d’intérêt. Mais là, Eastwood s’inscrit dans un cinéma déjà révolu : celui du film d’espionnage de la guerre froide. Là seulement, on peut trouver des signes purement eastwoodiens, une manière très personnelle de créer une atmosphère en plongeant un personnage dans un milieu qui n’est pas le sien, un thème qui a toujours été au cœur de son cinéma.

Pourtant, même dans cette première partie séduisante par moments, le réalisateur Eastwood multiplie les effets douteux (les flashs très ramboesques sont franchement ridicules, pour illustrer le traumatisme post-VietNam de Clint), et les maladresses auxquelles il ne nous a jamais habituées.

Quant à l’acteur Eastwood, il n’a jamais été aussi mauvais, son jeu se limitant à des tics tellement énormes qu’on se demande comment les agents du KGB sont recrutés ! A tel point qu’on serait presque soulagé de le voir endosser la tenue de pilote qui le recouvre entièrement, rappelant étrangement l’une de ses premières brèves apparitions, celle de Tarantula.

Presque entièrement effacé derrière un déluge d’effets spéciaux totalement à l’encontre du style Eastwood, de son univers, de ce qu’il est, l’acteur-réalisateur se contente alors de filmer des images auxquelles il semble ne pas croire, se raccrochant à un genre high-tech dont, déjà en 1982, il devait paraître complètement à la traîne.

On se rassure en se disant que quand il est au fond du trou, Eastwood sait rebondir mieux que jamais. Après La Relève, il réalisera Impitoyable. Après ce calamiteux Firefox, il signera Honkytonk Man. Soit deux de ses plus beaux films.

Police fédérale Los Angeles (To live and die in L.A.) – de William Friedkin – 1985

Posté : 3 décembre, 2016 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 1980-1989, FRIEDKIN William | Pas de commentaires »

Police Fédérale Los Angeles

Il y a eu un avant Gil Grissom pour William Petersen : dans les années 80, le charismatique acteur des Experts a été le héros de deux polars qui ont fait très forte impression, le génial Sixième Sens de Michael Mann, et ce Police Fédérale Los Angeles de William Friedkin, qui a fait l’objet d’un petit culte, et dont j’avais gardé un souvenir fort.

Il y a effectivement de belles choses dans ce polar très sombre, qui plonge au cœur d’un trafic de faux billets et de sa violence extrême : une belle noirceur, une vraie ambition de la part de Friedkin de créer une atmosphère, un rythme lancinant ponctué par des éclats de violence extrême… Bref, tout ce qui fera la réussite du film de Michael Mann l’année suivante.

Le personnage de Petersen, flic obstiné et borderline, est intéressant. Les effusions de sang sont percutantes et efficaces. L’incontournable scène de poursuite en voiture est étonnante, parenthèse haletante dans un récit qui sait par ailleurs prendre son temps. Et cette histoire de flics (l’un plus innocent que l’autre) qui tentent d’infiltrer un dangereux gang est assez passionnante.

Mais tout ça ne vous rappelle rien ? Pendant une grande partie, on a cette impression, gênante, que Friedkin, qui enchaîne les échecs à cette époque, essaye de renouer avec le succès de French Connection en retrouvant les mêmes recettes. Et par moments, c’est carrément du copié-collé : même construction, même noirceur, même parenthèse stock-car, mêmes personnages… jusqu’au coup de feu « choc » qui change la donne dans la dernière partie.

Ajoutez à ça un début au suspense téléphoné (le partenaire de William Petersen qui s’apprête à partir en retraite et qui insiste pour boucler seul sa dernière enquête… eh bien oui, il va se faire dessouder), et une musique agressive qui rappelle à elle seule les pires excès des 80s… Alors oui, il y a de belles choses dans ce polar qui se voit avec un certain plaisir. Mais Friedkin nous prend quand même, un peu, pour des idiots.

Always, pour toujours (Always) – de Steven Spielberg – 1989

Posté : 11 novembre, 2016 @ 8:00 dans 1980-1989, FANTASTIQUE/SF, SPIELBERG Steven | Pas de commentaires »

Always

Un plan, fugace et magnifique : juste après la mort de Pete, sa fiancée et son meilleur ami se retrouvent pour la première fois. Pas un mot, pas une larme, juste leurs mains qui s’agrippent derrière une porte qui se referme sur leur douleur. Tout n’est pas aussi beau dans ce film méconnu et mal aimé, mais ce simple plan résume à lui seul l’immense sensibilité de Spielberg, sensibilité qui, non, n’est pas de la sensiblerie.

D’ailleurs, de ce pur mélodrame inspiré d’un petit classique de l’âge d’or d’Hollywood (Un nommé Joe de Victor Fleming), Spielberg aurait pu faire un tire-larmes dans la lignée de Ghost, autre histoire d’amour qui se prolonge après la mort, sortie (est-ce un hasard ?) quelques mois plus tard. Mais non : l’émotion est constamment contrebalancée par l’humour, le second degré et cet optimisme qui est encore la marque de Spielberg à la fin des années 80.

C’est d’ailleurs la fin d’une époque pour Spielberg, dont le cinéma deviendra bientôt beaucoup plus sombre : avec Hook, son film suivant, Always symbolise la fin d’une certaine innocence de la jeunesse. Comme Peter Pan, Pete Sandich doit lui aussi accepter d’aller de l’avant, d’accepter cette mort qui l’a privé d’une belle histoire d’amour.

Elle, c’est Holly Hunter, formidable en « vraie » femme aux allures de garçon manqué (« C’est pas la robe, c’est la manière dont tu me vois » est quand même une très jolie réplique). Lui, c’est Richard Dreyfuss, l’acteur fétiche des premières années, qui tourne justement pour la dernière fois sous la direction de Spielberg, pilote de canadair qui se brûle les ailes (littéralement) à trop jouer avec le feu (re-littéralement).

La première demi-heure est euphorisante, dominée par la présence irrésistible de John Goodman, en pleine forme dans son éternel rôle de meilleur ami rigolo, et marquée par une multitude de signes avant-coureurs de la mort : cette vision glaçante de Dreyfuss éclairé par la lumière bleutée d’un frigo ouvert, ou d’autres jeux de lumière qui semblent annoncer l’inéluctable.

La suite alterne le très beau et le moins convaincant, « l’ange » Dreyfuss devenant la conscience de celui dont on devine qu’il prendra sa place dans le cœur de sa belle (Brad Johnson, pataud et attachant). Là, Spielberg multiplie les ruptures de ton, passant du rire aux larmes, souvent avec bonheur, mais aussi en cassant parfois l’émotion, comme s’il refusait de se laisser aller au pur mélo.

Et au milieu, il y a deux scènes étonnantes et déroutantes : les apparitions de l’ange Hap, dont je ne saurais trop quoi penser si elles n’étaient habitées par la présence lumineuse d’Audrey Hepburn. Ce pourrait être kitsch et un peu ridicule. C’est juste beau et emprunt d’une douce nostalgique. Ce sera d’ailleurs la toute dernière apparition de l’actrice à l’écran.

Sens unique (No Way Out) – de Roger Donaldson – 1987

Posté : 4 octobre, 2016 @ 8:00 dans * Espionnage, * Thrillers US (1980-…), 1980-1989, COSTNER Kevin, DONALDSON Roger | Pas de commentaires »

Sens unique

En 1948, John Farrow réalisait La Grande Horloge, un modèle de thriller. Le héros, interprété par le génial Ray Milland, était un reporter chargé par son patron d’identifier l’homme que sa maîtresse fréquentait, et qui est censé l’avoir assassiné. Sans savoir que cet homme n’est autre que Milland lui-même. Un film tendu et claustrophobique, l’intrigue se déroulant entièrement dans les murs d’une rédaction de journal.

Quarante ans plus tard, Roger Donaldson reprend la même intrigue et le même parti-pris (un homme chargé de démasquer un suspect qui n’est autre que lui-même, dans un environnement clos), mais change complètement le décor. Oublié le journalisme d’investigation des années 40. Désormais, c’est au cœur du Pentagone, avec l’ombre de la guerre froide qui plane, que nous plonge Donaldson.

L’idée en vaut une autre. Et ce décor, fait de grands couloirs et de vastes salles, et où l’informatique (à la sauce 80s) est omniprésent, offre de belles perspectives en matière de suspense. Mais Donaldson n’est, décidément, pas Farrow. Et ce remake dont j’avais gardé un bon souvenir met un temps fou à se mettre en route. Comme s’il fallait absolument profiter de la présence de Sean Young, dans le rôle de la victime, sa mort semble être repoussée autant que possible… jusqu’à la mi-film en fait.

Le problème, c’est qu’avant sa mort, il n’y a pas de film. L’intrigue n’existe pas, le suspense n’a pas de raison d’être, et ne reste alors qu’une romance banale et franchement ennuyeuse, avec un Kevin Costner qui se contente d’être beau et charismatique, et une Sean Young qui minaude comme c’est pas permis. Ajoutez un Gene Hackman en grand méchant et en roue libre, et un Will Patton qui cabotine à outrance… Bref, Donaldson n’est pas, non plus, un grand directeur d’acteur.

La deuxième moitié, heureusement, est plus palpitante. Le suspense fonctionne plutôt bien. Et dès que Costner se met à courir, il donne un vrai rythme à ce thriller souvent mou. Ça suffit pour passer un bon moment. Pas, mais vraiment pas, pour oublier le chef d’œuvre de John Farrow.

Extrême Préjudice (Extreme Prejudice) – de Walter Hill – 1987

Posté : 20 septembre, 2016 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 1980-1989, HILL Walter, WESTERNS | Pas de commentaires »

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Sa filmographie le prouve, du Gang des frères James à Wild Bill, Walter Hill aime le western. Avec Extrême Préjudice, il aurait mieux fait de se cantonner au cœur de son sujet, à savoir un western contemporain qui reprend un thème incontournable du genre : celui des frères ennemis, qui ont chacun choisi un côté de la loi, et dont le différent doit finir par un duel.

Ici, les frères ennemis ne sont pas vraiment frères, mais amis d’enfance. Qu’importe. Nick Nolte, dans le rôle du shérif, et Powers Boothe, dans celui du proche qui a mal tourné, nous offrent un face-à-face formidable qui renoue avec la sécheresse et l’honnêteté des grands westerns d’antan. Dans cette partie-là, Hill tient toutes ses promesses : celui d’un film d’action décomplexé, une série B brutale et réjouissante.

La scène post-générique renvoie ainsi d’emblée aux grands classiques du genre, Rio Bravo en tête, le shérif cherchant son homme dans un bar (un saloon) rempli de clients hostiles. La fusillade qui suit donne le ton : Extrême Préjudice n’est pas un pop-corn movie typique des années 80, mais un film hard boiled au premier degré assumé. Tant mieux.

Sauf qu’avant le générique, il y a eu une autre scène d’introduction, nettement moins convaincante et pour tout dire assez crispante : la présentation d’un groupe de soldats laissés pour morts des années plus tôt, et en fait bien vivants, dont on ne sait pas trop quel est le rôle. On le saura plus tard dans le film, et pour tout dire, malgré la présence dans cette équipe de Michael Ironside, Clancy Brown ou William Forsythe (autant de gueules qu’on aime bien), on s’en fichera un peu.

Non seulement cette séquence, avec son montage impossible, renvoie aux pires nanars de la décennie (du genre Portés Disparus), mais elle est portée par une musique horripilante, signée pourtant Jerry Goldsmith. Sa partition reste l’un des points faibles de cette série B. Elle reste fort heureusement très discrète la plupart du temps, et ne gâche pas le plaisir simple et brutal que l’on prend à voir Nick Nolte aussi raide et inflexible que l’étaient John Wayne, Randolph Scott ou Gary Cooper.

Nimitz, retour vers l’enfer (The Final Countdown) – de Don Taylor – 1980

Posté : 10 septembre, 2016 @ 8:00 dans 1980-1989, DOUGLAS Kirk, FANTASTIQUE/SF, TAYLOR Don | Pas de commentaires »

Nimitz, retour vers l'enfer

Sans même évoquer l’âge d’or de Spartacus, rappelons juste que Kirk Douglas a commencé sa carrière avec des seconds rôles dans L’Emprise du Crime et La Griffe du Passé. Une entrée en matière bien fourbe pour souligner que, décidément, sa fin de carrière est nettement moins glorieuse que ses premiers pas. Contrairement à son éternel complice Burt Lancaster qui, lui, aura réussi à avoir une filmographie passionnante de bout en bout, Douglas enchaîne alors les films poussifs, à de rares exceptions près.

Celui-ci s’inscrivait dans une vogue de films inspirés par la SF (de War Games à Firefox) qui, tous ou presque, ont particulièrement mal vieilli. Mais ce qui gêne le plus dans ce Nimitz, ce n’est pas cet aspect un peu ringard des effets spéciaux (qui au final sont très rares), mais le scénario lui-même, basé sur ce qui se révèle une fausse bonne idée qui fait flop.

Plein de promesses pourtant, ce sujet : un porte-avion de 1980 se retrouve propulsé par accident en 1941, à la veille de l’attaque des Japonnais sur Pearl Harbor, attaque qu’il pourrait empêcher à lui seul grâce à son exceptionnelle puissance de feu. Sans doute ce sujet aurait-il fait un bon épisode à La Quatrième dimension. Mais le cas de conscience que cette situation procure débouche sur pas grand-chose. Jamais le scénario ne tire profit de cette belle idée de départ.

Alors pour occuper le temps (il faut quand même tenir plus d’une heure trente), le pas très talentueux Don Taylor multiplie les interminables plans d’avion filmés tellement platement que le Tony Scott de Top Gun passe en comparaison pour l’égal d’un John Ford ! Et que dire des dialogues ? Les scénaristes (ils s’y sont mis à quatre) ne savent tellement pas quoi faire d’un sujet qui soulève pourtant bien des questions, qu’ils ne font parler les personnages que de la météo. Finalement moins surpris par le fait d’avoir été propulsé quarante ans en arrière que par des nuages qui se forment sur leurs têtes…

Du coup, les acteurs n’ont pas grand chose à jouer. Kirk Douglas passe le film à boire du café affalé sur son siège de commandement, et Martin Sheen joue les témoins de luxe sans jamais interférer vraiment sur les événements. On est bien content de les voir, mais c’est bien peu.

* DVD chez Sidonis/Calysta, avec un documentaire sur Pearl Harbor.

Blue Jean Cop (Shakedown) – de James Glickenhaus – 1988

Posté : 15 juillet, 2016 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 1980-1989, GLICKENHAUS James | Pas de commentaires »

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Plus que le film lui-même, c’est la collection DVD qu’il inaugure qui mérite d’être souligné ici. L’éditeur Carlotta, que l’on connaît plutôt pour sa défense du cinéma classique (Sirk ou Cimino ont été particulièrement bien traités par sa ligne éditoriale), réhabilite la série B nanardesque des années 80. Un pari pour le moins inattendu, mais aussi séduisant.

Avec cette « Midnight Collection » que l’on a le droit de prendre au second degrés, Carlotta fait revivre l’âge d’or de la VHS. Jusque dans l’habillage visuel et dans l’interface du DVD, tout rappelle ce qui, pour les jeunes quadra d’aujourd’hui (ma génération, donc), évoque des souvenirs gentiment coupables d’adolescence. Ceux dont la cinéphilie a suivi les mêmes méandres que la mienne auront peut-être de doux relents des pages « vidéo » d’Impact, ou de Mad Movies

C’est donc avec un petit plaisir régressif que je me glisse Blue Jean Cop dans mon lecteur. Un film que, contrairement à d’autres titres de cette première vague de la collection (comme Maniac Cop), je n’avais pas vu à l’époque. La première impression est celle d’un franc retour en arrière, au cœur d’une décennie pas vraiment réputée pour son bon goût en matière de film de genre… Générique au néon, musique au synthé… ça envoie du lourd et du pas fin.

Pourtant, malgré surtout cette musique horrible et omniprésente (et dont le volume déborde trop souvent sur les dialogues eux-mêmes), Blue Jean Cop est plutôt une bonne surprise. Pour la finesse, on repassera, mais le film aborde des sujets forts avec un certain courage : la corruption des flics, le racisme, la fascination de la violence, à travers cette histoire d’un avocat qui défend un dealer ayant tué un flic peut-être ripoux.

Surtout, le film offre une vision assez édifiante d’un New York encore rongé par la violence et l’insécurité. Une Big Apple totalement dominée par les extrêmes, entre la masse agglutinée dans des rues sans âmes assommées par les enseignes lumineuses omniprésentes, et l’élite dominante Central Park du haut de ses baies immenses.

De bonnes choses, donc, dans un film qui par ailleurs se moque bien de la vraisemblance pour enchaîner les scènes d’action, transformant sans ciller le prudent avocat (Peter Weller, tout juste sorti de l’armure de RoboCop) en cow-boy sans peur, au côté d’un flic si pur qu’il en devient presque abstrait (Sam Elliott, charismatique et pourtant vide). Jusqu’à l’attaque finale d’un avion, si grotesque qu’elle en devient réjouissante. Un savoureux mélange de premier et de soixante-dix-huitième degré…

* Le film inaugure donc en DVD la « Midnight Collection » de Carlotta, hommage à l’âge d’or de la VHS. Seul bonus : la bande annonce originale.

Le Dernier Métro – de François Truffaut – 1980

Posté : 8 avril, 2016 @ 8:00 dans 1980-1989, TRUFFAUT François | Pas de commentaires »

Le Dernier Métro

Dans son autobiographie (Histoire de ma vie), Jean Marais consacrait un chapitre à ses souvenirs de l’Occupation. Le rapport avec Truffaut ? C’est ce chapitre qui, semble-t-il, lui a inspiré ce qui allait devenir Le Dernier Métro, son plus gros succès populaire, son triomphe aux Césars aussi : dix statuettes récoltées.

Je gardais le souvenir d’un film ample et ambitieux, reconstituant joliment le Paris de l’Occupation. Tout ça est vrai, mais la reconstitution se limite quasi-exclusivement aux murs du théâtre où Marion Steiner répète sa nouvelle pièce événement, tandis que son metteur en scène de mari, juif allemand, a dû disparaître. La caméra ne sort de ces murs que pour explorer les abords de l’entrée des artistes, où un restaurant de comédiens. Jamais plus loin.

Pourtant, Le Dernier Métro fait partie de ces films qui ont su recréer l’atmosphère de ces années de menace perpétuelle. A l’époque, Truffaut était enfant, et trouvait refuge dans les salles de cinéma, où est née la passion qui dominera toute sa vie. Rien d’étonnant, donc, à ce que son Occupation soit vue d’une salle de spectacle.

Derrière le « film à Césars », il y a donc un film très personnel, dans lequel Truffaut semble constamment se citer lui-même, évoquant le trio amoureux de Jules et Jim, le travail de création de La Nuit Américaine… jusqu’à reprendre (trois fois) la magnifique réplique que Belmondo sortait à Catherine Deneuve dans La Sirène du Mississipi, cette fois reprise sur les planches par Depardieu à la même Deneuve…

« Tu es belle Héléna, si belle que te regarder est une souffrance.
- Hier, tu disais que c’était une joie.
- C’est une joie, et une souffrance. »

Pourtant, Truffaut s’inspire si ce n’est de faits authentiques, au moins de personnages bien réels. A commencer par l’ignoble journaliste Daxiat (Jean-Louis Richard), tout puissant critique théâtral et grand pourfendeur des Juifs, directement inspiré du collaborateur Alain Laubreaux qui écrivait sous le pseudonyme de Michel Daxiat.

Portrait de Français sous l’Occupation, dénonciation de la médiocrité, cri d’amour à la création artistique (quelle vie dans ce théâtre !)… Le Dernier Métro est aussi, et peut-être avant tout, l’histoire d’une femme mariée qui tombe amoureuse d’un autre homme, mais que les circonstances interdisent de quitter son mari. Catherine Deneuve est absolument sublime dans ce rôle qui joue merveilleusement de son image glacée pour camper une femme trop isolée du monde. Magnifique.

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