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Archive pour la catégorie '1970-1979'

La Chevauchée sauvage (Bite the bullet) – de Richard Brooks – 1970

Posté : 25 avril, 2017 @ 8:00 dans 1970-1979, BROOKS Richard, WESTERNS | Pas de commentaires »

La Chevauchée sauvage (Bite the bullet) - de Richard Brooks - 1970 dans 1970-1979 La%20Chevauche%20sauvage_zpsvzp1p7s2

Dans Les Professionnels, Brooks mettait déjà en scène des personnages d’un autre-temps, pionniers rattrapés par la société. Dans La Chevauchée sauvage, dernier de ses trois westerns (après La Dernière Chasse, aussi), Brooks fait de ce décalage le cœur de son film, et va plus loin encore : les « héros » vieillissants n’ont sans doute connu que les dernières minutes du temps des pionniers, et ne font partie ni de cette période héroïque, ni de l’Amérique moderne qui s’installe.

On est alors au début du 20e siècle, et ces aventuriers, joués par Gene Hackman ou James Coburn, semblent vivre dans une espèce d’entre-deux indéfini. Des cow-boys anachroniques contraints de profiter d’une grande course à cheval à travers le pays pour vivre leur envie de grands espaces et de libertés. Dans cette course médiatisée (« couverte » par un journaliste qui suit les concurrents à moto), on retrouve un panel de personnages typiques du western, en un peu différent.

Le brave Mexicain est empêché par une rage de dent, le jeune pistolero impulsif n’est pas la brute attendue, l’ancienne prostituée est bien celle par qui le drame arrive, et le Old Timer (Ben Johnson, excellent) n’a pas plus de passé que d’avenir. Son rêve n’est pas de faire enfin fortune, mais juste de devenir quelqu’un. « Don’t even know your name », lancera, trop tard, le personnage de Gene Hackman.

La Chevauchée sauvage est une réussite mineure dans la filmographie de Richard Brooks. Mais cette grosse production, impressionnante et ambitieuse, est pleine de rebondissements et passionnante.

Le Convoi sauvage (Man in the Wilderness) – de Richard C. Sarafian – 1971

Posté : 14 avril, 2017 @ 8:00 dans 1970-1979, SARAFIAN Richard C., WESTERNS | Pas de commentaires »

Le Convoi sauvage (Man in the Wilderness) - de Richard C. Sarafian - 1971 dans 1970-1979 Le%20Convoi%20sauvage_zpsh6qzln5c

En 1820, dans le Grand Nord américain, un trappeur est laissé pour mort par ses compagnons après avoir été attaqué par un ours. Contre toute attente, il s’accroche à la vie, survit, et se met à traverser les centaines de kilomètres de nature sauvage qui le séparent de la civilisation, et des hommes qui l’ont abandonné.

Cette histoire, authentique paraît-il, a valu un Oscar à Leonardo Di Caprio en 2016. Mais 35 ans avant The Revenant, elle avait déjà été portée à l’écran, dans ce western hors normes absolument magnifique, porté par un Richard Harris intense et mutique, homme frustre dont le lent cheminement s’apparente à une extraordinaire renaissance.

L’impression est volontaire, Sarafian multipliant les signes évoquant cette renaissance : l’impressionnante séquence, muette, de l’accouchement de l’Indienne en pleine forêt ; ces gros plans sur les mains de Richard Harris qui renouent avec la vie au contact de l’eau ou de la terre ; ou ce superbe flash-back durant lequel le rude pionnier parle à ce futur enfant qu’il ne verra pas naître, lui donnant ses conseils de père en chuchotant devant le ventre de la mère…

Autant de scènes d’une beauté sidérante, dans un film qui donne constamment la plus grande place à la nature, pas vraiment hostile (c’est elle qui apporte la vie), mais rude et pleine de dangers. Une beauté âpre et infinie, qui souligne aussi la solitude de ces êtres qui la sillonnent, et l’absurdité de leur quête de richesse.

Cette absurdité est évidente dès la toute première image : celle d’un bateau traversant les grandes étendues du continent nord-américain, loin de toute voie navigable. Un bateau tiré avec peine par les hommes et les mules, et sur lequel se dresse la fascinante figure du capitaine interprété par John Huston, l’un de ses plus beaux rôles : celui d’un homme qui s’accroche à un passé peut-être glorieux, et qui fait face douloureusement à sa décision d’abandonner l’homme qu’il considérait comme son fils.

Ancien documentariste, Richard C. Sarafian sait merveilleusement filmer la nature. Son film, superbe, est une ode passionnée au mystère de la vie.

Les Flics ne dorment pas la nuit (The New Centurions) – de Richard Fleischer – 1972

Posté : 8 avril, 2017 @ 8:00 dans * Polars US (1960-1979), 1970-1979, FLEISCHER Richard | Pas de commentaires »

Les Flics ne dorment pas la nuit (The New Centurions) - de Richard Fleischer - 1972 dans * Polars US (1960-1979) Les%20Flics%20ne%20dorment%20pas%20la%20nuit_zpstiffcb8i

Cinéaste mésestimé, Fleischer a pourtant beaucoup apporté aux divers genres auxquels il s’est confronté, et tout particulièrement au noir, dont il a été l’un des grands noms dès les années 40, en lui apportant une approche très réaliste, mêlée à une vision presque romantique du genre. Cette logique trouve une sorte d’aboutissement avec The New Centurions, l’un des plus beaux films consacrés à la police américaine.

Sorti à la même époque que French Connection ou Serpico, le film de Fleischer va beaucoup plus loin dans cette vision réaliste du quotidien de la police, avec des choix nettement plus radicaux à leur manière. Pas de grande enquête au long cours ici, ni de flics pourris qui gangrènent l’institution. Non, Fleischer s’intéresse d’abord aux hommes, à ces policiers en uniforme qui roulent toute la nuit pour aller à la rencontre de cette étrange faune humaine, dans les quartiers défavorisés de Los Angeles.

Des types bien, une société malade, une succession de petits moments tantôt légers, tantôt tragiques, tantôt violents. Des drogués, des tueurs, des mères irresponsables, des solitudes, des désespoirs… Et au milieu, ces hommes en bleu qui veulent faire au mieux, pour aider ce public qui ne les aime pas forcément. Fleischer filme cette société avec une acuité sidérante, grâce à laquelle le film semble aujourd’hui encore d’une incroyable actualité. Et il filme ces flics avec une empathie évidente, et une nostalgie inattendue.

Dans le rôle principal, Stacy Keach est excellent, jeune recrue idéaliste qui devient accro à la rue et à ses malades. Mais le film est aussi habité par la présence de George C. Scott, magnifique en vieux briscard qui se berce d’illusions sur sa retraite toute proche. Un homme bien, qui fait la différence entre la loi et le bien, et qui comprendra trop tard qu’il a tout sacrifié à cette vie de dévouement.

Un tel chant d’amour à la police pourrait être douteux. Il est superbe. Au sommet de son art, Fleischer s’offre quelques fulgurances de mise en scène (la poursuite dans ce tunnel qui n’en finit plus de réduire l’écran), mais privilégie les personnages (les seconds rôles sont tous formidables, parmi lesquels Erik Estrada, le futur Ponch de la série télé ChiPS). Du puR Fleischer, donc. Et du grand Fleischer.

* Le film fait partie du formidable coffret que Carlotta a consacré à Fleischer, avec deux autres évocations du Mal, dans des genres très différents : Terreur aveugle et L’Etrangleur de Rillington Place. Trois films tournés à la même époque (entre 1971 et 1972), trois facettes du talent de Fleischer, trois grands films. Et des bonus passionnants.

Terreur aveugle (Blind Terror) – de Richard Fleisher – 1971

Posté : 26 février, 2017 @ 8:00 dans * Polars US (1960-1979), 1970-1979, FLEISCHER Richard | Pas de commentaires »

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Devenue aveugle à la suite d’une chute à cheval, une jeune femme revient vivre dans le grand domaine de son oncle et de sa tante. Mais alors qu’elle s’est absentée, un tueur mystérieux vient décimer sa famille. Lorsqu’elle rentre à la maison, elle ne se rend compte de rien…

Voilà un « pitch » qui promet de bien belles sueurs froides. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la promesse est largement tenue. Fleisher fait bien plus que nous coller des frissons : il signe un film admirablement tendu, dont le cœur (disons, le deuxième tiers) fait partie des plus grands moments de pure trouille de l’histoire du cinéma. Mia Farrow (formidable en jeune aveugle, jamais dans la démesure et toujours hyper crédible) qui déambule paisiblement dans cette grande maison dont elle ne sait pas qu’elle est jonchée de cadavres, est une vision pour le moins traumatisante.

Surtout que la mise en scène joue très habilement sur le décalage entre le point de vue de cette femme qui ne voit rien du drame qui se noue, et ce que la caméra laisse voir au spectateur. En ne montrant, subrepticement, que l’environnement direct de l’héroïne, sans plan d’ensemble ni gros plan évocateur. Un expérience éprouvante et absolument fascinante.

Dès la toute première image, l’ambition de Fleisher saute aux yeux : ce mouvement de caméra qui s’arrête, à la sortie d’un cinéma, sur bottes d’un homme dont on ne verra jamais le visage (jusqu’à la dernière minute) fait d’emblée naître l’angoisse et le danger. Toute la première partie, avant l’irruption de la terreur pure, sera dominée par ce sentiment de danger, qui accompagne les premiers pas de la jeune aveugle trouvant ses marques dans cette grande maison, après des semaines passées à l’hôpital.

C’est l’une des grandes réussites du film : cette manière d’associer la peur à la vision presque documentaire d’une jeune femme réapprenant à vivre sans la vue. Tous les moments les plus terrifiants reposent d’ailleurs sur des sensations, ou des promesses de sensations : un pied nu qui effleure des morceaux de verre, un vent violent ou la pluie qui balaye les visages, une main qui caresse un cheval, un corps au contact avec de la glaise… Autant de pures sensations physiques qui nous aident à ressentir les sensations de Mia Farrow.

Avec un tel sujet, la plupart des réalisateurs auraient privilégié les séquences nocturnes. On jurerait d’ailleurs que cette cave dont on nous parle au début du film est appelée à jouer un rôle important dans l’histoire. Mais non : les rares scènes de nuit sont des moments de répit. Toute l’action se déroule en plein jour, dans de grands espaces ouverts. Loin, donc, de tous les clichés attendus, et avec une maîtrise constante qui prouve une bonne fois pour toute que Fleisher fait, vraiment, partie des grands.

C’est bien par sa seule mise en scène qu’il suggère la terreur de la jeune femme dans un environnement qui lui est familier, puis son angoisse peut-être plus terrible encore dans un décor qu’elle ne connaît pas, et où aucun repère ne lui est offert. Tourné la même année que 10 Rillington Place, Blind Terror est une variation radicalement différente et fascinante sur le thème du Mal.

* Le film fait partie du coffret consacré à Richard Fleisher, regroupant trois films noirs très différents les uns des autres (avec L’Etrangleur de Boston et Les Flics ne dorment pas la nuit).

Airport (id.) – de George Seaton – 1970

Posté : 25 février, 2017 @ 8:00 dans 1970-1979, LANCASTER Burt, SEATON George | Pas de commentaires »

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Pour les quadragénaires d’aujourd’hui, il est un peu difficile de revoir Airport sans penser à la parodie pas légère mais culte que les ZAZ en ont tiré (Y a-t-il un pilote dans l’avion ?). C’est un peu injuste : sans crier au génie, ce fleuron du film catastrophe des années 70 reste un modèle du genre, et ne manque pas de beaux moments et d’idées intéressantes.

La première de ces idées repose sur le décor lui-même : on ne sort que rarement de ce gigantesque aéroport (ou d’un avion en vol), dont on explore les moindres recoins, de l’effervescence des salles d’embarquement aux bureaux confortables et calmes de la direction. Dans toute la première partie, surtout, George Seaton prend le temps de filmer le quotidien de cette ruche humaine, présentant longuement chacun des nombreux personnages, comme cela se fera dans tous les films catastrophes à suivre.

Beaucoup de ces personnages n’ont d’ailleurs pas grand-chose à faire dans le suspense qui va suivre. Burt Lancaster lui-même, dans le rôle du grand directeur, mettra plus de temps et d’énergie à démêler sa vie privée compliquée qu’à sauver des vies lorsqu’un avion menacera de s’écraser. Seaton est visiblement au moins autant intéressé par ces à-côtés que par l’intrigue principale: les plus belles scènes du film sont toutes des moments intimes.

Celui des adieux entre le futur pirate de l’air (beau personnage joué par Van Heflin, très bien) et sa femme, dans une scène touchante à défaut d’être visuellement très convaincante : la belle photo de certains plans est contrebalancée par une image étrangement terne des contre-champs, d’où une impression étrange qui gâche un peu l’émotion du moment. Autre belle scène : celle de la grande dispute entre Lancaster et sa femme, qui se termine par un moment apaisé où leur sort se joue sur une jolie note mélancolique.

Les moments spectaculaires sont tout aussi réussis, même si le concept « catastrophe » est pour le moins douteux : une bombe qui explose dans un avion et ledit avion qui continue à voler presque comme si de rien n’était… Improbable, mais bien mené, en tout cas sans temps mort.

Tous les personnages ne sont pas passionnants (Dean Martin est en roue libre, Jean Seberg et Jacqueline Bisset n’ont pas grand-chose à jouer), mais George Kennedy révèle une nouvelle fois une présence atypique qui marque les esprits. Il sera d’ailleurs le seul acteur de cette riche distribution à rempiler pour les trois « suites » qui suivront jusqu’au calamiteux Airport 80 : Concorde (les deux autres étant 747 en péril et Les Naufragés du 747).

Le film rencontrera un tel succès qu’il lancera le nouvel âge d’or du film catastrophe, dont la série Die Hard s’inspirera beaucoup pour les deux premiers films : 58 minutes pour vivre sera d’ailleurs un hommage affiché à Airport, comme Piège de Cristal s’inspirera de La Tour infernale. Le troisième Die Hard aurait ainsi dû se passer sur un bateau comme L’Aventure du Poséidon, mais Steven Seagal étant passé par là avec son Piège en haute mer, les producteurs ont changé de direction.

Les Voleurs de train (The Train Robbers) – de Burt Kennedy – 1973

Posté : 17 février, 2017 @ 8:00 dans 1970-1979, KENNEDY Burt, WAYNE John, WESTERNS | Pas de commentaires »

Les Voleurs de train (The Train Robbers) - de Burt Kennedy - 1973 dans 1970-1979 Les%20Voleurs%20de%20train_zpsqmb6t8pa

Une fois accepté le fait qu’il s’agit là d’un de ces « véhicules » dont l’unique raison d’être est John Wayne, l’un de ces innombrables westerns construits autour de la stature imposante (même avec l’âge et la bedaine qui commencent à peser sérieusement) du Duke, il faut reconnaître qu’il y a des tas de choses assez enthousiasmantes dans ce film produit par le fils Wayne.

Pas Ann-Margret, certes, dont les formes très avantageuses, même si elles sont un sujet de discussion récurrent (plus qu’elles ne sont réellement mises en valeur d’ailleurs), ne suffisent pas à compenser un charisme de boîte aux lettres. Une belle plante qui n’a pas grand-chose à jouer, et qui le fait grosso modo en se contentant de sourire gentiment. Pas Ricardo Montalban non plus, dont les quelques apparitions silencieuses (jusqu’à la toute dernière scène) ne suffisent pas à créer un quelconque intérêt autour de son personnage.

Mais cette joyeuse bande de vieux de la vieille, aventuriers qui se retrouvent tardivement autour de ce qu’ils considèrent eux-mêmes comme un dernier coup pour renouer avec leur jeunesse. On n’est clairement pas dans le western crépusculaire, mais dans la tendre nostalgie d’une jeunesse mouvementée. Mais John Wayne donnant la réplique à Ben Johnson, dont le compagnonnage remonte à 25 ans et aux grands chefs d’œuvres de Ford, il faut dire que ça a de la gueule. Et Rod Taylor, le déjà vétéran des Oiseaux d’Hitchcock, qui se joint à la fête, c’est pas mal non plus.

Surtout, Burt Kennedy, scénariste devenu réalisateur de westerns, apporte un très grand soin à la construction de ses plans. Résultat: un film pas toujours parfaitement tenu au niveau du rythme et de l’atmosphère, mais visuellement très beau, avec une utilisation inventive et ambitieuse des décors naturels. Rien que pour ça, le film vaut franchement le détour.

Et puis il y a quelques beaux choix de mise en scène, à commencer par celui d’opposer les gros plans de nos héros vieillissants, souvent filmés deux par deux dans des cadres refermés, et dans une belle intimité, à une masse inhumaine de méchants, qui n’apparaissent que comme des silhouettes menaçantes dépourvues de personnalité propre. Une originalité qui donne une vraie singularité aux scènes d’action.

Burt Kennedy flirte avec le mauvais goût par moments, en suggérant une romance possible entre la jeune et fraîche Ann-Margret et le puissant et vieillissant John Wayne. Mais c’est pour mieux jouer avec l’image de la star et l’attente du public, avec une réplique qui figure parmi les plus belles de toute la filmographie de Wayne : « Ma selle est plus vieille que vous ! » La pauvre Ann-Margret en reste bouche bée…

Big Jake (id.) – de George Sherman (et John Wayne) – 1971

Posté : 15 février, 2017 @ 8:00 dans 1970-1979, O'HARA Maureen, SHERMAN George, WAYNE John, WAYNE John, WESTERNS | Pas de commentaires »

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Depuis la fin des années 30, c’est le western qui occupe la majeure partie de la prolifique filmographie de George Sherman, souvent dans la série B. A ses débuts, il avait d’ailleurs dirigé le jeune John Wayne dans plusieurs films (pas vus). Avec Big Jake, qui sera son tout dernier film (Wayne lui-même en dirigera d’ailleurs plusieurs scènes pour remplacer le réalisateur, malade et diminué), est donc en quelque sorte un retour aux sources : c’est par un western avec le grand Duke qu’il clôt une carrière inégale mais pleine de pépites.

Pour une fois, c’est tout de même une grosse production qu’il dirige, un film de genre certes, avec une histoire on ne peut plus simple (un homme vieillissant renoue avec sa famille lorsque son petit-fils, qu’il n’a jamais rencontré, est enlevé par une bande de tueurs), mais aussi une belle ambition. Un détail qui n’en est pas un : l’histoire se passe en 1909, à une époque où les machines se multiplient, où la voiture fait son apparition, où les styles vestimentaires évoluent, mais où les vieux cow-boys font de la résistance.

Il y a d’ailleurs un running-gag plutôt marrant : chaque personne qu’il rencontre lance à John Wayne, représentant d’un Ouest sauvage disparu, « je croyais que vous étiez mort »Big Jake, c’est la confrontation de deux mondes qui n’ont rien en commun :la figure du cow-boy à l’ancienne dans un décor en pleine mutation. Le thème n’est pas nouveau dans le western, mais il est ici central, dès un générique malin, qui confronte les nouveautés qui apparaissent sur la côte Est avec les vieilles habitudes qui persistent à l’Ouest.

Toute la première partie tourne autour de ce thème, avec la figure habituelle de John Wayne confrontée à ses deux fils, dont l’un voyage à moto, et l’autre porte un pistolet automatique, les deux étant interprétés par le propre fils de Wayne, et par celui de Robert Mitchum. Tout un symbole…

Le temps qui passe est aussi, et surtout, souligné par l’apparition de Maureen O’Hara dans le rôle de l’ancienne femme de Wayne. Vingt ans après Rio Grande ou L’Homme tranquille, elle est toujours aussi belle. Et les scènes qu’elle partage avec son partenaire de toujours sont les plus belles du film, pour ce passé que leurs face-à-face fait revivre comme par magie…

Après ce début plein de promesses, le film perd quand même beaucoup de son originalité. Maureen O’Hara disparaît de l’écran pour de bon, « remplacée » par un Indien interprété par un Bruce Cabot assez peu crédible dans un tel emploi. Et la confrontation passé/présent semble ne plus intéresser Sherman, qui se contente de signer un film d’action efficace mais classique.

Avec tout de même quelques belles figures de méchants, incarnés par Richard Boone et par quelques vieilles badernes échappés des vieux westerns de Wayne, John Agar ou Harry Carey Jr.

La Guerre des Etoiles / Star Wars, épisode IV : un nouvel espoir (Star Wars : Episode IV – A New Hope) – de George Lucas – 1977

Posté : 26 janvier, 2017 @ 1:49 dans 1970-1979, FANTASTIQUE/SF, FORD Harrison, LUCAS George | Pas de commentaires »

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Bon, plantons le décor. Des années que je n’avais pas vu Star Wars, depuis que, agacé par l’épisode II, j’avais abandonné la deuxième trilogie en cours de route. Depuis, bien des films m’ont confirmé que Lucas n’a pas inventé grand-chose, qu’il s’est contenté d’utiliser sa cinéphilie pour recycler des éléments déjà vus dans des tas de films de SF dès les années 30, notamment dans le serial Flash Gordon, qu’il a allègrement pillé. Mais quand on est père et que les enfants réclament à corps et à cris de découvrir cet univers qui revient en force désormais chaque année, il faut savoir se sacrifier…

Eh bien oui, il recycle, le George Lucas, et son histoire a un côté presque naïf, avec des personnages archétypaux en diable, et un manichéisme porté à l’extrême (d’un côté la combinaison noire de Darth Vader, de l’autre la tunique blanche de Luke Skywalker, entre les deux la colère qui est mauvaise). Mais dès l’apparition de ces mots si familiers « Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine… », et surtout dès que le texte inaugural se met à défiler sur les étoiles (ça aussi, c’est piqué à Flash Gordon) tandis que le thème de John Williams se met à résonner… On oublie toutes nos réserves initiales et on se laisse embarquer.

Et le voyage est formidablement réjouissant, fable initiatique où le Bien et le Mal sont clairement identifiés, peuplés d’êtres aux physiques improbables, qui met en scène un Empire tyrannique et des rebelles prêts à donner leur vie pour gagner leur liberté. Un thème intemporel donc, et un film qui inscrit d’emblée la saga en devenir du côté du mythe, moins pour la mise en scène (efficace) que pour le caractère justement archétypal de ses personnages principaux, même s’il faudra attendre les films suivants pour en apprécier toutes les complexités.

C’est aussi le film qui révèle Harrison Ford, dont le personnage de mercenaire est à peu près le seul à ne pas être totalement d’un bloc, plus complexe en tout cas que le juvénile Mark Hamill. Un homme au passé trouble capable d’abattre froidement un chasseur de primes qui le traquait, même si dans la version retravaillée en 1997, Lucas a eu la douteuse idée de modifier cette scène pour que Han Solo (Ford) se trouve en état de légitime défense.

Cette version de 1997, devenue la version officielle du film, est d’ailleurs discutable à plus d’un titre. Les nouveaux effets spéciaux, ajoutés pour mieux coller à la nouvelle trilogie qui se préparait, n’ajoutent au mieux pas grand-chose, et dans le pire des cas sonnent aujourd’hui particulièrement faux, et semblent plus dépassés que les trucages parfois bricolés de 1977. C’est surtout le cas pour les créatures numériques rajoutées pour remplir le cadre, et de la scène ajoutée avec un Jabba the Hut lisse et transparent.

Reste que tous ces personnages sont entrés dans l’histoire, que Carrie Fisher et Mark Hamill semblent nés pour interpréter Leia et Luke, qu’on prend un plaisir fou à voir ces jeunôts côtoyer des vieux de la vieille comme Alec Guinness ou Peter Cushing, et que Dark Vador a une allure impressionnante, et une voix (celle de James Earl Jones) qui met tout le monde d’accord. Prêt à poursuivre le voyage…

* Les deux premières trilogies sont réunies dans un beau coffret de 9 blue ray, avec des tas de bonus : des interviews, des making of d’époque ou récents, plein de documentaires… Plus de 40 heures de bonus, promet le packaging.

La saga Star Wars

Halloween, la nuit des masques (Halloween) – de John Carpenter – 1978

Posté : 21 janvier, 2017 @ 8:00 dans 1970-1979, CARPENTER John, FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

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Le film qui pose les bases du slasher, sous-genre qui continue aujourd’hui encore à donner des avatars souvent tout pourris. Mais avec ce petit classique de l’angoisse, Carpenter frappe fort. Parce qu’il assume totalement le côté enfantin de cette peur qui ne repose que sur des fantasmes de gosses. Dans le genre, le cinéaste fera au moins aussi bien avec Fog, grand hommage aux histoires pour faire peur de son enfance. Avec Halloween, il signe déjà un modèle du genre, à la mise en scène d’une élégance folle.

Effrayant à l’extrême, le film repose pourtant sur une recette répétée à l’envi : Carpenter joue avec l’espace pour créer la peur. Il filme un ou deux personnages derrière lesquels le tueur apparaît soudain en arrière-plan à de multiples occasions, toujours sur le même mode. Mais même lorsque l’effet de surprise est passé, l’efficacité reste extrême.

Mais le meilleur dans ce film, c’est la manière dont Carpenter filme ces interminables allées de quartiers résidentiels. Ces paysages urbains, on les a vus des centaines de fois dans le cinéma américain, décor habituel et sans surprise d’une certaine classe moyenne. Mais jamais filmée comme ça, avec ces sublimes travellings à la fois extrêmement élégants, et qui créent une angoisse lancinante.

Le jeu n’est ouvertement pas naturaliste. Donald Pleasance, dans le rôle du « lanceur d’alerte », en fait des tonnes, mais fascine par cette outrance. Et les personnages de jeunes, victimes potentielles du tueur, ne sont que des stéréotypes que Carpenter ne semble pas vraiment prendre au sérieux. Pas plus les rôles secondaires que celui, central, joué par Jamie Lee Curtis, qui dans l’affrontement final multiplie les conneries, lâchant systématiquement le poignard à côté du « corps » du tueur, ou lui tournant le dos !!

Il y a un second degré réjouissant dans cette manière de jouer avec la peur. Ou plutôt un regard enfantin, comme celui qui ouvre le film, nous glissant dans la peau d’un Michael Myers enfant et déjà furieusement dérangé, le temps d’une séquence en caméra subjective. Carpenter se moque du réalisme. Son art est entièrement tourné vers le plaisir de la peur. Pas un hasard si l’action se déroule le jour et la nuit d’Halloween, lorsque la peur devient un divertissement national.

Au passage, Carpenter s’autorise un clin d’œil à The Thing, la production de Hawks que les personnages regardent à la télévision, et dont il signera lui-même un remake mémorable quelques années plus tard.

Columbo : Le Livre témoin (Columbo : Murder by the book) – de Steven Spielberg – 1971

Posté : 19 janvier, 2017 @ 8:00 dans * Polars US (1960-1979), 1970-1979, SPIELBERG Steven, TÉLÉVISION | Pas de commentaires »

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On pourrait essayer de voir des signes, tenter de détecter le génie du futur réalisateur de Duel ou Jaws, se dire que, quand même, le jeune Spielberg a fait sien l’univers de Columbo. On pourrait. On aurait d’ailleurs toutes les raisons de le faire : ce premier “vrai” épisode de la série (après un téléfilm réalisé en 1967 et un pilote officiel réalisé par un autre), est mené sans la moindre baisse de régime, et réserve un suspense remarquable.

Mais il s’agit bien d’un film de commande pour Spielberg, réalisateur plein de promesses qui a encore tout à démontrer. Et son talent est entièrement au service d’une machine hyper-efficace et déjà bien rodée. Le montage, la musique, l’interprétation suave de Jack Cassidy, et bien sûr le scénario qui réserve la première demi-heure à la mécanique d’un meurtre que le célèbre inspecteur devra décortiquer par la suite… Reconnaissons que rien n’annonce l’univers de Spielberg dans ce bon épisode d’une série très datée 70s mais toujours fort sympathique.

Finalement, le fait que Spielberg, dans ses débuts, ait apporté sa pierre à cet édifice, est surtout l’occasion de renouer avec cette série culte qui a bercé l’enfance de plus d’une génération.

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