Il était une fois la Légion (March or Die) – de Dick Richards – 1977
Comment ai-je pu passer depuis presque cinquante ans à côté d’un film dont les têtes d’affiche sont Gene Hackman, Catherine Deneuve, Terrence Hill, Max Von Sydow et Ian Holm ? Peut-être, tout simplement, parce que malgré ce casting improbable ou excitant, c’est selon, le film n’a qu’un intérêt bien limité. Et que cette formule tient compte de la curiosité que représente la présence de tous ces acteurs de premier plan.
La vérité, c’est que March or Die est franchement très raté, plein de bonnes intentions dont on se demande si le réalisateur, voire le scénariste en ont vraiment conscience. A qui la faute ? Peut-être au scénariste David Zelag Goodman, pourtant co-auteur des Chiens de Paille avec Peckinpah, et des Yeux de Laura Mars avec Carpenter. Assurément au réalisateur Dick Richards, qui fut le premier attaché au projet d’adaptation des Dents de la Mer (y penser donne des sueurs froides), et qui se révèle la plupart du temps incapable de donner de la profondeur, de l’intensité ou du souffle.
De bonnes intentions, pourtant, et donc. Ce n’est pas le premier film consacré à la Légion étrangère, bien sûr, et la découverte d’un fortin dévasté par une bataille au milieu du désert fait penser le temps d’un instant à une potentielle suite qui ne dit pas son nom de La Bandéra. Le temps d’un instant. Et celui-ci a cette originalité de commencer en 1918, par le retour des soldats du front, alors que la Grande Guerre vient de prendre fin.
On imagine bien ce que les fantômes des tranchées peuvent apporter à un tel récit, particulièrement avec le personnage de Gene Hackman, officier hanté par le sacrifice de ses hommes. On l’imagine bien, mais ce n’est visiblement pas le cas du scénariste, ou du réalisateur, qui se contentent de faire de l’officier une espèce de psychopathe mal défini, dont la réhabilitation in fine laisse au mieux dubitatif.
Fantômes bien vite évacués. A la détresse du personnage de Deneuve, dont on se demande bien ce qu’elle vient faire là, le récit préfère celui de Terrence Hill, yeux très bleus mais incarnation très limitée, dont l’interprétation sans nuance limite l’aspect dramatique, faisant de son personnage un fanfaron qu’un bref accès de violence (tellement bref et mal monté qu’il m’a fallu faire marche arrière pour m’assurer qu’il en était bien l’auteur) ne suffit pas à rendre plus complexe.
Passons sur le fait que Catherine Deneuve et Terrence Hill forment le couple le plus mal assorti de toute l’histoire du cinéma. Passons sur la découverte du trésor (par un Max Von Sydow en archéologue très, très, très cynique, qui passe son temps à débiter des dialogues ineptes affirmant que tous les sacrifices humains sont acceptables pour le bien de ses fouilles) par un effondrement miraculeux et très à propos. Passons aussi sur Ian Holm en chef arabe…
La bienveillance de ce blog pousse à terminer par les belles choses que l’on peut retenir : la silhouette d’une femme attendant loin de son pays l’amant mort depuis des années, ou la grande bataille finale, dont l’attente, surtout, est très originale et plutôt bien fichue. Une curiosité, quoi qu’il en soit.









