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Archive pour la catégorie '1970-1979'

Un silencieux au bout du canon (McQ) – de John Sturges – 1974

Posté : 14 décembre, 2018 @ 8:00 dans * Polars US (1960-1979), 1970-1979, STURGES John, WAYNE John | Pas de commentaires »

Un silencieux au bout du canon

Un polar à la Dirty Harry avec John Wayne, et réalisé par John Sturges, ça ne se refuse pas. Et quelles que soient les qualités du film, ça se déguste avec un certain plaisir, forcément. En l’occurrence, le plaisir va plutôt bien avec une bière, voire même avec un bon whisky. A défaut d’être scotché par un suspense hyper prenant ou par des enjeux dramatiques ébouriffants, eh bien on se contente de deux petites heures toutes en confort tranquille, avec un John Wayne très impliqué.

Il est certes très bien, le Duke. En fin de carrière (il ne tournera plus que trois films), déjà malade, il s’offre un rôle à moitié en terrain connu, et à moitié dans l’air du temps. Il est bel et bien tel qu’en lui-même, pas de doute : grand, fort, intègre, jusqu’au-boutiste, instinctif, animal. Mais en même temps, la comparaison avec Dirty Harry n’est pas anodine : Wayne, qui a toujours marqué sa différence avec un Clint Eastwood qui n’a jamais hésité, dans ses films, à flinguer dans le dos, fait ici un petit pas vers la nouvelle génération.

Sans doute le film aurait-il d’ailleurs gagné à être réalisé par un Don Siegel : Sturges, excellent réalisateur de westerns, se laisse un peu dévorer par ses modèles (Siegel, Siegel et Siegel), et signe une mise en scène assez anodine. Mais cette tentation de Wayne de surfer avec les polars rudes et réalistes qui cartonnait à l’époque est ce qu’il y a de plus passionnant ici. Ne serait-ce que parce qu’il abat bel et bien un bad guy en lui tirant dans le dos.

Ou parce que le flingue qu’il arbore dans le climax du film, avec son long silencieux et son incroyable force de frappe, semble n’être là que pour affronter à distance le Clint et son Magnum 44, dans une sorte de concours de qui aura la plus grosse. Un peu régressif, OK, mais plutôt rigolo pour un mythe (Wayne) qui n’a plus rien à prouver depuis bien longtemps.

C’est la force du film, c’est aussi sa faiblesse. Parce que si McQ supporte la comparaison avec Magnum Force (avec des thématiques communes d’ailleurs), il ne joue clairement pas dans la même cour que L’Inspecteur Harry premier du nom, ou que Police sur la ville, autre grande réussite de Siegel.

Le film de Sturges (lui aussi en fin de carrière) n’invente rien, se contentant de calquer avec plus ou moins de réussite les recettes d’autres films, y compris la désormais incontournable scène de bagnole, avec forces travellings et gros bruits de moteurs, qui ne parvient jamais à retrouver le rythme de French Connection par exemple.

Quant à John Wayne, sa seule présence suffit, comme souvent dans ses films moyens, à assurer l’intérêt, et le plaisir. Mais il semble aussi un peu à côté de la plaque, comme s’il était paumé sans son cheval (et pour cause : il venait d’enchaîner huit westerns), à la traîne par rapport à des vedettes du polar de la nouvelle génération. Au final, c’en serait presque touchant.

Le dernier des géants (The Shootist) – de Don Siegel – 1976

Posté : 8 novembre, 2018 @ 8:00 dans 1970-1979, CARRADINE John, SIEGEL Don, STEWART James, WAYNE John, WESTERNS | Pas de commentaires »

Le Dernier des Géants

Comment voulez-vous juger objectivement un tel film ? Franchement ? OK, ce n’est ni le meilleur Siegel, ni le meilleur Wayne. Il y a certes un petit quelque chose qui cloche dans le rythme, visuellement on ne peut pas dire que ce soit enthousiasmant. Ok pour tout ça. Mais quand même : this is history. Ou plutôt, c’est à un enterrement déchirant que l’on assiste, un double enterrement, même : celui du western classique, et celui du grand Duke lui-même.

C’est donc l’ultime film de John Wayne, qui se savait condamné par cette saloperie de cancer. Et qui accepte de jouer un vieux cow-boy condamné par le cancer. Pas besoin d’aller chercher loin pour comprendre la portée du truc. Y a-t-il, dans toute l’histoire du cinéma, l’équivalent ? Et avec une légende (encore) vivante de la stature de Wayne ? Sans doute pas. De toute façon, des légendes de cette stature, il n’y en a pas eu cinquante depuis l’invention du cinéma.

Forcément, le film est émouvant. Et beau, parce que ni la mise en scène de Siegel, ni l’interprétation de Wayne n’en rajoutent dans le pathos. Le film n’est pas parfait, mais il est digne. Magnifiquement digne. En se faisant diriger par le réalisateur fétiche de Clint Eastwood, l’une des figures du nouveau western, John Wayne sait qu’il fait désormais figure de vestige d’un temps révolu. Mais un vestige qui a de la gueule, quand même, et qui n’a pas l’intention d’abdiquer avant la fin.

Il y a bien quelques regrets qui pointent dans l’histoire d’amour qui aurait pu arriver entre Wayne et Lauren Bacall, mais c’est surtout le portrait d’un homme qui aura su rester fidèle à lui-même de bout en bout. Parle-t-on de John Wayne ou de son personnage ? Il n’y a plus vraiment de différence, comme le confirme la belle ouverture du film, suite d’extraits de westerns portés par le Duke à différents âges, de Stagecoach à El Dorado en passant par Hondo ou Rio Bravo.

Quant à l’apparition de James Stewart, dans le rôle du médecin qui diagnostique le cancer, voulue par Wayne lui-même, elle semble n’être là que pour souligner encore d’avantage le poids du temps qui passe, Stewart soulignant qu’ils ne s’étaient plus vus depuis quinze ans. Quinze ans : pile la durée qui sépare The Shootish de Liberty Valance… Le regard que porte James Stewart sur son vieil ami est en tout cas bouleversant.

Avec John Wayne, c’est la mythologie de l’Ouest sauvage qui disparaît. Ce vieil homme qui chevauche difficilement à travers le pays, obligé de glisser un coussin entre sa selle et son cul fatigué, arrive dans la ville comme un intrus. Lui a vieilli, mais n’a pas vraiment changé. Mais la ville se peuple de voitures automobiles et les rues sont en voie d’être pavées. La violence qu’il amène dans cette société qui se modernise est d’autant plus frappante qu’elle n’a plus rien de naturelle.

John Wayne est formidable dans ce rôle qui aurait pu tourner à l’autocaricature larmoyante. Constamment juste, émouvant mais droit, il fait là de bien beaux adieux.

La Tour infernale (The Towering Inferno) – de John Guillermin – 1974

Posté : 26 octobre, 2018 @ 8:00 dans 1970-1979, GUILLERMIN John, NEWMAN Paul | Pas de commentaires »

La Tour infernale

Le film catastrophe n’est pas né avec La Tour infernale : le genre est à peu près aussi vieux que le cinéma, et a déjà eu une sorte d’âge d’or dans les années 30, avec des films (formidables) comme San Francisco, La Mousson, ou L’Incendie de Chicago. Et puis son producteur, Irwin Allen, avait déjà connu un gros succès deux ans plus tôt avec L’Aventure du Poséidon, sur un modèle similaire. Mais les bases que le producteur impose au genre deviennent vite incontournables. Le triomphe du film lors de sa sortie en salles n’y est pas pour rien.

La dimension biblique omniprésente quarante ans plus tôt (la catastrophe venait quasi-systématiquement débarrasser la terre de ses pêcheurs) est un peu estompée, mais il en reste quelque chose. On peut être certain que les salauds vont tous mourir, que les enfants et les animaux vont survivre, et que les couples illégitimes seront les premiers à succomber. Pas manqué ici, mais on pardonne bien volontiers cet excès de bonne conscience judéo-chrétienne : le sacrifice annoncé de ces amants qui se cachent pour s’adonner à la luxure est l’une des séquences les plus belles et déchirantes de ce film qui ne manque pourtant pas de morts.

Surtout, c’est la construction du film qui sera reprise ad-nauseum dans d’innombrables grosses productions pas toujours (même rarement) aussi inspirées : une première partie qui permet de présenter les nombreux personnages, puis une succession de morceaux de bravoure qui donnent l’occasion à un casting all-stars de briller, chacun à son tour.

En l’occurrence, le scénario (signé Stirling Silliphant, comme …Poséidon) est d’une efficacité redoutable, à la fois dans la manière d’introduire et de faire vivre (ou mourir) les personnages, mais aussi dans celle de les plonger au cœur de l’action, en évitant l’effet surenchère. Réalisateur pas toujours très inspiré (son King Kong de triste mémoire), John Guillermin l’est particulièrement pour utiliser les trois dimensions (la hauteur, surtout) de son beau décor : une tour présentée comme la plus haute du monde, à San Francisco, bientôt ravagée par les flammes.

Et quel casting ! Faye Dunaway se contente, certes, de jouer les faire-valoirs, mais tous les autres acteurs sont parfaitement bien servis : Jennifer Jones, Fred Astaire, William Holden, Robert Wagner, Robert Vaughn… et surtout Steve McQueen et Paul Newman, les deux stars du film, dont l’alchimie, même à distance, est pour quelque chose dans l’aspect toujours moderne du film. Les deux rois de la cool-attitude au cœur de l’enfer, ça a de la gueule.

Deux hommes dans la ville – de José Giovanni – 1973

Posté : 15 octobre, 2018 @ 8:00 dans * Polars/noirs France, 1970-1979, GABIN Jean, GIOVANNI José | Pas de commentaires »

Deux hommes dans la ville

La diffusion de votre film sera suivie d’un débat sur la peine de mort. Rendez-vous avec nos invités dans deux petites heures… Oui, voilà un film taillé pour les Dossiers de l’Ecran. Dommage seulement qu’il passe, un peu, à côté de son sujet.

La charge de Giovanni est sans appel, et pas toujours dans la nuance. Sauf que ce qu’il démonte, c’est peut-être moins la peine de mort en elle-même que le système judiciaire et policier, qui broie des hommes et interdit toute réinsertion. C’est aussi la bêtise et la mesquinerie.

Mais de la peine de mort, il n’est question qu’en pointillés, jusqu’à la dernière partie. Le plaidoyer de l’avocate ? Il est beau… et convenu. Un certain Badinter sera autrement plus marquant, et ce ne sera pas du cinéma. Giovanni, cela dit, a au moins le courage de mettre les pieds dans le plat, dans cette France pas encore prête à tourner la page de la trancheuse.

Le plus marquant, dans cette fin de film, c’est toute la longue dernière séquence, froide et méticuleuse, qui illustre justement un système froid et méticuleux. De cette longue et terrible séquence, ce sont les regards des deux acteurs, qui se croisent enfin après être restés longtemps baissés, qui frappent le plus.

Gabin et Delon, quand même, ça a de la gueule. Delon qui produit un film contre la peine de mort… Rien que cette incongruité, cela mérite le détour ! Et puis il est encore très acteur, à cette époque. Sa composition est juste et forte, et la plupart du temps pleine de nuances, elle. Quant à Gabin, son air fatigué et pas si désabusé que ça fait des merveilles. OK, il est dans un registre qu’il connaît par cœur, et ne surprend pas vraiment. Mais bon, c’est le patron, quand même.

Face à eux, le casting est pas mal : Michel Bouquet en authentique salaud (et flic), Victor Lanoux en gangster jovial, Bernard Giraudeau en fiston en colère, et Gérard Depardieu très jeune et très chien fou en petite frappe.

Rien de renversant, certes : Giovanni est sincère et généreux (il faut dire qu’il fut lui-même un condamné à mort, avant d’être gracié), mais pas un cinéaste très inspiré. Cela dit, il fait le job sans génie, mais avec efficacité, et avec une belle musique de Philippe Sarde pour emballer tout ça, et finir de nous plomber le moral.

Le Reptile (There was a crooked man) – de Joseph L. Mankiewicz – 1970

Posté : 21 septembre, 2018 @ 8:00 dans 1970-1979, DOUGLAS Kirk, MANKIEWICZ Joseph L., WESTERNS | Pas de commentaires »

Le Reptile

Tout cinéphile qui se respecte doit se souvenir de son premier émoi sensuel devant un écran. Le mien, c’était devant un western dont, longtemps, je n’ai pas su le titre, ni le nom des acteurs, encore moins celui du réalisateur. Bref, le seul souvenir que j’en avais, c’était celui d’un couple de jeunes gens qui s’étreignaient sur une table de billard. La jeune femme dans sa robe collée par la moiteur de l’atmosphère, et la fin tragique (le jeune homme tuait un agresseur en lui lançant une boule de billard) m’avaient profondément marqués.

Mais ce n’est que bien des années plus tard (n’allez pas croire que je suis un vieillard, quand même) que je suis retombé dessus : il s’agissait donc du Reptile, de Mankiewicz. Inutile de dire dans quel état je me suis trouvé en réalisant que mon premier émoi était dû à un cinéaste aussi important que Mankiewicz. Je devais avoir moins de 10 ans à l’époque, et déjà le sens du beau. Oui, c’est émouvant…

Cela étant dit, voir Mankiewicz s’attaquer au western à un âge avancé (c’est son avant-dernier film) est pour le moins inattendu. Evidemment, c’est un western bien atypique qu’il signe, et qui commence avec une série de gros plans sur des sabots de chevaux engoncés dans des « chaussons ». D’emblée, Mankiewicz rompt avec absolument tous les cinéastes qui ont fréquenté le genre avant lui.

Porté par une musique joyeuse et décalée, le film a des allures de comédie, impression confirmée par l’étonnant duo d’homosexuels qui passent leur temps à se chamailler, ou par un ton pince-sans-rire. Mais le fond est sombre, très sombre. Et les personnages sont, selon, des salauds ou des idiots. La palme revient à Kirk Douglas, le « héros » manipulateur qui pousse les prisonniers d’un pénitencier à se révolter pour pouvoir mettre les voiles, et qui donne son ton au film : souriant, ironique, et surtout très cynique.

Face à lui, Henry Fonda, symbole de la droiture dans le cinéma américain, dont la foi en l’être humain lui vaut quelques désagréments… De quoi lui faire voir la vie sous un autre angle. Ajoutons Warren Oates, Hume Cronyn ou Burgess Meredith, dans un très beau rôle de vieux taulard… Ce western unique de Joseph L. Mankiewicz a décidément bien de la gueule.

On en oublierait presque l’histoire, assez convenue, d’évasion. Le film vaut avant tout pour sa galerie de personnages. Et la scène de billard dans tout ça ? Anecdotique et rapidement évacuée. La prime adolescence se nourrit de peu…

Violette Nozière – de Claude Chabrol – 1978

Posté : 22 août, 2018 @ 8:00 dans * Polars/noirs France, 1970-1979, CHABROL Claude | Pas de commentaires »

Violette Nozière

C’est assez fascinant de voir à quel point Isabelle Huppert vampirise ses personnages, quels qu’ils soient. Ou plutôt comment sa présence mystérieuse irrigue tous les films dont elle est la vedette. C’est le cas de ce très beau Violette Nozière, l’une des grandes réussites de Chabrol.

L’histoire, vraie, de Violette Nozière est importante, bien sûr. Mais Chabrol en fait un sujet bien plus vaste. C’est toute une France, toute une société, qu’il dépeint. Une époque : celle qui prépare les horreurs de la seconde guerre mondiale. Et celle de Français moyens aux vies exiguës et étouffantes, et que Chabrol n’épargne pas plus que les bourgeois, sa cible éternelle.

Ce n’est pas si courant dans son cinéma : ce Chabrol-là évite toute linéarité, privilégiant une habile construction en flash-backs qui contribuent à renforcer le mystère et le malaise autour du personnage d’Huppert.

Dans les rôles des parents de Violette, Jean Carmet et Stéphane Audran sont parfaits. Ils incarnent parfaitement cette éducation castratrice, d’autant plus étouffante et angoissante qu’ils échappent à toute caricature. Plutôt attachants, même, finalement.

Quant à Isabelle Huppert, elle est inoubliable, visage insondable derrière lequel on ne sait jamais vraiment si c’est une lueur d’innocence ou une froideur sans nom qui se dégage. Elle incarne si bien le cinéma de Chabrol qu’il est surprenant que ces deux-là aient attendu dix ans pour se retrouver après cette première collaboration. Ce sera pour Une affaire de femmes, une sorte de film-jumeau de Violette Nozière. Après ça, ils ne se quitteront plus.

Le Marchand des quatre saisons (Händler der vier Jahreszeiten) – de Rainer Werner Fassbinder – 1971

Posté : 3 mai, 2018 @ 8:00 dans 1970-1979, FASSBINDER Rainer Werner | Pas de commentaires »

Le Marchand des quatre saisons

Dans la filmographie de Fassbinder, il y a un avant et un après Douglas Sirk : le réalisateur allemand n’a pas caché que sa découverte du cinéma sirkien l’avait profondément inspiré. Cette filiation se ressent dans ce Marchand des quatre saisons aux couleurs nettement plus vives que l’image habituelle de Fassbinder.

C’est un vrai mélo qu’il signe là, un film sur le désir, et surtout sur les illusions perdues. Son personnage, vendeur à la criée, traverse cette Allemagne des années 50 avec le poids de ce qu’il a été, de ce qu’il aurait pu être, du mépris qu’il inspire à sa propre famille, et des désirs qu’il ne sait pas saisir. De quoi est-il vraiment victime, cet homme perdu dans ses souvenirs ? D’un pays où le matérialisme est la norme, d’une famille qui n’a que dédain pour ce fils qui n’a pas fait fortune, d’erreurs qui continuent à peser sur son destin.

Quelques brefs flash-back mis à part, on ne voit pas grand-chose de ce passé pourtant omniprésent, que l’on sent peser sur le couple au cœur de l’histoire. Ce passé intervient d’une manière particulièrement frappante lors du repas de famille, où les souvenirs claquent littéralement (une belle utilisation du son, tout au long du film), dans une séquence d’une hallucinante violence psychologique.

Le film est cruel, violent, tendre aussi parfois. Mais il est toujours baigné par cette lourde nostalgie et ce sentiment d’échec. Cru et sensuel, mais noir, noir.

Chisum (id.) – d’Andrew V. McLaglen – 1970

Posté : 13 avril, 2018 @ 8:00 dans 1970-1979, McLAGLEN Andrew V., WAYNE John, WESTERNS | Pas de commentaires »

Chisum

Deux clans s’affrontent, notamment pour le contrôle du commerce dans une région. La situation dégénère en conflit armé et mortel. C’est un fait historique qui s’est déroulé en 1878 au Nouveau Mexique, connu comme « la guerre du Comté de Lincoln », à laquelle ont notamment pris part Billy le Kid et Pat Garrett (dans le même camps) ainsi que le grand propriétaire John Chisum.

Un rôle en or pour Wayne, initiateur du projet et vedette de ce western dont il est la principale raison d’être. Aux manettes, l’un de ses metteurs en scène habituels de l’époque : le fiston McLaglen, pas totalement dépourvu de talent, mais à la fâcheuse tendance de sur-utiliser les zooms disgracieux. Cette propension est particulièrement flagrante ici, comme son penchant pour les gros plans sur des visages barbus et grimaçants, tentative pas très convaincante de s’inspirer du spaghetti.

Tout compte fait, on préfère McLaglen en héritier naturel de John Ford, dont il reprend plusieurs acteurs (Ben Johnson, Hank Worden, John Agar) et quelques thèmes (la rencontre, pas convaincante mais intéressante, entre Chisum/John Wayne et le chef indien Buffalo Blanc). Ce sont les amitiés masculines qui sont les plus passionnantes : celle entre Chisum et son vieux partenaire un peu râleur (Ben Johnson), ou celle entre Billy et son futur meurtrier Pat Garrett.

Quant à John Wayne, il est impeccable en vieux routier arrivé au sommet et nostalgique de sa jeunesse aventureuse et violente, qui renoue tardivement avec sa Winchester et sa rage, dans un final spectaculaire et impressionnant. Une réussite, finalement.

La Rose et la flèche (Robin and Marian) – de Richard Lester – 1976

Posté : 1 avril, 2018 @ 8:00 dans 1970-1979, LESTER Richard | Pas de commentaires »

La Rose et la flèche

Très jolie idée que de confronter Robin des Bois à sa vieillesse, à ses amours de jeunesse et à sa propre légende. Richard Lester, cinéaste rarement enthousiasmant, est particulièrement inspiré ici, et signe une « suite » joliment mélancolique, qui joue habilement avec ce que la légende a retenu du personnage.

Robin (Sean Connery, en même temps impérial et grotesque, parfait) a vieilli. Après vingt ans passés aux Croisades, loin de l’Angleterre, il est de retour, à la fois le même et désenchanté : durant tout ce temps, il a découvert un Richard Cœur de Lion sanguinaire et inhumain. Et lorsqu’il rentre au pays, c’est pour retrouver une Marian entrée dans les ordres.

Le film est particulièrement réussi lorsqu’il confronte la légende à une réalité plus brute, nettement moins romantique. Robin s’amuse des chansons consacrées à ses « exploits ». Les combats sont pénibles et douloureux pour des corps marqués par les ans. Et surtout, les retrouvailles de Robin et Marian sont gauches et marquées par le poids des années perdues.

Les décors jouent un rôle très important : cette terre aride qui illustre d’emblée l’échec des rêves d’aventures de Robin, puis la mythique forêt de Sherwood, où la végétation a repris ses droits, « oubliant » le passé glorieux de Robin et sa bande qui peinent à y retrouver leurs marques.

C’est un joli film, qui donne une nouvelle dimension à un couple de légende : elle, confrontée à ses propres choix, est perdue entre sa passion passée de jeune femme et sa dévotion de religieuse ; lui, héros vieillissant et inculte, qui se raccroche à sa jeunesse avec des exploits guerriers aussi vains que désespérés.

Le Crime de l’Orient-Express (Murder on the Orient-Express) – de Sidney Lumet – 1974

Posté : 31 janvier, 2018 @ 8:00 dans * Polars européens, 1970-1979, LUMET Sidney | Pas de commentaires »

Le Crime de l'Orient Express 74

Peut-être LE fleuron du film agathachristien. Un genre en soi, auquel le film de Lumet donne des codes toujours en vigueur quarante ans plus tard, comme le prouve le tout récent remake signé Kenneth Branagh : un lieu clos (en l’occurrence un train luxueux coincé au-milieu de nulle part par la neige), un meurtre mystérieux (un sale type interprété par Richard Widmark), des personnages interprétés par des stars souvent sur le retour qui sont tous des suspects potentiels, et un enquêteur (Hercle Poirot) qui finira par dévoiler la vérité en réunissant tout ce petit monde…

Le film commence par l’enlèvement et la mort d’une fillette. Une séquence tout en sépia entrecoupée de coupures de presse qui évoque clairement, mais en changeant les noms, l’affaire Lindberg. Une tragédie qui pèsera sur tout le film, et c’est la première bonne idée : en invoquant un faits divers connu de tous, Agatha Christie (et Lumet) implique immédiatement le lecteur/spectateur, dans un crime où les suspects sont tous plus aimables que la victime.

Et quels suspects ! Ingrid Bergman (un peu cabote quand même, dans un personnage totalement privé de glamour), Lauren Bacall, Anthony Perkins, Vanessa Redgrave, John Gielgud, Sean Connery, et les frenchy Jacqueline Bisset et Jean-Pierre Cassel, sans compter Martin Balsam en patron de l’Orient-Express. Un casting impeccable, même si tous sont réduits aux seconds rôles.

Car les deux stars du film, ce sont l’Orient-Express, filmé avec des couleurs saturées voire vaporeuses qui renforcent son aspect mythique, et surtout le détective lui-même, Hercule Poirot, dans la plus célèbre de ses incarnations. A revoir le film, le mystère n’existant plus, on réalise à quel point le film repose sur la prestation d’Albert Finney, que ce soit dans le rythme ou dans le ton. Le personnage est cérébral et exubérant ? Finney réussit une interprétation tout en finesse, tout en en faisant des tonnes. Poirot, c’est définitivement lui.

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