Play it again, Sam

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Archive pour la catégorie '1960-1969'

La Horde sauvage (The Wild Bunch) – de Sam Peckinpah – 1969

Posté : 16 octobre, 2016 @ 8:00 dans 1960-1969, PECKINPAH Sam, RYAN Robert, WESTERNS | Pas de commentaires »

La Horde sauvage

Comme dit l’ami Clint dans Le Bon, la brute et le truand : « J’ai jamais eu autant de mecs se faire tuer. » Peckinpah a-t-il voulu aller plus loin encore ? Il le fait à vrai dire, peut-être pas pour la quantité de cadavres laissés sur le bord de la piste (si quelqu’un connaît quelqu’un qui a envie de faire les comptes…), mais au moins pour l’impact de la violence.

Comme le même Clint le fera vingt ans plus tard dans Impitoyable, Peckinpah se débarrasse complètement du glamour de la violence, et de toute notion de bien ou de mal. En tout cas de bien. Il y a bien quelques beaux sentiments dans cet univers d’hommes où la vie des femmes ne pèse pas bien lourd : une certaine idée de l’honneur et de la fidélité. Mais ces sentiments ont quelque chose de déjà très archaïque.

On a évidemment beaucoup parlé de la violence du film ; de cette première séquence qui se conclue, dans le sang, par une terrible fusillade au cœur de la foule ; ou de cet incroyable carnage final où les cadavres tombent les uns après les autres. Mais c’est bien le côté archaïque qui marque les esprits.

Sur le fond, finalement, le film est assez classique. Mais dans la forme, il fait en quelque sorte le lien entre le western classique et la violence du spaghetti, avec un montage rapide et percutant pour le coup révolutionnaire, et qui sera maintes fois copié. Mais le film est formidable parce qu’il raconte l’histoire d’hommes vieillissants, qui ont compris que leur temps se termine, mais qui ne savent pas comment tourner la page.

William Holden en chef de gang au bout du rouleau, Ernest Borgnine en complice conscient du dilemme de son ami, Robert Ryan en chasseur fatigué des effusions de sang, Edmond O’Brien en vieil ours rigolard, ou encore Warren Oates et Ben Johnson en hommes de main forts en gueule… C’est un casting exceptionnel qu’a rassemblé Peckinpah. Des vieux de la vieille pour la plupart, qui appartiennent eux aussi à une autre époque, celle de l’âge d’or d’Hollywood.

L’Ouest n’est plus ce qu’il était, le XXème siècle est bien entamé, l’Amérique a tourné la page des cow-boys. Et c’est un gamin qui donnera le coup de grâce. Il est temps de passer la main ? La dernière image sonnera comme une ultime révolte : ce n’est plus tout à fait comme avant, mais on n’est pas encore mort…

Le Septième Juré – de Georges Lautner – 1961

Posté : 7 octobre, 2016 @ 8:00 dans * Polars/noirs France, 1960-1969, LAUTNER Georges | Pas de commentaires »

Le septième juré

Lautner n’a pas encore connu le grand succès populaire lorsqu’il réalise Le Septième Juré (son Monocle noir a été tourné la même année). Est-ce la raison ? Voilà peut-être en tout cas le plus réussi de ses films. Le plus abouti esthétiquement en tout cas, et l’un des rares à être tenus de bout en bout, avec une vraie volonté d’imposer un style visuel et un rythme au film.

Le succès venant, Lautner aura un peu trop tendance à se reposer sur ses acteurs et ses dialogues souvent éclatants (déjà excellents ici, d’ailleurs). Mais avec cette adaptation d’un roman de Francis Didelot, il semble encore avoir l’ambition de sa jeunesse. Et dévoile ce que la suite ne confirmera pas toujours : le gars a du talent.

Dès la séquence d’ouverture, admirable flânerie sur un lac écrasé par le soleil, l’atmosphère est posée, et le malaise est là. Plus tard dans le film, une autre scène, dans un bar à la mode cette fois, créera une autre atmosphère autour des confessions troublantes d’un homme à son fils. Et puis ces soirées infinies qui réunissent les notables de la petite ville où s’est noué le drame, où la bonne humeur n’est une façade qu’on ne fait pas même mine de lustrer.

Plus qu’un film de prétoire comme le laisse entendre le titre (les scènes de tribunal ne sont d’ailleurs pas les plus convaincantes), Le Septième Juré est le portrait cruel de cette « bonne société » qui prend des arrangements confortables avec la morale et les faits, et pour qui la vérité est une notion qui ne doit surtout pas bousculer l’ordre établi.

Bernard Blier (sobre et formidable) en fera les frais, pharmacien très fréquentable choisi pour être l’un des jurés dans le procès d’un homme accusé d’un meurtre… qu’il a lui-même commis. L’idée est forte, et aurait pu donner un grand thriller, mais on est dans un tout autre registre, un véritable jeu de massacre dont à peu près personne ne sortira indemne.

Une femme dans la tourmente / Tourments (Midareru) – de Mikio Naruse – 1964

Posté : 6 octobre, 2016 @ 8:00 dans 1960-1969, NARUSE Mikio | Pas de commentaires »

Une femme dans la tourmente

Il y a toujours un bonheur immense à découvrir un cinéaste dont on sait d’emblée qu’il va nous accompagner longtemps… Je n’avais encore jamais vu de films de Naruse, et cette entrée en matière, avec une œuvre plutôt méconnue de sa filmographie, est un véritable choc. Quelle beauté, quelle émotion, et quelle pudeur dans ce portrait d’une femme qui, peu à peu mais avec cruauté, est mise aux portes de sa propre vie…

Elle est une veuve de guerre, qui vit depuis 18 ans que son mari est mort dans la maison de sa belle-famille, faisant prospérer le magasin familial avec courage et conviction. Mais quand son beau-frère revient de Tokyo après avoir plaqué son boulot, ce qu’elle croit acquis commence à vaciller.

D’abord, il y a ces commentaires qui saluent « le sacrifice » de ses 18 ans de travail, à elle qui pensait simplement être à sa place. Et puis ses belles-sœurs qui l’incitent à se remarier. Et enfin ce beau-frère plus jeune de dix ans qui lui déclare son amour…

Tout ce qui faisait sa vie vacille alors, la certitude d’être à la place qui est la sienne se transforme en doutes dérangeants, et tous les repères disparaissent. Comme un signe des temps qui changent, l’ouverture annoncée d’un nouveau supermarché dans leur petite ville menace jusqu’à l’existence de leur magasin de proximité.

Mikio Naruse accumule ces petits signes qui n’ont l’air de rien, mais qui bouleverse l’existence de Reiko, cette femme toujours jeune confrontée aussi bien à son passé qu’à son avenir. Des petits riens, vraiment, mais qui sont parfois d’une grande cruauté à l’image de cette réunion de famille toute en sourires mais qui s’apparente à une gigantesque baffe dans la gueule.

Il fallait une grande actrice pour donner corps à ces tourments. C’est Hideko Takamine, comédienne fétiche de Naruse depuis plus de vingt ans, absolument superbe, dont le regard rempli d’attentes, de détermination et de désespoir, n’est pas prêt de ne plus me hanter…

* Le film, jusqu’à présent inédit en DVD, fait partie des six longs métrages choisis par Carlotta pour accompagner sa formidable encyclopédie consacrée au cinéma japonais.

Charade (id.) – de Stanley Donen – 1963

Posté : 26 septembre, 2016 @ 8:00 dans * Espionnage, 1960-1969, DONEN Stanley | Pas de commentaires »

Charade

C’est le dernier grand film de Cary Grant, qui prendra sa retraite des plateaux trois ans plus tard, après une poignée d’ultimes apparitions plus dispensables. A presque 60 ans, il a pourtant encore une classe folle, et son ironie et son humour à froid n’ont absolument rien perdu de leur puissance comique. Au bras de l’enamouré Audrey Hepburn, qu’il ne cesse de traiter comme la gamine qu’elle est, il est absolument irrésistible.

Alors oui, si le film est aussi formidable, ce n’est pas pour cette histoire d’espionnage totalement improbable, hommage quasi-parodique à La Mort aux trousses (que Cary Grant a tourné quatre ans plus tôt) et clin d’œil amusé aux James Bond alors en vogue (les toutes premières images ne trompent pas), mais pour ce couple de cinéma complètement magique.

Dès leur première rencontre, la magie opère entre ces deux-là. Et le dialogue qui se noue entre eux, vif et drôle, rappelle clairement le Grant hawksien des années 30 et 40. Tout le film est comme ça : une sorte d’hommage léger et amoureux à l’immense carrière de Cary Grant. Des (presque) adieux parfaits et uniques dans l’histoire du cinéma.

Les méchants sont réjouissants mais limite idiots (James Coburn, George Kennedy, Walter Matthau), la violence a un aspect très cartoon selon lequel rien n’est à prendre vraiment au sérieux, le film enchaîne les fausses pistes et les rebondissements souvent téléphonés. Mais tout ça n’a aucune importance : seul compte le couple Audrey-Cary, les yeux de biche de la première et les soupirs conquis du second.

Le Ranch maudit / La Nuit du Grizzly (The Night of the Grizzly) – de Joseph Pevney – 1966

Posté : 16 septembre, 2016 @ 8:00 dans 1960-1969, PEVNEY Joseph, WESTERNS | Pas de commentaires »

Le Ranch maudit

Histoire très classique en apparence : un ancien homme de loi s’installe avec sa famille dans un ranche convoité par un riche propriétaire. On voit venir le truc : ce dernier va lâcher ses tueurs pour obtenir ce qu’il veut… Eh bien pas du tout. Certes, le propriétaire terrien est un homme puissant qui ne fait pas de cadeaux à notre héros (Clint Walker, plus baraqué qu’intense), mais en guise de tueurs, il n’a que deux fils bagarreurs, un peu idiots, mais pas foncièrement dangereux.

D’où vient le danger, donc ? Parce qu’on est dans un western, quand même… De cet ennemi juré de l’ancien homme de loi qui refait surface comme par miracle ? Pas vraiment non plus. Ah oui, il y a Jack Elam à l’affiche, ça ne peut être que lui le vrai méchant. Même pas… Fait rarissime (quasi-unique, même) : Elam, l’une des gueules les plus patibulaires du western, a un rôle sympathique. Très sympathique, même. Alors de où ?

Eh bien d’un grizzly, comme le titre original l’annonce un peu prématurément. Un vrai grizzly sanguinaire et retors, qui sème la terreur dans la région. Le clou du film sera donc non pas le traditionnel duel aux revolvers, mais une longue traque dans les montagnes… Et ce n’est pas la seule particularité de ce western léger et bien mené. Outre un Jack Elam gentil, on y croise ainsi une poule ivre, une ville où l’alcool est prohibé, et une bienveillance à tous les étages.

Un vrai western familial, donc, malgré un grizzly assez impressionnant qui multiplie les victimes (du bétail surtout, mais pas que), qui sera le dernier film réalisé par Joseph Pevney pour le cinéma.

Représailles en Arizona (Arizona Raiders) – de William Witney – 1965

Posté : 7 septembre, 2016 @ 8:00 dans 1960-1969, MURPHY Audie, WESTERNS, WITNEY William | Pas de commentaires »

Représailles en Arizona

Le film commence par un incroyable prologue, interminable monologue face caméra d’un journaliste qui raconte la vie et les exactions de Quantrill (Quantrell, dans le film). Une séquence apparemment ajoutée au film après sa sortie, peut-être pour sa diffusion à la télévision. Assez hallucinante… et totalement inutile, une voix off résumant en quelques secondes la même chose, lorsque le film commence vraiment. Une curiosité, en tout cas, dont l’originalité donne d’emblée un ton différent au film.

C’est en effet un western assez atypique. Si les personnages sont relativement convenus, la construction du film l’est beaucoup moins, avec ces premières scènes qui racontent la chute de Quantrill, et qui ressemblent dans leur aspect spectaculaire et dans leur rythme, au final attendu. Mais ce n’est que le début.

Audie Murphy (qui retrouve Quantrill quinze ans après Kansas Raiders) est excellent, particulièrement intense dans le rôle d’un ancien héros de guerre, ancien hors-la-loi, qui hésite sur le chemin à suivre.

Excellent aussi, Buster Crabbe, dans le rôle secondaire du capitaine Andrews. Sans doute le rôle de la maturité le plus marquant, pour l’ancien interprète de Flash Gordon. Très charismatique.

Aux commandes, William Witney, qui fut l’un des grands spécialistes du serial, et dont la mise en scène est assez formidable, à la fois pour le rythme qu’il donne au film, et pour l’utilisation des décors, en particulier dans ce village indien dont les murs, les croix, et le moindre relief donnent une profondeur aux images.

L’Arnaqueur (The Hustler) – de Robert Rossen – 1962

Posté : 5 septembre, 2016 @ 8:00 dans 1960-1969, NEWMAN Paul, ROSSEN Robert | Pas de commentaires »

L'Arnaqueur

Paul Newman disait en 1987, lorsqu’il reprenait le rôle d’Eddie Felson dans La Couleur de l’Argent, que c’est dans le beau film de Martin Scorsese qu’il se trouvait pour la première fois bon acteur. Un signe flagrant d’autoflagellation très injustifié. Parce que même si c’est avec sa suite tardive, vingt-cinq ans plus tard, que Newman décrochera l’Oscar, il est absolument magnifique dans le film de Robert Rossen, superbe portrait d’un pur looser.

Et il fallait un interprète habité pour ce rôle, variation sur fond de billard de Sang et Or, le sublime « film de boxe » que Robert Rossen avait réalisé avec John Garfield, autre looser magnifique du cinéma américain. Comme pour la boxe, Rossen filme d’une manière incroyablement dynamique les innombrables parties de billard qui émaillent le film. Non comme de simples interludes, mais comme autant de marches (vers le haut ou vers le bas ?) dramatiquement franchies par Felson/Newman.

L’atmosphère est purement fascinante, grâce aussi à une photo sublime et à une interprétation de première classe : Piper Laurie en alcoolique paumée, à des années lumière de ses fantaisies des années 50, et Jackie Gleason dans le rôle du rival dont la superbe tranche cruellement avec l’attitude autodestructrice de Newman. Le regard désolé qu’il porte à ce dernier, qui se laisse entraîner par son obsession, est un grand moment de cinéma.

Lutte sans merci (13 West Street) – de Phillip Leacock – 1962

Posté : 9 juillet, 2016 @ 8:00 dans * Polars US (1960-1979), 1960-1969, LEACOCK Phillip | Pas de commentaires »

Lutte sans merci

Vingt ans après Tueur à gages, il a pris cher Alan Ladd, prématurément vieilli et bouffi, loin du charme animal et dangereux de ses grandes années. Sa carrière, d’ailleurs, est en plein déclin lorsqu’il tourne ce thriller qu’il produit lui-même, comme une ultime chance de retrouver les sommets. Le résultat est loin d’être à la hauteur : Lutte sans merci est un « vigilante movie » poussif et visuellement assez laid, qui manque cruellement de rythme.

La faute à un réalisateur guère inspiré, parce que le scénario, qui préfigure des tas de films à venir basés sur l’idée de l’autojustice (pas souvent formidables, du fameux Justicier dans la ville de Bronson au pénible A vif avec Jodie Foster), n’est pas si mal. Plus que l’autodéfense, c’est vraiment le traumatisme de la violence qui est au cœur du film. Et Ladd incarne parfaitement cette idée d’un homme normal et sans histoire, incapable de tourner la page après avoir été victime d’une agression gratuite et sauvage.

Un scénario qui ne joue pas la carte de la surenchère, préférant miser sur une atmosphère troublante et paranoïaque. Il y a bien un méchant, finalement plus pathétique que diabolique, mais le film met surtout en évidence les petits défauts, les mesquineries et les imperfections de chacun : les coupables, les victimes, et même la police.

Loin des clichés du superflic ou, au contraire, du policier incompétent, Rod Steiger est lui aussi remarquable. A priori, un duo Ladd-Steiger pouvait faire craindre le pire : face à Ladd le taciturne, Steiger l’exubérant aurait pu assommer le film. Il n’en est rien : inhabituellement sobre, l’acteur est absolument parfait.

Malgré tout ça, le film ennuie un peu, et laisse un goût d’inachevé. Trop polissée, trop anonyme, la mise en scène ne convainc jamais vraiment. Dommage.

* DVD dans la collection « Film noir, femme en danger » de Sidonis/Calysta, avec des présentations de Patrick Brion et François Guérif.

L’Île de la Terreur (Island of Terror) – de Terence Fisher – 1965

Posté : 10 juin, 2016 @ 8:00 dans 1960-1969, FANTASTIQUE/SF, FISHER Terence | Pas de commentaires »

L'Île de la Terreur

Il y a deux écueils qu’il faut avoir le courage de surmonter pour apprécier ce petit film d’épouvante anglais. D’abord, les scènes d’ouverture pré-génériques, d’une platitude visuelle décourageante. Et puis la première apparition plein écran des créatures mortelles qui sèment la mort. Des créatures, disons… croquignolesques. De quoi, en tout cas, refaire tomber la pression !

Tourné par Fisher dans la foulée de ses Dracula, L’Île de la Terreur permet au réalisateur de retrouver Peter Cushing, et de rompre avec l’horreur gothique pour un film fantastique à l’atmosphère assez originale. Cushing y joue un scientifique (pas une première, non) qui arrive sur une île coupée du monde pour étudier un corps découvert mystérieusement sans squelette. Il y découvre l’existence d’une créature mortelle apparue lors d’une expérience scientifique foireuse, créature qui se multiplie sans qu’on puisse l’arrêter.

Fisher s’y connaît lorsqu’il s’agit de foutre la trouille. Et il y réussit fort bien ici encore, avec une remarquable économie de moyens. Un simple rocher et l’angoisse de ce qu’il peut cacher suffisent ainsi à distiller la peur. L’interprétation est plus inégale. Si Peter Cushing est impeccable, Edward Judd, dans le rôle de l’autre scientifique, est nettement plus terne. Mais il y a une certaine chaleur chez la plupart des seconds rôles.

Là où le film est le plus réussi, c’est dans la peinture de ce microcosme vivant en retrait du monde. Il y a d’ailleurs quelque chose d’étrangement westernien dans cette petite île perdue au large de l’Irlande, qui évoque une petite ville de l’Ouest au milieu du désert, avec son maire, son médecin, ses étrangers, et même son shérif. Le « siège » final, durant lequel les habitants se réfugient dans une salle communale, ne pouvant que deviner la présence des créatures, n’est d’ailleurs pas sans évoquer le formidable Quand les tambours s’arrêteront. Une référence pour le moins inattendue pour un film d’épouvante made in England.

Les 100 Fusils (100 Rifles) – de Tom Gries – 1969

Posté : 7 juin, 2016 @ 8:00 dans 1960-1969, GRIES Tom, WESTERNS | Pas de commentaires »

Les 100 Fusils

Dès le générique de début, très stylisé et dominé par la musique tonitruante (et très réussie) de Jerry Goldsmith, l’influence du film est claire : Sergio Leone est passé par là, et c’est au tour du western italien de dicter sa loi sur le genre. Pas toujours pour le meilleur : on ne peut pas dire que cette période soit la plus passionnante pour le western américain.

Tom Gries s’en sort plutôt bien, même s’il reste parfois prisonnier de l’esthétique imposée par Leone dans ses films : gros plans, visages en sueur, excès de violence avec quelques gros plans pseudo-gores pas toujours du meilleur goût… Jusqu’aux décors (naturels) qui semblent tout droit sortis de Pour une poignée de dollars, entre des villages mexicains blancs, déserts et poussiéreux, et des collines arides et austères.

Le film ne manque ni de rythme, ni de rebondissements, et alterne efficacement l’aventure rigolarde et la violence plus rude. C’est l’histoire assez traditionnelle d’Indiens mexicains persécutés par de cruels militaires, qu’un policier américain (et noir), à la poursuite d’un voleur de banque avec lequel il se liera d’amitié, finira par aider.

Classique, donc, sauf que le scénario (co-écrit par le réalisateur) glisse quelques piques cyniques plus inattendues : l’idée que les persécutés peuvent devenir aussi violents et inhumains que leurs bourreaux, ou celle selon laquelle les minorités opprimées peuvent elles aussi être dominées par des réflexes racistes. C’est ce qui donne l’une des scènes les plus intéressantes, lorsque l’Indienne Raquel Welch se refuse au noir Jim Brown par pur réflexe ségrégationniste.

Pas exactement les meilleurs acteurs du monde, mais les personnages ne manquent pas d’intérêt. Moins pour la relation amoureuse interraciale qui semble-t-il était provocante à l’époque, que pour les liens de haine-amitié entre Jim Brown et Burt Reynolds, en chien-fou assez amusant. Et puis il y a la fameuse scène de la douche de Rachel Welch, dont la chemise trempée ne cache rien de son corps spectaculaire. On pourrait se dire que cette scène, comme celle où elle dégrafe son corsage pour tromper son ennemi, sont parfaitement gratuites. Peut-être. Mais elles sont les plus mémorables…

* Blue ray chez Sidonis/Calysta dans la collection Westerns de Légende, avec des présentations très bienveillantes de Bertrand Tavernier et Patrick Brion.

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