Play it again, Sam

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Archive pour la catégorie '1960-1969'

Mirage (id.) – d’Edward Dmytryk – 1965

Posté : 28 septembre, 2020 @ 8:00 dans * Polars US (1960-1979), 1960-1969, DMYTRYK Edward | Pas de commentaires »

Mirage

Une panne de courant dans un grand immeuble de New York, et c’est toute la vie de Gregory Peck qui s’éteint. Quand la lumière se rallume, ce qu’il tient pour la vérité semble fuir devant lui. Il a du mal à comprendre certains comportements : cette femme qu’il ne connaît pas qui l’appelle par son prénom, ce barman qui ne sait pas quoi lui servir quand il demande sa boisson habituelle… sans compter ces quatre étages disparus, ou son bureau introuvable…

L’amnésie est un thème souvent prometteur au cinéma. Il l’est ici, tout particulièrement. Mirage n’est pourtant pas le film le plus tenu de Dmytryk. La mise en scène manque d’un certain dynamisme, la tension peine à s’installer, et le noir et blanc paraît bien plat et terne.

Comme l’interprétation de Gregory Peck d’ailleurs, qui paraît curieusement passif, flottant, comme en retrait. Mais ce flottement annonce la révélation finale, et tous les doutes qui y mènent. Pourquoi est-il amnésique ? Depuis combien de temps?…

En faisant planer le doute, mine de rien, Dmytryk réinvente l’idée d’amnésie au cinéma, transformant ce thriller aux méchants assez convenu en un cauchemar kafkaïen dont l’immeuble de bureaux est le meilleur des décors.

Un personnage, au moins, n’est pas convenu, c’est le privé débutant que jour Walter Matthau, respiration enthousiasmante au cœur de ce cauchemar de plus en plus angoissant. Matthau apporte un décalage bienvenu, et un ancrage dans la réalité, qui rendent le drame plus puissant.

Le Cave se rebiffe – de Gilles Grangier – 1961

Posté : 26 septembre, 2020 @ 8:00 dans * Polars/noirs France, 1960-1969, GABIN Jean, GRANGIER Gilles | Pas de commentaires »

Le Cave se rebiffe

Gabin, Grangier, Audiard, Simonin… La routine, quoi, pour ce polar 60s taillé sur mesure pour la star. Surprise ? Néant. Plaisir ? Raisonnable, malgré tout. Gabin est dans sa zone de confort, et n’en sort jamais. Audiard lui taille des dialogues improbables qui font se pâmer une partie des spectateurs (« Si la connerie se mesurait, il serait le mètre-étalon »). Et Grangier emballe tout ça en faisant bien attention de ne jamais bousculer.

C’est assez typique d’une partie de la filmographie de Gabin, ces années-là : cette zone de confort que rien ne vient perturber. Il y a dans Le Cave se rebiffe cette ambiance confortable que la Nouvelle Vague pointera du doigt avec tant de virulence, souvent avec excès, parfois avec beaucoup de mauvaise foi. Difficile quand même de ne pas reconnaître que ce cinéma-là est bien paresseux, au point d’en être franchement agaçant.

Et on sent bien que Gabin n’est pas étranger à cette ambiance. Il fait le boulot, mais en service minimum, comme si à ce stade de sa carrière il ne voulait surtout pas qu’on le bouscule. OK, mais on accepterait bien volontiers de se faire bousculer un peu plus que ça… Gabin n’arrive d’ailleurs que tardivement dans l’histoire, tiré de sa retraite par un Blier nettement plus impliqué, qui lui vole la vedette dans pas mal de scènes.

Même en dilettante, il reste meilleur que bien des acteurs, Gabin, et le film se regarde avec un plaisir paresseux. Mais il n’y a guère que face à Françoise Rosay que la star laisse apparaître autre chose que cette routine confortable : comme un éclair nostalgique entre ces vieilles badernes lancées dans un dernier baroud d’honneur…

Alamo (The Alamo) – de John Wayne – 1960

Posté : 19 septembre, 2020 @ 8:00 dans 1960-1969, FORD John, WAYNE John, WAYNE John, WESTERNS | Pas de commentaires »

Alamo

John Wayne l’avait dans les tripes, ce film. À l’image de Davy Crockett évoquant avec ferveur l’effet que le mot République lui procure, la star s’y livres sans doute comme jamais. Davy Crockett (mais aussi Jim Bowie), c’est l’incarnation de l’homme américain tel que le voit Wayne. Alamo est plus qu’un baptême du feu derrière la caméra pour lui, c’est une sorte d’aboutissement, de synthèse, de sommet de tout ce qu’il a fait.

Bien sûr il a un paquet d’authentiques chefs d’œuvre derrière lui, et quelques-uns à venir, mais Alamo est son grand œuvre à lui : un film qu’il a porté pendant plus de quinze ans avant de pouvoir, enfin, en assurer la paternité. Première mise en scène, donc. Et du scénario de son complice James Edward Grant, il tire un western ambitieux, ample et intime à la fois, maîtrisé de bout en bout, et simplement formidable.

2h40 qui passent comme un souffle. Alamo est un film d’une fluidité parfaite. John Wayne maîtrise si bien son sujet que tout semble naturel, dans sa narration. Dans les scènes épiques, ou des centaines de figurants apparaissent, sa caméra épouse le spectaculaire décor avant de se recentrer sur deux, ou trois personnages, créant immédiatement une sorte d’intimité.

Le trio principale (Wayne, Richard Widmark et Laurence Harvey) et les second rôle (Guinn Williams, Hank Worden, Ken Curtis… que du bon) sont formidables. Mais la mise en scène l’est aussi. Les batailles, amples et fluide. Les face à face, intimes et pleins de tension. Les scènes nocturnes, surtout, d’une grande beauté visuelle… John Wayne réussit sur tous les tableaux.

Longtemps, la paternité du film a été mise en doute, la présence de John Ford sur le plateau laissant planer le doute sur les talents véritables de Duke. Il semble au contraire que Wayne ait confié quelques plans secondaires à son mentor, histoire de se débarrasser de cette présence écrasante. Alamo, c’est bien le film de John Wayne. Et c’est un chef d’œuvre.

Duel au couteau (I coltelli del vendicatore) – de Mario Bava – 1965

Posté : 8 juillet, 2020 @ 8:00 dans 1960-1969, BAVA Mario | Pas de commentaires »

Duel au couteau

Prenez Les Vikings de Richard Fleischer, prenez le Shane de George Stevens, mettez tout ça dans un shaker made in Italy, secouez bien, demandez à Mario Bava de servir, et vous obtiendrez, avec un peu de chance, quelque chose d’aussi enthousiasmant que ce Duel au Couteau, grand moment du film de genre à l’italienne.

« Film de genre à l’italienne », c’est-à-dire revisite de genres souvent typiquement américains. En l’occurrence le film de Vikings. Ou le western. Le film de Vikings à la mode western, disons. Mais c’est Bava qui réalise, un Bava au sommet de son talent, plus inspiré que jamais. Le scénario, qui doit aussi à la tragédie antique, est aussi simple qu’intense ? Sa mise en scène le magnifie, avec une virtuosité et, oui, une intensité remarquables.

Et quitte à devoir réutiliser le mot « intense », le moindre de ses plans, hyper dessiné et hyper percutant, rajoute à cette intensité en jouant sur la profondeur de champs, isolant un visage au premier plan en l’opposant au cadre qui l’entoure. Du De Palma avant l’heure avec une touche de John Carpenter. Un grand réalisateur, qui tire le meilleur de son manque de moyen : jamais ce manque de moyen ne vient amoindrir la force des images.

Cameron Mitchell, minéral et massif, est formidable (oserais-je dire intense ?) dans le rôle de ce voyageur mystérieux qui prend sous son aile la femme et le fils d’un roi disparu en mer. Un homme au passé chargé, forcément, confronté à son destin et qui ose rêver à un avenir dont on sait qu’il n’est pas pour lui.

Les scènes d’action sont superbement filmées, souvent en clair-obscur avec une utilisation très dynamique des décors. Mais si le film est si réussi, c’est que Bava sait ménager de longs moments apaisés, qui donnent de l’épaisseur à des personnages qui ne sont lisses qu’en apparence.

Le cinéma de genre italien n’est pas toujours hyper fin. Mais de ce niveau, ce cinéma si référencé se hisse à la hauteur de ses modèles. Avec un style fou, une certaine élégance… et une belle intensité.

Baisers volés – de François Truffaut – 1968

Posté : 2 juillet, 2020 @ 8:00 dans 1960-1969, TRUFFAUT François | Pas de commentaires »

Baisers volés

Désormais jeune homme, Antoine Doinel se cherche. Il va d’un boulot à l’autre, veilleur de nuit, détective privé ou réparateur de télé. Il vagabonde d’une prostituée à une femme mûre et mariée, tournant autour de l’amour de sa vie…

Et Truffaut filme des moments fugaces, des petits bonheurs et des doutes, de ces petits riens qui font les grands souvenirs. Il y a toujours quelque chose de ça dans Baisers volés : ce sentiment que les petits moments de la vie de Doinel sont avant tout des souvenirs qu’il se forge.

D’où cette étrange nostalgie qui recouvre ce film, pourtant dédié à la naissance d’un amour, et à la jeunesse, cet âge de tous les possibles. Douce nostalgie qui apparaît même dans les moments de pure comédie, à travers le regard grave d’Antoine, qui semble inquiet même lorsque, enfin, sa vie semble prendre un tournant apaisé.

Il est en tout cas irrésistible, gamin amouraché de Fabienne Tabard (inoubliable Delphine Seyrig), la femme du patron ; ou ricanant de l’autorité militaire. Irrésistible et touchant, conscient de la précarité de tout. Ce que Truffaut suggère d’ailleurs en filmant un Paris inhabituellement calme, et en basant son intrigue en février 1968, alors que la Cinémathèque française est en plein trouble… en attendant d’autres remous.

Nostalgique, mais léger, Truffaut filme des personnages hauts en couleur. La palme à Michael Lonsdale, extraordinaire en patron tyrannique, odieux et imbu de lui-même qui ressent « comme une animosité » dans son entourage.

Christine, le joli personnage interprété par Claude Jade, apparaît comme une douce incarnation de la stabilité qui a toujours fui Antoine… Le couple qu’elle forme avec Jean-Pierre Léaud est d’une beauté presque enfantine.

Le Gentleman d’Epsom – de Gilles Grangier – 1962

Posté : 30 juin, 2020 @ 8:00 dans 1960-1969, GABIN Jean, GRANGIER Gilles | Pas de commentaires »

Le Gentleman d'Epsom

Grangier, Gabin… L’association des deux a donné quelques belles réussites. Mais pas que. Eh ! Tout n’est pas à jeter dans Le Gentleman d’Epsom, qui se regarde avec un plaisir distendu, mais parfois bien réel. Mais quand même : entre un Gabin qui gabinise en roue libre, et un Michel Audiard qui s’écoute écrire des dialogues qui la ramènent, c’est un film estampillé « cinéma à papa », très anodin.

C’est d’ailleurs assez remarquable de constater que le film se termine comme il a commencé, avec des personnages qui n’ont pas changé d’un iota en cours de route, qui n’ont ni avancé, ni reculé. Le mot « fin » apparaîtrait cinq, dix, ou quinze minutes plus tôt que, franchement, ça ne ferait pas une grande différence.

Grangier, qu’on a connu nettement plus inspiré (Le Rouge est mis), se contente d’une mise en scène purement fonctionnelle, totalement au service de sa star, qu’il ne dirige pas. Mais c’est Gabin. Alors il a beau cabotiner à mort, eh bien c’est Gabin, et il assure le spectacle, dodeline en déclamant, avec une diction et une démarche nonchalantes qui donnent son rythme au film.

Et puis, peut-être parce qu’on guette, on se surprend à le trouver émouvant dans la séquence centrale avec Madeleine Robinson (très bien), grande dame et ancien amour, pour qui il joue les rupins alors qu’il vit d’escroqueries et de frimes. Soudain, face à cette incarnation d’une jeunesse disparue, un peu de fragilité apparaît, et c’est assez beau.

Beau, et furtif. Le film se concentre nettement plus sur les champs de course où sévit le « gentleman », et où le béotien peut ne pas vibrer. On se rattrape sur les seconds rôles, sympas (Paul Frankeur, Jean Lefebvre…), sur quelques moments plutôt marrants, et on oublie au passage les grimaces insupportables d’un De Funès que le film résume à une caricature de lui-même, bruitages compris dans sa première scène. Le film, de toute façon, ne vaut que par et pour Gabin.

Coups de feu dans la sierra (Ride the high country) – de Sam Peckinpah – 1962

Posté : 24 juin, 2020 @ 8:00 dans 1960-1969, PECKINPAH Sam, WESTERNS | Pas de commentaires »

Coups de feu dans la Sierra

Le Far West, début du 20e siècle. Deux cow-boys vieillissants et dépassés, ou pas loin de l’être. Le thème est à peu près aussi vieux que le western lui-même, mais c’est Peckinpah derrière la caméra, avec son regard si acéré posé sur les survivants…

Il y a de l’ironie dans Ride the high country : l’apparition de Joel McCrea, dans une ville en fête où il se croit acclamé par une foule qui, en fait, assiste à une course entre des chevaux… et un chameau. Le passage soudain d’une automobile enfonce le clou : ce type a beau avoir bien belle allure sur son cheval, les passants l’appellent « old timer », il appartient à une époque révolue.

Comme son vieux pote Randolph Scott, qu’il découvre par hasard en habits de foire version Buffalo Bill, triste copie clownesque de l’aventurier qu’il fut dans son jeune temps. Peckinpah filmer la dernière chevauchée de ces vieux de la vieille, mais en les confrontant constamment à des jeunes pris dans le tourbillon de cette jeunesse qui, à eux, ne leur a laissé que des souvenirs.

Comme souvent chez Peckinpah, c’est moins la violence qui marque les esprits (même si chaque mort est marquante) que la trace que veulent laisser les vivants. Le rythme est tendu, les décors spectaculaires, l’action percutante… Pourtant, le film donne une impression d’intimité étonnante. D’intimité, et de langueur, comme si le moindre geste (comme se laver les pieds) était un rebondissement majeur dans la vie de ces hommes.

Film nostalgique et digne pour Peckinpah, grand baroud d’honneur pour Randolph Scott et Joel McCrea (dans leurs derniers grands rôles), deux grandes figures du western à qui le cinéaste rend un hommage définitif et magnifique.

Film (id.) – de Samuel Beckett et Alan Schneider – 1965

Posté : 19 juin, 2020 @ 8:00 dans 1960-1969, BECKETT Samuel, COURTS MÉTRAGES, FILMS MUETS, KEATON Buster, SCHNEIDER Alan | Pas de commentaires »

Film

Étrange chose que cette rencontre entre Samuel Beckett et Buster Keaton… Visiblement fasciné par le langage cinématographique, l’auteur en livre une sorte d’allégorie, burlesque et sombre, séduisante et opaque.

Aucun son, si ce n’est un « Chut ! » retentissant, des décors dépouillés (un terrain vague et une pièce vide), Keaton seul à l’écran (à l’exception de trois courtes apparitions), et filmé de dos, sans que son visage n’apparaisse avant les derniers instants…

Avec Film, Beckett ne facilite pas la tâche du spectateur, mais il crée un malaise tenace. Le film se ressent plus qu’il ne se comprend vraiment. On saisit toutefois qu’il est question de regard, de la violence de la caméra. Les trois « autres » acteurs qui apparaissent sont pris de terreur lorsque le regard tombe sur l’axe de la caméra.

Puis Keaton fait tout pour éviter le regard : celui de la caméra donc, à laquelle il tourne constamment le dos, mais aussi le sien, celui de son reflet. Celui des animaux aussi, poisson rouge ou moineau en cage qu’il tente de faire disparaître.
Puis des photos, moments saisis par un objectif et immédiatement envolés… Beckett dresse un parallèle troublant entre ces images captées et la vie qui s’écoule sans qu’on puisse la retenir.

Film est une sorte de chant du cygne pour Buster Keaton. Un film qu’il n’a ni compris, ni aimé. L’atmosphère, c’est vrai, rappelle moins son cinéma à lui qu’il n’annonce celui de David Lynch. Il y a clairement quelque chose de lynchien, notamment le Lynch des courts-métrages, dans la manière de filmer les mouvements, de faire naître l’angoisse et le trouble à partir de situations absurdes et opaques.

Le Corniaud – de Gérard Oury – 1964

Posté : 12 juin, 2020 @ 8:00 dans 1960-1969, OURY Gérard | Pas de commentaires »

Le Corniaud

Énorme succès populaire, multidiffusé, culte pour sa confrontation entre Bourvil et De Funès, pour la première fois au même niveau en haut de l’affiche… Et après ? Pas grand-chose à se mettre sous la dent dans cette comédie d’aventure au scénario incroyablement paresseux.

Si le face-à-face entre les deux stars fonctionne un peu, c’est en grande partie grâce au concours de cabotinage auquel ils se livrent. De Funès s’impose dans ce registre, bien sûr, en en faisant des tonnes pour compenser les lacunes du scénario, et même de la mise en scène.

Oury est un réalisateur plutôt appliqué généralement. Il réussit d’ailleurs quelques scènes (la bagarre nocturne, drôlement décalée). Mais il semble la plupart du temps totalement en roue libre, comme subjugué par ses vedettes dont il ne sait pas vraiment quoi faire.

Du coup, tous les deux en rajoutent dans leurs registres respectifs, faisant du De Funès pour l’un (De Funès), et du Bourvil pour l’autre (Bourvil). Ce qui suffit parfois pour nous faire rire franchement (« Elle va marcher beaucoup moins bien »… « C’est pas grave ! Qu’est-ce qu’il y a ? »). Mais parfois non.

Oury sera, en tout cas, nettement plus inspiré avec son carton suivant, La Grande Vadrouille, où les deux mêmes cabotineront avec autant de jubilation, mais beaucoup plus de maîtrise.

Antoine et Colette – de François truffaut – 1962

Posté : 3 juin, 2020 @ 8:00 dans 1960-1969, COURTS MÉTRAGES, TRUFFAUT François | Pas de commentaires »

Antoine et Colette

Trois ans après Les 400 coups (et cinq ans avant Baisers volés), Truffaut retrouve son personnage d’Antoine Doinel, pour le segment français d’un film à sketchs international, L’Amour à 20 ans, qui n’est à peu près connu aujourd’hui que pour sa participation (même si Andrzej Wajda et Marcel Ophüls ont également signé des segments).

Antoine et Colette est un film à la fois très différent du précédent, et qui s’inscrit dans sa continuité, avec plusieurs références directes. Antoine, le gamin en mal d’amour parental, est devenu un ado en quête d’amour, et qui fait face à des problèmes plus universels que ceux qui étaient les siens autrefois : la douche froide de l’amour unilatéral.

Marie-France Pisier, toute jeune, est le pendant féminin de Jean-Pierre Léaud. Même phrasé, même air dégagé. Entre les deux, la rencontre est pleine de promesses, de tensions, et de frustration, sentiment que Doinel expérimente à plein !

Il y a au moins deux aspects formels passionnants dans ce court métrage de vingt minutes à peine. D’abord, la manière dont Truffaut isole constamment ses personnages principaux, y compris dans la foule. Par des gros plans, des allers-retours entre l’un et l’autre, par des caches (procédé désuet qu’il utilise dans une grande partie de ses films), ou par des cadres naturels dans le plan.

Ensuite, la bande-son, exceptionnelle, qui utilise aussi bien des grands airs classiques (Ah ! ce réveil d’Antoine qui ouvre ses fenêtres sur Paris !) que des chansons françaises populaires, dont il ne retient parfois qu’une phrase.

Étape indispensable dans la saga Doinel, Antoine et Colette est aussi un jalon loin d’être anodin dans la filmographie de Truffaut.

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