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Archive pour la catégorie '1960-1969'

Un train pour Durango (Un treno per Durango) – de Mario Caiano – 1968

Posté : 14 mai, 2013 @ 10:27 dans 1960-1969, CAIANO Mario, WESTERNS | Pas de commentaires »

Un train pour Durango (Un treno per Durango) – de Mario Caiano – 1968 dans 1960-1969 un-train-pour-durango

Retour au spaghetti après l’excellent Texas. Ce Train pour Durango fait partie de la même vague de DVD proposée par l’éditeur Artus, spécialisé dans la curiosité du cinéma de genre. Celui-ci est quand même nettement moins excitant que le film de Valerii. Beaucoup plus proche de la parodie, même s’il y a une vraie originalité dans cette histoire de deux losers absolus qui se retrouvent embarqués malgré eux dans une chasse au trésor en plein cœur d’un règlement de comptes entre gangs rivaux. Oui, une espèce de parodie « lose » de Pour une poignée de dollars, l’acte de naissance officiel du western spaghetti.

Le réalisateur Mario Caiano réussit au moins une chose : faire de son film un mouvement continu qui parvient à maintenir l’intérêt en surprenant continuellement le spectateur. Un va-et-vient incessant entre l’humour (souvent noir, parfois lourdingue), l’action (les fusillades s’enchaînent) et l’extrême gravité (l’histoire se met en place à la suite d’un carnage hallucinant dans un train).

C’est à la fois la force et la faiblesse du film : savoir changer continuellement de ton. La force, parce que ces variations empêchent l’ennui de s’installer. La faiblesse, parce qu’enchaîner un massacre particulièrement cruel et sanglant, et un gag digne de Terence Hill et Bud Spencer a de quoi laisser pantois.

Dès la première scène d’ailleurs, le réalisateur fait le choix de dérouter, en présentant l’un de ses deux héros (Anthony Steffen, gentil idiot) avec une balle dans le cul. Étonnant… Et ces détails comiques outranciers n’en finissent plus, malgré la violence omniprésente qui, elle, n’est pas filmée au rabais. Mais ces accès de violence sont systématiquement désamorcés par des dialogues assez drôles, ou par les apparitions régulières d’un étrange justicier en costume rayé qui traverse l’Ouest sauvage en automobile.

Étrange western spaghetti, vraiment, qui respecte toutes les règles du genre (une musique tonitruante, des scènes très violentes, des grands espaces, de la sueur, du sang…), mais avec une approche parodique très inattendu…

Texas (Il Prezzo del Potere) – de Tonino Valerii – 1969

Posté : 14 mai, 2013 @ 10:23 dans 1960-1969, VALERII Tonino, WESTERNS | Pas de commentaires »

Texas (Il Prezzo del Potere) – de Tonino Valerii – 1969 dans 1960-1969 texas

Il n’y a pas que Leone et Corbucci dans le monde du spaghetti. Le non-spécialiste absolu que je suis a découvert avec un immense plaisir ce western italien signé Tonino Valerii (le réalisateur de Mon nom est Personne), assez passionnant et visuellement très impressionnant.

Le film possède les défauts qui me semblent inhérents au genre : une sur-utilisation du zoom (il n’y a décidément pas pire effet cinématographique) et une musique hyper présente, très inspirée de celles de Morricone. Un rien étouffante.

Mais surtout, il y a dans ce film un soin rare apporté à chaque plan, jusqu’au plus anodin. Et notamment l’utilisation d’un effet qui deviendra, plus tard, l’une des marques de fabriques les plus fascinantes de Brian De Palma : une image qui présente à la fois un très gros plan très net, et un arrière plan tout aussi net. Cet effet, presque généralisé dans les scènes de dialogues, illustre parfaitement la volonté de Valerii de soigner l’esthétique de son film, et renforce le malaise de ces scènes.

Côté scénario aussi, le film affiche une vraie ambition. Derrière cette histoire d’un ancien soldat impliqué malgré lui dans l’assassinat du président des Etats-Unis (joué par Van Johnson, l’écrivain aveugle de A 23 pas du mystère) se dissimule à peine l’assassinat de JFK, survenu six ans plus tôt, et que le film revisite façon western.

Le titre original (« le prix du pouvoir ») est d’ailleurs plus parlant que le titre français, Texas, qui rappelle quand même que l’histoire se déroule bel et bien à Dallas. On peut quand même se demander pourquoi la VF a fait du président un Sénateur… Raison de plus pour voir le film en italien.

Très loin du Dallas de 1963, ce Dallas-là est une petite ville de l’Ouest encore sauvage, mais la scène de l’assassinat semble être un copié-collé d’images que le monde entier connaît : celles de la mort de Kennedy. Une voiture décapotable, la réaction paniquée de l’épouse du président, et même la polémique sur l’identité du tireur et sur l’hypothèse d’un tueur isolé.

De ce président imaginaire, habité par la stature de Lincoln (omniprésent par le biais de portraits, ou de statues qui apparaissent subrepticement), le film fait un mixte fantasmé de Kennedy et Lincoln, une sorte de président définitif, grand homme politique qui croit en l’égalité entre les hommes.

Bien sûr, cet arrière-plan politique, aussi sincère soit-il, n’est qu’un prétexte. Le film est avant tout un vrai film de genre, avec un casting inattendu (on retrouve aussi Fernando Rey) autour de Giuliano Gemma, l’un des grands noms du cinéma de genre italien.

Relativement méconnu en France (sauf pour les grands amoureux du genre), Texas a souffert d’avoir été largement coupé lors de sa sortie française : il avait été amputé d’une vingtaine de minutes pour pouvoir être projeté dans un double-programme. La belle édition DVD d’Artus permet pour la première fois de découvrir la version intégrale de ce très bon spaghetti.

L’Etrangleur de Boston (The Boston Strangler) – de Richard Fleischer – 1968

Posté : 5 avril, 2013 @ 2:27 dans * Polars US (1960-1979), 1960-1969, CURTIS Tony, FLEISCHER Richard | Pas de commentaires »

L’Etrangleur de Boston (The Boston Strangler) – de Richard Fleischer – 1968 dans * Polars US (1960-1979) letrangleur-de-boston

Maître du polar de série B des années 40 (avec Anthony Mann), Richard Fleischer revient au noir, mais avec une envie de dynamiter le genre. Pour porter à l’écran l’histoire authentique d’un tueur en séries, qui a sévit dans le Boston du début des années 60, Fleischer adopte une approche quasi-documentaire (même si de nombreuses libertés sont prises par rapport à la réalité) dans la peinture de policiers au travail, mais aussi pour retranscrire l’atmosphère de paranoïa grandissante dans cette Amérique bouleversée par la mort de son président.

Le film est clairement divisé en deux parties, d’importance et de durée égales. La première s’intéresse à l’enquête qui piétine, aux multiples fausses pistes, aux tâtonnements d’une police qui met un temps à fou à s’organiser autour du flic qui servira de pivot, interprété par Henry Fonda.

Surtout, Fleischer, la même année que Norman Jewison avec L’Affaire Thomas Crown, révolutionne l’utilisation du « split screen », qu’il utilise pour filmer les meurtres, et surtout l’effet que leurs découvertes ont sur la population. Cette technique permet d’accroître le sentiment d’insécurité qui règne, et témoigne aussi de la schizophrénie d’un tueur dont on ne connaît encore rien.

Toute cette première partie est passionnante et effrayante, et ouvre la porte aux grands polars réalistes qui marqueront la décennie suivante, notamment ceux de Siegel et Friedkin (qui avait d’ailleurs été pressenti un temps pour réaliser le film). Ce réalisme rend parfaitement le chaos total de l’enquête.

Et puis il y a la scène centrale, celle où le visage du vrai tueur nous est enfin dévoilée, pas dans ses pratiques criminelles, mais dans son environnement familial. Un travelling lent et impressionnant nous montre Tony Curtis, père de famille regardant sans un mot l’enterrement de JFK à la télévision, alors que sa charmante femme et ses jeunes enfants pleins de vie s’affairent autour de lui. Alors qu’on s’attendait à découvrir un maniaque, asocial et malsain, on découvre un Américain lambda, à l’apparence banale et visiblement bien intégré, père d’une jolie famille.

C’est alors un autre film qui commence, porté par un Tony Curtis exceptionnel, dans ce qui est peut-être la meilleure prestation de sa carrière. Un tueur névrosé, qui se livre à un combat intérieur entre ses deux personnalités, sans jamais tomber dans l’excès ou le grotesque.

Cette dualité du personnage de Curtis eplose dans un long face-à-face avec Henry Fonda, après que ce dernier (avec George Kennedy) a réalisé que le type qu’il venait de croiser par hasard était sans doute le tueur qu’il cherchait depuis si longtemps… Une scène brillante.

Désormais, le film n’a plus rien d’un polar : il est le portrait d’un type perturbé qui refuse de regarder en face le monstre qu’il est. Curtis réussit la gageure de nous rendre ce tueur en série absolument tragique, et c’est tout aussi passionnant.

La Conquête de l’Ouest (How the West was won) – de Henry Hathaway, John Ford et George Marshall (et Richard Thorpe) – 1962

Posté : 19 mars, 2013 @ 6:48 dans 1960-1969, FORD John, HATHAWAY Henry, MARSHALL George, STEWART James, THORPE Richard, WAYNE John, WESTERNS | Pas de commentaires »

La Conquête de l’Ouest (How the West was won) – de Henry Hathaway, John Ford et George Marshall (et Richard Thorpe) – 1962 dans 1960-1969 la-conquete-de-louest

La démesure est le mot qui définit le mieux ce western hors norme, expérience à peu près unique dans l’histoire du cinéma. Près de trois heures de métrage, un écran qui n’en finit plus de s’élargir (le film est tourné en Cinérama, un procédé qui a fait long feu, qui implique l’utilisation de trois caméras simultanément, et la projection sur trois écran, plongeant ainsi le spectateur au cœur de l’action), des tas de stars parfois réduites à des apparitions (John Wayne, James Stewart, Henry Fonda, Gregory Peck et beaucoup, beaucoup d’autres), et même trois grands réalisateurs : Ford, Hathaway et Marshall.

L’ambition, surtout, est de réunir dans un même film toutes les grandes figures du western. A travers le destin d’une famille de pionniers, c’est toute la conquête de l’Ouest qui est racontée : plus de trente ans d’épopée à travers trois générations de cette famille Prescott : Agnes Moorehead, Karl Malden et leurs descendants.

Le long voyage des colons, les guerres indiennes, la guerre civile, la construction du chemin de fer, l’arrivée de la loi dans l’Ouest encore sauvage… Le film est une suite de cinq épisodes inégaux et à peu près indépendants (la famille Prescott sert de fil conducteur) auxquels il manque sans doute un peu plus de cohérence. Mais à travers ces destins hors normes, c’est toute l’histoire américaine du XIXème siècle que le film retrace, rien moins.

Hathaway signe la majeure partie du film : trois des cinq épisodes qui ouvrent et ferment le film, lui donnant ses bases et son rythme. Ford, lui, signe le plus court, et visuellement le plus impressionnant : celui consacré à la guerre civile, dont on ne voit pas grand-chose, si ce n’est les conséquences sur les hommes. Pas de scène de bataille, dans cette parenthèse très sombre, mais deux dialogues en parallèle, au soir de la bataille de Shiloh, l’une des plus meurtrières de toute cette guerre : le général Sherman (Wayne) qui réconforte le général Grant, et deux soldats de base, l’un Nordiste l’autre Sudiste, qui partagent la même horreur des combats. C’est là que figure le plus beau moment du film : le jeune Nordiste (George Peppard) boit de l’eau dans la rivière, lui trouve un goût étrange, et réalise qu’elle est rouge du sang des centaines de morts…

Quant à l’épisode consacré au chemin de fer (signé Marshall), il est le plus spectaculaire, utilisant merveilleusement le Cinerama dans une séquence de fusillade sur le train lancé à pleine vitesse. Impressionnant, comme cette hallucinante cavalcade de centaines de bisons qui dévastent tout sur leur passage, ne laissant derrière eux que morts et ruines.

Pourtant, malgré sa démesure et ces quelques morceaux de bravoure, cette énorme production laisse un sentiment nostalgique et cruel. Ce qui marque dans cette épopée de l’Ouest américain, ce sont les sacrifices humains, et le poids du temps qui passe. Les hommes meurent, laissant les femmes passer le témoin à leur place. Les générations passent, et c’est avec ces morts que la société avance, pour le meilleur ou pour le pire.

Pas de grand héroïsme ici. Même les plus braves (comme le personnage de James Stewart), qui accomplissent les actions les plus nobles, meurent seuls. Le film, qui se veut une ode à l’esprit d’entreprise des pionniers américains, porte clairement la marque de vieux briscards qui ne se font plus guère d’illusion sur la vie et leur place dans le monde…

Les Sept Voleurs (Seven Thieves) – de Henry Hathaway – 1960

Posté : 19 mars, 2013 @ 1:17 dans * Polars US (1960-1979), 1960-1969, HATHAWAY Henry | Pas de commentaires »

Les Sept Voleurs (Seven Thieves) – de Henry Hathaway – 1960 dans * Polars US (1960-1979) les-sept-voleurs

Méconnu, ce film de cambriolage (un genre à part) a tout de même été régulièrement cité comme l’une des sources d’inspiration de Steven Soderbergh pour son Ocean’s Eleven. On y retrouve la même mécanique hyper-huilée du cambriolage, la même bande hétéroclite… mais franchement pas la même atmosphère. Le film d’Hathaway est passionnant et réjouissant, mais il est aussi très sérieux.

Ce n’était, semble-t-il, pas la volonté du cinéaste, qui voulait une œuvre légère et pleine d’humour, comme le sera le film de Soderbergh. Mais Rod Steiger refusait d’aller dans ce sens, donnant à son personnage, omniprésent, un sérieux et une rudesse qui change radicalement le ton du film.

On ne s’en plaindra pas : les trente dernières secondes, seul passage réellement dominé par la légèreté, sont de loin les moins intéressantes d’un film qui frôle le sans-faute. Le plus réussi : les rapports entre Eward G. Robinson et Rod Steiger, la tête pensante et le bras (pas) armé de cette bande forcément inattendue. Robinson a évidemment une présence magnétique, mais Steiger impressionne tout autant par la justesse et la puissance de son jeu.

Toute la première partie est entièrement centrée sur ces deux-là, et leur relation étonnamment tendre. Que sont-ils l’un pour l’autre ? Le film garde un certain mystère jusqu’à la dernière  partie. Mais leur rencontre et leurs premières discussions, dans des bars de Cannes, sont fascinantes, grâce aux comédiens, mais surtout grâce au savoir-faire exceptionnel de cette vieille baderne d’Hathaway qui, même dans un film relativement mineur comme celui-ci, est exceptionnel (suffit de comparer avec le Henri Verneuil de Mélodie en sous-sol, sur le même thème et à la même époque).

La réalisation du cambriolage, dans un casino très luxueux de la Croisette, est à l’image de la réalisation : au cordeau. Mais les à-côtés sont pas mal non plus. Alors que Steiger et Robinson parlent dans un club de jazz, la caméra s’éloigne soudain pour suivre deux des seconds rôles, sur scène : un duo formidablement filmé entre la danseuse Joan Collins et le saxophoniste Eli Walach. Une parenthèse fascinante dans ce thriller classieux et presque parfait.

Pas de printemps pour Marnie (Marnie) – d’Alfred Hitchcock – 1964

Posté : 11 mars, 2013 @ 3:46 dans * Polars US (1960-1979), 1960-1969, HITCHCOCK Alfred | Pas de commentaires »

Pas de printemps pour Marnie (Marnie) – d’Alfred Hitchcock – 1964 dans * Polars US (1960-1979) pas-de-printemps-pour-marnie

Longtemps mal aimé, Marnie fait désormais l’objet d’un véritable culte auprès des cinéphiles. Le film occupe en tout cas une place à part dans l’œuvre d’Hitchcock, qui délaisse le suspense pur et signe une œuvre curieusement lancinante, où le cinéaste semble privilégier la psychologie au rythme. Le plus adulte de ses films, peut-être, le moins directement séduisant aussi.

Pourtant, on sent constamment la patte du cinéaste dans ce portrait d’une menteuse et voleuse pathologique. Dès la première séquence : avant même de nous montrer le joli minois de Tipi Hedren, dans un rôle très éloigné de celui des Oiseaux, Hitchcock identifie son personnage en filmant en gros plan un sac jaune qu’elle serre sous le bras, et dans lequel elle trimballe son butin.

L’actrice (malmenée par Hitchcock sur le tournage) est extraordinaire, dans ce qui restera le rôle de sa vie, et l’un des personnages les plus complexes de toute l’œuvre d’Hitchcock. A la fois dure et froide, et abîmée par une enfance qui, sans dévoiler la clé du film, n’a pas franchement été facile. La séquence finale avec sa mère, derrière une apparente simplicité, est d’une cruauté qui fait froid dans le dos. Les fantômes de Marnie, particulièrement douloureux, ont notamment le visage d’un Bruce Dern tout jeune, douze ans avant qu’il tienne le premier rôle de Complot de famille.

Cruel et sans concession, Marnie est réalisé par un Hitch qui, par moments, semble se citer lui-même : les réminiscences de Sueurs froides et de La Maison du Docteur Edwardes sont bien là. Mais c’est aussi un Hitch d’une infinie délicatesse, qui filme avec une pudeur extrême un personnage tragique.

Il offre aussi à Sean Connery l’un de ses meilleurs rôles. La manière dont il le filme se demandant où il a bien pu voir cette belle blonde qui vient postuler pour un emploi est un petit chef d’œuvre de mise en scène.

La Parole est au colt (Gunpoint) – de Earl Bellamy – 1966

Posté : 11 mars, 2013 @ 3:37 dans 1960-1969, BELLAMY Earl, MURPHY Audie, WESTERNS | Pas de commentaires »

La Parole est au colt (Gunpoint) – de Earl Bellamy – 1966 dans 1960-1969 la-parole-est-au-colt

Pilier de la télévision des années 60 et 70 (le gars a travaillé sur Max la Menace, Starsky et Hutch ou encore Pour l’amour du risque… quelle carrière !), Earl Bellamy a également signé quelques westerns pour le cinéma comme ce Gunpoint, énième variation sur le thème, hyperclassique dans le genre, de la course poursuite.

Réalisé sans génie, mais avec métier, le film sort pourtant de la production lambda par une utilisation maligne et efficace de décors minéraux impressionnants. Le film fait de l’économie de moyen l’un de ses principes de base. Cette économie de moyen en fait un film simple et tendu, sans la moindre baisse de régime.

Audie Murphy, en fin de carrière, est à l’aise et très intense dans un rôle taillé sur mesure pour lui : un shérif dur et taiseux qui se lance sur les traces d’un gang qui a enlevé son ex-fiancée. Surtout, la star est entourée de quelques seconds rôles remarquables : le patron de casino, méchant tout désigné au début du film, qui se révèle bien plus complexe, et plutôt sympathique, dont la relation avec Murphy est trouble et passionnante.

L’adjoint du shérif, aussi, est un ex-officier de l’armée qui vit mal d’être dirigé par un jeunôt qui le méprise un rien… Derrière un aspect très classique, et un relatif anonymat, le film sort du lot avec quelques trouvailles de scénario malignes et originales.

Les Compagnons de la gloire (The Glory Guys) – de Arnold Laven (et Sam Peckinpah) – 1965

Posté : 24 janvier, 2013 @ 5:24 dans 1960-1969, LAVEN Arnold, PECKINPAH Sam, WESTERNS | 1 commentaire »

Les Compagnons de la gloire (The Glory Guys) – de Arnold Laven (et Sam Peckinpah) – 1965 dans 1960-1969 les-compagnons-de-la-gloire

Ce western méconnu le serait-il moins s’il avait été signé par Sam Peckinpah ? Sans doute, mais le futur cinéaste de La Horde sauvage, auteur du script original, n’a semble-t-il réalisé que quelques plans avant d’être remplacé par Arnold Laven, qui est aujourd’hui loin d’avoir la « carte » comme Peckinpah. Ce qui, ici en tout cas, est plutôt injuste.

Une chose est sûre : The Glory Guys alterne le pire et le meilleur. Côté pire : des acteurs souvent approximatifs, pas très bien dirigés, d’où surnagent quelques seconds rôles hauts en couleur, et surtout un jeune James Caan très chien fou ; des dialogues qui semblent parfois sortis d’un film de vacances ; et un premier quart d’heure qui laisse augurer un vrai nanar.

Et puis il suffit de quelques fulgurances de mise en scène (un baiser passionné et étourdissant entre Tom Tryon et Senta Berger), de beaux moments de grâce (un couple qui continue à danser alors que la musique s’arrête), et d’une poignée de plans sublimes montrant une colonne de soldats se mettant en marche dans une nature plongée dans une semi-obscurité, entre chiens et loups… Et le film prend soudain une nouvelle dimension.

La nature, sauvage, impressionnante, superbe, joue un rôle primordial, en particulier dans la seconde partie, où les soldats sont ramenés à leur condition de simple mortel, et où le marivaudage et l’humour du début cèdent la place à la tragédie et au sentiment de révolte. Le cinemascope et la couleur magnifique sont parfaitement utilisés pour mettre en valeur ces grandes étendues escarpées, et ces ciels pesants…

Cette nature omniprésente donne une dimension singulière aux drames qui se jouent : les deux hommes qui se disputent l’amour d’une femme, le général cupide (inspiré de Custer) qui mène ses hommes au massacre, la jeune recrue qui attende désespérément son ordre de démobilisation, le soldat – tête de turc qui pleure la mort de son « bourreau » de lieutenant.

Parfois approximatif, par moments carrément raté, le film est aussi souvent impressionnant : par ses grandes scènes de batailles, amples et originales ; par la place laissée à la nature ; et par ces petits moments plus anodins où la magie opère.

L’Etau (Topaz) – d’Alfred Hitchcock – 1969

Posté : 14 janvier, 2013 @ 12:41 dans 1960-1969, HITCHCOCK Alfred | Pas de commentaires »

L'Etau (Topaz) - d'Alfred Hitchcock - 1969 dans 1960-1969 letau
On ne peut pas dire que ce film tardif d’Hitchcock ait bonne réputation. Et cette fois, après avoir défendu becs et ongles d’autres films honnis du maître (Le Rideau déchiré, La Loi du silence…), je dois bien reconnaître qu’on n’est pas loin de la sortie de route, avec ce film d’espionnage trop ambitieux et trop anecdotique à la fois.

Le tournage de son précédent film (Torn Curtain) avait été un cauchemar pour Hitch, qui ne s’était pas entendu avec ses stars, Julie Andrews et Paul Newman. Comme il l’a souvent fait par le passé, son nouveau projet se monte donc en grande partie en réaction à cet échec. Il est ainsi toujours question de la guerre froide, à son apogée au cours de cette décennie ; le film commence également par un transfuge, mais cette fois de la Russie vers l’Amérique ; et surtout, pas la moindre star à l’horizon.

Et c’est l’un des points noirs du film. Pas l’absence de star, mais le choix des acteurs. Frederick Stafford, en agent secret français qui part enquêter à Cuba pour le compte des services secrets américains (au risque de créer un incident diplomatique avec la France), n’est pas franchement crédible. Quant à Michel Piccoli et Philippe Noiret, qui tiennent des rôles importants dans la dernière demi-heure, étrange de les entendre parler anglais lorsqu’ils sont entre Français. Seule figure hitchcockienne (on l’avait vu dans Mais qui a tué Harry ? et dans le téléfilm J’ai tout vu), John Forsythe n’a, lui, pas grand-chose à jouer.

L’autre problème du film, c’est un scénario complètement bancal, qui cherche à illustrer, dans toute sa complexité, la situation internationale de 1962, mais qui se résume au final à un réseau d’agents doubles assez minables, démasqués en trois secondes cinq dixième. Le final résume parfaitement le caractère hasardeux de l’entreprise : une fin qu’on devine improvisée, choisie uniquement parce que les deux autres fins envisagées (et tournées – gloire au DVD qui les présente en bonus) étaient grotesques.

Il y a de beaux moments, quand même : la première séquence, celle du transfuge, est une grande réussite formelle. Sans dialogue, Hitch signe l’un de ces moments de pur suspense dont il a le secret.

La suite, hélas, est souvent plus attendue, parsemée simplement de quelques fulgurances qui rappellent brièvement que le réalisateur s’appelle Alfred Hitchcock. La mort de Juanita, surtout, donne lieu à un plan d’une beauté éclatante, la robe de la belle s’étalant, comme une flaque de sang sur le sol immaculé. C’est peu, mais c’est déjà précieux.

Et pour quelques dollars de plus (Per qualche dollaro in piu) – de Sergio Leone – 1965

Posté : 3 janvier, 2013 @ 3:53 dans 1960-1969, EASTWOOD Clint (acteur), LEONE Sergio, WESTERNS | Pas de commentaires »

Et pour quelques dollars de plus (Per qualche dollaro in piu) - de Sergio Leone - 1965 dans 1960-1969 et-pour-quelques-dollars-de-plus

Plus stylisé que Pour une poignée de dollars, moins extrême que Le Bon, la brute et le truand, ce deuxième western de Leone est un petit chef d’œuvre du genre. Bien plus qu’un simple prolongement du premier film. On pourrait se dire que le cinéaste se contente de profiter du succès du précédent, en retrouvant Eastwood et son personnage déjà mythique d’homme sans nom. Mais cette fausse suite (rien ne dit que le personnage soit effectivement le même) est surtout l’occasion pour Leone de peaufiner son style, et d’aller plus loin dans son approche stylistiquement radicale du western. Il le sera encore plus (radical) dans le troisième volet de sa trilogie du dollar, et dans Il était une fois dans l’Ouest.

Même s’il crée le western spaghetti, Leone s’inscrit aussi dans la grande tradition du genre hollywoodien. Et pour quelques dollars de plus est ainsi clairement inspiré de Vera Cruz (le bracelet de force de Clint rappelle celui de Burt Lancaster), ou encore de Los Bravados (la montre à gousset est un détail commun aux deux films)…

Ici, Eastwood n’est plus tout à fait solitaire : chasseur de primes, il fait équipe avec un Lee Van Cleef mystérieux et fascinant, véritable révélation du film après des années de seconds rôles plus ou moins visibles, parfois dans de grands films (Le Train sifflera trois fois, Victime du destin, L’Homme qui n’a pas d’étoile, L’Homme qui tua Liberty Valance, et beaucoup d’autres). La relation des deux hommes, amitié virile et taiseux, est l’une des grandes forces du film. Et dès leur rencontre, génial concours de virilité totalement immature, qui se finit autour d’une bouteille.

Les deux personnages sont la plupart du temps quasiment muets, mais on sent entre eux un respect et un affection presque filiale. Leur défiance mutuelle, les coups fourrés qu’ils se font… Tout cela relève plus du jeu de gamins que d’un affrontement sérieux.

Face à eux, Gian Maria Volonte va plus loin encore que dans le précédent film, dans son personnage de très méchant à la limite de la folie. Odieux, secoué par des rictus sadiques, perdu parfois dans le souvenir d’un crime qui le hante parce qu’il lui a révélé l’humanité terrifiante de ses victimes, il fait froid dans le dos.

Inoubliable, oui. Pourtant, son cabotinage n’y fait rien : Clint, même sans rien faire (et il ne fait effectivement pas grand chose dans ce film qui, sur le papier, donne plutôt le beau rôle à Van Cleef et Volonte) happe littéralement l’écran.

Un petit sourire narquois (lorsqu’il apparaît furtivement, posant un bâton de dynamite derrière les barreaux d’une cellule), une grimace inquiète… Il ne fait rien, mais il existe d’une manière incroyable, plein d’une ironie meurtrière. Eastwood attendra peut-être encore quelques années pour devenir une superstar, avec le triomphe de L’Inspecteur Harry au début des années 70, mais c’est dans ces films, sous ce poncho et avec ce cigarillo, qu’il est devenu un mythe. Son personnage d’homme sans nom fait partie du Panthéon du cinéma, au même titre que Charlot ou Indiana Jones…

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