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Archive pour la catégorie '1960-1969'

Alvarez Kelly (id.) – d’Edward Dmytryk – 1966

Posté : 10 mars, 2017 @ 8:00 dans 1960-1969, DMYTRYK Edward, WESTERNS | Pas de commentaires »

Alvarez Kelly (id.) - d'Edward Dmytryk - 1966 dans 1960-1969 Alvarez%20Kelly_zpsfes4vlus

Dmytryk signe avec ce western au sujet original une grosse production ambitieuse, séduisante et imparfaite. Imparfaite parce que le ton est assez étrange, Dmytryk semblant ne pas réussir à faire son choix entre un drame de guerre sombre et désenchanté, et une légèreté dont il ne se dépare jamais vraiment. Il passe ainsi de séquences de combat violentes et tragiques, à une conclusion toute en humour portée par une voix off finale rigolarde.

Le film n’en est pas moins séduisant par son sujet (l’importance de fournir en nourriture les troupes au front), et surtout par son absence totale de manichéisme. Le « héros » de l’histoire, convoyeur de bétail, est ainsi un mercenaire capable de se vendre aux Nordistes comme aux Sudistes, et qui passe effectivement de l’un à l’autre sans sourciller, le film changeant alors tout simplement de point de vue.

Il y a bien des bons et des méchants dans ce western, mais pour une fois, la différence n’est pas une question de couleur d’uniforme. Rien que pour ça… Des innombrables films prenant la Guerre de Sécession comme toile de fonds, rares sont ceux qui prennent le parti… de ne pas prendre partie. Alvarez Kelly n’est ni pro-Sud, ni pro-Nord, simplement un film qui parle des hommes (et des femmes, avec deux personnages très intéressants) confrontés à leurs choix personnels en temps de guerre.

Et puis Dmytryk utilise plutôt bien les moyens conséquents qu’il a à sa disposition, et ce Cinemascope impressionnant qui nous vaut quelques moments spectaculaires mémorables, notamment dans les séquences de fuites et les scènes d’action : en particulier cette cavalcade insensée d’un troupeau de 2500 têtes qui fonce vers un pont étroit.

Rajoutez à ça deux grands acteurs, Richard Widmark et William Holden. Avec quand même une mention pour le second, dont le personnage cynique est nettement plus intéressant, une sorte de double inversée de celui qu’il tenait dans Les Cavaliers, le film de Ford auquel on pense forcément, tant Dmytryk semble s’en inspirer dans sa manière de filmer les cavaliers en marche dans ses grandes étendues.

La Chambre ardente – de Julien Duvivier – 1962

Posté : 8 mars, 2017 @ 8:03 dans * Polars/noirs France, 1960-1969, DUVIVIER Julien | Pas de commentaires »

La Chambre ardente - de Julien Duvivier - 1962 dans * Polars/noirs France La%20Chambre%20ardente_zps1obwdrhu

Jamais vraiment là où on l’attend, Duvivier signe un thriller très inspiré de l’ambiance baroque des films d’épouvante italiens de l’époque. Un château isolé, une mort mystérieuse, un cadavre qui disparaît, des nappes de brume qui semblent prendre vie, une cérémonie macabre dans une crypte mortuaire… Cette adaptation d’un roman de John Dickson Carr tient plus du film d’horreur que du polar, même si le fantastique n’est au final qu’apparence et faux semblants.

Encore que… Le film est construit sur un modèle cher à Agatha Christie : un meurtre mystérieux, et une poignée de personnages qui sont autant de suspects potentiels ayant un intérêt à voir la victime trépasser, à commencer par ses deux neveux (le survolté Claude Rich et le manipulateur Jean-Claude Brialy) qui attendent avec impatience et cynisme l’héritage du richissime tonton, un procédé dont Duvivier s’était déjà inspiré pour Marie-Octobre. Mais au milieu de ces personnages, il y a celui joué par Edith Scob, descendante d’une « sorcière » trahie et brûlée des siècles plus tôt par l’aïeul de la victime.

Voir Duvivier filmer un tel microcosme familial lourd de secrets n’a rien d’étonnant. Mais le voir flirter avec le fantastique, et mettre en scène un personnage visiblement habité par une sorte de malédiction familiale est nettement plus inattendu. L’association des deux est parfois bancale : aussi fascinant soit-il, le personnage d’Edith Scob paraît souvent un peu en décalage avec le reste du film. Mais elle contribue à l’atmosphère inquiétante et trouble du film.

Dès la séquence d’ouverture, « affrontement » de deux voitures lancées à toute vitesse sur les petites routes de la Forêt Noire, Duvivier installe une belle tension, et semble d’emblée opposer ses personnages les uns aux autres. Mais c’est quand il assume le plus ses envies de fantastique horrifique que son film est le plus réussi : lors des nombreuses scènes de nuit où il utilise tous les trucs du pur cinéma d’épouvante (l’obscurité, le vent dans les arbres, les bruits de pas dans la nuit…).

C’est le film d’un cinéaste qui aime son art, et qui profite de cette œuvre tardive pour rendre hommage à d’autres réalisateurs a priori très éloignés de son propre univers. En l’occurrence, on pense beaucoup à Mario Bava, dont le culte Masque du Démon était sorti l’année précédente. A Hitchcock aussi, à qui Duvivier emprunte la célèbre scène du verre de lait de Soupçons. Avec de telles références, pas étonnant que La Chambre ardente soit si effrayant.

Seuls sont les indomptés (Lonely are the brave) – de David Miller – 1962

Posté : 16 février, 2017 @ 8:00 dans 1960-1969, DOUGLAS Kirk, MILLER David, POLARS/NOIRS, WESTERNS | Pas de commentaires »

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Un cowboy se réveille près de son cheval, dans un paysage désertique. Une première image classique de western. Mais alors qu’il selle son compagnon, un étrange bourdonnement se fait entendre, de plus en plus pressant. Le cowboy lève les yeux vers les premières lueurs du jour : trois avions de chasse passent dans le ciel.
A peu près tout est dit dans cette première scène sobre, au noir et blanc superbement granuleux. Seuls sont les indomptés est le portrait d’un homme perdu dans son époque, un cowboy qui n’envisage sa vie que libre et sans contrainte, sans attache, un authentique solitaire né 80 ans trop tard, interprété par Kirk Douglas, une nouvelle fois immense.

Il y a ainsi une très belle scène avec Gena Rowlands, femme dont on comprend qu’il l’a aimée, mais l’a poussée à épouser son meilleur ami. « Tu en voulais trop », lui rappelle-t-elle. « Je n’en voulais pas assez », corrige-t-il. « Je ne voulais pas de maison, ni de cuisine aménagée, je ne voulais que toi. »

Un homme qui ne se « rêve » pas en homme libre, mais qui va au bout de ce qu’il est, fulminant quand sa route croise des barbelés (un vieux thème du western classique), se faisant volontairement enfermée en prison pour aider son ami à s’évader… avant de réaliser que son ami, lui, a finalement accepté l’époque qui est la leur, et les règles et contraintes qui vont avec.

Seuls sont les indomptés n’est pas un film parfait : quelques rebondissements discutables, le personnage de brute un rien caricatural joué par George Kennedy, ou les apparitions, tout au long du film, d’un camionneur (Carroll O’Connor) dont on imagine bien vite qu’il représente une sorte de destin fatal, procédé téléphoné pas très heureux.

Mais il y a surtout la nostalgie d’une certaine Amérique, qui prend toute sa dimension dans la longue séquence de la traque, entre un Kirk Douglas qui retrouve un décor pur enfin digne de l’Ouest sauvage… perturbé par l’apparition d’un hélicoptère et de voitures, et un shérif nonchalant et fatigué (Walter Matthau, réjouissant), dont on ressent la sympathie qu’il a pour cet homme qui va au bout de ses passions. Le symbole magnifique d’une époque révolue où la liberté était la première des valeurs.

Sept secondes en enfer (Hour of the Gun) – de John Sturges – 1967

Posté : 11 décembre, 2016 @ 8:00 dans 1960-1969, RYAN Robert, STURGES John, WESTERNS, Wyatt Earp / Doc Holiday | Pas de commentaires »

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Le réalisateur du classique Règlement de comptes à OK Corral qui renoue avec le plus célèbre gunfight de l’histoire de l’Ouest. C’est une bien belle idée, d’autant plus que ce western-là commence exactement là où beaucoup d’autres s’arrêtent : par le fameux règlement de compte à O.K. Corral.

Sturges ne signe pas pour autant une suite de son classique : les acteurs sont différents, le ton est différent, la situation même est différente. D’ailleurs un carton l’annonce au début : c’est l’histoire véridique que l’on va découvrir. Bon… c’est vrai que ce genre de carton est là pour attester bien des versions radicalement différentes de la vie de Earp.

Un beau film, et surtout un beau personnage : le célèbre marshall Wyatt Earp, tiraillé entre sa soif de vengeance familiale, et ce sens du devoir et de la loi qu’il tente douloureusement de conserver. Un homme de l’Ouest pris en étau entre deux visions de la vie, deux époques aussi : celle de l’Ouest sauvage, et celle de l’Est qui représente la civilisation. Un thème archi rabâché dans le western, mais qui se renouvelle joliment ici, notamment avec cette figure du juge encore impuissant face à la violence, qui doit se résoudre à laisser en liberté ceux qu’il sait coupables. Mais le système est en place, le changement c’est pour bientôt.

Réussie aussi, l’amitié virile et touchante entre Holliday (Jason Robards, excellent mais très loin du personnage imposé par Kirk Douglas dans le classique de Sturges) et Earp (James Gardner, qui reprendra ce rôle 20 ans plus tard dans le malin Meurtre à Hollywood de Blake Edwards), qui atteint une sorte d’apogée nostalgique dans cet étonnante maison de repos du Colorado, où « Doc » va affronter son pire ennemi : lui-même, ses démons.

Le film privilégie l’attente et la psychologie des personnages. Mais Sturges y place de belles fulgurances dans l’action, avec cette violence sèche et brutale qui sort de n’importe où : un coup de feu à travers une fenêtre fermée dans le calme d’une salle de billard, un duel entre deux hommes fatigués (Robert Ryan, dans le rôle de Ike Clanton, est une nouvelle fois formidable).

Il y a pourtant quelque chose qui ne prend pas totalement dans ce film. Difficile de mettre le doigt sur ce « quelque chose », tant Sturges semble inspiré dans sa manière de mener l’action, de diriger ses comédiens… Malgré toutes ses qualités, malgré le vrai plaisir qu’on y prend, l’alchimie des grands westerns de Sturges ne se retrouve pas complètement.

Les Sept Mercenaires (The Magnificent Seven) – de John Sturges – 1960

Posté : 14 novembre, 2016 @ 8:00 dans 1960-1969, STURGES John, WESTERNS | Pas de commentaires »

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Un peu fâché avec la mode dévorante des remakes, je profite de la sortie en salles des Sept Mercenaires d’Antoine Fuqua pour revoir l’original de Sturges. Et oui, je sais, ce choix est très discutable, puisque cet « original » était déjà un remake, celui d’un chef d’œuvre du film de sabre signé Kurosawa. Mais reconnaissez que cette première version westernienne a, quand même, une classe folle.

John Sturges est au sommet de son art quand il filme ce petit classique westernien, totalement jouissif. On pourrait essayer de lui retirer tout mérite, et estimer que la réussite du film tient essentiellement à son casting impeccable. Jugez plutôt : Steve McQueen, Yul Brynner, James Coburn, Charles Bronson ou Robert Vaughn côté mercenaires… Eli Wallach côté grand méchant.

Et tout ce petit monde qui cabotine joyeusement, imposant à chacun des personnages une personnalité propre inoubliable. Dès la scène du corbillard, première rencontre des deux héros McQueen et Brynner, c’est à un véritable concours de cabotinage que se livrent les deux acteurs, mais un concours réjouissant, sans jamais écraser l’autre. Et à ce petit jeu, c’est Steve McQueen qui s’impose.

Coburn aussi est formidable, incroyable en lanceur de couteau quasi-muet, à la dégaine impossible. Quant à Robert Vaughn, plus en retrait, il incarne un personnage pour le moins inattendu, fine gâchette écrasée par la peur. Bronson, lui, est un dur au cœur tendre particulièrement touchant. Et Horst Buchholz, héritier désigné de Toshiro Mifune, il parvient à s’imposer en face d’aînés quand même très impressionnants.

Mais ne retenir que les acteurs serait injuste pour le réalisateur. Car Sturges sait donner une belle atmosphère à son film. Et il se révèle aussi à l’aise dans l’extraordinaire affrontement final, que dans la première demi-heure quasiment dénuée de toute action, où il ose instaurer un faux rythme pour mieux présenter ses personnages.

De la même manière, il y a du fond dans ce film d’action réjouissant. Une manière de filmer la violence pour mieux la dénoncer. Une manière aussi de mettre en valeur la vacuité d’une vie consacrée à la violence : face à l’arrogance de la jeunesse, Sturges met en scène des hommes murs confrontés à leur propre mal-être, sans rêve et sans avenir. Et c’est beau.

Les Eperons noirs (Black Spurs) – de R.G. Springsteen – 1965

Posté : 31 octobre, 2016 @ 8:00 dans 1960-1969, SPRINGSTEEN R.G., WESTERNS | Pas de commentaires »

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Plein de belles idées dans ce petit western de séries : un homme sans histoire se transforme en chasseur de primes ; un prêtre au passé trouble prêche en jouant des poings ; deux villes se disputent l’arrivée du chemin de fer ; un manipulateur fait naître le chaos dans une petite ville tranquille…

Et pourtant, on s’ennuie ferme devant un spectacle aussi terne. Réalisateur prolifique ces années-là, R.G. Springsteen a tourné des tas de westerns demeurés obscurs. A voir celui-ci, pas difficile de comprendre pourquoi : le gars n’a visiblement pas un talent démesuré, ni pour rythmer son récit, ni pour donner du relief à ses personnages, ni même pour filmer correctement les scènes d’actions.

Seuls passages plutôt réussis : les scènes de bar. Le chaos qui y règne réussit plutôt à Springsteen, qui sait qu’il peut se contenter de poser sa caméra au milieu de la foule, qui s’animera d’elle-même.

Pas grand-chose à sauver, donc, si ce n’est de belles idées et le rêve de ce qu’un grand cinéaste aurait pu en faire. On se console quand même avec une belle distribution de vieux briscards, franchement sur le retour : Rory Calhoun, Scott Brady, Bruce Cabot, et Linda Darnell dans son tout dernier rôle.

Contes cruels de la jeunesse (Seishun zankoku monogatari) – de Nagisa Oshima – 1960

Posté : 26 octobre, 2016 @ 8:00 dans 1960-1969, OSHIMA Nagisa | Pas de commentaires »

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L’un des premiers films d’Oshima, qui devient d’emblée le porte-voix de la Nouvelle Vague japonaise, directement inspirée de celle qui bousculait alors le cinéma français.

Cette Nouvelle vague accompagne elle aussi un changement de mœurs dans la société japonaise, toujours marquée par la rigueur de ses vieilles règles.

Pas d’optimisme pour autant : cette jeunesse qu’il met en scène n’est pas celle qui a voulu dynamiter le système, mais la génération suivante, celle des petites sœurs dont les aînés trimbalent le mal-être de leurs illusions perdues.

Cette génération-ci, représentée par la jeune Makoto et son amant Kyoshi, a le semblant de liberté dont rêvaient leurs aînés, mais n’a plus de rêve ni d’ambition. Une génération perdue ? La cruauté du ton le laisse penser.

Pas de romantisme ici. Le jeune homme rencontre sa belle en la sauvant des griffes d’un homme plus âgé qui cherchait à abuser d’elle ? Il obtient aussitôt ses faveurs après s’être comporté avec la même violence que le « satyre », lui rendant en double la gifle qu’elle lui a donnée. Ce qui différencie l’un et l’autre, ce ne sont pas les valeurs ou le comportement, mais uniquement la jeunesse et la beauté…

Il y a bien quelques moments d’espoirs et de tendresses. « Il faut bien que je sois gentil de temps en temps, pour ne pas que tu partes avec un homme plus âgé », lance Kyoshi. Mais cet amour impossible est surtout marqué par la violence physique et morale.

L’issue est écrite d’avance…

* Le film fait partie des 10 DVD accompagnant l’encyclopédie des réalisateurs japonais édité par Carlotta.

Le Point de non retour (Point Blank) – de John Boorman – 1967

Posté : 23 octobre, 2016 @ 8:00 dans * Films de gangsters, * Polars US (1960-1979), 1960-1969, BOORMAN John | Pas de commentaires »

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Trahi par un complice qui l’a laissé pour mort et lui a piqué son fric et sa copine, un homme entreprend de se venger. Bon. A priori, on a vu ça 100 fois. Pourtant, c’est une véritable claque que nous file le jeune John Boorman, avec ce polar brutal et électrique, qui ne ressemble, finalement, à aucun autre.

Les premières images sont pour le moins déstabilisantes : le montage, haché et hallucinant, laisse craindre le pire. C’est le meilleur qui arrive. Car la surprise initiale passée, ce choix de montage fascine littéralement, et nous scotch au fauteuil, jusqu’à la toute dernière image.

En avance sur les grands polars de Don Siegel, Boorman frappe un grand coup, avec cette violence extrême et brute qui tranche radicalement avec le romantisme du film noir. De fait, et malgré la présence de l’exquise Angie Dickinson, il n’y a rien de romantique ici, juste le sentiment d’immenses gâchis et l’absence totale d’espoir.

Mais si le film est aussi passionnant, c’est aussi grâce à Lee Marvin. Confier à celui qui fut Liberty Valance le rôle principal de Point Blank est une idée de génie : qui mieux que lui pouvait incarner cet homme tellement obstiné qu’il en devient quasi-surhumain ? Marvin a un talent fou pour personnifier ce mélange improbable de vengeur bas du front et génial à la fois. C’est le rôle de sa vie, et il est absolument génial.

La Horde sauvage (The Wild Bunch) – de Sam Peckinpah – 1969

Posté : 16 octobre, 2016 @ 8:00 dans 1960-1969, PECKINPAH Sam, RYAN Robert, WESTERNS | Pas de commentaires »

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Comme dit l’ami Clint dans Le Bon, la brute et le truand : « J’ai jamais eu autant de mecs se faire tuer. » Peckinpah a-t-il voulu aller plus loin encore ? Il le fait à vrai dire, peut-être pas pour la quantité de cadavres laissés sur le bord de la piste (si quelqu’un connaît quelqu’un qui a envie de faire les comptes…), mais au moins pour l’impact de la violence.

Comme le même Clint le fera vingt ans plus tard dans Impitoyable, Peckinpah se débarrasse complètement du glamour de la violence, et de toute notion de bien ou de mal. En tout cas de bien. Il y a bien quelques beaux sentiments dans cet univers d’hommes où la vie des femmes ne pèse pas bien lourd : une certaine idée de l’honneur et de la fidélité. Mais ces sentiments ont quelque chose de déjà très archaïque.

On a évidemment beaucoup parlé de la violence du film ; de cette première séquence qui se conclue, dans le sang, par une terrible fusillade au cœur de la foule ; ou de cet incroyable carnage final où les cadavres tombent les uns après les autres. Mais c’est bien le côté archaïque qui marque les esprits.

Sur le fond, finalement, le film est assez classique. Mais dans la forme, il fait en quelque sorte le lien entre le western classique et la violence du spaghetti, avec un montage rapide et percutant pour le coup révolutionnaire, et qui sera maintes fois copié. Mais le film est formidable parce qu’il raconte l’histoire d’hommes vieillissants, qui ont compris que leur temps se termine, mais qui ne savent pas comment tourner la page.

William Holden en chef de gang au bout du rouleau, Ernest Borgnine en complice conscient du dilemme de son ami, Robert Ryan en chasseur fatigué des effusions de sang, Edmond O’Brien en vieil ours rigolard, ou encore Warren Oates et Ben Johnson en hommes de main forts en gueule… C’est un casting exceptionnel qu’a rassemblé Peckinpah. Des vieux de la vieille pour la plupart, qui appartiennent eux aussi à une autre époque, celle de l’âge d’or d’Hollywood.

L’Ouest n’est plus ce qu’il était, le XXème siècle est bien entamé, l’Amérique a tourné la page des cow-boys. Et c’est un gamin qui donnera le coup de grâce. Il est temps de passer la main ? La dernière image sonnera comme une ultime révolte : ce n’est plus tout à fait comme avant, mais on n’est pas encore mort…

Le Septième Juré – de Georges Lautner – 1961

Posté : 7 octobre, 2016 @ 8:00 dans * Polars/noirs France, 1960-1969, LAUTNER Georges | Pas de commentaires »

Le Septième Juré - de Georges Lautner - 1961 dans * Polars/noirs France Le%20septiegraveme%20jureacute_zpse3rpcyyv

Lautner n’a pas encore connu le grand succès populaire lorsqu’il réalise Le Septième Juré (son Monocle noir a été tourné la même année). Est-ce la raison ? Voilà peut-être en tout cas le plus réussi de ses films. Le plus abouti esthétiquement en tout cas, et l’un des rares à être tenus de bout en bout, avec une vraie volonté d’imposer un style visuel et un rythme au film.

Le succès venant, Lautner aura un peu trop tendance à se reposer sur ses acteurs et ses dialogues souvent éclatants (déjà excellents ici, d’ailleurs). Mais avec cette adaptation d’un roman de Francis Didelot, il semble encore avoir l’ambition de sa jeunesse. Et dévoile ce que la suite ne confirmera pas toujours : le gars a du talent.

Dès la séquence d’ouverture, admirable flânerie sur un lac écrasé par le soleil, l’atmosphère est posée, et le malaise est là. Plus tard dans le film, une autre scène, dans un bar à la mode cette fois, créera une autre atmosphère autour des confessions troublantes d’un homme à son fils. Et puis ces soirées infinies qui réunissent les notables de la petite ville où s’est noué le drame, où la bonne humeur n’est une façade qu’on ne fait pas même mine de lustrer.

Plus qu’un film de prétoire comme le laisse entendre le titre (les scènes de tribunal ne sont d’ailleurs pas les plus convaincantes), Le Septième Juré est le portrait cruel de cette « bonne société » qui prend des arrangements confortables avec la morale et les faits, et pour qui la vérité est une notion qui ne doit surtout pas bousculer l’ordre établi.

Bernard Blier (sobre et formidable) en fera les frais, pharmacien très fréquentable choisi pour être l’un des jurés dans le procès d’un homme accusé d’un meurtre… qu’il a lui-même commis. L’idée est forte, et aurait pu donner un grand thriller, mais on est dans un tout autre registre, un véritable jeu de massacre dont à peu près personne ne sortira indemne.

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