Play it again, Sam

tout le cinéma que j’aime

Archive pour la catégorie '1960-1969'

Les Douze Salopards (Dirty Dozen) – de Robert Aldrich – 1967

Posté : 15 avril, 2018 @ 8:00 dans 1960-1969, ALDRICH Robert, RYAN Robert | Pas de commentaires »

Les Douze Salopards

Un classique qu’on ne présente plus, bien sûr, d’une efficacité imparable et d’une grande violence, dont la construction a inspiré des tas de films de guerre depuis, jusqu’au Full Metal Jacket de Kubrick vingt ans plus tard : une première partie consacrée à l’entraînement des soldats, une seconde à la mission elle-même. Et entre les deux, une spectaculaire rupture de ton.

Si le film reste à ce point marquant cinquante ans après, ce n’est peut-être pas tant pour sa violence et son efficacité, qui ont été égalées voire dépassées depuis, mais pour la trajectoire de ses personnages, douze salopards donc, condamnés à mort ou à de très lourdes peines de prison, qui trouvent une sorte de rédemption dans la mission suicide pour laquelle ils ont été choisis.

Il y a une approche presque christique dans le personnage de Lee Marvin, officier chargé de mener ces repris du justice vers un combat juste. Christique avec une forte propension à défourailler et à mettre des coups, certes, mais christique tout de même. La fameuse rupture entre les deux parties du film est d’ailleurs une scène de repas où les douze salopards sont attablés côte à côte, le long d’une table couverte de victuailles, autour d’un Lee Marvin qui apporte la bonne parole. La référence à la Cène est alors évidente.

Quant aux douze apôtres, on peut dire qu’ils ont de la gueule : Donald Sutherland, Charles Bronson, John Cassavettes, Clint Walker, Jim Brown, Trini Lopez… et Telly Savalas dans le rôle d’un Judas pour qui on ne va pas s’embarrasser d’un quelconque pardon ! Une sacrée distribution, donc, à laquelle il faut ajouter Robert Ryan, Ernest Borgnine, George Kennedy ou Richard Jaeckel. Que du bon tout ça !

La Loi des hors-la-loi (Waco) – de R.G. Springsteen – 1966

Posté : 11 avril, 2018 @ 8:00 dans 1960-1969, SPRINGSTEEN R.G., WESTERNS | Pas de commentaires »

La Loi des hors-la-loi

Sur le papier : un casting alléchant, réunissant Jane Russell, Brian Donlevy, John Agar, DeForest Kelly, Wendell Corey et quelques autres trognes purement westerniennes.

Mais en 1966, tous ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes. Wendell Corey, surtout, semble complètement momifié. Quant à Donlevy, acteur autrefois intense dont la seule présence était l’assurance qu’il allait se passer quelque chose, il est désormais aussi expressif qu’un tronc d’arbre, engoncé dans son goitre. Il disparaît d’ailleurs aussi vite qu’il était apparu tardivement, à peu près sans avoir fait ou dit quoi que ce soit.

Il ne s’agit là que des seconds rôles. Le « héros », pacificateur qui passe son temps à vouloir prouver à tout le monde qu’il est un salaud, et pas le sauveur attendu, est interprété par Howard Keel, dont le sourire éclatant ne fait que renforcer l’absence totale de charisme. Un choix calamiteux, donc.

Il y a quand même quelques belles idées dans ce film : le sentiment de culpabilité du shérif adjoint, ou encore ce dialogue étonnant lors de l’enterrement, au-dessus du cercueil pas encore recouvert. Mais quelle maladresse dans la mise en scène ! Et quel manque de rythme !

Plein de bonnes intentions, Springsteen est à peu près incapable de filmer convenablement un dialogue ou une scène d’action correcte. Sa ville est censée être livrée à la terreur ? Cela se limite à l’image à une poignée de plans répétitifs montrant quelques cow-boys avinés gesticulant vaguement et tirant quelques coups de feu en l’air devant les portes d’un saloon (dans lequel le plus grand calme règne, d’ailleurs !). On a vu plus sauvage…

Tout petit western, sans éclat, et très dispensable.

La Garçonnière (The Apartment) – de Billy Wilder – 1960

Posté : 2 avril, 2018 @ 8:00 dans 1960-1969, WILDER Billy | Pas de commentaires »

La Garçonnière

C’est le deuxième des sept films de Wilder avec Jack Lemmon (qui venaient de tourner Certains l’aiment chaud), et le moins ouvertement comique, le plus ancré dans la réalité. Celui, sans doute, qui doit le plus à la veine « lubitschienne » de Wilder, lui qui fut scénariste de Lubitsch (pour La huitième femme de Barbe Bleue et Ninotchka).

L’idée de départ est formidable : un petit employé de bureau grimpe les échelons parce que ses supérieurs utilisent son appartement pour recevoir leurs maîtresses. Un sujet qui est une source infinie de comédie, le pauvre gars étant condamné à rester à la porte de chez lui jusqu’à pas d’heure, quel que soit le temps. Mais qui permet aussi à Wilder de signer une critique édifiante du monde du travail.

Imaginée initialement pour le théâtre, cette histoire n’y aurait sans doute pas eu la même force : la puissance du film doit quelque chose à ses décors extraordinaires, comme cet immense open space (que l’on doit à Alexandre Trauner) où les bureaux, tous identiques, s’étalent visiblement sans fin, CC Baxter (Lemmon) étant un employé lambda parmi des milliers d’autres.

Wilder souligne ainsi l’inhumanité et la vacuité de l’administration : jamais on ne sait ce que CC Baxter fait réellement. Et dès qu’il gravit les échelons, on ne le voit plus jamais faire autre chose dans son bureau que gérer le planning de son appartement…

La Garçonnière, c’est aussi un beau triangle amoureux : Jack Lemmon, l’employé lambda invisible et totalement dévoué aux autres ; Fred McMurray, le patron qui sait pouvoir manipuler son monde et le fait sans cligner des yeux ; et Shirley McLaine, douce innocente qui fait logiquement le lien entre le monde d’en haut et celui d’en bas, puisqu’elle liftière.

Tendre, drôle, cruel, cynique… La Garçonnière a décroché l’Oscar du meilleur film, son second après Le Poison. De là à dire qu’on est dans là dans ce que Wilder a fait de mieux, il y a un pas que je ne ferais pas : Assurance sur la mort, quand même… Mais McMurray est ici aussi bien que dans le chef d’oeuvre noir de Wilder, dans un registre à peu près opposé. Et le film est d’une justesse rare dans sa manière d’évoquer les rapports entre les personnages, les rêves et les blessures de chacun. Une jolie comédie douce-amère, enthousiasmante.

Un château en enfer (Castle Keep) – de Sydney Pollack – 1969

Posté : 20 mars, 2018 @ 8:00 dans 1960-1969, LANCASTER Burt, POLLACK Sydney | Pas de commentaires »

Un château en enfer

Quand Pollack s’attaque au film de guerre, cela donne une curiosité qui ne ressemble à rien d’autre. Une balade quasiment onirique et parfois opaque vers la mort, tantôt fascinante, tantôt désarçonnante.

Ça se passe dans les Ardennes. On découvre une poignée de soldats américains avançant péniblement dans la boue, lorsqu’apparaît sur son cheval un seigneur en habit de chasse d’un rouge superbe, flamboyant. Drôle de rencontre qui donne le ton.

Le film est ambitieux : il tisse des liens impossibles entre la mort et l’art, entre la guerre et la beauté. Surtout, Pollack semble décidé à supprimer toutes les clés d’interprétation possible, passant de la poésie à la violence brute dans le même mouvement (le dialogue qui se noue autour d’une flûte entre un soldat américain et un « collègue » allemand).

Le film est parfois lyrique et poétique, comme lorsque Burt Lancaster, un bandeau sur l’œil, domine sur son cheval blanc une armée de morts en marche. Une vision qui semble tirée de l’un de ces tableaux que collectionne le châtelain, joué par Jean-Pierre Aumont.

Mais Pollack se permet aussi des scènes quasiment burlesques, voire grotesques : un camion de pompier qui monte à l’assaut d’un château fort ; une voiture plongée dans des douves qui remonte à la surface, et que son propriétaire fait littéralement rouler sur l’eau.

Le moins que l’on puisse, c’est que Pollack surprend avec ce film de guerre qui se moque totalement des codes du genre. Une promenade sur le chemin de la mort ? Elle est en tout cas omniprésente, et ce dès la première scène : dès l’apparition quasi-fantomatique des cavaliers, on sent que ces personnages sont déjà des cadavres.

Abrupt, mal aimable, le film n’est pas toujours totalement convaincant, mais il y a là de très beaux moments et des acteurs excellents : de Lancaster, sobre et intense, à Peter Falk en soldat boulanger qui se trouve une famille, en passant par Bruce Dern en soldat évangélisateur ou Jean-Pierre Aumont en châtelain amoureux des belles choses. Une curiosité, pour le moins…

Mary Poppins (id.) – de Robert Stevenson (et Walt Disney) – 1964

Posté : 19 mars, 2018 @ 8:00 dans 1960-1969, DESSINS ANIMÉS, DISNEY Walt, FANTASTIQUE/SF, STEVENSON Robert | Pas de commentaires »

Mary Poppins

Un peu à reculons, que j’ai abordé ce classique made in Disney, pas vu depuis ma prime jeunesse, avant tout pour le faire découvrir à mes enfants. Mais sans grand enthousiasme de ma part. Eh bien me voilà cueilli, séduit, emballé, transporté même par cette fantaisie au cœur gros comme ça, au rythme absolument parfait, et à l’humour constamment teinté d’une tendre poésie.

Ben oui, il a beau être à la tête d’un véritable empire (s’il savait ce que c’était devenu, le pauvre !), partager son temps entre la télévision, les parcs d’attraction et accessoirement le cinéma, il a encore le feeling, tonton Walt. Deux ans avant sa disparition, ce film qu’il a supervisé est même, clairement, l’un de ses chefs d’oeuvre, une merveille qui vous rebooste et vous colle un sourire immense aux lèvres.

Comme son personnage principal, nounou qui attend sur son nuage qu’une famille ait besoin d’elle pour résoudre les problèmes, il y a quelque chose de magique dans ce film. De Robert Stevenson, réalisateur par ailleurs pas franchement enthousiasmant, on pouvait difficilement attendre un film aussi fluide, aussi inspiré, aussi maîtrisé dans la légèreté comme dans la gravité, dans le drame comme dans la comédie musicale.

Il y a évidemment les chansons, toutes merveilleuses : pas la moindre note en-deçà tout au long des 135 minutes de film, qui passent comme un enchantement. Les « tubes » bien sûr, mais pas seulement. Rien à retirer, rien à changer dans les chansons des frères Sherman.

La plongée magique dans les dessins de Bert (Dick Van Dyke), qui donnent lieu à une longue séquence mêlant animation et prises de vue réelles, est d’une formidable inventivité. Mais le film recèle bien d’autres grands moments : l’arrivée de Mary Poppins (Julie Andrews, irrésistible dans le rôle de sa vie) est hilarante ; le ballet des ramoneurs sur les toits de Londres est superbe ; et on pourrait continuer la liste longtemps comme ça.

Bref… A l’époque, Disney était déjà le nom d’un empire. Mais il y avait encore un enchanteur à sa tête.

Le Pacha – de Georges Lautner – 1969

Posté : 15 mars, 2018 @ 8:00 dans * Polars/noirs France, 1960-1969, GABIN Jean, LAUTNER Georges | Pas de commentaires »

Le Pacha

Soyons positif, ne retenons que le meilleur : le personnage de flic de Gabin qui réussit à sortir du tout-venant de sa filmographie d’alors en passant son temps à évoquer son enfance ; une manière étonnante de s’amuser des brutalités policières (oui, il y a du second degré… enfin je pense) ; le soin inhabituel apporté aux décors, et particulièrement à ce bureau tout en vitres et en lignes géométriques ; et surtout la scène musicale avec Gainsbourg, lorsque Gabin débarque dans un studio en pleine cession d’enregistrement.

Le face à face entre Gabin et Gainsbourg est forcément historique et mythique, même s’il ne passe que par l’image, sans s’inscrire directement dans l’histoire. Ces deux monstres que tout sépare le sont effectivement (séparés), par la vitre du studio d’enregistrement. Pourtant, c’est le moment le plus marquant du film, la seule scène vraiment bien filmée.

S’il y avait du mauvais esprit sur ce blog, on soulignerait que ce passage est l’un des rares, voire le seul, où le réalisateur Lautner prend le pas sur son dialoguiste Michel Audiard. Il est alors au sommet, Audiard, et les dialogues qu’il signe pour Le Pacha sont effectivement aux petits oignons, mémorables même pour certains. Sauf qu’ils n’existent que pour eux-mêmes, comme s’ils étaient écrits indépendamment du scénario.

L’impression, désagréable au possible, qui en ressort, c’est que Audiard fait le malin, et que toutes ses punchlines semblent clignoter avec une grande flèche qui dirait « regarde comme c’est génial ! » Tellement lourd que ça en devient pénible, y compris la fameuse réplique pour laquelle Le Pacha est resté célèbre, lancée par Gabin (qui ne jurait que par Audiard à cette époque) à Robert Dalban : « Quand on mettra les cons sur orbite, t’as pas fini de tourner. » Mémorable, certes, mais qui arrive comme un cheveu sur la soupe.

Une réplique, quand même, est réjouissante : la toute dernière, sur le fil, quand l’histoire est terminée, en voix off, comme un drôle d’hommage de Gabin à son ami disparu : « Albert les Galoches, la terreur des Ardennes, le bonheur des dames, mon pote !… L’empereur des cons… »

L’Inconnu de Las Vegas (Ocean’s 11) – de Lewis Milestone – 1960

Posté : 24 février, 2018 @ 8:00 dans * Films de gangsters, 1960-1969, MILESTONE Lewis | Pas de commentaires »

L'Inconnu de Las Vegas

Onze vétérans de la guerre se retrouvent pour le cambriolage simultané de cinq des grands casinos de Las Vegas… Milestone lui-même semble ne pas croire à l’histoire qu’il raconte : le suspense est à peu près inexistant et ne repose que sur quelques épisodes anodins (dont un numéro très alcoolisé de Shirley MacLaine, qui fait une courte apparition très remarquée), et le plan « génial » semble d’une simplicité déconcertante.

On le sent rapidement, la raison d’être du film est ailleurs : dans son casting trois étoiles, qui réunit le fameux « rat pack », ce groupe formé par Frank Sinatra, Dean Martin, Peter Lawford, Sammy Davis Jr et Joey Bishop, qui s’attribuent les cinq rôles principaux (« You really are a rat ! » lance même un personnage, comme un clin d’oeil). Ce sont eux qui donnent le ton du film, cette nonchalance parfois affectée qui séduit… ou tombe à plat, c’est selon.

Car le sentiment est assez mitigé, tant le film passe d’une enthousiasmante légèreté à une étonnante lourdeur. Ce résultat en demi-teinte est à l’image de la caméra de Milestone, tantôt statique, tantôt en mouvement. Et quand elle se met à bouger, c’est tout le film qui s’emballe. Le mouvement sied parfaitement à ces drôles de voleurs, qui incarnent à eux-seuls ce que représente Las Vegas aux yeux du grand public.

Peter Lawford surtout, incarne joliment cette image d’enfant gâté et gentiment insolent. Il est, et de loin, le plus convaincant de la bande, celui qui apporte au film cette cool attitude qui lui manque par moments, et que Steven Soderbergh saura bien mieux donner à son remake, quarante ans plus tard. Sinatra aussi est très bien, mais souvent curieusement en retrait. Dean Martin, lui, semble franchement absent.

Quant aux autres larrons, ils sont franchement sous-exploité. Davis a bien l’occasion de chanter deux ou trois fois, mais il n’a pas grand-chose d’autre à jouer. Moins en tout cas que Richard Conte, qui est le seul à apporter un peu de profondeur, et même de noirceur. Ajoutons encore Angie Dickinson en jolie faire-valoir, Akim Tamiroff en caution humoristique un peu lourdingue, et surtout César Romero, réjouissant en arnaqueur vieillissant et rigolard.

C’est la complicité évidente entre tous ces acteurs qui fait la réussite du film. Parce qu’on a quand même connu Milestone plus inspiré, même si ses talents de cinéaste de l’action resurgit dans quelques scènes plus dynamiques. La longue séquence nocturne du quintuple cambriolage est ainsi, visuellement en tout cas, la plus réussie, avec de vraies recherches esthétiques et un beau travail sur l’obscurité.

Quant au dernier plan, repris par Tarantino dès Reservoir Dogs, il vient conclure le film de la plus belle manière, laissant in fine l’impression que le film est un monument de cool attitude et d’ironie. Ce qui est tout de même un peu exagéré.

Mélodie en sous-sol – de Henri Verneuil – 1962

Posté : 11 février, 2018 @ 8:00 dans * Polars/noirs France, 1960-1969, GABIN Jean, VERNEUIL Henri | Pas de commentaires »

Mélodie en sous-sol

Henri Verneuil n’est sans doute pas le cinéaste le plus enthousiasmant qu’ait engendré le cinéma français, mais on peut pas lui enlever un authentique savoir-faire. Ce Mélodie en sous-sol, classique du film de braquage made in France, n’arrive certes pas à la hauteur de ses illustres modèles américains, Quand la ville dort ou Les Sept voleurs (le film d’Hathaway, qui raconte également le cambriolage d’un casino, est sorti à peine deux ans plus tôt), mais Verneuil signe un film à la mécanique implacable, d’où jaillit une réjouissante ironie.

Cette ironie repose en grande partie sur la dernière partie, assez formidable et pas seulement pour son idée géniale (des sacs de billets, une piscine…). Dans cette dernière séquence quasi-muette, le film ne repose plus que sur la mise en scène et le brillant montage. Autant la mécanique peut paraître un rien glacée durant la majorité du film, autant elle est fascinante dans ces ultimes minutes.

A l’opposée, le film s’ouvre sur une séquence également brillante, mais pour d’autres raisons. Vieux taulard tout juste sorti de prison, Jean Gabin retrouve son pavillon à Sarcelles, désormais entouré par les tours et les barres d’immeubles, loin du coin de verdure qu’il avait laissé quelques années plus tôt. Une belle idée qui n’apporte pas grand-chose à l’histoire, et qui se base sur un contexte authentique : la reconstruction de Sarcelles sur un modèle qui révolutionnait alors la notion de modernité.

Entre-deux, de la belle ouvrage, propre et efficace, qui repose moins sur le casse lui-même, sans réelle surprise, que sur le face-à-face (le premier de leurs trois films communs) entre Gabin et le jeune Alain Delon, qui s’est battu pour obtenir le rôle face à ce mythe qu’il vénère visiblement. Surprise : c’est lui, Delon, qui s’en sort le mieux. Dans un rôle très physique, qui éclipse de fait celui de Gabin dans les moments clés du film, Delon est formidable, mélange d’arrogance et de modestie qui fait des merveilles.

Gabin, lui, est en roue libre dans un rôle que l’on sent lissé pour lui aller comme un gant. Le voir se confronter à la nouvelle génération a un côté réjouissant et émouvant. Mais il se contente d’être là, laissant la vedette à Delon, sans pouvoir former un véritable duo, comme il le faisait l’année précédente avec Belmondo dans Un singe en hiver, déjà devant la caméra de Verneuil.

Les Rôdeurs de la plaine (Flaming Star) – de Don Siegel – 1960

Posté : 6 février, 2018 @ 8:00 dans 1960-1969, SIEGEL Don, WESTERNS | Pas de commentaires »

Les Rôdeurs de la plaine

On ne peut pas dire que la filmographie d’Elvis soit la plus brillante du monde. Dans la grande majorité de ses films, les producteurs se contentent de jouer sur son image de star à la belle gueule. Autant dire que ce Flaming Star fait figure de brillante exception. Parce qu’Elvis s’y révèle d’une grande intensité, et très crédible en métis, fils des amours d’un blanc (John McIntire, toujours impeccable) et d’une Indienne (Dolores Del Rio, toujours très belle, trente-cinq ans après ses débuts). Et parce que le film est excellent, tout simplement.

Siegel, cinéaste qui sait mieux que quiconque filmer la violence sèche, est fidèle à sa réputation avec cette histoire de conflit naissant entre des colons qui vivaient en paix jusque là, et les Kiowas qui se sentent à juste titre lésés de leurs terres. Mais le réalisateur dévoile aussi un vrai sens du tragique, rare dans son oeuvre. Car le ton n’est pas à la rigolade dans ce western crépusculaire : pour le personnage d’Elvis, symbole de l’harmonie impossible entre ces peuples, le destin est pavé de sang et de mort.

Le film est beau, notamment parce que Siegel ne surinterprète pas les événements tragiques qu’il filme. Il commence son film par une scène d’insouciance autour d’un anniversaire, et cela suffit pour faire ressentir le sentiment de gâchis, presque de paradis perdu. La belle harmonie qui règne entre tous ne tient en fait qu’à un fil. Et Elvis, qui pousse gentiment la chansonnette lors de ce moment d’insouciance, n’aura plus l’occasion de mettre en avant son organe, ce qui était pourtant un passage obligé sur tous ses films.

Même dans cette scène d’ailleurs, l’insouciance est toute relative, et la chanson qu’entonne Elvis est loin de son registre habituel. Les fans du chanteur ont toutefois pu se consoler avec la très belle chanson du générique… et en réalisant à quel point Elvis est un acteur convaincant, et subtil, qui sait donner à son personnage un mélange de force et de fragilité.

Déchirant, le film est parsemé de scènes de violence et de morts qui, toutes, frappent juste et fort. Celle de l’ami Indien d’Elvis, celle du père, celle de la mère surtout, visuellement somptueuse avec ce vent qui balaye tout. Siegel signe là son meilleur western, utilisant les grands espaces comme il le fait de ses décors urbains habituels.

Hold-up au quart de seconde (Blueprint for robbery) – de Jerry Hopper – 1961

Posté : 2 février, 2018 @ 8:00 dans * Films de gangsters, * Polars US (1960-1979), 1960-1969, HOPPER Jerry | Pas de commentaires »

Hold-up au quart de seconde

D’un côté, le film de braquage, genre bien établi avec ses trois parties habituelles : la préparation, le casse et les conséquences. De l’autre, un autre genre en vogue à l’époque : le film d’archives de la police, avec son style quasi-documentaire. On prend les deux, on les mélange, et on obtient ce film sans grande surprise sur le fond, mais très efficace.

Réalisateur souvent excellent, Jerry Hopper réussit notamment quelques superbes scènes de suspense. La séquence, durant les préparatifs du casse, où le vieux « Pop » s’infiltre sur les lieux du futur braquage, est franchement haletante. Et des moments comme ça, il y en a plusieurs, qui contribuent à rendre le film si réussi.

L’autre atout, c’est justement ce personnage de Pop, particulièrement touchant et fort bien joué par J. Pat O’Malley. Tous les comédiens (uniquement des seconds couteaux) ne sont pas aussi convaincants, et la direction d’acteurs pêche un peu dans les moments en creux.

Autant dire que le film n’atteint jamais le niveau de Quand la ville dort, le modèle insurpassable du genre. Cette série B (C? D?) n’en est pas moins une sympathique surprise, efficace et réjouissante.

12345...13
 

Kiefer Sutherland Filmographie |
LE PIANO un film de Lévon ... |
Twilight, The vampire diari... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | CABINE OF THE DEAD
| film streaming
| inderalfr