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Archive pour la catégorie '1950-1959'

La Fille du Dr. Jekyll (Daughter of Dr. Jekyll) – de Edgar G. Ulmer – 1957

Posté : 2 mai, 2011 @ 1:39 dans 1950-1959, FANTASTIQUE/SF, ULMER Edgar G. | 1 commentaire »

La Fille du Dr Jekyll

Ainsi donc, le docteur Jekyll avait une fille. Vous l’ignoriez ? Eh bien elle aussi, mais elle l’apprend dans ce petit film de série signé par le culte Ulmer. Et en voyant cette petite production fauchée mais inventive, conne mais prenante, on comprend pleinement pourquoi le cinéaste, totalement méconnu du grand public, garde aujourd’hui encore une réputation presque unique dans l’histoire du cinéma. Réalisateur de quelques chef d’œuvre reconnus (Détour, Barbe-Bleue ou Strange Woman, surtout), UImer a surtout à son actif quelques films de genres absolument incroyables, comme ce film d’horreur dont les extérieurs sont baignés dans la brume (signe que la production n’avait pas assez d’argent pour construire de vrais décors), et au scénario totalement improbable.

Une jeune femme revient dans le château où elle a grandi, pour présenter à l’homme qui l’a élevée son futur mari. Mais le percepteur révèle à sa fille adoptive la vérité sur sa naissance : elle est en fait la fille du docteur Jekyll, de sinistre mémoire, et pourrait être touchée à son tour par le dédoublement monstrueux de personnalité. Evidemment, la jeune femme tombe des nues, d’autant plus que des meurtres mystérieux sont commis dès que la nuit tombe.

Difficile à croire, certes, mais Ulmer transcende ce scénario qui ne vaut pas plus que la majorité des productions cheap de l’époque (dont la plupart sont à peine regardables), et signe un film oppressant et franchement flippant, avec quelques scènes mémorables, comme le dernier meurtre, étonnante séquence nocturne qui semble sortie de L’Homme Léopard de Tourneur. Le suspense fonctionne parfaitement, même si on devine le rebondissement final dès les premières minutes, et même si le film semble constamment flotter, indécis, entre le mythe imaginé par Stevenson et celui des loups-garous….

Qu’importe : c’est l’ambiance du film qui emporte l’adhésion, et on prend un plaisir coupable, mais gourmant, à se laisser entraîner dans le cauchemar éveillé de la belle Gloria Talbott, excellente actrice de série B, qui contribue à la réussite de ce film de série. Par respect pour un acteur qui s’est illustré chez John Ford (notamment Le Massacre de Fort Apache), on ne s’étendra pas sur la veste rayée et l’air peu concerné de John Agar, visiblement là pour arrondir ses fins de mois.

La Vallée de la Vengeance (Vengeance Valley) – de Richard Thorpe – 1951

Posté : 2 mai, 2011 @ 9:13 dans 1950-1959, LANCASTER Burt, THORPE Richard, WESTERNS | Pas de commentaires »

La Vallée de la vengeance

Souvent faiblard, le prolifique Richard Thorpe a signé par-ci, par-là quelques perles du cinéma de genre : Ivanhoé dans le film de chevalerie, ou ce Vengeance Valley, premier western interprété par Burt Lancaster. Pas un chef d’œuvre, non : le film souffre d’une mise en scène un peu « plan-plan », sans grand relief, qui ne rend pas hommage aux décors naturels pourtant impressionnants. Mais il y a dans ce western atypique une ambiance inhabituellement familière : au spectaculaire généralement de mise, Thorpe préfère les petits gestes du quotidien, la vie dépouillée (et débarrassée des clichés du genre) des cow-boys. Des cow-boys, c’est-à-dire des garçons vachers, et non des pistoleros à la recherche d’aventures.

Il y a même un aspect presque documentaire à ce film qui, malgré sa courte durée (80 minutes seulement), prend le temps d’intégrer de longs plans montrant le travail des cow-boys dans les vastes plaines, plans sans lien direct avec l’histoire, et qui contribuent à installer l’atmosphère.

Pourtant, il y a une vraie histoire. Classique, certes, mais qui ne manque pas d’intérêt : c’est l’éternelle histoire des frères ennemis. En l’occurrence Lancaster et Robert Taylor, dans l’un de ses derniers rôles. Ce dernier interprète le fils lâche et faux d’un riche propriétaire terrien, qui lui préfère son fils adoptif, Lancaster, courageux et d’une honnêteté à toute épreuve.

Taylor, marié avec la belle Joanne Dru, qui n’a pourtant d’yeux que pour Lancaster, a engrossé la belle itou Sally Forrest. Odieux et veule comme il l’est, on a du mal à comprendre comment ces deux jeunes femmes, pourtant belles, intelligentes et attachantes, ont pu se laisser séduire…

Lancaster, lui, est le seul à savoir que son demi-frère est le père du bébé. Il a beau voir que Taylor n’est qu’une ordure, il garde le secret, acceptant de subir les conséquence à sa place, même quand le grand frère de la jeune maman débarque, décidé à descendre celui qui a mis sa sœur dans l’embarras. Quand on sait que le frère est interprété par John Ireland, qui n’a à peu près joué que des tueurs, on comprend qu’il ne s’agit pas d’un rigolo.

On a donc droit à quelques scènes d’action bien troussées. Mais l’intérêt du film est bien ailleurs : dans la peinture de cette petite ville qui ne vit que par l’élevage des bovins.

Quatre étranges cavaliers (Silver Lode) – d’Allan Dwan – 1954

Posté : 26 avril, 2011 @ 6:17 dans 1950-1959, DWAN Allan, WESTERNS | Pas de commentaires »

Quatre étranges cavaliers

S’il ne fallait voir qu’un seul film d’Allan Dwan (ce serait quand même dommage), alors que ce soit ce petit western de 75 minutes seulement, tourné avec peu de moyens dans le décor unique d’une petite ville, avec des comédiens de seconds plans. Parce que, mine de rien, Dwan signe un western immense, un film ouvertement politique, une étude sociologique incomparable, et tout simplement l’un des très grands films de la décennie.

Le film commence par un générique typique de western : une suite de plans montrant les étendues immenses et désertes de l’Ouest américain, comme pour dresser une frontière naturelle et infranchissable autour de cette petite ville dont on ne sortira plus jamais jusqu’au mot « fin ». Le premier plan à l’intérieur de la ville est magistral : une bande d’enfants joue aux billes, mais leur occupation innocente est troublée par l’arrivée de chevaux, dont on ne voit d’abord, comme les enfants eux-mêmes, que les sabots piétinant le calme de cette ville, Silver Lode, sur le point de célébrer la fête nationale, et le mariage de l’un des siens.

C’est d’ailleurs pour ce dernier, Dan Ballard (John Payne) que les cavaliers sont arrivés : la bande menée par McCarthy (Dan Duryea) se présente comme un groupe de marshalls venus pour arrêter celui qu’ils présentent comme un tueur recherché par la loi. Mais il ne faut pas longtemps pour se persuader que les hommes de McCarthy sont les vrais méchants du film, même si la population, elle, n’en est pas autant convaincue.

Mieux peut-être que Fritz Lang dans Furie, Dwan filme le processus implacable d’une foule en marche. Cette population qui, dans un premier temps, soutient sans faille ce Dan Ballard qu’elle a adopté mais que, au fond, elle ne connaît pas si bien que ça, en vient bientôt à s’interroger : après tout, il ne vit à Silver Lode que depuis quelques années, et nulle ne sait ce qu’il faisait avant. Et puis, pourquoi refuse-t-il de s’expliquer ? Les mauvaises langues se contaminent. Le doute gagne peu à peu tous les braves habitants, y compris ceux qui étaient prêts à mourir ou à bafouer la loi pour le défendre. Seules, la future femme de Ballard et une entraîneuse avec qui il a eu une aventure font front, malgré leurs différences, pour soutenir celui à qui la ville entière s’apprêtait à faire la fête, mais qu’elle cherche aujourd’hui à lyncher.

Jamais, peut-être, un western n’a aussi bien « visité » les moindres recoins de l’une de ces petites villes typiques de l’Ouest. Lancé dans une fuite en avant, dans une course contre le temps, Ballard parcourt cette ville dans tous les sens, dans des séquences d’une grande intensité. Dwan réussit notamment l’un des plus grands travellings de l’histoire du cinéma, la caméra suivant un John Payne courant à travers les rues tout en se dissimulant derrière les maisons, des tonneaux, un chariot… Une caméra toujours au service de l’histoire et de la tension dramatique, mais d’une virtuosité éblouissante.

On ne peut pas non plus passer à côté de la charge politique à la fois lourde et pleine de nuance : nous sommes en pleine Chasse aux Sorcières, et le fait que le personnage de Dan Duryea s’appelle McCarthy n’est évidemment pas un hasard. Comme le Sénateur du même nom a poussé les Américains à vivre dans la menace constante de son voisin, le faux marshall McCarthy détruit l’harmonie de Silver Lode en révélant la mesquinerie et l’inhumanité de ces habitants, prêts à lyncher l’un des leurs, puisqu’ils vivent dans un monde où un bout de papier a plus de valeur que la parole donnée…

Au premier comme au second degré, Quatre étranges cavaliers est un chef d’œuvre.

Alfred Hitchcock présente : Le Secret de Mr. Blanchard (Alfred Hitchcock presents : Mr. Blanchard’s Secret) – d’Alfred Hitchcock – 1956

Posté : 26 avril, 2011 @ 9:10 dans 1950-1959, COURTS MÉTRAGES, HITCHCOCK Alfred, TÉLÉVISION | Pas de commentaires »

Alfred Hitchcock présente secret de mme blanchard

Difficile de ne pas penser à Fenêtre sur cour, chef d’œuvre réalisé deux ans plus tôt, avec ce court métrage, 52ème épisode de la série Alfred Hitchcock présente (avant-dernier de la deuxième saison), sixième réalisé par Hitchcock. Le point de départ est le même : immobilisée chez elle comme James Stewart dans son loft (parce qu’elle est romancière et femme au foyer), une jeune femme observe ses voisins, et se persuade que l’un d’entre eux à tuer sa femme.

Seulement, Hitch choisit ici le mode comique et parodique, se moquant de lui-même et de son propre chef d’œuvre avec cette héroïne tête-à-claque, femme de lettre à l’imagination galopante qui cache mal sa déception alors que la « victime » ne cesse de réapparaître dès qu’elle échafaude les scénarios les plus macabres.

C’est léger et charmant, une vraie réussite dans le genre.

Alfred Hitchcock présente : Le Cas de Mr. Pelham (Alfred Hitchcock presents : The Case of Mr. Pelham) – d’Alfred Hitchcock – 1955

Posté : 26 avril, 2011 @ 9:10 dans 1950-1959, COURTS MÉTRAGES, FANTASTIQUE/SF, HITCHCOCK Alfred, TÉLÉVISION | Pas de commentaires »

Alfred Hitchcock présente le cas de mr pelham

Troisième court métrage de la série réalisé par Hitchcock lui-même (c’est le 10ème épisode de la première saison), The Case of Mr Pelham est une curiosité, l’une des très rares incursions du cinéaste dans l’univers fantastiques, plus ouvertement encore que dans Les Oiseaux. Est-ce un film sur la folie, ou sur un dédoublement de la personnalité ? Ne comptez pas sur Hitch pour expliquer les dessous de cette histoire de cauchemar qui aurait d’avantage trouver sa place dans La 4ème dimension, autre série anthologique, ouvertement fantastique et cauchemardesque celle-là.

Son héros, interprété par Tom Ewell (le séducteur maladroit de 7 ans de réflexion), est un homme à qui tout réussi, avec un bon job, un bel appartement avec majordome, un club accueillant où il côtoie ses amis… Bref, une vie bien rangée, tranquille et confortable, jusqu’à ce que son entourage se mette à le voir à des endroits où il n’était pas. Perdrait-il la mémoire ? Mr Pelham se demande bientôt s’il n’a pas un sosie dans la ville. Mais un sosie maléfique qui saurait tout de ses habitudes, et qui chercherait à lui voler sa vie…

L’histoire est flippante à souhait, mais ce court ne convainc pas tout à fait. Tom Ewell ne parvient pas à atteindre cet état proche de la folie qui aurait porté le film vers le haut. Et Hitchcock lui-même filme ce petit film sans grande inspiration, comme s’il prenait à la légère ce sujet pourtant très sombre.

Alfred Hitchcock présente : Le Crime parfait (Alfred Hitchcock presents : The Perfect Crime) – d’Alfred Hitchcock – 1957

Posté : 26 avril, 2011 @ 9:10 dans 1950-1959, COURTS MÉTRAGES, HITCHCOCK Alfred, TÉLÉVISION | Pas de commentaires »

Alfred Hitchcock présente : Le Crime parfait (Alfred Hitchcock presents : The Perfect Crime) - d'Alfred Hitchcock - 1957 dans 1950-1959 alfred-hitchcock-presente-le-crime-parfait

81ème épisode de la série Alfred Hitchcock présente, The Perfect Crime est le huitième tourné par Hitchcock lui-même (le second de cette troisième saison). Ce n’est d’évidence pas le meilleur, même si on retrouve une thématique que le cinéaste avait explorée, avec beaucoup plus de réussite, dans La Corde, dix ans plus tôt : celui de la fascination pour ce qui pourrait être un crime parfait (le thème apparaissait aussi en filigrane, avec le jeu innocent mais morbide du père et de son voisin dans L’Ombre d’un doute).

Mais on ne retrouve pas grand-chose du génie d’Hitchcock dans ce long dialogue entre un détective et un avocat, coupé par un tout aussi long flash-back. On cherche en vain cette touche éclatante qui fait de la majeure partie de ses films des monuments du 7ème art.

Le principal plaisir du film consiste à voir Vincent Price interpréter une espèce de Sherlock Holmes moderne, tout aussi sûr de son talent que le héros de Conan Doyle, mais à la part sombre beaucoup plus marquée. Détective infaillible, il reçoit la visite d’un avocat dont le client a été exécuté par la faute du détective, et qui vient avec, affirme-t-il, la preuve que ce dernier a fait une erreur, et a fait condamnée la mauvaise personne. Une preuve que le détective n’est pas prêt à recevoir de bon cœur…

Le Survivant des Monts lointains (Night Passage) – de James Neilson – 1957

Posté : 4 avril, 2011 @ 9:28 dans 1950-1959, MURPHY Audie, NEILSON James, STEWART James, WESTERNS | Pas de commentaires »

Le Survivant des Monts lointains (Night Passage) - de James Neilson - 1957 dans 1950-1959 le-survivant-des-monts-lointains

Pour un peu, lorsque le mot « fin » apparaît sur l’écran large (très, très large), on s’attendrait à voir Eddy Mitchell se retourner vers la caméra, dans une salle de cinéma très fifties… C’est du pur cinoche que ce western à grand spectacle auquel ne manque qu’un véritable auteur derrière la caméra, pour en faire l’une des réussites majeures du genre. La réalisation de l’obscur James Neilson est soignée (très appliquée, même), et totalement au service du grand spectacle. C’est un artisan dénué d’une personnalité affirmée, mais très à l’aise pour remplir, et bien, le cahier des charges.

Et si on doit rappeler le cahier des charges des films hollywoodiens de l’époque, précisons que la télévision faisait son apparition dans les foyers ricains, et que les producteurs rivalisaient d’imagination pour faire venir les spectateurs en masse dans les salles obscures. C’est donc la décennie où les écrans s’élargissent considérablement (celui-ci est tourné en « technirama », pour ceux que ça intéresse), où les couleurs se font plus vives, et où les décors spectaculaires font leur retour.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que Night Passage remplit parfaitement son contrat. Dès le générique, lorsque le nom de James Stewart dévore l’écran (on imagine l’effet que ça devait faire dans les salles immenses aujourd’hui disparues), et que des dizaines de figurants apparaissent dans des décors (naturels) grandioses et magnifiques, on sait qu’on va être transporté dans un cinéma hollywoodien de haute volée. Et on n’est pas déçu…

Les ingrédients de l’histoire sont hyper-rabachés dans l’histoire du cinéma, et plus particulièrement du western : c’est l’éternel affrontement de deux frères ayant choisi chacun un côté différent de la loi, et qui vont devoir choisir à nouveau entre leur famille d’adoption et leur famille de sang ; un affrontement qui se déroule sur fond de construction de chemin de fer, thème lui aussi éculé dans le western, qui symbolise à merveille la confrontation entre deux mondes, les terres encore sauvages et la civilisation en marche.

L’histoire elle-même passe rapidement au second plan, même si les rebondissements sont suffisamment nombreux pour nous tenir en haleine. James Stewart est excellent en ancien agent des chemins de fer contraint à gagner sa vie en jouant de l’accordéon, et qui ne rêve que de reprendre du service. Mais le tandem qu’il forme avec son très jeune frère Audie Murphy ne fonctionne pas tout à fait : à aucun moment on ne se dit que ces deux-là vont s’entre-déchirer, ce qui enlève beaucoup du suspense qui aurait dû planer sur le film.

Mais les séquences impressionnantes se succèdent : des scènes de bagarres ou de gunfights bien sûr, mais ce sont curieusement les moments plus calmes qui se révèlent les plus magistraux. Cette scène muette où, après avoir rencontré un personnage à la Calamity Jane (interprété par Olive Carey), James Stewart traverse la montagne par un tunnel de mineurs ; celle encore où Stewart calme (temporairement) les esprits des ouvriers en improvisant un bal en plein air ; et surtout celle où le même Stewart voyage avec son jeune protégé (Brandon de Wilde, le p’tit gars de L’Homme des Vallées perdues) sur le wagon ouvert d’un train, surplombant un paysage de montagne absolument sublime. C’est cette image qui reste en tête bien longtemps après le mot fin…

La Blonde et le Shérif (The Sheriff of Fractured Jaw) – de Raoul Walsh – 1958

Posté : 10 mars, 2011 @ 10:28 dans 1950-1959, WALSH Raoul, WESTERNS | Pas de commentaires »

La Blonde et le shérif

Ça sent la fin de carrière pour Raoul Walsh, qui n’a visiblement plus rien à prouver (il ne tournera plus que quatre films, jusqu’en 1964). Après quelques films très inspirés (en particulier le trop méconnu Bungalow pour femmes), le cinéaste signe là l’unique western parodique de sa carrière. Lui qui est pourtant l’un des plus grands spécialistes du « vrai » western, depuis plus de trente ans, ose aller jusqu’au bout de la parodie, et signe un OVNI cinématographique qui semble tout droit sorti de l’imagination de Gosciny (période Lucky Luke, of course).

On a donc un western avec tous les personnages incontournables du genre : les Indiens, les deux clans qui s’opposent, la tenancière de bar sexy et gouailleuse, le croque-mort à l’affût de son prochain client, les fines gâchettes prêtes à en découdre… Bref, tout ce qui a fait la gloire de l’Ouest encore sauvage depuis les premiers pas du cinéma. Sauf que le héros est une espèce de lord anglais flegmatique qui débarque dans l’Ouest américain persuadé que le bon sens et la discussion peuvent avoir raison de tous les conflits. Et là on se dit qu’il va vite déchanter, mais non.

Au cours de son voyage en diligence à travers les grandes étendues désertes, il est confronté à une attaque d’Indiens, dont il se sort en allant crânement serrer la main du chef belliqueux. Au point d’être adopté par la tribu, et de devenir une sore d’icône auprès de la population locale. Une icône qui ne tarde pas à être nommée shérif, et à séduire la tenancière du saloon, qui a les formes très, très généreuse de Jayne Mansfield.

On ne peut pas dire que le couple que la belle forme avec Kenneth More soit particulièrement convaincant, cela dit. Mais le fossé qui sépare la bombe bécasse et le falot british a un certain attrait, faut reconnaître.

Cela dit, la charge parodique est un brin lourdingue, d’autant que l’effet comique est lui plutôt limité. Ce qui fait qu’on s’intéresse peu à l’histoire, et qu’on se contente de sourire, alors qu’on aurait préféré se lâcher dans quelques éclats de rire. Heureusement, il y a le métier de Walsh, qui est quand même (l’ai-je déjà écrit dans ce blog ?) l’un des plus grands cinéastes de toute l’histoire du 7ème art. Ce métier qui, quel que soit le scénario, permet à Walsh d’éviter le ratage. La Blonde et le Shérif, réalisé par un autre, aurait sans doute été un nanar assez imbuvable. Sous l’œil unique mais génial de Walsh, il devient une comédie bancale, mais élégante, et au final plutôt séduisante.

Homeless Hare / Lapin sans abri (Homeless Hare) – de Charles « Chuck » Jones – 1950

Posté : 31 janvier, 2011 @ 11:27 dans 1950-1959, COURTS MÉTRAGES, DESSINS ANIMÉS, JONES Chuck | Pas de commentaires »

Homeless Hare

Encore une fois, ce court signé de l’excellent Chuck Jones prouve que c’est avec les histoires les plus simples qu’on fait les meilleurs cartoons. Ici, l’intrigue se résume en une phrase : Bugs Bunny veut sauver son terrier, menacé par la construction d’un gratte-ciel. Les chantiers de gratte-ciel ont très souvent inspiré les créateurs de cartoons : à peu près toutes les séries, qu’elles soient de Tex Avery ou de Walt Disney, se sont pliées à cet exercice dont les possibilités sont infinies.

Ce Homeless Hare est particulièrement réussi. Même si le dessin est curieusement assez laid, on est frappé par la manière dont Jones utilise toutes les dimensions du chantier : c’est un cartoon presque géométrique, qui prouve qu’on n’a pas besoin de la technique 3D pour donner une sensation palpable des trois dimensions.

D’un point de vue un peu plus basique, voir ce chef de chantier aux muscles saillants se prendre les objets les plus lourds et les plus imposants sur la tête est franchement réjouissant…

So you think you’re not guilty / Vous pensez donc ne pas être coupable (So you think you’re not guilty) – de Richard L. Bare – 1950

Posté : 31 janvier, 2011 @ 10:52 dans 1950-1959, BARE Richard L., COURTS MÉTRAGES | Pas de commentaires »

So you think you're not guilty

Entre la fin des années 40 et le début des années 50, George O’Hanion a interprété le personnage de Joe McDoakes, Américain moyen à qui les pires catastrophes finissent par arriver, dans une longue série de courts métrages produits par la Warner. Celui-ci est considéré comme l’un des meilleurs de la série : il a d’ailleurs été nommé pour l’Oscar du meilleur court métrage, sans l’obtenir toutefois.

Joe McDoakes est cette fois confronté aux rouages implacables de la justice américaine : arrêté pour avoir grillé un stop devenu fou, il refuse de payer l’amende de deux dollars et décide de faire valoir ses droits devant le tribunal, par principe. Un principe qui le conduit en prison, où il est bientôt embarqué malgré lui dans une évasion qui lui vaut d’être cette fois condamné à de longues années d’incarcération.

Tout finira bien, bien sûr : on n’est pas dans Je suis un évadé, le chef d’œuvre de Mervyn LeRoy, mais dans une petite farce un peu lourdingue, mais assez savoureuse. Un petit plaisir inconséquent, mais bien agréable.

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