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Archive pour la catégorie '1950-1959'

Le Roi du tabac (Bright Leaf) – de Michael Curtiz – 1950

Posté : 16 août, 2018 @ 8:00 dans 1950-1959, COOPER Gary, CURTIZ Michael | Pas de commentaires »

Le Roi du tabac

Un film où les personnages font fortune et réalisent leurs rêves (ou pas) en créant l’industrie du tabac ? Vue en 2018, cette insulte au politiquement correct a, en soit, quelque chose de profondément réjouissant. Et c’est un non-fumeur qui écrit ces lignes… Mais c’est vrai que voir Gary Cooper et Lauren Bacall afficher un large sourire après avoir lancé la première usine de cigarettes est, paradoxalement, franchement jouissif. Même si, on est d’accord, et je n’arrête pas de le répéter à mes gosses : ne touchez pas à cette saloperie !

Cela étant dit, c’est un Curtiz assez mineur, qui peine à convaincre vraiment. Difficile de pointer du doigt les principales carences du film. La mise en scène est plutôt inspirée, le scénario évite toute facilité, et les acteurs sont impeccables. Mais bizarrement, on a bien du mal à croire en ce personnage de néo-magna du tabac, auquel Cooper apporte pourtant une noirceur bienvenue.

N’empêche. Dès son apparition, sorte de fantôme vengeur dont on ne peut que deviner le passé, il y a quelque chose qui sonne faux. Ou plutôt artificiel, pour être plus précis.

Les personnages secondaires sont plus convaincants, mais sous-exploités. Lauren Bacall, digne et belle ; Jack Carson, nickel en ami sincère ; et surtout le « clan » Singleton : Patricia Neal, actrice formidable ici parfaitement odieuse, et Donald Crisp surtout, à qui on doit les plus belles scènes.

Ce « méchant » de l’histoire est, très paradoxalement encore, celui des personnages auxquels on s’attache le plus. Ses dernières scènes sont d’ailleurs les plus belles du film. Là, l’espace de quelques plans superbes qui soulignent la détresse terrible du personnage, l’habile faiseur redevient le grand auteur que l’on aime. Et c’est bouleversant.

Plus fort que le Diable (Beat the Devil) – de John Huston – 1953

Posté : 11 août, 2018 @ 8:00 dans * Films noirs (1935-1959), 1950-1959, BOGART Humphrey, HUSTON John | Pas de commentaires »

Plus fort que le diable

Humphrey Bogart et Robert Morley, ennemis mortels, entrent en bavardant tranquillement dans une pièce pleine de personnages persuadés qu’ils sont morts tous les deux… La scène est étonnante, et illustre bien la nature déroutante de ce film, faux polars vaguement parodique, constamment outré mais jamais ouvertement comique, où John Huston se laisse aller à une certaine démesure qui ne tombe pas non plus dans le grand-guignol, et où les comédiens semblent entre deux eaux : ni réalistes, ni en roue libre.

Bref, c’est un drôle d’OVNI qui vient clore la somptueuse collaboration entre Bogart et Huston. Des six films que ces deux-là ont tourné ensemble, Beat the Devil est l’un des plus faibles (Griffes jaunes reste quand même le plus anecdotique de tous). Mais le film distille pas mal de petits plaisirs parfois indicibles, qui reposent notamment sur cet étrange quatuor amoureux qui se met en place autour des couples Bogart-Gina Lolobridgida et Jennifer Jones-Edward Underdown.

L’ébauche de film noir (Bogart, Peter Lorre, Morley en sosie outrancier de Sydney Greenstreet, un mystérieux trésor…) ne tient guère : Huston s’en moque et n’a aucune envie de refaire Le Faucon maltais. Pas plus que son dernier scénariste, un certain Truman Capote, visiblement aussi désireux que lui de casser tous les codes et de jouer avec les attentes du public. Quitte à déstabiliser : Beat the Devil est un film pas facilement aimable, qu’il m’a fallu plusieurs visions pour apprécier vraiment.

Et encore garde-t-il une large part de mystère. Avec ses ruptures de ton étonnantes, le film semble n’exister réellement que pour l’envie, grandissante alors, de Huston de filmer les populations locales, les rassemblements populaires et les paysages avec un regard d’ethnologue.

La Bagarre de Santa Fe (Santa Fe) – de Irving Pichel – 1951

Posté : 19 juillet, 2018 @ 8:00 dans 1950-1959, PICHEL Irving, WESTERNS | Pas de commentaires »

La Bagarre de Santa Fe

La construction du chemin de fer, des bandits qui veulent saboter les travaux, des frères qui se retrouvent dans des camps opposés, des attaques de trains, des coffres forts qui explosent, des Indiens, des cow-boys, du whisky… Ben oui, c’est un western, pas de doute. Pas le plus percutant, certes, mais bien troussé, et plein de passages plutôt rigolos.

Sur le papier, le film ressemble quand même plus à un drame plein de violence et de suspense qu’à une comédie légère. A l’écran, le grand écart entre ces deux visions est pour le moins surprenant. Irving Pichel, qu’on a découvert dans d’excellents noirs méconnus (Sables mouvants et Ils ne vont pas me croire), sans oublier La Chasse du Comte Zaroff, a un peu le cul entre deux chaises, pour le coup, comme s’il ne savait pas toujours pour quel film il a été embauché.

Quand il choisit son camp, il fait mouche. C’est vrai pour la comédie, avec le duo de conducteur franchement réussi, ou l’inattendu concours de violons. C’est vrai aussi pour l’action pure avec, notamment, une dernière scène sur le train en marche assez remarquable. Est-ce la vitesse du train qui donne du rythme à cette ultime scène ? Elle permet en tout cas de terminer le film sur une très bonne note, en particulier grâce à la dernière fusillade, cachée la fumée de la locomotive.

Tout n’est pas de ce niveau, hélas. Randolph Scott est droit, charismatique, et très sympathique, mais il n’a pas encore la profondeur qu’il gagnera dans les films de Boetticher. Surtout, on ne croit jamais vraiment à la relation entre Scott et ses trois frères devenus adversaires. Là, le ton léger qui domine le plus souvent est plus que discutable. L’émotion, en tout cas, reste à la porte.

La Chatte sur un toit brûlant (Cat on a hot tin roof) – de Richard Brooks – 1958

Posté : 15 juillet, 2018 @ 8:00 dans 1950-1959, BROOKS Richard, NEWMAN Paul | Pas de commentaires »

La Chatte sur un toit brûlant

What we’ve got here is failure to communicate… La célèbre réplique de Luke la main froide aurait pu s’appliquer à cette sublime adaptation d’une pièce de Tennessee Williams, peut-être le sommet de la carrière d’Elizabeth Taylor. Et de Paul Newman d’ailleurs, dont le rôle dans Luke… sera une sorte de prolongement.

La moiteur, le mal-être, la cruauté, le désir contrarié, le besoin d’amour… Richard Brooks signe un film vraiment magnifique, déchirant et troublant, qui respecte les codes du théâtre (unité de lieu, de temps) tout en étant une grande oeuvre cinématographique : la caméra est évidemment importante, tout comme la construction des plans et le montage, chaque détail se conjuguant pour creuser la psyché de ces personnages abîmés.

Un exemple, simple et beau : Newman, qui repousse les avances de Liz, sa femme dont il ne supporte plus les attentions, avant de se réfugier derrière la porte de la salle de bain où il se laisse brièvement aller au contact de la nuisette de la jeune femme. En quelques secondes, le drame qui se noue au sein de ce couple malade prend une dimension inattendue, bouleversante.

Liz Taylor, douloureusement sexy, est magnifique. Paul Newman, fermé et mutique durant une grande partie du film, est d’une intensité incroyable. Burl Ives, monstre plein de fêlures, est impressionnant. La caméra passe de l’un à l’autre pour dresser une sorte de portrait multiple de l’incapacité à partager ses sentiments pour affronter la vie. « J’ai le courage de mourir, auras-tu celui de vivre ? » lance le père à son fils.

De la très belle pièce de Tennessee Williams, Brooks tire un authentique chef d’oeuvre : c’est avant tout le parcours intérieur de Brick, le fils en quête d’amour, rongé par la culpabilité et le dégoût de soi-même. C’est l’histoire d’un fils qui peine à s’accepter en tant qu’homme, à accepter ce que les autres lui offrent : le long chemin vers la paix, qu’il finira par trouver au cours d’un face-à-face père-fils d’une beauté renversante.

Ce film, je l’aimais déjà passionnément quand j’étais adolescent. Des années après, il garde la même force et la même beauté. Le même trouble aussi, fascinant mystère autour de cet ami suicidé dont l’évocation ne fait qu’effleurer une homosexualité latente pourtant bien présente. Paul Newman est un homme perdu qui peine à se trouver. Sa quête de lui-même est magnifique.

Désir sous les ormes (Desire under the elms) – de Delbert Mann – 1958

Posté : 12 juillet, 2018 @ 8:00 dans 1950-1959, MANN Delbert | Pas de commentaires »

Désir sous les ormes

Le mot « académique » aurait pu être inventé pour cette adaptation d’une pièce d’Eugene O’Neill, histoire tragique et sulfureuse qui, à l’écran, donne un film tiède et poussif.

L’histoire est suffisamment forte pour que l’émotion affleure par moments, surtout lorsque le drame qui s’annonce devient si évident qu’on a bien envie de baffer ce pauvre Anthony Perkins : ce que s’apprête à commettre Sophia Loren, le regard vaguement fou, est tellement clair que c’en devient gênant…

Sur le papier, il y a de quoi s’enthousiasmer pour cette histoire d’amour et/ou d’attirance sexuelle entre deux êtres trop seuls : le fils plein de colère d’un vieux fermier autoritaire, et la très jeune femme de ce dernier. Sur le papier seulement, parce qu’en guise de tension sexuelle, on n’a droit qu’à quelques scènes très explicatives visuellement très jolie (le noir et blanc est séduisant, et le cadre soigné), mais aussi très sage. Même les rares baisers entre les deux vedettes sont d’une rare froideur.

Sophia Loren, actrice quand même très limitée, et Anthony Perkins, bon acteur mais dépourvu de la sensualité troublante d’un Brando, ne sont sans doute pas les meilleurs choix pour ces rôles forts. Et si Burl Ives est impeccable dans un rôle taillé pour lui, il ne surprend, justement, jamais vraiment.

Tourné quasiment intégralement en studio, le film ne sonne jamais totalement juste. Même la neige artificielle ressemble… à de la neige artificielle. Sans doute Delbert Mann n’est-il pas lui non plus le meilleur choix pour un tel sujet, dont on ne peut qu’imaginer ce qu’en aurait fait le Kazan d’Un tramway nommé Désir. 60 ans plus tard, on se contentera de découvrir la pièce originale.

La Femme aux chimères (Young man with a horn) – de Michael Curtiz – 1950

Posté : 9 juillet, 2018 @ 8:00 dans 1950-1959, CURTIZ Michael, DOUGLAS Kirk | Pas de commentaires »

La Femme aux chimères

J’ai beau aimer Casablanca passionnément, peut-être plus que n’importe quel autre film, tant sa réussite repose sur une espèce d’étincelle magique et mystérieuse. Mais j’ai le sentiment que Michael Curtiz n’a, sans doute, jamais été aussi inspiré que pour ce film magnifique, ne serait-ce que pour la manière dont il filme et utilise la musique, à la fois sujet et moteur du drame qui se noue.

Tout le film est rythmé par les airs de trompette, dont Curtiz illustre magnifiquement la fièvre, la nostalgie ou la langueur. Presque soixante-dix ans après, cette mise en image de la musique reste étonnamment percutante, et semble très en avance sur son temps. Le résultat est en tout cas aussi beau qu’entêtant, à l’image de cette scène où Lauren Bacall quitte l’hôtel, accompagnée par le son de la trompette, absolument magnifique.

Dès la séquence d’ouverture, qui nous montre l’enfance du personnage principal, Curtiz dévoile son parti pris : filmer l’histoire de ce jeune homme sauvé (vraiment sauvé ?) par la musique comme un film noir, en respectant à peu près tous les codes du genre, sans jamais céder vraiment aux sirènes du film de genre.

Le film flirte avec le noir, mais reste le portrait, beau et intense, d’un pur musicien, habité par son art. Inspiré de la vie du trompettiste Bix Beiderbecke, le film offre l’un de ses très grands rôles à Kirk Douglas, décidément immense, qui nous livre une interprétation toute en nuances absolument inoubliable. Il est de toutes les scènes, il est la raison d’être du film.

De quoi, quand même, s’interroger sur la clairvoyance des distributeurs français, qui font croire que Lauren Bacall, sortie d’une série de classiques du noirs, a un rôle plus central que celui qu’elle joue réellement. Les bizarreries du cinéma d’alors… Le titre original, certes moins mystérieux, avait au moins le mérite de l’honnêteté.

L’Appât (The Naked Spur) – d’Anthony Mann- 1953

Posté : 8 juillet, 2018 @ 8:00 dans 1950-1959, MANN Anthony, RYAN Robert, STEWART James, WESTERNS | Pas de commentaires »

L'Appât

Le plus simple, le plus épuré, et peut-être le plus intense des westerns tournés par le duo James Stewart – Anthony Mann. L’intrigue tient en quelques lignes : un homme en traque un autre pour la prime liée à sa capture, et doit composer avec des rencontres impromptues.

De cet homme, de ces hommes même, on ne saura pas grand-chose. Pas tout en tout cas. Mais Mann n’a pas besoin de dévoiler tous les mystères pour faire ressentir l’intensité des rapports humains, ou le trouble qui habite chacun. Et l’intensité, ici, est omniprésente, avec des personnages qui semblent tous trimbaler des tombereaux de douleurs.

La palme, bien sûr, à James Stewart, exceptionnel de rage de moins en moins contenue, dont la voix chevrotante n’a peut-être jamais été aussi douloureuse qu’ici. La scène des rapides, où il refuse de laisser partir le corps qu’il veut ramener à tout prix, est absolument bouleversant, tant elle en dit sur la souffrance du gars.

Et puis il y a la manière dont Mann filme ses acteurs dans les décors naturels, peut-être unique dans l’histoire du western, voire du cinéma. La définition même de l’épure : pas un détail de ce décor n’est là par hasard, le moindre recoin, le moindre rocher, la moindre branche apparaissant à l’écran joue un rôle dans l’action.

Rien n’est laissé au hasard, tout est précis, juste et direct. Un parti-pris qui donne au film une force, une évidence, et une immédiateté uniques. The Naked Spur est un chef d’œuvre d’une densité impressionnante.

La Vallée de la poudre (The Sheepman) – de George Marshall – 1958

Posté : 1 mai, 2018 @ 8:00 dans 1950-1959, MARSHALL George, WESTERNS | Pas de commentaires »

La Vallée de la poudre

Étrange d’écrire ça à propos d’un réalisateur qui a dirigé Laurel et Hardy ou W.C. Fields, mais la légèreté ne convient pas vraiment à George Marshall. Dans ce western en tout cas, auquel il essaye vainement de donner un rythme de comédie.

L’idée est belle, et Glenn Ford fait des efforts bien louables pour donner du peps à son personnage, renouvelant ainsi la figure de l’étranger qui débarque dans une ville qui lui est hostile. Pour faire sa place, lui estime que la meilleure solution est de s’en prendre aux plus costauds des environs, histoire que tout le monde sache qu’il n’est pas question de lui faire peur.

Cela donne une première séquence originale, mais jamais complètement crédible. Ford fait ce qu’il peut, et le fait plutôt très bien, avec un vrai dynamisme. Mais la mise en scène de Marshall peine à suivre le mouvement. Et puis en dehors du personnage principal, les seconds rôles sont tout de même très archétypaux.

Ce qui l’est moins, tout de même, c’est l’idée centrale du scénario. Si le héros débarque en faisant le coup de poing, c’est pour habituer la ville à ce qu’il leur amène : un troupeau de moutons dans un pays où le bovin est roi, et où l’ovin est vu comme un animal nuisible qui ruine les pâturages et pollue les cours d’eau.

Pour le reste, on est en terrain connu : deux anciens partenaires (Glenn Ford et Leslie Nielsen) s’affrontent, et se disputent une jolie jeune femme (Shirley MacLaine, dont le caractère sauvage est rapidement dompté par le scénario).

Formellement, c’est plutôt réussi, si ce n’est la propension malheureuse de Marshall à user et abuser de transparences assez laides qui cassent le rythme. Surtout, le film échoue à trouver son équilibre entre comédie et drame, et c’est dans l’action que Marshall se montre le plus à l’aise. C’est d’ailleurs dans la dernière partie, lorsqu’il laisse l’humour de côté, qu’il est le plus percutant, jusqu’à un final original et parfaitement tendu.

Le Dénonciateur (Captain Carey, USA) – de Mitchell Leisen – 1950

Posté : 23 avril, 2018 @ 8:00 dans * Films noirs (1935-1959), 1950-1959, LEISEN Mitchell | Pas de commentaires »

Le Dénonciateur

Du suspense, de l’action, et zéro prise de tête. Mitchell Leisen signe un chouette film de genre qui n’a strictement aucune autre ambition que de faire passer un bon moment. Mission réussie, avec une histoire taillée sur mesure pour Alan Ladd, et son éternel personnage de redresseur de torts.

Ici, il est un ancien agent de l’OSS dont la dernière mission en Italie, durant la guerre, s’est terminée en tragédie à cause d’un mystérieux traître. Il y a perdu trois ans de sa vie, et sa fiancée italienne, tuée dans l’opération. Enfin, c’est ce qu’il croit, parce que lorsqu’il revient sur les lieux pour se venger, après la guerre, il retrouve sa belle, bien vivante, et bien mariée…

En bon film hollywoodien, Le Dénonciateur montre une Italie de carte postale, qui se résume essentiellement à un palace sur une île au milieu d’un lac, et à un village hors du temps. On en sourit dans la première scène, avec ces clairs de lune, ces chanteurs de rue, et ces ruelles charmantes si caricaturales. Et puis on se laisse entraîner, justement, par le charme imparable du truc.

Et puis le scénario est habile, et sait garder ses secrets jusqu’au bout. Mitchell Leisen emballe tout ça avec une grande efficacité, signant notamment quelques séquences d’action franchement percutantes. Que du bon !

Ecrit dans le ciel (The High and the Mighty) – de William A. Wellman – 1954

Posté : 12 avril, 2018 @ 8:00 dans 1950-1959, WAYNE John, WELLMAN William A. | Pas de commentaires »

Ecrit dans le ciel

Il y a là tous les ingrédients du film catastrophe traditionnel : un mode de transport en commun (en l’occurrence un avion qui survole le Pacifique), des personnages très différents, une longue première partie qui prend le temps de présenter les petits drames de chacun, et le drame qui survient alors que personne ne s’y attend.

Enfin, personne sauf le spectateur, parce qu’on ne peut pas dire que Wellman y aille avec le dos de la cuillère, pour le coup. Cinéaste d’une efficacité imparable, et souvent surprenant, Wellman assume cette fois tous les poncifs du genre, annonçant un peu lourdement et trèèès longtemps le drame à venir, et accumulant les personnages clichés.

Ce n’est d’ailleurs pas si grave : ce défaut est quasiment inhérent au genre du film catastrophe, qui semble impliquer la cohabitation de personnages très typés et opposés les uns aux autres, comme s’il y avait un cahier des charges à remplir impérativement. En cela, le film n’est ni meilleur ni pire qu’un autre. Mais Wellman fait preuve d’une étonnante maladresse dans cette première partie, qui manque de ce rythme qui marque généralement le cinéma de Wellman.

On pourrait se consoler avec John Wayne, tête d’affiche dans le rôle du co-pilote marqué par un drame personnel. Mais Duke est curieusement en retrait dans cette longue première partie, se contentant la plupart du temps d’assister aux débats, en silence. Heureusement, Wayne reprend une place centrale après le drame (un incident mécanique qui menace l’avion et ses passagers).

Là, enfin, dans cette seconde partie tardive, Wellman sort de sa torpeur, et le drame gagne en intensité. Les personnages existent enfin, avec notamment un joli rôle pour Claire Trevor. Mais il faut attendre la toute dernière scène pour trouver le plus beau moment de ce long film (près de 2 heures 30) : le face-à-face silencieux et totalement dénué d’effusion de ces professionnels de l’aéronautique, à qui Wellman rend un nouveau tribut. Pas le plus enthousiasmant, mais tout de même sincère.

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