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Archive pour la catégorie '1940-1949'

Monsieur la Souris – de Georges Lacombe – 1942

Posté : 27 février, 2020 @ 8:00 dans * Polars/noirs France, 1940-1949, LACOMBE Georges | Pas de commentaires »

Monsieur la souris

Après le succès des Inconnus dans la maison, Raimu retrouve l’univers de Simenon, dans un film moins noir et moins intense (le premier était né de la collaboration de Decoin à la mise en scène et Clouzot au scénario, quand même), mais franchement réjouissant.

Le film de Lacombe atténue beaucoup la noirceur de Simenon, pour se concentrer sur l’intrigue policière, très prenante, et sur la prestation gourmande de Raimu. Dans le rôle d’un clochard à l’élégance très chaplinesque, témoin malgré lui d’un crime mystérieux, il en fait des tonnes, Raimu, mais avec cette humanité si entière, si forte, si émouvante qu’il sait incarner mieux que quiconque dans l’excès.

Alors oui, il cabotine, comme en roue libre. Du Raimu dans le texte, tel qu’on se l’imagine. Pourtant, ce personnage-là ne ressemble pas aux autres. Par sa manière de fermer son parapluie, par sa persévérance à garder le vouvoiement avec son compagnon d’infortune (Aimos, génial dans le rôle de Cupidon, l’autre clochard), par son élégance miteuse, Raimu incarne merveilleusement l’homme déchu mais toujours digne. Il y a dans sa prestation une nostalgie déchirante.

L’intrigue elle-même est efficace, mais pas renversante, basée sur des hasards et des raccourcis énormes. Qu’importe. Le plaisir repose sur les dialogues (signés Marcel Achard) et les personnages, moins caricaturaux qu’on pourrait le croire à première vue.

Un exemple : l’inspecteur de police Lognon, franchouillard et antipathique incarné par René Bergeron, dont la mesquinerie laisse peu à peu place à un sourire amusé et tendre. A l’image de ce chouette film méconnu.

Sacramento (In Old California) – de William C. McGann – 1942

Posté : 20 février, 2020 @ 8:00 dans 1940-1949, McGANN William C., WAYNE John, WESTERNS | Pas de commentaires »

Sacramento

Après s’être évadé du purgatoire dans lequel il végétait depuis près de dix ans grâce à Stagecoach, John Wayne n’est pas tout de suite devenu le mythe que l’on connaît? C’est à la Republic qu’il a trouvé le plus de rôles durant ces années de guerre, dans des séries B fauchées, mais souvent très réussies.

Celle-ci ne fait pas partie du haut du panier. Wayne y interprète un jeune pharmacien qui s’attire les foudres du tout puissant maître de Sacramento, où il a décidé de s’installer. Passée la surprise de voir Duke en dandy de l’Est avec chapeau haut de forme, on voit vite que la psychologie des personnages ne sera pas le point fort du film.

Pas plus celle de Wayne, dont le principal trait de caractère consiste à plier des pièces de monnaie pour faire le malin, que celle du grand méchant joué par Albert Dekker, dont le principal trait de caractère est d’être très méchant… et très amoureux de la belle de l’histoire. C’est sans doute elle le personnage le plus intéressant, le seul en tout cas qui évolue vraiment au fil de l’histoire. Pas de bol : elle est jouée par Binnie Barnes, dont l’alchimie avec Wayne est assez discutable.

Discutable aussi, l’humour lourdingue que glisse McGann, cinéaste dont le talent, réel, s’exprime surtout dans les moments graves, rares et brefs. Il réussit particulièrement les scènes de foule, auxquelles il sait donner un caractère de menace. C’est surtout frappant dans cette belle scène où Wayne manque de se faire lyncher.

Mais la gravité est vite balayée par un trait d’humour potache pas très convainquant. Sympathique malgré tout, mais bancal avant tout…

Le Vaisseau Fantôme (The Sea Wolf) – de Michael Curtiz – 1941

Posté : 12 février, 2020 @ 8:00 dans 1940-1949, CURTIZ Michael, GARFIELD John, LUPINO Ida (actrice) | Pas de commentaires »

Le Vaisseau fantôme

Un film qui s’appelle Le Vaisseau fantôme, dans lequel on croise Edward G. Robinson, Ida Lupino, John Garfield et Barry Fitezgerald, et que réalise Michael Curtiz en plein dans sa période Warner… Franchement, si ça ne vous tente pas, vous n’avez pas grand chose à faire sur ce blog !

Cette adaptation d’un roman de Jack London joue à plein sur l’imagerie liée aux vaisseaux fantômes, même si le film n’a rien de fantastique sur le fond. La forme, elle, emprunte clairement au cinéma d’épouvante, avec l’omniprésence de la brume qui, plus que cacher les choses, semble plutôt enfermer l’action et les personnages dans une sorte d’enfer sur terre.

Ou plutôt sur mer : l’exception de la séquence d’ouverture, brillante introduction du personnage de Garfield, tout le film se déroule à bord du « Ghost », ce bateau présenté comme l’enfer sur mer, sur lequel Robinson fait régner une terreur constante, dans des scènes d’une rare cruauté. On retiendra en particulier l’humiliation terrible du médecin alcoolique, joué par l’excellent Gene Lockhart.

Huis-clos étouffant, brillant film de genre, The Sea Wolf hésite un peu sur le point de vue à adopter, passant de l’un à l’autre de ses quatre personnages principaux. Cette multitude de points de vue donne un ton particulier au film. Après un semblant de flottement, ce choix renforce le côté incertain de l’aventure, et le suspense qui entoure le destin de tous ces personnages.

La force du film, c’est aussi ses acteurs. Garfield est l’incarnation parfaite de l’homme blessé. Ida Lupino est superbe, maquillage impeccable même après s’être pris des trombes d’eau dans la gueule. Robinson est inquiétant, glaçant et pathétique. Barry Fitzgerald est génial en lèche-cul odieux. Au milieu de cette distribution spectaculaire, Alexander Knox semble un peu en retrait dans le rôle central de Van Weyden. Mais cette discrétion se révèle un atout formidable, qui renforce l’immersion du spectateur sur ce bateau franchement flippant.

Titanic (id.) – de Herbert Selpin (et Werner Klinger) – 1943

Posté : 11 février, 2020 @ 8:00 dans 1940-1949, KLINGER Werner, SELPIN Herbert | Pas de commentaires »

Titanic 1943

Cette version de la tragédie du Titanic est sans la doute la plus étonnante de toutes : un pur produit de propagande de l’Allemagne nazie commandé par Goebbels. Ce dernier a vu dans le naufrage l’occasion de donner des Anglais une image désastreuse.

Parce que le seul coupable de ce naufrage, c’est évidemment la cupidité d’un Anglais, le patron de la White Line, qui a imposé au capitaine de maintenir cap et vitesse malgré les icebergs annoncés. Et pas question d’y mettre une nuance : le type est aussi arrogant dans sa détermination que pathétique lorsque le danger approche…

Donner des Anglais une image minable ne suffisait pas : encore fallait-il magnifier la grandeur de l’esprit allemand. Voilà donc Petersen, l’un des officiers de bord, un Allemand donc, le seul à prendre conscience du danger, et à s’inquiéter du sort des 3000 passagers. Un grand homme, oui : Titanic est un vrai, un pur film de propagande.

C’est aussi, malgré tout, une réussite qui nous offre absolument tout ce qu’on peut attendre d’un film qui s’appelle Titanic : des tas de personnages attachants (ou pas), des enjeux personnels, des destins qui se nouent et se dénouent, puis des scènes de panique, le naufrage lui-même, spectaculaire. Pas de grande surprise, mais une vraie efficacité, et pas mal d’émotion lorsque l’heure des déchirements arrive.

Il y a un aspect simplement humain qu’on n’attendait pas dans ce contexte. D’ailleurs, Goebbels interdira finalement la projection du film (comme les Anglais après la guerre) lorsqu’il devait sortir en salles. Auparavant, il avait fait enfermer le réalisateur Herbert Selpin, trop critique à l’égard du régime, Selpin se suicidant dans sa cellule (et Klinger terminant le tournage). Funeste destin…

Ouragan sur la Louisiane / La Fille du pêché (Lady from Louisiana) – de Bernard Vorhaus – 1941

Posté : 8 février, 2020 @ 8:00 dans 1940-1949, VORHAUS Bernard, WAYNE John, WESTERNS | Pas de commentaires »

Ouragan sur la Louisiane

Un jeune avocat devient procureur de la Louisiane pour débarrasser la ville de ses vices, symbolisés par la Loterie, véritable institution qui finance de bonnes œuvres, mais cache une corruption qui gangrène la ville.

La rombière qui a fait venir cet avocat incorruptible l’avait prévenu : la Louisiane, c’est une nouvelle version de Sodome et Gomorre, qui finira par essuyer la colère de Dieu. Pas manqué : c’est un véritable déluge qui épurera la ville, comme L’Incendie de Chicago dans le film du même nom, qui inspire visiblement Lady from Louisiana.

Vorhaus n’a pas tout à fait les même moyens dans cette production Republic Pictures. Mais à part quelques transparences pas terribles, il se tire formidablement bien d’un budget confortable pour la Republic, mais loin d’une superproduction. La scène du déluge utilise ainsi très bien les gros plans, les détails, l’obscurité et le montage. L’effet est assez saisissant.

C’est peut-être dans la première partie que le talent de Vorhaus est le plus évident. Une première partie où le ton est à la comédie, et à la légèreté. Sourires et bienveillances sont partout, en particulier dans une séquence de Mardi Gras assez formidable, digne des grands maîtres hollywoodiens. Cadrage, mouvement de caméra, rythme, manière d’intégrer les personnages dans un décor plein de vie… C’est sans doute la plus belle scène du film.

John Wayne, encore tout jeunot, est impeccable bien sûr. Le film s’ouvre sur lui, qui embrasse longuement Ona Munson (imposée par son compagnon de producteur, mais très bien), avant de lui demander son nom, un large sourire aux lèvres, sourire qu’il ne quittera qu’après le premier meurtre…

La suite oscille entre comédie et drame, avec une bonne dose de suspense. Il y a bien des maladresses, des grosses ficelles. Mais il y a aussi des moments réjouissants, comme ce braquage assuré par John Wayne et la fameuse rombière, jouée par Helen Westley.

Ce « southern », bancal et réjouissant à la fois, est une bien chouette curiosité.

Le Château du Dragon (Dragonwyck) – de Joseph L. Mankiewicz – 1946

Posté : 26 janvier, 2020 @ 8:00 dans 1940-1949, MANKIEWICZ Joseph L., TIERNEY Gene | Pas de commentaires »

Le Château du Dragon

Premier film réalisé par Mankiewicz, Dragonwyck annonce, en plus sombre mais avec la même approche gothique, L’Aventure de Mme Muir. Plus étonnant, le film annonce aussi, d’une certaine manière, de Laura de Preminger, et d’autres films avec Gene Tierney, avec ce portrait imposant qui hante le film. Mankiewicz est ici le premier à souligner la beauté picturale de l’actrice, dans ce film qui apparaît aussi comme une réponse à Rebecca.

Mankiewiz parle des rêves et du danger de les réaliser. La face cachée de ce rêve-là est particulièrement trouble. Et il n’y a bien que l’innocence de Gene Tierney pour ne pas s’en rendre compte dès l’apparition du « prince charmant » Vincent Price, qui glace le sang en quelques secondes, quelques phrases.

Mais cette jeune fille de fermier, dans le Connecticut de 1844, est trop attachée à ses rêves de château et de princesse, rêves de la fillette qu’elle est encore, pour réaliser la cruauté et la froideur du gars. Ou plutôt pour que cette prise de conscience domine ce fantasme de jeune fille bridée par une éducation très rigoriste (et père joué par le grand Walter Huston).

Pourtant, il est bel et bien glaçant, Vincent Price, annonçant l’acteur d’horreur gothique qu’il deviendra sur le tard. C’est peut-être là que le jeune Mankiewicz est le plus percutant, dans cette manière de filmer Price comme un monstre pathétique, seigneur d’un autre temps qui règne sur un royaume sur le point de disparaître.

Le Rideau de fer (The Iron Curtain) – de William A. Wellman – 1948

Posté : 7 janvier, 2020 @ 8:00 dans * Espionnage, 1940-1949, TIERNEY Gene, WELLMAN William A. | Pas de commentaires »

Le Rideau de fer

Juste un détail pour vous éviter un petit moment de flottement : non, le personnage interprété par Dana Andrews n’est pas une taupe infiltrée au sein des services secrets soviétiques, mais un vrai Russe. Cette petite précision méritait d’être faite, tant l’acteur (comme Gene Tierney d’ailleurs, à qui il est une nouvelle fois associé après Laura, et avant Mark Dixon détective) « fait Américain ».

C’est effectivement un problème, qui a son poids dans cette histoire (de pure propagande anti-soviétique, ou anti-communiste) dont les personnages sont quasiment tous des Russes envoyés au Canada à la fin de la deuxième guerre mondiale : le couple est tellement associé à l’histoire du film noir, genre si typiquement américain, et Andrews a des manières si virilement américaines, qu’on a du mal à les imaginer dans la peau d’un couple russe.

Quand cette idée commence malgré tout à l’installer, quand même, ce qui frappe alors dans cette histoire estampillée « authentique, tirée d’archives secrètes, et tournée dans les lieux même de l’action », c’est la mise en scène, intense et très stylisée de l’ami Wellman.
Un grand, définitivement, sorte de chaînon manquant entre Ford, Walsh et Hawks… Wellman transforme de simples face-à-face en moments de bravoure, par de superbes jeux d’ombres profondes.

Il les utilise avec jubilation, ces jeux d’ombre, qui soulignent le malaise grandissant dans l’esprit de ce pur produit de la grande union soviétique, qui découvre les joies du capitalisme et du confort de l’Ouest, au Canada où il arrive plein de préjugés.

Le message est clair, et pas très délicat, mais la manière est superbe. En temps que film politique, Le Rideau de fer est une œuvre très discutable qui n’évite aucun cliché, aucune facilité. En tant que film de genre, c’est une merveille de plus à l’actif de Wellman. Et avec un choix plutôt original : constituer la bande son de musiques écrites par des compositeurs russes.

Le Mystérieux Docteur Korvo (Whirlpool) – d’Otto Preminger – 1949

Posté : 29 novembre, 2019 @ 8:00 dans * Films noirs (1935-1959), 1940-1949, PREMINGER Otto, TIERNEY Gene | Pas de commentaires »

Le Mystérieux Docteur Korvo

La femme d’un brillant psychanalyste se fait prendre la main dans le sac après avoir volé un bijou dans un grand magasin. Il se trouve que la belle est cleptomane, et qu’un médecin qui passait par là la prend sous son aile pour éviter le scandale, lui proposant des séances d’hypnose pour la débarrasser de sa cleptomanie. La jeune femme accepte, et tombe vite sous la coupe de ce mystérieux docteur Korvo.

Il y a du Laura là-dedans, et pas seulement pour ce grand portrait qui surplombe la scène du crime, troublante image comme venue d’outre-tombe. Preminger prolonge les mêmes thèmes : la duplicité, le désir et la morbidité, les visages du Mal…

Plus que la psychanalyse, c’est l’hypnose qui est au cœur de l’histoire, plongeant les personnages dans une sorte d’entre-deux. Cela donne quelques séquences quasi-oniriques, comme détachées de la réalité. Des scènes étranges, qui flirtent avec le grand-guignol, et qui auraient pu faire basculer le film du côté du grotesque, s’il n’y avait ce très beau personnage joué par l’excellent Charles Bickford.

Bickford donne une superbe humanité à ce flic un peu fatigué qui ramène constamment l’intrigue dans une réalité plus concrète, et plus lourde. Le regard qu’il pose sur le portrait (encore) de sa femme morte, est d’une tendresse infinie, en même temps que d’une grande délicatesse.

Les acteurs, d’une manière générale, sont formidables. Richard Conte en mari très raide, Mel Ferrer en psycho-psychotique, et Gene Tierney bien sûr, belle à damner, troublante et intense.

Le Poison (The Lost Week-End) – de Billy Wilder – 1945

Posté : 10 novembre, 2019 @ 8:00 dans 1940-1949, WILDER Billy | Pas de commentaires »

Le Poison

Billy Wilder sort de Double Indemnity lorsqu’il signe ce Poison, et l’impact du film noir est encore bien palpable. Il n’est pas question de crime, ni de femme fatale, bien au contraire : le « héros » est un malade, pas un criminel, et le personnage féminin, passé le doute initial (et fugace), est l’incarnation même de la bienveillance. Mais Wilder utilise les codes du film noir, pour le portrait de cet homme rongé par l’alcoolisme.

Ray Milland (qui n’a pas volé son Oscar, tant son incarnation est intense) dissimule ses bouteilles comme s’il cachait l’arme d’un crime. Le même Ray Milland qui subtilise un sac à main pour dérober un billet qui lui permettra de se précipiter au bar. Ou redoublant d’inventivité pour tromper son entourage, toujours pour se saouler… Milland est constamment filmé comme un anti-héros de Noir.

Un personnage magnifique et pathétique, filmé avec simplicité et sensibilité. Le Poison est d’ailleurs l’un des films les plus simples, les plus dépouillés de Wilder. Les flash-backs éclairent le parcours du personnage, mais leur courte durée, et manière dont le cinéaste les amène, font que ces flash-backs ne rompent jamais le mouvement resserré du film, ce simple week-end de descente aux enfers.

Bref, c’est une merveille, aux antipodes des séries B (C ? D ?… Z ?) qu’on tournait à la chaîne dans les années 30 pour combattre le fléau de l’alcool, avec une grandiloquence souvent ridicule. Wilder, mine de rien, ne satanise pas, pas plus qu’il ne juge. Il signe simplement le portrait d’un homme, rongé par son addiction, mal dans sa peau et dans sa vie. Magnifique dans l’échec.

Boomerang ! (id.) – d’Elia Kazan – 1947

Posté : 8 novembre, 2019 @ 8:00 dans * Films noirs (1935-1959), 1940-1949, KAZAN Elia | Pas de commentaires »

Boomerang

Le meurtre en pleine rue d’un prêtre réputé pour sa bonté, un coupable tout désigné, un procureur ambitieux, une opinion publique qui s’impatiente, une affaire qui devient politique… Elia Kazan s’empare du « film tiré des archives de… », ce sous-genre du polar des années 40 qui revenait sur des faits divers marquants pour mieux dire (souvent avec réussite) le rôle joué par les grandes institutions américaines.

Sauf qu’aucune institution ne sort vraiment grandi de ce film-enquête qui est surtout l’occasion pour Kazan de porter un regard d’une remarquable acuité, à la fois sur la presse tiraillée entre la déontologie journalistique et les intérêts de patrons peu scrupuleux, sur la population plus ou moins perméable aux infos, et sur le système judiciaire et ses interactions avec la sphère politique.

Avec ce film de genre, Kazan dénonce les affres de la société, mais aussi les tourments intérieurs de personnages jamais d’un seul bloc. Dana Andrews est impérial dans le rôle du procureur, doutant et s’interrogeant, tiraillé entre les difficultés de ce qu’il croit juste, et les facilités de tous les renoncements. Une nouvelle preuve éclatante de la grandeur de cet acteur trop souvent oublié parce qu’il semble ne rien faire.

Il est formidable, notamment dans ses face-à-face avec Lee J. Cobb, flic dont l’intégrité et les certitudes seront elles aussi ébranlées. Ces face-à-face sont fascinants, parce que les deux acteurs ont des styles qui paraissent irréconciliables : Andrews tout en intériorité, Cobb cabotinant avec une outrance toujours maîtrisée. Toujours formidable. Et entre eux deux se tisse une amitié contrariée, et une complémentarité, qui font beaucoup pour le film.

Ajoutons à ce beau casting Ed Begley en politicard pourri, Marl Malden dans un petit rôle de flic (non crédité), et Arthur Kennedy en coupable désigné. Film noir, film de procès, film social… Boomerang ! annonce les chefs d’œuvre à venir de Kazan.

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