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Archive pour la catégorie '1940-1949'

La Vallée de la peur (Pursued) – de Raoul Walsh – 1947

Posté : 13 octobre, 2017 @ 8:00 dans 1940-1949, MITCHUM Robert, WALSH Raoul, WESTERNS | Pas de commentaires »

La Vallée de la peur

Un vrai mystère dans un western, sombre et profond, qui ne s’éclaire que dans les toutes dernières minutes… Ce n’est pas si courant, et c’est ce qui rend ce Walsh si atypique, et si fascinant. Dès la première scène, on est littéralement happé par le destin tragique d’un Robert Mitchum tout jeune, qui affiche une triste résignation face à son sort : on le découvre réfugié dans une ruine au milieu du désert, attendant presque sereinement les hommes qui vont venir pour le tuer.

Comment est-il arrivé là ? Qui sont ces hommes décidés à en finir avec lui ? Lui-même n’a pas toutes les réponses, et ce mystère le hante littéralement, comme il hante tout ce beau film. Le passé de Bob, il se le remémore lui-même au gré de ses souvenirs, avec la belle Teresa Wright venue le retrouver. Construit sur de longs flash-backs, le film joue la carte de l’originalité, et frappe fort.

Cette originalité permet d’ailleurs d’avaler l’intrigue elle-même, banale et peu crédible histoire de vengeance, simple prétexte que Walsh semble prendre moyennement au sérieux. Un Walsh particulièrement tourné vers la psychologie de ses personnages : de Bob Mitchum qui s’interroge sur la nature du mal et sur sa propre nature, à Judith Anderson, toujours excellente, dans un rôle auquel elle apporte ce trouble qu’elle trimbale de film en film.

L’Assassinat du Père Noël – de Christian-Jaque – 1941

Posté : 11 octobre, 2017 @ 8:00 dans * Polars/noirs France, 1940-1949, CHRISTIAN-JAQUE | Pas de commentaires »

L'Assassinat du Père Noël

Il est beau, ce conte de Noël lugubre, ce film à hauteur d’enfants qui invoque, mine de rien, toutes les figures des récits pour la jeunesse. Dans le genre du fantasme enfantin, Fritz Lang fera nettement mieux avec son Moonfleet, certes. Mais Christian-Jacque, cinéaste pas toujours enthousiasmant, réussit là l’un de ses meilleurs films (le premier tourné pour la Continental durant l’Occupation, mais échappant à toute récupération de propagande).

Et c’est justement ce parti pris qui fait mouche, cette volonté de coller les images de contes de fée dans un univers contemporain. Comme un royaume enchanté où tout peut arriver, le petit village où se déroule l’histoire est totalement coupée du monde : un village de montagne, comme hors du temps, dont toutes les routes d’accès sont barrées par la neige.

On y trouve un château et son prince mystérieux, de retour au pays après avoir couru le monde, et qui semble dissimuler derrière ses murs un lourd secret. On y trouve aussi une pauvrette prisonnière de ses rêves de fillette, et qui va se découvrir une destinée de princesse. On y découvre aussi un ogre inquiétant, silhouette difforme qui parcours les ruelles étroites et sombres et prépare son crime.

Et puis il y a le Père Noël lui-même, qui va de maison en maison en cette veille de Noël. Ou presque le Père Noël : le vieil homme du village, qui passe ses journées à fabriquer des mappe-mondes et à inventer des histoires, et que tout le monde attend vêtu de sa houppelande rouge ce soir-là, comme tous les ans.

C’est Harry Baur, truculent et réjouissant, qui ne se laisse aller au cabotinage too much que dans deux ou trois petites scènes. Entre comique et émotion, il est assez formidable lorsque, justement habillé en Père Noël, il descend les uns après les autres les verres que les parents lui servent (et on ne boit pas du cidre doux, dans ces villages de montagne), tout en tâchant, de plus en plus difficilement, de répondre aux attentes d’enfants aux yeux grand ouverts. « Il sent comme toi le samedi », ose même un gamin à son père, qui lui renvoie une belle claque en guise de cadeau.

C’est cette atmosphère qui fait la réussite du film, plus qu’une intrigue policière un peu paresseuse (pliée en deux secondes avec l’apparition tardive et fugitive d’un Bernard Blier rigolard en gendarme). Une atmosphère qui trouve son apogée lors d’une superbe scène quasi surréaliste, où deux enfants s’enfoncent dans la nuit, leurs silhouettes se découpant sur les montagnes enneigées et balayées par le vent.

Le Champion (Champion) – de Mark Robson – 1949

Posté : 29 septembre, 2017 @ 8:00 dans 1940-1949, DOUGLAS Kirk, ROBSON MARK | Pas de commentaires »

Le Champion

Encore un film de boxe ? Oui, et celui-ci s’inscrit gentiment dans la mécanique bien huilée du genre, avec le destin d’un laissé pour compte qui trouve sa place sur le ring, et gravit les échelons de la gloire et de la fortune tout en perdant son humanité. Rien de bien surprenant, donc, même si Mark Robson filme tout ça fort bien, comme un film noir.

Surtout, c’est le premier grand rôle de Kirk Douglas, 33 ans et une présence magnétique. C’est à lui, surtout, que le film doit d’être à ce point mémorable. Remarqué dans quelques films remarquables (dès son tout premier rôle dans L’Emprise du crime), Douglas n’hésite pas, dès ces premières années à Hollywood, à mettre en avant les aspects détestables de ses personnages. C’est particulièrement vrai dans Le Champion.

Le film n’est jamais vraiment surprenant ? Kirk Douglas l’est, lui, constamment, trouvant le parfait équilibre entre l’humanité et la mesquinerie de son personnage, dont on ne sait jamais s’il nous touche ou s’il nous dégoûte. En contrepoint de son personnage à la présence dévorante, Arthur Kennedy est excellent dans un rôle ouvertement en retrait, frère handicapé et étouffé, qui révèle en négatif l’humanité perdue du « champion ».

On sent bien qu’on est en plein « film noir », et que rien de bon n’attend Kirk, son regard obtus et sa sensibilité en berne. Et comme dans tout bon film noir, son ascension et sa chute sont étroitement liés. Le personnage est pathétique. L’acteur est magnifique.

L’Horloge (The Clock) – de Vincente Minnelli – 1945

Posté : 25 septembre, 2017 @ 8:00 dans 1940-1949, MINNELLI Vincente | Pas de commentaires »

L'Horloge

Deux jeunes gens de la campagne se rencontrent et tombent amoureux dans une ville de New York trop grande pour eux… L’un est un soldat en permission qui découvre la métropole et ne sait pas s’il reviendra du front. Elle vit là depuis trois ans et commence à se faire une place, dans une vie bien rangée. Dès leur première rencontre, autour d’un talon de chaussure cassé et d’un escalator, on sent bien que le destin vient de donner son petit coup de main.

Allez, je spoile : oui, ces deux-là finiront ensemble, bien avant la fin du film. Et cette histoire d’amour, belle et modeste (ou belle parce que modeste), est absolument rafraîchissante, sorte de bulle toute légère dans un contexte nettement plus lourd : les réalités de la grande ville, mais aussi celles de la guerre qui est là, de l’autre côté de l’Atlantique, entourent constamment notre joli couple, tout occupé à se découvrir et à vivre en deux jours seulement ceux que d’autres vivent en plusieurs années.

Le film est beau parce qu’il est modeste, mais aussi parce que son mouvement et ses ruptures de ton illustrent parfaitement les étapes par lesquelles passent nos tourtereaux : l’innocence presque naïve de la rencontre, la surprise déstabilisante de comprendre ses propres sentiments, la peur de passer à côté de l’autre, l’euphorie de s’être (re)trouvé, l’urgence de l’engagement, et puis les doutes, et la sérénité enfin… Minnelli construit son film comme un enchaînement de scènes, toutes magnifiques, qui illustrent tous ces sentiments successifs.

Pas de grandes scènes musicales ni de chorégraphies ici : Minnelli dirige sa femme Judy Garland (pour la deuxième fois) comme la grande et belle actrice qu’elle est, sans faire appel à ses talents de chanteuse et danseuse. Pas de chansons, mais le mouvement est parfait, fluide et entraînant, passant de l’une à l’autre, de Garland à Robert Walker, avec qui l’alchimie est presque magique.

Il y a le rire, lorsque Walker découvre avec de grands yeux étonnés les merveilles (et les hauteurs) de New York. Il y a la bienveillance, lors de cette merveilleuse nuit passée… à bord d’un camion de lait. Il y a l’émotion la plus vive lorsque nos tourtereaux sont emportés chacun d’un côté par les « torrents » de la ville. Et il y a de la vie, surtout, dans cette histoire d’amour. Jusqu’à ce dernier plan, aérien et merveilleux, où Judy Garland fend la foule, éclatante et plus légère que jamais.

Les Inconnus dans la maison – de Henri Decoin – 1941

Posté : 10 septembre, 2017 @ 8:00 dans * Polars/noirs France, 1940-1949, DECOIN Henri | Pas de commentaires »

Les Inconnus dans la maison

Ça commence par de superbes images de nuit, montrant une ville baignée de pluie, d’abord à travers une maquette magnifiquement éclairée, puis par une série de plans joliment filmés en studio. Des images accompagnées par la voix off de Pierre Fresnay, voix fascinante d’un acteur qu’on ne verra pas à l’écran, mais qui annonce déjà les chefs d’œuvre à venir de Clouzot, scénariste et dialoguiste du film.

C’est à lui, surtout, qu’on doit la réussite de cette adaptation d’un roman de Simenon. A lui, à ses dialogues géniaux, et aux acteurs qui les disent. Et quels acteurs, à commencer par Raimu, extraordinaire jusque dans ses excès, formidable en avocat vieillissant et alcoolique qui affiche un désintérêt affecté au drame qui se noue dans sa propre maison : un homme y est découvert assassiné, et c’est tout l’entourage de sa fille qui est suspecté, cette fille qu’il n’a jamais su aimer, ou à qui il n’a jamais su montrer qu’il l’aimait.

Au-delà de l’intrigue policière, le film est une critique acerbe et réjouissante de la grande bourgeoisie, laminée lors d’une plaidoirie extraordinaire par Raimu, véritable sommet du film, jeu de massacre et réjouissant numéro d’acteur. C’est à lui, Raimu, et aux autres acteur, que l’on doit le plaisir si intense que procure ce film, qui aura droit à deux remakes, dont le second, cinquante ans plus tard, avec Jean-Paul Belmondo.

La Blonde framboise / Strawberry Blonde (The Strawberry Blonde) – de Raoul Walsh – 1941

Posté : 30 août, 2017 @ 8:00 dans 1940-1949, CAGNEY James, WALSH Raoul | Pas de commentaires »

The Strawberry Blonde

Dans la liste des films qui rendent heureux, celui-ci figure en bonne place. Loin des films de gangsters qui ont fait leurs réputations, Raoul Walsh et James Cagney se retrouvent pour un film drôle et infiniment délicat, hymne au bonheur simple et à l’amour, le vrai, avec un grand A et les yeux doux et irrésistibles d’Olivia De Havilland.

On en sort en fredonnant « And the band played on » (le générique de fin propose même aux spectateurs de reprendre la chanson en karaoké avant de quitter la salle, on imagine l’ambiance et le plaisir partagé), et avec l’envie irrépressible d’enlacer nos deux tourtereaux, et de dire à celle qu’on aime qu’on l’aime. Bref, un vrai feel-good movie.

The Strawberry Blonde n’est pas une comédie musicale. Mais c’est le genre de films où les clients d’un barbier peuvent se mettre à chanter ensemble, et où tout est mouvement, à l’image de cette première rencontre entre les deux « couples » du film : l’horrible Jack Carson dont l’avenir prometteur séduit celle qui monopolise tous les regards, jouée par la star montante Rita Hayworth, et ce bon vieux James Cagney qui se « rabat » sur la bonne copine, Olivia De Havilland.

C’est tout le drame de sa vie, à la pourtant magnifique Olivia : ce couillon de Jimmy mettra dix ans pour réaliser que celle qu’il a finalement épousée est non seulement la plus belle, mais aussi celle qui peut le rendre profondément heureux. Elle en interprétera d’autres, des personnages plongés dans l’ombre d’actrices à la beauté plus arrogante. Mais ici, le drame ne fait qu’affleurer, malgré un passage bouleversant où Olivia voit son mari partir avec bravade entre deux policiers, loin d’elle.

Les larmes, pourtant, sont de joie dans ce film, qui est aussi l’un des plus drôles tournés par Walsh. Un chef d’œuvre dont le cinéaste filmera lui-même un remake dès 1948, cette fois sous la forme d’une vraie comédie musicale : One sunday afternoon, pas le plus connus de ses films…

Nuit de terreur (So dark the night) – de Joseph H. Lewis – 1946

Posté : 25 août, 2017 @ 8:00 dans * Films noirs (1935-1959), 1940-1949, LEWIS Joseph H. | Pas de commentaires »

Nuit de terreur

C’est toujours génial d’être happé comme ça par un film dont on n’attendait pas grand-chose. Et c’est exactement ce qui se passe avec cette toute petite production très fauchée signée Joseph H. Lewis, spécialiste de la série B qui n’avait pas encore signé son grand classique, Gun Crazy. A peine plus d’une heure, aucun acteur vraiment connu, des moyens très réduits, un tournage intégralement en studio… On est clairement dans un film sans grande ambition.

La première impression confirme d’ailleurs ce qu’on attendait. Le film commence dans un Paris de carte postale, tout en pavés saillants et en fleurs odorantes, où le bonheur et la légèreté semblent omniprésents, jusque dans les couloirs de la préfecture de police où sont quand même censés se concentrer tous les malheurs de la capitale. Un Paris aussi où les gens commencent une phrase en anglais pour la finir en français, avec un accent anglais, serbe ou, comme par miracle, français.

Bref, pas facile pour un francophone de se laisser entraîner dans l’histoire de ce grand flic qui s’apprête à prendre ses premières vacances depuis onze ans, ce qu’il fait dans un village (très carte postale lui aussi) du fin fond de la France. De quoi ricaner ? Un peu, oui, surtout lorsque notre grand flic (interprété par Steven Geray, très bien) refile avec un large sourire un billet énorme à un cireur de chaussures qui ne parle français que pour des oreilles américaines. Pourtant, après quelques minutes, il y a une autre évidence qui commence à s’imposer.

Au-delà de la vision très caricaturale et très américaine de « la vraie France », le film est d’une beauté formelle remarquable. Un plan en plongée surplombant un bureau, un travelling qui passe de la campagne à l’intérieur d’une auberge… Quelques plans spectaculaires soulignent ce qu’on avait failli ne pas voir depuis le début du film : pas la moindre image anodine ici, pas le moindre plan approximatif. Joseph Lewis construit chacun de ses cadres avec un immense soin, et signe un film visuellement splendide, et d’une grande fluidité.

Jusqu’au mot « fin », le réalisateur tient cette gageure : il rend magnifique chacune des images de son film. Et jamais au détriment de l’intrigue (le flic en vacances tombe amoureux d’une jeune femme du pays, qui disparaît bientôt avec le jeune homme à qui elle était promise), même si la psychologie des personnages n’est pas toujours aussi convaincante. Mais le film ne manque pas d’audace, jusque dans sa manière de passer de la légèreté de la première moitié au drame intime du rebondissement final. Une perle noire jamais exploitée en France, franchement enthousiasmante.

* Cette perle noire est à découvrir en DVD grâce à Sidonis/Calysta, avec des commentaires enthousiastes de Bertrand Tavernier, Patrick Brion et François Guérif.

L’Escadron noir (Dark Command) – de Raoul Walsh – 1940

Posté : 21 juin, 2017 @ 8:00 dans 1940-1949, WALSH Raoul, WAYNE John, WESTERNS | Pas de commentaires »

L'Escadron noir

Dix ans après La Piste des Géants, Raoul Walsh retrouve John Wayne, que le succès de Stagecoach venait de sortir d’autant d’années de séries B (au mieux), et reforme le couple que le jeune Duke formait avec Claire Trevor dans le film de John Ford. Alors oui, il y a de la romance dans l’air, et beaucoup d’action, dans ce western qui semble à première vue très mineur dans la filmographie de Walsh, en particulier à cette époque où il enchaînait les chefs d’œuvre.

Le film est surtout étrangement maladroit par moments, avec quelques rebondissements auxquels on a beaucoup de mal à croire. Le revirement du personnage joué par Walter Pidgeon est ainsi pour le moins étonnant : d’instituteur posé et attachant, il devient en quelques minutes un monstre sanguinaire qui sème la terreur dans plusieurs états. Ce personnage inspiré par le célèbre Quantrill (il s’appelle d’ailleurs Cantrell dans le film) ne manque pas d’intérêt : le moindre n’est pas de lui avoir collé une mère désespérée par le chemin qu’il décide de prendre. Mais Walsh échoue à développer une psychologie convaincante.

On peut d’ailleurs faire le même reproche à la quasi-totalité des personnages, y compris celui de John Wayne, lui aussi plein de promesses. Tiraillé entre son amour pour Claire Trevor et son sens du devoir qui l’oblige à arrêter le frère de cette dernière, il se transforme en héros tragique. Mais Walsh ne le filme que comme un vrai héros pur et sans tâche. Toujours impeccablement rasé et aux habits immaculés. Lisse, trop lisse, sans aspérité.

C’est la grande limite de ce film psychologiquement très faible, qui en revanche marque des points dans l’action pure. Autant les séquences dramatiques semblent filmées par dessus la jambe, autant les nombreuses scènes d’action sont formidables, filmées avec une belle intensité et, pour le coup, un immense sens dramatique. Et ça ne fait que s’améliorer au fil du métrage, avec une conclusion impressionnante, fusillade haletante dans une ville en flammes. Et les images sont particulièrement spectaculaires.

Avec Dark Escadron, Walsh s’impose comme un grand cinéaste d’action. Pour la psychologie, il a fait et fera nettement plus convaincant.

Saboteur sans gloire (Uncertain glory) – de Raoul Walsh – 1944

Posté : 5 mai, 2017 @ 8:00 dans 1940-1949, WALSH Raoul | Pas de commentaires »

Saboteur sans gloire

Encore une merveille signée Walsh, qui boucle une sorte de triptyque officieux de films de propagandes dont Errol Flynn est la vedette. Après le très léger Sabotage à Berlin et le très mouvementé Du sang sur la neige, Saboteur sans gloire surprend par sa tonalité et par son personnage principal, un authentique salaud pour une fois, voleur, meurtrier, égoïste, profiteur de guerre… Bref, un rôle inattendu pour Flynn.

Le film commence, curieusement, de la même manière que L’Imposteur, le film de Duvivier, sorti à peine deux mois plus tôt aux Etats-Unis. Le personnage de Flynn, comme celui de Gabin, y échappe miraculeusement à l’exécution par la guillotine lorsque la prison où il se trouve se retrouve détruite par un bombardement qui coûte la vie à ses bourreaux. La comparaison entre les deux films s’arrête à peu près là, même s’il sera évidemment question de rédemption, de sens du sacrifice, et de l’esprit français, que Hollywood ne cessait de mettre en avant ces années-là.

Flynn, plus charmeur et souriant que jamais, reste un sale type quasiment jusqu’au bout. Un homme préoccupé par son seul sort, qui semble traverser la guerre et l’occupation comme un simple visiteur en villégiature. Walsh le flanque de son exact opposé, un super flic qui le traque et ne tarde pas à l’arrêter, qu’interprète l’excellent Paul Lukas, acteur aussi à l’aise pour jouer les ordures que, comme c’est le cas ici, l’image même de l’honnêteté et de la générosité.

Leur duo fonctionne parfaitement, et se retrouve au cœur des passages les plus forts. C’est le cas lors de la scène-clé de l’histoire. Arrêté dans une petite ville où cent habitants s’apprêtent à être exécutés par les Allemands en guise de représailles après un attentat meurtrier commis par un mystérieux résistant, Flynn propose à Lukas de le laisser se dénoncer comme l’auteur de l’attentat, afin de sauver les otages, et surtout d’échapper à la guillotine, qui lui semble nettement plus barbare qu’un peloton d’exécution. Troublé par cette proposition, le policier est perdu dans ses pensées face à son prisonnier qui attend sa décision, tandis que les ombres des otages se profilent sur le mur derrière eux…

Ce plan est tout simplement renversant. Tout le film, d’ailleurs, est visuellement splendide, avec un noir et blanc sublime (signé Sidney Hickox, chef of de Walsh sur une quinzaine de films parmi ses meilleurs), de merveilleux décors (dus à Robert Haas) et l’extraordinaire sens du cadre du cinéaste. En plus d’offrir à Errol Flynn l’un de ses meilleurs rôles, Uncertain glory transcende les codes du film de propagande, pour offrir à la fois un spectacle profondément réjouissant, et une plongée passionnante dans les tourments mentaux d’un criminel.

Nevada (id.) – d’Edward Killy – 1944

Posté : 28 avril, 2017 @ 8:00 dans 1940-1949, KILLY Edward, MITCHUM Robert, WESTERNS | Pas de commentaires »

Nevada

On n’est clairement pas dans les sommets du western avec cette production RKO fauchée, et très loin des fulgurances esthétiques auxquelles le petit studio est souvent associé. En 60 minutes à peine, Edward Killy boucle sans génie mais avec un sens du rythme affirmé une histoire pleine de rebondissements signée Zane Grey, véritable marque des débuts du western.

Cette histoire-là a d’ailleurs déjà eu deux adaptations sur grand écran auparavant, l’une en 1927 et l’autre en 1935. L’intrigue est, il est vrai, plutôt habile : un aventurier est accusé de meurtre après qu’on a retrouvé sur lui une importante somme d’argent (qu’il a gagnée au jeu), correspondant à celle dérobée sur le corps de sa victime présumée. Il découvre un complot monté pour récupérer des terres riches en argent à des propriétaires infortunés.

Edward Killy affiche une désinvolture désarmante. La première scène donne le ton, avec ce cow-boy qui gratte sa guitare sur son cheval, en gardant un troupeau de vache, guitare qui disparaît comme par enchantement d’un plan à l’autre… C’est aussi le genre de film où un chapeau peut voler à la verticale à la suite d’un coup de feu, et où les fusillades, même à quelques mètres de distance, ne touchent personne.

Seule vraie bonne raison de voir le film : « Bob » Mitchum (c’est ainsi qu’il apparaît au générique), dans son premier grand rôle, qui remplace l’habituel acteur fétiche de Killy, Tim Holt, parti sous les drapeaux. Ce n’est pas encore le Mitchum de Out of the Past, certes. Mais à sa décharge, il n’a pas grand-chose à jouer avec ce personnage sans consistance. Et il tient plutôt bien sa place, celle d’un héros droit, courageux et sans ombre.

* DVD dans la collection Westerns de Légende de Sidonis/Calysta, avec une présentation très bienveillante par Patrick Brion, et un documentaire sur Robert Mitchum déjà présent dans d’autres titres de la collection.

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