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Archive pour la catégorie '1940-1949'

La Corde de sable (Rope of Sand) – de William Dieterle – 1949

Posté : 26 avril, 2017 @ 8:00 dans 1940-1949, DIETERLE William, LANCASTER Burt | Pas de commentaires »

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Paul Henreid, Claude Rains, Peter Lorre, l’Afrique, l’amour, l’aventure… On jurerait que le producteur Hal B. Wallis a voulu renouer avec le succès de son Casablanca. Et on ne serait pas surpris outre-mesure d’apprendre que le rôle tenu finalement par Burt Lancaster avait d’abord été proposé à Bogart…

D’ailleurs, cette parenté évidente semble à peu près la seule raison qui explique la présence de Peter Lorre, étrange et fugitive apparition qui semble n’être que là que pour clarifier le passé du personnage joué par Lancaster, avant un flash-back tout aussi explicite qui répétera la même chose en images, confirmant ainsi que ce second rôle ne sert pas à grand-chose.

Et pourtant on le guette, Lorre, comme une figure familière et pleine de mystère à la fois. Ses trop rares apparitions finissent même par donner une couleur originale à ce film d’aventures par ailleurs pas exempt de défauts, s’imposant au final comme une sorte de chœur antique bienveillant.

Les défauts tiennent essentiellement aux personnages d’ailleurs, pas complètement convaincants, pas suffisamment mystérieux. Lancaster est parfait en pur anti-héros de film noir, jeune homme obstiné et plein de rage. Henreid, lui, surjoue un tantinet le caractère odieux de son personnage, tandis que Rains déroule son interprétation suave et machiavélique.

Mais même sans surprise, ces acteurs restent réjouissants. Ajoutez les apparitions de gueules comme Sam Jaffe ou Mike Mazurki, de bien belles images nocturnes, une impressionnantes bagarres en pleine tempête de sable, et quelques dialogues épatants (« L’argent aurait-il perdu toute sa valeur ? » s’étonne Claude Rains lorsque l’ami Burt propose de lui rendre les diamants pour sauver sa belle Corinne Calvet)… La Corde de sable est un divertissement qui n’arrive certes pas à la cheville de Casablanca, mais qui se déguste avec un vrai plaisir.

Crépuscule (Sundown) – de Henry Hathaway – 1941

Posté : 16 avril, 2017 @ 8:00 dans 1940-1949, HATHAWAY Henry, TIERNEY Gene | Pas de commentaires »

Crépuscule (Sundown) - de Henry Hathaway - 1941 dans 1940-1949 Crpuscule_zps9x94zrck

Au Kenya, pendant la seconde guerre mondiale, les officiers d’un avant-poste britannique tentent de mettre un terme à un mystérieux trafic d’armes… La participation d’Hathaway à l’effort de guerre prend les apparences d’un film d’aventure exotique. Et on ne peut pas dire que le résultat figure au panthéon du cinéma d’Hathaway.

A vrai dire, il faut attendre une bonne demi-heure et la première scène d’action pour être enfin secoué : une fusillade nocturne aussi brève qu’intense qui nous sort de cette douce torpeur pas désagréable mais pas le moins du monde excitante qui semble toucher aussi bien les personnages que les spectateurs.

Des fulgurances comme celle-ci, il y en aura deux ou trois autres : l’ombre d’une arme qui se dessine sur un mur, la silhouette d’un pendu qui apparaît soudain, et l’ultime fusillade. Et aussi une belle scène de dialogue autour d’une table entre Gene Tierney (sublime) et Bruce Cabot (excellent). Le point commun entre toutes ces scènes : l’obscurité, qui semble inspirer nettement plus Hathaway que le soleil oppressant et les grandes étendues désertes.

Car entre ces quelques très beaux moments, le film piétine, avec une intrigue jamais totalement convaincante, comme si elle n’était qu’un prétexte pour filmer les paysages et les coutumes africaines. Ce qui est probablement le cas, d’ailleurs. Sur le papier, Hathaway et son goût pour une esthétique réaliste pouvaient sembler le bon choix. Mais l’horizontalité africaine l’inspire bien moins que la verticalité urbaine.

Il est pourtant sympathique ce film, en partie grâce à une belle distribution qui comprend aussi George Sanders, Harry Carey, Joseph Calleia et Sir Cedrick Hardwick. Et puis, en dépit d’une certaine condescendance colonialiste, le film évite plutôt la caricature, et affiche un respect assez inhabituel de la vie humaine, quel que soit l’importance du personnage… et sa couleur de peau. Ce qui n’est pas si courant.

Dommage quand même que le film finisse sur une note si, comment dire, américaine : avec un sermon totalement hors sujet qui nous rappelle à nous tous pauvres pêcheurs que l’église et l’armée sont les deux bases de notre civilisation. Sans rire.

* Le DVD du film vient d’être édité chez Artus, dans une copie loin d’être impeccable, mais très acceptable au regard de la rareté du film. Aucun supplément.

Le Réveil de la Sorcière rouge (Wake of the Red Witch) – d’Edward Ludwig – 1948

Posté : 5 mars, 2017 @ 8:00 dans 1940-1949, LUDWIG Edward, WAYNE John | Pas de commentaires »

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Voilà une merveille de film d’aventures, un petit bijou constamment oublié dans la liste des grandes réussites du genre. Pourtant, ce Réveil de la Sorcière rouge (beau titre mystérieux, qui annonce l’importance que jouera l’épave d’un bateau) est une œuvre complexe fascinante, un film original et ambitieux marqué par de constants changements de rythmes et de tons, et dont la construction est particulièrement audacieuse, avec ce long flash-back au cœur du film qui donne au personnage de Gail Russell une aura particulière, jusque dans ses absences, faisant du film une superbe histoire d’amour tragique.

Mais c’est bien John Wayne qui porte le film sur ses épaules. Même s’il n’a pas encore cette intensité menaçante qui rendra inoubliable son personnage de La Prisonnière du Désert, il est remarquable dans le rôle de ce capitaine habité par un sombre dessein, que l’on découvre d’abord inquiétant et mystérieux. Son Capitaine Ralls, comme le Ethan Edwards du chef d’œuvre de John Ford, est un être obsessionnel, rongé par un passé douloureux qui ne sera révélé qu’au compte-goutte.

Tous les personnages sont particulièrement réussis, notamment celui du méchant (Luther Adler, grand nom du théâtre américain). Loin de toute caricature, il semble n’exister que dans la haine de celui qu’il veut détruire. A tel point qu’on le retrouve anéanti lorsqu’il apprend que son ennemi juré est probablement mort… Une vision pour le moins inattendue et curieusement émouvante, comme s’il venait de perdre son unique raison de vivre.

Entièrement au service de l’histoire, la mise en scène d’Edward Ludwig ne s’embarrasse pas de fioriture ou de recherches esthétiques. Mais elle est d’une efficacité parfaite, jusque dans les formidable séquences sous-marines, modèles du genre pourtant tournées sans grand moyen (le film est produit par la Republic, l’une des firmes de la « poverty row » d’Hollywood), mais où la tension est constamment palpable. Même avec cette pieuvre géante – en caoutchouc -, et cette épave – miniature – qui tangue, le suspense est parfaitement tenu.

Et pourtant, le film reste méconnu et mésestimé. Pas par John Wayne lui-même, qui ira jusqu’à appeller sa compagnie de production la Batjac, clin d’œil à Batjak, l’armateur du navire « La Sorcière Rouge ».

Un espion a disparu (Above suspicion) – de Richard Thorpe – 1943

Posté : 27 février, 2017 @ 8:00 dans * Espionnage, 1940-1949, THORPE Richard | Pas de commentaires »

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Ce pourrait être un énième effort de guerre de la part des studios hollywoodiens, mais ce film d’espionnage tourné en 1943 possède un ton assez surprenant, inattendu pour l’époque : malgré la menace omniprésente et les nombreux faux-semblants, ces aventures d’un couple d’Américain transformés en espion dans l’Allemagne de 1939, à la veille de la déclaration de guerre, s’apparentent plus à une comédie d’espionnage qu’à un vrai film noir.

On a d’ailleurs un peu de mal à prendre tout ça au sérieux dans un premier temps : cette nonchalance de Fred McMurray face au danger, et l’excitation de sa toute jeune femme Joan Crawford à l’idée de devenir une espionne, ont de quoi désarçonner. Surtout que Richard Thorpe semble réellement filmer une comédie, dont la toute première image est d’ailleurs celle d’un mariage tout en légèreté.

Mais dès que le jeune couple quitte l’Amérique, le rythme s’installe, vif et sans temps mort. Un jeu de piste à travers une Europe pleine de dangers qui conduit nos héros d’une étape à l’autre, d’une scène à la suivante, d’un danger à un mystère. Ils y croisent des agents doubles, des espions nazis, des passages secrets, et même un meurtre à l’opéra qui rappelle étrangement celui de L’Homme qui en savait trop, avec un procédé que Hitchcock perfectionnera dans la version de 1956 de son film anglais.

Visuellement, Above suspicion souffre d’une photo tristement terne. Mais les décors sont beaux, et apportent un exotisme charmant à ce pur divertissement qui ne manque ni de souffle, ni d’esprit.

Quelque part en France (Reunion in France) – de Jules Dassin – 1942

Posté : 20 février, 2017 @ 8:00 dans 1940-1949, CARRADINE John, DASSIN Jules, WAYNE John | Pas de commentaires »

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A la veille de la déclaration de guerre, en France, une riche oisive regarde d’un œil amusé les « vrais gens » s’inquiéter de l’imminence du conflit, indifférente aux malheurs qui l’entoure, et lasse de voir les hommes ne plus penser qu’à leur pays et à l’armée… Mais lorsque la guerre arrive réellement, et les privations qui vont avec, la jeune femme descendue de son piédestal ouvre les yeux, et son cœur.

C’est beau comme un pur film de propagande, contribution très hollywoodienne à l’effort de guerre qui, forcément, glorifie la force de résistance du peuple français. Sorti du contexte (le film est tourné en 1942), on peut trouver ça un peu lourd, en tout cas sans nuance. Mais ce genre d’exercice a de quoi réveiller le patriote qui sommeille en tout cinéphile.

Surtout que Jules Dassin (cinéaste français qui était déjà installé aux Etats-Unis depuis longtemps, contrairement à Duvivier ou Renoir) sait donner un rythme impeccable à son récit, et que Joan Crawford est formidable. La star porte le film sur ses épaules, et son personnage est, de loin, le plus intéressant.

Un regret, quand même : plutôt que de raconter la transformation de cette femme superficielle en résistante au grand cœur, Dassin opte pour une audacieuse ellipse, qui nous prive de ce qui aurait sans doute été le plus passionnant : les premières désillusions de la riche Frenchy, sa découverte du quotidien des Français durant la débâche, les bombardements, les victimes civiles qui tombent sous ses yeux… Tout ça est résumé bien rapidement par une simple série d’images d’archives. Dommage, toute cette partie sacrifiée aurait mérité un film à elle seule. Qui aurait sans doute été bien peu stimulant pour le moral des troupes et des populations, en cette année 1942.

A la place, on a droit à une histoire sympathique mais un peu convenue d’espionnage et de résistance, un suspense très efficace avec un John Wayne encore tout jeune et un peu gauche (on est trois ans après Stagecoach, et il n’a pas encore cette stature définitive qu’il aura quelques années plus tard) en soldat américain perdu au cœur de la France occupée, et un John Carradine dans un rôle taillé sur mesure pour lui (le même, quasiment, que dans Hitler’s Madmen).

Le cahier des charges est certes strict. Mais Dassin en tire le meilleur. Son film, de pure propagande, n’en est pas moins passionnant, émaillé de rebondissements plus ou moins attendus et basé sur une belle idée plutôt bien traitée : opposer l’amour et le devoir en temps de guerre.

La Vie est belle (It’s a wonderful life) – de Frank Capra – 1946

Posté : 6 février, 2017 @ 8:00 dans 1940-1949, BOND Ward, CAPRA Frank, FANTASTIQUE/SF, STEWART James | Pas de commentaires »

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Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? La Vie est belle est une merveille, un film euphorisant, un pur bonheur de cinéma, l’un de ces chefs d’œuvre qui rendent immensément heureux, et qui vous réconcilient avec l’humanité. Bref, j’aime La Vie est belle, le film a changé ma vie de cinéphile, ma vie tout court.

Classique indémodable, diffusé chaque Noël à la télévision américaine (comme quoi ils n’ont pas si mauvais goût, les Ricains), sommet de la filmograpghie de Capra (qui ne s’en remettra jamais tout à fait), le film n’a rien perdu de son universalité. L’histoire ? Celle de George Bailey, jeune homme qui rêve de grands voyages mais se retrouve coincé dans la petite ville de Bedford Falls où il étouffe, mais où il doit perpétuer l’oeuvre de son père, bienfaiteur qui s’opposait au cynisme inhumain d’un tout puissant banquier.

La grande idée du film, celle dont on parle systématiquement, ne représente qu’une petite partie du métrage : au bout du rouleau, sur le point d’être enfermé pour avoir perdu l’argent des habitants, Bailey s’apprêt à se suicider. C’est là qu’un ange apparaît et lui montre à quoi ressemblerait le monde s’il n’existait pas…

Une idée géniale, qui ne suffit pas à dire la richesse de ce film, superbe de la première à la dernière image. Il y a d’abord la prestation de James Stewart, exceptionnelle, pleine de nuances et d’une intensité rare. Il faut voir son regard lorsque, sur le quai de la gare, il comprend que son frère ne reprendra pas l’entreprise familiale, et qu’il est condamné une fois encore à renfoncer à ses projets. Il faut le voir aussi se liquéfier d’amour (on le comprend) pour Donna Reed alors qu’ils se partagent un combiné de téléphone.

Donna Reed… C’est rien de dire que c’est le rôle de sa vie. Sa bienveillance naturelle, son sourire immense, peut-être le plus beau de l’histoire du cinéma, illuminent constamment le film de leur discrète présence. Lionel Barrymore en méchant très scroogien, Thomas Mitchell en oncle maladroit, Ward Bond en policier au grand cœur, Henry Travers en ange irrésistible, et même Gloria Grahame dans l’un de ces rôles qui lui vont si bien (une mauvaise fille au grand cœur)… Tous sont formidables.

On pourrait reprocher la naïveté du propos, voire la morale de l’histoire… On aurait tort : La Vie est belle est une merveille d’émotion pure, et un film qui réhabilite joyeusement la bienveillance et les plaisirs simples. Un film indispensable que, comme les Américains, on devrait tous voir au moins une fois par an.

Rendez-vous (The Shop around the corner) – d’Ernst Lubitsch – 1940

Posté : 3 février, 2017 @ 8:00 dans 1940-1949, LUBITSCH Ernst, STEWART James | Pas de commentaires »

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Un petit miracle ce film, merveilleuse comédie romantique dans le Budapest des années 30. Un Budapest qui se limite à un magasin et à un coin de rue, reconstitués dans des décors somptueux de studio, qui suffisent à dévoiler la réalité de la société hongroise de l’époque.

C’est drôle, fin, enlevé et léger… Mais derrière le quotidien de cette maroquinerie dirigée par un M. Matushek extraordinairement bienveillant, quelques signes à peine esquissés laissent entrevoir la rudesse de l’époque, la crainte du chômage et du déclassement… C’est tout le génie de Lubitsch, celui-là même qui fera de To be or not to be une merveilleuse charge anti-Nazie.

Ici, c’est une histoire de famille et d’amour qu’il raconte. Une sorte de microcosme où plusieurs petites histoires s’emmêlent autour d’un superbe fil conducteur : la romance par correspondance qui unit sans qu’ils le sachent deux employés qui ne se supportent pas. Belle idée, qui donne lieu à des scènes aussi drôles qu’émouvantes, les deux émotions n’étant jamais bien loin chez Lubitsch.

James Stewart et Margaret Sullavan sont magnifiques, irrésistibles en amoureux contrariés. Mais c’est l’ensemble de la distribution qui est exceptionnelle devant la caméra de Lubitsch, avec une mention à Felix Bressart (Pirovitch), l’irrésistible compagnon, complice et compréhensif, qui parvient à faire naître l’émotion du moindre silence…

The Shop around the corner est un chef d’œuvre, un film qui rend simplement heureux, et amoureux de l’humanité.

Jeux dangereux (To be or not to be) – d’Ernst Lubitsch – 1942

Posté : 2 février, 2017 @ 8:00 dans 1940-1949, LUBITSCH Ernst | Pas de commentaires »

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L’entrée en scène du faux Hitler qui lève la main droite en lançant le fameux “Heil myself” symbolise parfaitement l’esprit de ce pur bijou : To be or not to be s’évertue à ridiculiser la grandiloquence nazie, tout en étant un chant d’amour pour le théâtre et la comédie, la véritable nation d’un cinéaste déraciné.

To be or not to be (oublions son titre français tout pourri, que la postérité a justement balayé) est la quintessence du style Lubitsch, à commencer par la perfection du rythme, extraordinaire, tout en rebondissements et en portes qui claquent. Ces portes ont toujours été importantes dans le cinéma de Lubitsch (jusqu’à faire dire à Mary Pickford, sur le tournage de Rosita, qu’il ne s’intéresse qu’aux portes). Elles ne l’ont peut-être jamais été autant que dans ce film, où elles servent dans le même temps de moteur comique et de ressors de suspense.

Se moquer de l’horreur nazie avec cet esprit de vaudeville n’a pas valu une belle réputation au film à sa sortie. Le temps, heureusement, a réparer ce jugement initial, lui reconnaissant le statut d’immense chef d’œuvre, l’un des seuls films (en tout cas tournés au moment des faits) à réussir à vraiment faire rire sans édulcorer l’horreur nazie. Même s’il s’en moque, Lubitsch en filme les conséquences avec cet humanisme qui lui a si bien réussi avec The Shop around the corner.

Et puis il y a Carole Lombard, actrice magnifique dont la prestation éclipse sans mal celle de Jack Benny, et surtout celle de Robert Stack (sympathique mais transparent). C’est sans doute son plus grand rôle (et son dernier : ce p#** !! d’avion s’écrasera avant la sortie du film en salles), celui qui révèle le mieux la richesse de son jeu et ce naturel formidable qui lui permettent de faire flirter si harmonieusement drame et dérision.

Le Carrefour de la mort (Kiss of Death) – de Henri Hathaway – 1947

Posté : 16 janvier, 2017 @ 2:00 dans * Films de gangsters, * Films noirs (1935-1959), 1940-1949, HATHAWAY Henry | Pas de commentaires »

Le Carrefour de la mort (Kiss of Death) – de Henri Hathaway – 1947 dans * Films de gangsters Le%20Carrefour%20de%20la%20mort_zpsrh1zsiov

On ne retient souvent du film que la prestation hallucinée de Richard Widmark, dont c’est le premier film, et cette scène où, avec un sourire sadique, il balance une infirme attachée sur son fauteuil roulant du haut d’un escalier.

C’est vrai qu’elle est traumatisante cette scène, sommet inégalable de sadisme qui continue à garder toute sa puissance horrifique. Widmark y est glaçant, sa présence habitant constamment le film. On en oublierait presque que son rôle, certes central pour l’histoire, n’en est pas moins secondaire. Que sa prestation est tout de même un peu outrancière (il en fait des tonnes, et fera preuve de beaucoup plus de nuances dans ses grands rôles à venir.

On en oublierait presque, aussi, que Victor Mature tient le rôle principal, et qu’il est, lui, d’une sobriété et d’une intensité remarquables. L’acteur est alors dans sa grande période : celle de La Poursuite infernale et La Proie, deux chefs d’œuvre , deux grands rôles particulièrement riches. Comme celui-ci, magnifique repenti qui cherche désespérément le droit à une deuxième chance.

Hathaway signe là un formidable thriller psychologique, tenu de bout en bout, et avec quelques grands moments de pur suspense qui reposent essentiellement sur la manière exceptionnelle qu’a le cinéaste de jouer avec le temps, de le dilater, et de faire durer les moments d’attente : cette nuit interminable et oppressante dans la petite maison qui a soudain perdu le caractère rassurant qu’elle avait peu avant ; et l’extraordinaire séquence finale, modèle de mise en scène.

Sabotage à Berlin (Desperate Journey) – de Raoul Walsh – 1942

Posté : 23 novembre, 2016 @ 8:00 dans 1940-1949, WALSH Raoul | Pas de commentaires »

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Entre deux classiques (La Charge fantastique et Gentleman Jim), Raoul Walsh et Errol Flynn s’offrent une réjouissante récréation en forme d’effort de guerre.
Faut-il prendre au sérieux cette histoire d’aviateurs alliés qui se retrouvent derrière les lignes ennemis et multiplient les pieds de nez aux Allemands ? A l’occasion d’une scène, Walsh prouve que lui-même s’en amusait : en fuites, nos héros tombent en panne ; juste à ce moment, un camion de carburant passe devant eux…

La plupart des rebondissements sont aussi improbables que ceux-là. A commencer par la première évasion, pas plus sérieuse que les aventures de La 7e Compagnie. Ou le vol des uniformes allemands, les militaires passant à portée de main étant au bon nombre… et de la bonne corpulence. Ou encore la manière dont nos héros s’emparent d’un avion bombardier gardé par des dizaines d’hommes.

D’ailleurs, avec le personnage rigolard d’Alan Hale, ou même celui très décontracté joué par Ronald Reagan, Walsh donne le ton. Flynn lui-même affiche la plupart du temps un enthousiasme rafraîchissant. Mais le film n’est pas d’un seul bloc. Pour preuve, un autre personnage, plus complexe et plus sombre : celui joué par l’excellent Arthur Kennedy, le plus intense de tous, qui refuse de voir la guerre comme un terrain de jeu.

Il y a d’ailleurs dans ce Desperate Journey quelques moments d’une grande noirceur : la mort de plusieurs personnages importants, ou encore le dur destin de cette jeune Allemande qui lutte contre les Nazis, symbole pas si courant dans le cinéma hollywoodien de l’époque de cette population allemande qui n’a pas choisi la barbarie.

Mais avant tout, Desperate Journey est un film d’action et d’aventure. L’intrigue, finalement, semble ne servir que de liant entre les nombreuses scènes d’action : le crash de l’avion, la fuite par les toits, l’attaque de l’usine, ou encore l’extraordinaire course poursuite en voiture… Autant de séquences d’anthologie auxquelles Walsh donne un rythme et une intensité incroyables.

Desperate Journey est un voyage réjouissant qui ose toutes les ruptures de ton. Un pur plaisir de cinéma.

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