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Archive pour la catégorie '1930-1939'

Femmes de luxe (Ladies of Leisure) – de Frank Capra – 1930

Posté : 6 mai, 2017 @ 8:00 dans * Pre-code, 1930-1939, CAPRA Frank, STANWYCK Barbara | Pas de commentaires »

Femmes de luxe

Barbara Stanwyck, jeune femme habituée aux plans tout pourris avec des gros lourds imbibés d’alcool, passe la nuit sur le canapé du riche peintre qui l’a choisie comme modèle, et dont elle est tombée secrètement amoureuse. Au milieu de la nuit, elle l’entend s’approcher d’elle. Elle pense qu’il va réagir comme tous les types qu’elle a connus, et se jeter sur elle. Mais non. Sans un bruit, la croyant endormie, il la couvre d’un plaid, et s’éloigne tout aussi discrètement.

Cette scène simple et sublime n’est faite que de gros plans, sur les pieds du peintre (joué par Ralph Graves), sur ses mains déposant la couverture, et surtout sur le visage de l’actrice sur lequel des torrents d’émotion se lisent. Et ce visage, lorsqu’elle réalise la tendresse de ce geste, est l’un des premiers immenses moments d’émotion du cinéma de Capra, qui rappelle la perfection qu’avait atteint le cinéma dans les dernières années du muet, dans ce qui est pourtant l’un de ses premiers films (son premier ?) entièrement parlant.

Capra n’est pas un débutant lorsqu’il réalise Ladies of Leisure. Mais le film marque le début d’une décennie magnifique, celle de New York – Miami et de Monsieur Smith au Sénat, au cours de laquelle le cinéaste impose son style, ses thèmes et son ton. Tout est déjà bien en place ici, dans ce qui est aussi sa première collaboration avec la toute jeune Barbara Stanwyck, déjà sublime, complexe et intense. C’est grâce à elle, et à la délicatesse de Capra, que toute l’émotion passe, dans ce portrait d’une femme qui pensait profiter de la fortune d’un homme, et qui réalise qu’elle ne veut que son amour.

Dès la toute première scène, Capra met en place la verticalité du film, qui sera constamment au cœur de son récit. Des passants sur un trottoir manquent de se faire assommer par des bouteilles, lancées du haut d’un immeuble cossu par des jeunes femmes visiblement très alcoolisées lors d’une soirée donnée par de riches oisifs, où l’on découvre notre peintre, perdu dans un milieu qui ne lui ressemble pas. Capra jouera à plusieurs reprises sur ce motif de la verticalité, avec la place centrale jouée par l’ascenseur, et jusqu’à cette extraordinaire séquence finale basée sur un montage alterné, sommet de suspense et d’émotion.

Capra réussit l’un de ses très grands films oubliés, aussi abouti visuellement que riche au niveau du récit, parsemé de détails et de personnages passionnants, qui évitent à toute caricature. Capra, comme Barbara Stanwyck d’ailleurs, entre dans la cour des grands.

Carrefour – de Kurt Bernhardt – 1938

Posté : 27 avril, 2017 @ 8:00 dans * Polars/noirs France, 1930-1939, BERNHARDT Kurt | Pas de commentaires »

Carrefour

Bernhardt entre directement dans le vif du sujet avec ce film formidable qui plante d’emblée le décor : nous sommes quelques années après la Grande Guerre, et le personnage principal est un riche industriel, vétéran des tranchés où il a été sérieusement blessé. Mais est-il vraiment celui qu’il prétend être ? Mieux : est-il vraiment celui qu’il croit être ?

Car le monsieur, interprété par un Charles Vanel absolument génial, est sorti amnésique de ses années de guerre. Et ce qu’il sait de son propre passé, il le sait parce qu’on lui a raconté. Quand le film commence, on le découvre en proie à un maître chanteur persuadé qu’il est en fait un ancien gangster…

Suit ce qu’on est plus habitué à trouver à la fin des films : une longue et passionnante séquence de procès, où tous les personnages du drame sont introduits les uns après les autres, modèle assez génial de construction cinématographique. Et ce n’est que le début d’un drame particulièrement prenant qui trouve son équilibre parfait entre film noir et portrait intime d’un homme qui doute de sa propre identité.

Vanel est formidable, donc, aussi bien dans ses scènes dialoguées que dans ce regard à travers lequel il fait passer des émotions et des tourments abyssaux. Et puis il y a ces acteurs de complément qui faisaient toute la richesse du cinéma français de l’entre-guerre, à commencer par Jules Berry, inoubliable en salaud gesticulant, et Suzy Prim, touchante en femme de la nuit pleurant son ancien amant.

Mais la plus belle scène, c’est peut-être ce face-à-face tout en non dit entre Charles Vanel et celle dont il se demande si elle est sa mère (jouée par Marcelle Géniat). Un moment magique, de pure émotion, magnifiée par les acteurs et par une mise en scène au cordeau. Et c’est déchirant.

La Huitième Femme de Barbe Bleue (Bluebeard’s Eighth Wife) – d’Ernst Lubitsch – 1938

Posté : 22 avril, 2017 @ 8:00 dans 1930-1939, COOPER Gary, LUBITSCH Ernst | Pas de commentaires »

La Huitième Femme de Barbe Bleue

D’accord, Bluebeard’s Eight Wife n’a pas l’élégance inouïe de L’Eventail de Lady Windermere ou de The Shop around the corner. D’accord, tout n’est pas d’une immense finesse dans ce vaudeville conjugal. Mais franchement, vous n’avez pas ri en voyant Claudette Colbert se gaver d’oignons pour gâcher le baiser que lui réclame son mari Gary Cooper ?

Ce n’est certes pas un Lubitsch majeur, mais le film est drôle et enlevé, et se révèle une évocation pleine d’ironie mordante de l’engagement amoureux. « Vous croyez VRAIMENT au mariage ! » lance la jeune femme lorsqu’elle découvre que son richissime prétendant a déjà été marié 7 fois, avec autant de divorces à la clé (« 6 seulement, l’une d’elles est morte », corrige-t-il, avant de préciser : « de mort naturelle »).

Et même mineur, un Lubitsch est la promesse d’une expérience délicieuse, légère et mordante à la fois. Ici, sur un scénario de Billy Wilder et Charles Brackett, il prend le problème du mariage à l’envers : d’abord le mariage lui-même, puis la difficile séduction, l’incompréhension… Le poids des mariages passés, mais aussi de la fortune, conduit les amoureux à opter pour un engagement financier qui tue dans l’œuf la passion des sentiments. Et voilà les jeunes mariés étrangers sous le même toit, se croisant dans un couloir comme des passants dans la rue.

La situation ne manque pas d’ironie, et on sent bien Lubitsch et ses scénaristes dubitatifs face à l’institution du mariage. Lorsque le couple décide un rapprochement d’un soir, le dialogue est sans équivoque :

« Ni flirt, ni dispute !
- Comme un couple normal.
- J’ai dit pas de dispute. »

Claudette Colbert est étonnante de naturelle, Gary Cooper joue merveilleusement bien l’être un peu supérieur touché dans son orgueil, Edward Everett Horton (dans le rôle du père) ouvre admirablement les portes (une grande qualité chez Lubitsch), David Niven est très bien aussi en jeune premier légèrement dépassé par les événements… Et le rythme est parfait. Un Lubitsch mineur, oui, mais un vrai plaisir tout de même.

Si j’avais un million (If I had a million) – de James Cruze, H. Bruce Humberstone, Ernst Lubitsch, Norman Z. McLeod, Stephen Roberts, William A. Seiter, Norman Taurog – 1932

Posté : 7 avril, 2017 @ 8:00 dans 1930-1939, COOPER Gary, CRUZE James, HUMBERSTONE Bruce, LUBITSCH Ernst, McLEOD Norman Z., ROBERTS Stephen, SEITER William A., TAUROG Norman | Pas de commentaires »

si j'avais un million

Un milliardaire soi-disant en fin de vie et agacé par son entourage décide de dilapider sa fortune en distribuant un million de dollars à plusieurs inconnus choisis strictement au hasard… Et c’est le point d’un départ (réalisé par Norman Taurog) d’un film à sketchs totalement indépendant les uns des autres (le milliardaire lui-même s’éclipsant de plus en plus au film du métrage), et très inégaux, forcément.

Le meilleur ? Le segment signé Lubitsch, de loin le plus court du film, sorte de concentré en une poignée de minutes du style, du rythme et de l’obsession des portes du cinéaste. Un employé de bureau (joué par un Charles Laughton tout en rondeur) reçoit l’un des chèques, se lève, quitte son open space et franchit portes après portes pour monter toujours plus haut dans l’immeuble où il travaille, jusqu’à arrivée au sommet, devant l’ultime porte : celle du grand patron, qu’il ouvre, avant de faire une langue et de refermer la porte !

Le reste est plus inégal et plus anodin, avec quand même des ruptures de ton assez audacieuses. Le film passe ainsi d’un segment burlesque avec W.C. Field et des tas de voitures détruites (réalisé par Norman Z. McLeod) à un autre franchement tragique (signé James Cruze) mettant en scène un condamné à mort qui se croit à tort sauvé parce qu’il est devenu riche.

Tout aussi cynique : le destin de ce petit gangster recherché par la police et qui risque la prison à vie (George Raft, dans un segment réalisé par Bruce Humberstone), incapable d’encaisser ce chèque qui le tirerait d’affaire, et qui finit par le donner au gérant d’un dortoir miteux juste pour pouvoir dormir…

Le thème est presque similaire, en nettement plus léger, avec le segment réalisé par William Seiter mettant en scène Gary Cooper en jeune soldat qui ne pense qu’à s’amuser, et qui passera lui aussi à côté de la fortune…

Rien d’inoubliable là-dedans, et on retiendra plutôt le tendre segment (réalisé par Stephen Roberts) racontant la prise de pouvoir d’une maison de retraite trop stricte par ses pensionnaires. Roberts signe aussi un autre segment évoquant les rêves d’une prostituée.

Du très bon, du plus dispensable… Si j’avais un million vaut finalement surtout pour son improbable distribution. Fields, Cooper et Laughton sur une même affiche, ça ne se refuse pas.

Le Beau Joueur (Smart Money) – d’Alfred E. Green – 1931

Posté : 22 février, 2017 @ 8:00 dans * Films de gangsters, 1930-1939, CAGNEY James, GREEN Alfred E. | Pas de commentaires »

Le Beau Joueur

Edward G. Robinson et James Cagney qui se donnent la réplique dans un film qui raconte l’ascension irrépressible et la chute d’un joueur… Voilà qui promettait une confrontation explosive entre les deux plus grandes figures du film de gangster des années 30. Surtout que cette année-là est celle de leur explosion à tous les deux, celle où Robinson devient Little Caesar, et Cagney L’Ennemi public.

Sans doute Smart Money est-il sorti sur les écrans après le triomphe de ces deux films. Car sinon, comment expliquer que James Cagney, qui se contentait jusqu’alors de seconds rôles (on l’a vu peu avant dans l’excellent Other Men’s Women de Wellman), figure au générique comme la co-star de Robinson, avec son nom en dessous certes, mais écrit aussi gros ? Car cette promesse n’est pas tenue, loin s’en faut : Cagney se contente de jouer les faire-valoir, constamment dans l’ombre (voir totalement absent pendant un tiers du film) d’un Robinson omniprésent.

L’autre déception est liée à l’ascension du héros, dans le monde souterrain du jeu que l’on ne fait finalement qu’entrapercevoir. Car plutôt que de s’intéresser aux différentes étapes de cette ascension, Alfred E. Green privilégie l’ellipse. Le personnage de Robinson se rend dans la grande ville pour affronter un célèbre joueur de poker ? On ne le verra même pas à l’écran… Forcément frustrant.

D’autant plus que les quelques parties de poker auxquelles on a quand même droit sont les moments les plus intenses de ce film imparfait. Autour de ces tables enfumées par les cigares, Green réussit à créer une atmosphère inattendue de menace et de danger. C’est le cas de la toute première, où Robinson affronte un mystérieux souteneur incarné par un acteur encore inconnu dont le nom ne figure d’ailleurs pas au générique : Boris Karloff.

Cette atmosphère trouve son apogée lors de la grande scène finale de la trahison, particulièrement forte et admirablement tendue. Dommage que tout ne soit pas de ce niveau…

L’Inspiratrice (Inspiration) – de Clarence Brown – 1930

Posté : 8 février, 2017 @ 8:00 dans * Pre-code, 1930-1939, BROWN Clarence | Pas de commentaires »

L'Inspiratrice

L’histoire n’est pas neuve, les personnages ne sont pas franchement surprenants, le film manque de rythme, la mise en scène n’est inventive que par moments… Mais il y a Greta Garbo, dont on comprend dès le premier plan pourquoi elle est toujours à ce point une icône. Dans ce Paris de l’entre-deux-guerres, dans cet univers de riches oisifs et d’artistes joyeusement décadents, dans cette histoire d’amour où s’invite un aspirant diplomate dont on imagine qu’il annonce des relations internationales qui appartiennent aujourd’hui à un passé bien révolu… Dans ce film typique de ces débuts du parlant donc, Garbo est une apparition d’une modernité hallucinante.

Dès la première scène, cette manière si particulière qu’elle a de s’ennuyer des attentions qu’elle suscite autour d’elle, de dévisager le jeune homme qui l’intrigue, de se diriger vers lui crânement et de lui demander qui il est… Qui d’autre que Garbo pourrait jouer une telle partition en étant aussi touchante, et désarmante ? Garbo n’est jamais aussi bien que lorsqu’on la sent tiraillée entre un passé trouble que l’on ne fait que deviner, et la pureté de sentiments naissants dont on sent qu’ils feront d’elle une héroïne tragique.

C’est tout le sujet du film de de Clarence Brown, qui a le mérite de ne pas trop tirer sur la corde lacrymale, restant constamment dans une belle mesure. Avec quelques très belles idées de mise en scène, comme cette première montée des trois étages qui mènent à l’existence du bel amour (Robert Montgomery, bien sympathique, mais tellement nunuche qu’on a un peu de mal à comprendre comment la belle peut être à ce point raide dingue de lui), superbe plan qui rappelle celui de Seventh Heaven, avec un détail en plus qui en dit long sur le passé de Garbo : au bout de deux étages, la belle n’en peut plus, habituée qu’elle est à ne rien faire.

Il y a comme ça une poignée de très belles scènes dans le film. Des retrouvailles fortes sur la terrasse d’un café, un dialogue cruel entre “amis” dans le salon d’un artiste parisien, ou une tragique et déchirante scène de rupture entre un riche dandy et une conquête dont il s’est lassé… Et surtout une fin pleine de pudeur et d’émotion, qui marque encore le refus de Brown de tomber dans la surenchère lacrymale. On lui en sait gré.

Le Magicien d’Oz (The Wizard of Oz) – de Victor Fleming – 1939

Posté : 25 janvier, 2017 @ 8:00 dans 1930-1939, FANTASTIQUE/SF, FLEMING Victor | Pas de commentaires »

Le Magicien d'Oz

1939 est décidément une année exceptionnelle, pour le cinéma en général, et pour quelques cinéastes américains en particulier : John Ford qui enchaîne La Chevauchée fantastique et Vers sa destinée, mais aussi Victor Fleming, qui sort cette année-là deux immenses classiques du cinéma hollywoodien.

Entre Autant en emporte le vent et Le Magicien d’Oz, rien de comparable a priori : d’un côté l’adaptation d’un roman très romanesque sur fond de guerre civile, de l’autre celle d’un classique de la littérature pour jeunesse qui nous plonge dans un monde imaginaire très carton pâte. Pourtant, il y a une familiarité évidente entre les deux films, une même manière de mettre en image des sentiments exacerbés, de filmer des couleurs vives et tranchées, et de souligner les affres d’une société.

Avec Le Magicien d’Oz, Fleming nous plonge d’emblée dans l’Amérique de la Dépression, même si la pauvreté n’est jamais clairement affichée. Dans une campagne tout en sépia, l’héroïne interprétée par Judy Garland symbolise l’innocence menacée par les agressions extérieures, une jeune fille pure qui décide de partir sur les chemins pour sauver son chien, se retrouver prise dans une tempête, s’évanouit, et se réveille dans le monde merveilleux d’Oz, où le sépia a laissé la place à des couleurs chaudes et lumineuses.

On connaît tout du Magicien d’Oz : son chemin jaune qu’il faut suivre jusqu’au bout, sa sorcière grimaçante, ses singes volants, son homme de fer, son épouvantail et son lion parlants, et bien sûr ses chansons imparables. Mais la magie opère toujours parfaitement dans ce petit bijou du cinéma familial, et le Over the rainbow entonné par Judy Garland reste un merveilleux moment. Un film qui incite à la bienveillance et rend heureux. Mes enfants acquiescent.

L’Ensorceleuse (The Shining Hour) – de Frank Borzage – 1938

Posté : 8 décembre, 2016 @ 8:00 dans 1930-1939, BORZAGE Frank | Pas de commentaires »

L'Ensorceleuse

Une jeune femme, chanteuse de cabaret, entre dans le grand monde en épousant un riche héritier. Elle est accueillie très diversement par sa belle-famille…

D’une histoire dont on peut craindre une accumulation de clichés, Borzage signe un très beau mélo, et réussit à être constamment étonnant en évite justement absolument tous les clichés.

C’est toute l’élégance de Borzage que l’on retrouve ici, réalisateur de quelques-uns des plus beaux films muets (Seventh Hour, quand même), qui même sur un mode relativement mineur comme ce Shining Hour (rien à voir, malgré la ressemblance des deux titres), semble réinventer le genre ultrabalisé du mélodrame.

Il y a le rythme absolument parfait, et le charme de chaque instant que crée Borzage. Mais il y a surtout une manière de filmer des personnages exceptionnellement bien dessinés, du personnage principal au plus petit second rôles.

Joan Crawford, magnifique en jeune femme qui découvre la cruauté du grand monde, et qui se heurte à ses propres sentiments. Melvyn Douglas, impeccable dans un rôle a priori plus effacé, celui du mari aimant et compréhensif. Robert Young, particulièrement bien en petit frère bien marié qui croit découvrir le vrai amour, lui qui peut parfois être un peu terne. Ou encore Margaret Sullavan, touchante et bouleversante en épouse trop amoureuse et trop consciente.

Et surtout Fay Bainter, dans le rôle pas facile et peu aimable de Hannah, la grande sœur, la ville fille aigrie et acerbe, dont chaque mot, chaque geste, est un concentré de cruauté. Un personnage qui semble classique, mais qui révèle peu à peu une complexité, des fêlures internes, absolument passionnantes. Et l’actrice, que je connaissais pas, est exceptionnelle. Son regard dur et sa manière d’être seule au milieu de couples en crise, donnent le ton de ce très beau film.

Desert Gold (id.) – de James P. Hogan – 1936

Posté : 6 décembre, 2016 @ 8:00 dans 1930-1939, HOGAN James P., WESTERNS | Pas de commentaires »

Desert Gold

A quelques exceptions près (Une aventure de Buffalo Bill de Cecil B. De Mille), on ne peut pas dire que 1936 soit une grande année de western. D’ailleurs, le genre vit une sorte de purgatoire depuis La Piste des Géants, dont il ne sortira vraiment qu’avec La Chevauchée fantastique, en 1939. Entre-temps, des dizaines, voire des centaines de bandes tournées pour la plupart à la va-vite, sans argent ni grand talent, et pas plus d’ambitions.

Dans cette logique pas glorieuse, Desert Gold ferait presque figure de chef d’œuvre. Soyons clair : c’est mal fichu, mal écrit (d’après un roman de l’incontournable Zane Grey), la plupart du temps mal filmé, en tout cas mal monté, mal mis en musique. Et en prime, la distribution, plutôt alléchante sur le papier (une vedette de serial, Buster Crabbe ; une vedette du muet sur le retour, Monte Blue ; et une vedette en devenir, Robert Cummings), livre des prestations discutables.

Pourtant, on ne s’ennuie pas totalement devant ce petit western mal fagoté. Deux raisons à ça… La première, la plus valable peut-être : c’est court, à peine plus de 55 minutes, et c’est vrai qu’il ne faudrait pas beaucoup plus. La seconde : dans la dernière partie, James P. Hogan utilise plutôt habilement les rochers de ses décors extérieurs, pour quelques sympathiques scènes d’action où le réalisateur fait preuve d’un peu plus d’ambition.

Reste qu’on ne peut pas complètement se passionner pour les aventures de cet ingénieur des mines (Tom Keene, aussi souriant que dans La Naissance d’un empire), flanqué d’un stagiaire maladroit (Cummings, qui en fait des tonnes en caution comique lourdingue), qui prend fait et cause pour le chef indien (Crabbe, qui lui ne fait rien du tout) contre son propre patron aux méthodes sanguinaires (Blue, sobre et pas très inquiétant). Tout petit western…

* Le film fait partie de la dernière moisson en date de la collection Westerns de Légende, chez Sidonis/Calysta.

Fascination (Possessed) – de Clarence Brown – 1931

Posté : 26 novembre, 2016 @ 8:00 dans 1930-1939, BROWN Clarence | Pas de commentaires »

Fascination

Ce n’est pas n’importe qui, Clarence Brown. Surtout connu pour être le réalisateur de quelques-uns des meilleurs films de Greta Garbo (parmi lesquels la version parlante d’Anna Karénine), Brown vaut bien plus que cela, et s’est imposé comme un cinéaste enthousiasmant de la fin du muet et du début du parlant.

Une scène, au début de ce Possessed, souligne à la fois l’ambition et la maîtrise narrative du réalisateur : la jeune héroïne jouée par Joan Crawford, qui se lamente de son sort d’ouvrière, découvre un nouveau monde en observant la vie des riches et de leurs employés à travers les fenêtres d’un train luxueux qui passe lentement devant elle. Un moment merveilleux et totalement inattendu.

Une jeune femme convoitée par un ami d’enfance qui préfère se tourner vers un homme plus fortuné… L’histoire semble avoir été vue mille fois, même en 1931. Mais Brown réinvente totalement ce triangle amoureux. Avec un ton original d’abord, mélange de gravité et de dérision, où l’humour et la cruauté ne sont jamais vraiment loin l’un de l’autre.

Et puis les personnages eux-mêmes sont loin des clichés attendus. L’ami de toujours (Wallace Ford, très bien) n’est pas le chevalier blanc que l’on croit. Quant au très riche et très séducteur Clark Gable, il est lui aussi plein de surprises. Et le couple qu’il forme bientôt avec Joan Crawford est formidablement beau et attachant. Tellement, même, que pendant une bonne partie du métrage, on se demanderait même presque quel est l’enjeu du film…

Presque, parce que l’étude de caractère est simplement belle, et le rythme donné par Brown absolument parfait. Possessed (drôle de titre, quand même) est en fait un vrai feel-good movie, une magnifique histoire d’amour aussi atypique que touchante.

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