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Archive pour la catégorie '2010-2019'

Au-delà (Hereafter) – de Clint Eastwood- 2010

Posté : 20 janvier, 2011 @ 11:15 dans 2010-2019, EASTWOOD Clint (réal.), FANTASTIQUE/SF | 1 commentaire »

Au-delà

Clint Eastwood n’est pas seulement le plus grand cinéaste vivant. C’est aussi le plus délicat. Il le prouve encore avec ce film qui, sur le papier, faisait un peu peur. Depuis vingt ans, je n’ai pas raté un Clint au cinéma (le premier, c’était La Relève), attendant systématiquement le prochain avec une impatience et un enthousiasme qui ne se démentent pas. C’est d’ailleurs encore le cas avec le futur biopic sur Hoover, dont il doit commencer le tournage dans quelques jours. Mais là, pour la première fois, l’enthousiasme se faisait plus discret. L’histoire croisée de trois personnages qui se retrouvent autour de la mort (une Française qui côtoie la mort lors du tsunami, un Américain qui communique avec les morts, un enfant anglais qui perd son frère jumeau) ? Mouais, bof… C’est bien parce que c’est Clint…

Eh bien encore une fois, il remporte le morceau. Du mélo larmoyant qu’on nous promettait, Eastwood tire un film apaisé, dépassionné même, et anti-spectaculaire (passée la séquence époustouflante du tsunami, filmée exclusivement du point de vue de Marie, le personnage incarné par Cécile de France). Malgré le thème, c’est même le film le plus optimiste qu’il ait fait depuis dix ans. Le thème, justement, est hyper gonflé : il n’est pas vraiment question de deuil, ou de l’approche de la mort, mais du rapport que l’on entretient avec la mort qui nous guette tous.

Qu’y a-t-il après ? Faut-il en avoir peur ? A la première question, Clint Eastwood ne répond pas, bien sûr. Mais à la seconde, il dit clairement : « non », condition sine qua non pour réussir sa vie, et trouver enfin sa vraie place dans le monde des vivants. Et pour ça, une seule méthode : être en paix avec soi-même. Clint l’est visiblement. Et la manière qu’il a de montrer les choses sans les appuyer, de filmer les drames sans en rajouter, en est la démonstration évidente. Eastwood est le dernier des grands réalisateurs classiques ; c’est aussi, peut-être, le plus serein de tous.

Il manque peut-être un peu de passion, justement, à Hereafter. Mais il y a derrière cette triple-histoire une sincérité absolue, comme on sent que l’hommage, appuyé, à Dickens est totalement sincère : cet auteur que vénère George, et dont ce gosse anglais semble être un personnage transposé dans le XXIème siècle (on se souvient d’ailleurs que Eastwood a eu un temps le projet de porter à l’écran la vie de Dickens, qu’il aurait lui-même interprété). Il y a aussi dans le film un premier degré rafraîchissant : le « don » du médium George (Matt Damon), qui communique avec les morts, est montré comme une chose presque naturelle, même si le personnage vit ça comme une malédiction, et pas comme un don.

Quelques petites fautes de goût, aussi, si on veut être tatillon : la manière un peu appuyée de montrer comment Marie, journaliste réputée (de France Télévision) est rejetée de tous parce qu’elle parle de son expérience de mort imminente, est parfois lourdingue (elle comprend qu’elle a été remplacée lorsque les affiches sur lesquelles sont visage figurait dans Paris sont remplacées par d’autres). L’utilisation des attentats de Londres, comme un ressort dramatique à peine effleuré, est aussi un peu discutable.

Ces (petites) réserves mises à part, Hereafter est une belle réussite, que l’immense majorité des réalisateurs auraient transformé en piteuse mièvrerie. Pas Clint Eastwood, grâce en partie à des détails minuscules et parfaitement eastwoodiens, qui parsèment le film. Cécile de France filmée en gros plan dans l’obscurité d’un restaurant. Matt Damon buvant une bière dans la solitude de son appartement. Un accord de guitare qui résonne doucement. Il n’en faut pas plus à Clint pour faire naître l’émotion, poser sa touche, et faire vivre son univers.

Un univers qui, malgré la multiplicité des sujets qu’il aborde film après film, nous est si familier. C’est sans doute ça, la marque d’un véritable auteur…

Centurion (id.) – de Neil Marshall – 2010

Posté : 20 janvier, 2011 @ 11:11 dans 2010-2019, MARSHALL Neil | Pas de commentaires »

Centurion

Dans un pays encore sauvage, loin de chez lui, un officier d’une armée de conquête se retrouve esseulé en terre ennemie. Il finira par réaliser que ses compatriotes utilisent des méthodes sanguinaires, et partira vivre avec une jeune femme du peuple combattu… Mais bon sang, mais c’est bien sûr : c’est Danse Avec Les Loups au cœur des conquêtes romaines. Pourquoi pas, après tout, le sujet est suffisamment fort pour être décliné. Ben oui, mais Neil Marshall, réalisateur et scénariste, se fiche complètement de l’histoire, qu’il pompe honteusement au film de Kevin Costner, sans jamais en explorer les possibilités.

D’ailleurs, on se fiche très vite du sort de ce centurion, interprété avec une force très mâle (style « j’suis un vrai mec et je vous emmerde, arrachez-moi les ongles un par un si vous voulez, j’vous dirais rien ») par un Michael Fassbender mono-bloc qui ne s’embarrasse pas plus de nuances que son réalisateur.

Pas le moindre signe d’humanité dans ce film (si ce n’est le personnage, sous-utilisé, de la « sorcière »), qui se contente d’enchaîner les scènes de combats filmés d’une manière très graphique, et ultra violentes : ça empale, ça trépane, ça ampute, ça charcle, avec des geysers de sang (rajoutés à la palette graphique) et des râles à n’en plus finir, qui laissent un peu froid, et qui lassent très vite.

Les paysages sont beaux, le mur d’Hadrien, qu’on voit à la fin du film, est impressionnant, mais ça ne suffit pas à faire un vrai film. Centurion, malgré ses qualités esthétiques, n’est rien d’autre qu’un « jeu vidéo passif ».

Salt (id.) – de Philip Noyce – 2010

Posté : 10 janvier, 2011 @ 7:57 dans 2010-2019, NOYCE Philip | Pas de commentaires »

Salt

La bande annonce est vachement bien. On y trouve l’excellente idée de départ (Evelyn Salt est un grand agent de la CIA, qu’un transfuge russe inconnu accuse d’être un espion à la solde de la Russie, et qui est obligée de prendre la fuite pour prouver son innocence), et une scène de poursuite à couper le souffle (Salt, donc, fuit les agents qui la poursuivent en sautant d’un camion à un autre, sur un échangeur d’autoroute).

Le début du film est pas mal, d’ailleurs : on y trouve tout ce qu’on a vu dans la bande annonce. Mais au bout d’une demi-heure ou trois-quart d’heures, ça part en vrille. Noyce et son scénariste Kurt Wimmer, qui n’ont pas dû réaliser que leur idée de départ se suffisait largement, enchaînent sur une histoire abracadrante d’agent-triple (au moins), de 5ème colonne du XXIème siècle et de menace qui plane sur le monde entier, genre « l’ennemi est parmi nous ». Sauf que ça, on l’a déjà vu mille fois, et en mieux, que le personnage d’Evelyn Salt nous devient vite totalement indifférent (comment s’attacher à quelqu’un qu’on n’a aucune chance de comprendre, même vaguement), et qu’on devine le dénouement en quelques secondes.

C’est dommage, parce que, une fois de plus, Angelina Jolie est très bien. C’est elle qui sauve (un peu) le film, comme elle le fait trop souvent, hélas. C’est dommage aussi pour Liev Schreiber, qui est toujours parfait, ici dans un rôle qui rappelle trop celui qu’il tenait dans Un Crime dans la tête (un film nettement plus convaincant).

Cela dit, la bande annonce est vachement bien.

Top Cops (Cop Out) – de Kevin Smith – 2010

Posté : 7 décembre, 2010 @ 1:36 dans 2010-2019, SMITH Kevin | Pas de commentaires »

Top Cops

Il faut avoir le courage d’affronter la première demi-heure, qui semble confirmer toutes les craintes que l’on avait face à ce 3452ème buddy movie : humour lourdingue, action paresseuse, sidekick à baffer… To stop, or not to stop the movie, that was the question.

Et puis il a suffit d’une chute dans l’escalier et d’un dialogue tout simple pour renverser la tendance. Le flic Bruce Willis, donc, pénètre dans une maison où sévit un cambrioleur, et se vautre lamentablement dans l’escalier (pas à la manière de John McClane, non, mais une grosse gamelle)… Il se relève et se retrouve bientôt face au cambrioleur qui lui lance : « T’as raté une marche ? ». « Non », répond Bruce Willis avec une petite fierté très infantile.Faut bien reconnaître : le gros dur des films d’action a une vraie puissance comique, d’autant plus efficace qu’il se montre étonnamment sobre. Impassible, même la plupart du temps, et c’est ce contrepoint total avec l’exubérance de Tracy Morgan (et de Seann William Scott) qui fait mouche.  Morgan est le comique du duo, mais c’est Willis qui se révèle le plus drôle, et de très loin.

Avec cette histoire de deux flics un peu ratés qui doivent retrouver une carte de base-ball (qui doit permettre à Bruce Willis de financer le mariage de sa fille), Kevin Smith signe une parodie du genre qui a fait la gloire de sa star (les références sont nombreuses). Pas un film inoubliable, loin de là, mais Willis prouve qu’il est encore capable de ne pas se prendre au sérieux, et ça fait du bien…

Les Aventures extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec – de Luc Besson – 2010

Posté : 7 décembre, 2010 @ 1:27 dans 2010-2019, BESSON Luc | Pas de commentaires »

Les Aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec

Cela faisait des années que je n’avais plus eu envie de voir un film de Luc Besson, mais là, franchement, tout me semblait excitant : l’adaptation d’une BD pas con, le côté « Indiana Jones à la française », Louise Bourgoin dans son premier grand rôle, des seconds rôles plutôt excitants, et surtout l’époque (le Paris de 1912). Mais voilà, ça se confirme : j’aime pas Besson !

Le réalisateur ne sait plus diriger ses acteurs. Et surtout, il ne parvient à aucun moment à donner à son film la folie, le rythme et la magie qu’il faudrait. Adèle Blanc-Sec lorgne évidemment du côté d’Indiana Jones, mais Besson n’est définitivement pas Spielberg.La reconstitution de ce Paris d’il y a cent ans est impressionnante, mais ça ne suffit pas à la réussite d’un film constamment frustrant. Louise Bourgoin est moins belle que sur Canal, et fait ce qu’elle peut, mais les seconds rôles lui volent la vedette, surtout Gilles Lellouche, qui en fait des tonnes, comme tout le monde.L’intérêt s’éveille quand même à deux ou trois reprises, quand Besson rend hommage à Tintin (comme Spielberg aime le faire, tiens…) : en filmant Adèle transformant un cercueil en radeau (comme Tintin dans Les Cigares du Pharaon), en montrant un savant un peu timbré sur une chaise qui s’élève au-dessus du sol (comme Tournesol dans Les 7 boules de Cristal), ou en plaçant une idole à l’oreille cassée dans le décor.

Bref, c’était plein de promesses, mais c’est raté. Le pire, c’est que la fin du film (Adèle s’embarque à bord du Titanic) nous promet une suite qu’on se surprend à attendre avec espoir…

Predators (id.) – de Nimrod Antal – 2010

Posté : 6 décembre, 2010 @ 3:15 dans 2010-2019, ANTAL Nimrod, FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

Predators

Précisons-le tout de suite : je suis un immense admirateur du Predator de John McTiernan, chef d’œuvre absolu du film d’action. J’attendais donc ce nouvel opus avec un certain enthousiasme, à peine teinté de méfiance. D’autant plus que le passionné Robert Rodriguez est aux manettes en tant que producteur, et que je n’avais pas capté que Nimrod Antal, qui réalise, est le même que celui qui avait signé le très raté Blindés.

Faut bien reconnaître : l’entrée en matière de ce film qui n’est ni une vraie suite (encore que…), ni un remake (encore que…) du film de McTiernan, est pour le moins bluffante. Première image : le Pianiste et fluet Adrien Brody (qui avait déjà prouvé qu’il était crédible en héros d’action dans King Kong, même s’il n’a décidément rien de Schwarzenegger) ouvre les yeux et se rend compte qu’il est en train de tomber du ciel… Il n’a que le temps d’ouvrir un parachute avant de s’écraser dans une jungle inconnue. Bientôt, d’autres parachutistes venus d’on ne sait où atterrissent avec plus ou moins de délicatesse. Aucun ne sait ce qu’il fait là. La dernière chose qu’ils se rappellent avoir vu, avant de se réveiller en pleine chute libre, c’est une lumière vive dans le ciel.

Le suspense fait long feu, puisque c’est dans la bande annonce et que c’est écrit sur l’affiche : le truc, c’est qu’ils sont arrivés sur une autre planète, et qu’ils nous refont le coup de La Chasse du Comte Zaroff, avec les Predators en chasseurs, et des hommes-gibier qui représentent tout ce que l’humanité fait de pire : tueurs, terroristes, mercenaires, kidnappeurs… et même un médecin en apparence tranquille dont personne ne se méfie parce qu’on a affaire à des tueurs, pas à des lumières…

Verdict ? Eh bien plutôt positif. Predators échoue lorsqu’il cherche à être original (le personnage de Lawrence Fishburne, franchement…), mais séduit quand il rend hommage à son modèle. Les références au film de McTiernan sont nombreuses, et donnent une furieuse envie de revoir ce sommet du cinéma d’action des années 80.

Sans atteindre ce niveau (ni même celui du mésestimé Predator 2), le film de Nimrod Antal redonne un coup de jeune à une franchise qui radotait depuis quelque temps. C’est con-con, mais diablement efficace.

Robin des Bois (Robin Hood) – de Ridley Scott – 2010

Posté : 12 octobre, 2010 @ 6:27 dans 2010-2019, SCOTT Ridley | Pas de commentaires »

Robin des Bois (Robin Hood) - de Ridley Scott - 2010 dans 2010-2019 robin-des-bois-2010

Dix ans tout juste après, Ridley Scott retrouve son héros de Gladiator, Russell Crowe, pour un film qui semble vouloir renouer avec la recette gagnante du précédent… Et franchement, on craint le pire. Mais le pire n’arrive pas. Le meilleur non plus, d’ailleurs, mais ce Robin des Bois version 2010, à défaut d’être la plus enthousiasmante des nombreuses versions du mythe, est sans aucun doute la plus brutale, et la plus réaliste. C’était d’ailleurs l’ambition de Scott : en finir avec les images d’Epinal, et filmer l’Angleterre de l’époque telle qu’elle était (Crowe, lui, affirme plus simplement que le film est le seul bon « Robin des Bois » de l’histoire… c’est qu’il ne se mouche pas du pied, le Russell…).

Alors oui, ce Robin des Bois est différent de tous les autres. Finis les collants verts moulants d’Errol Flynn, ou la précision presque magique de Kevin Costner à l’arc… Russell Crowe est un Robin comme on ne l’a jamais vu. D’ailleurs, s’il vole bien aux riches pour donner aux pauvres, c’est dans une unique scène : ce Robin-là n’a pas l’insouciance de ses prédécesseurs. Tel un William Wallace (Braveheart) ou un Maximus (le héros de Gladiator, tiens…), celui-ci se bat pour la liberté de son peuple, et n’hésite pas à tuer pour cela. Il faut dire que le gars a un rude passé. Survivant des Croisades, où il a combattu aux côtés du « bon » roi Richard Cœur de Lion (dont l’aura en prend un sacré coup aussi, d’ailleurs… on est loin de l’apparition presque angélique de Sean Connery à la fin de Robin des Bois, prince des voleurs), Robin y a commis des horreurs, qui continuent à le hanter.

Tirant définitivement un trait sur les précédentes versions, Scott fait même de son héros… un usurpateur : Robin Locksley (Loxley, en fait, ici) est un autre soldat, tué à son retour des Croisades. Le personnage de Russell Crowe accepte simplement de prendre sa place, pour assurer à la veuve de Loxley de pouvoir rester propriétaire de son château. Ne vous attendez d’ailleurs pas à voir Robin camper au sommet d’un arbre, ou dormir à même le sol dans la forêt : c’est au coin du feu, dans un château luxueux (pour l’époque, hein) que notre héros passe ses nuits, au côté de sa fausse épouse dont, bien sûr, il tombera amoureux : l’incontournable Lady Marian (qui avait déjà des allures de garçon manqué dans la version Kevin Costner, mais qui devient ici carrément une guerrière).

Ce Robin des Bois est assez réussi, avec quelques séquences très fortes, une interprétation au poil (il a beau être imbuvable, Russell Crowe, il apporte une puissance étonnante à ce Robin des Bois), et malgré un méchant un brin caricatural (franchement, il ne faut pas longtemps pour comprendre que ce prince n’a aucune parole !), des révélations sur le passé du héros franchement lourdingues, et quelques excès de mise en scène (la séquence du débarquement, sortie tout droit de Il faut sauver le soldat Ryan). Lorsqu’il ne se prend pas trop au sérieux, Robin des Bois emporte la mise. D’ailleurs, Ridley Scott finit par le reconnaître dans les dernières minutes : non, il ne voulait pas remettre totalement en cause le mythe de Robin des Bois, juste en poser les bases.

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