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Archive pour la catégorie '2010-2019'

Burning (hangeul) – de Lee Chang-dong – 2018

Posté : 25 octobre, 2018 @ 8:00 dans * Polars asiatiques, 2010-2019, LEE Chang-dong | Pas de commentaires »

Burning

Un jeune homme, tout juste diplômé, rêve de devenir écrivain. Désœuvré, sans emploi, il revient dans son village natal. Non, ce n’est pas Le Poirier sauvage (enfin si, c’est Le Poirier sauvage, mais pas là), mais Burning, autre film très remarqué au dernier festival de Cannes et oublié par le jury (mais pas par la critique internationale, qui lui a décerné son prix).

Des oublis injustes ? Oui en ce qui concerne le très beau film de Nuri Bilge Ceylan. Peut-être en ce qui concerne celui de Lee Chang-dong. Certes, la mise en scène, discrète et immersive, est d’une classe folle, et il y a bien quelques moments de grâce (la « danse » de Haemi, en ombre chinoise). Mais il faut du temps pour que le film prenne son sens : passer une longue première partie qui semble franchement pleine de vide.

On comprend bien que le cinéaste n’a pas envie d’enjoliver la Corée du Sud. De là à ne filmer que des campagnes jonchées de gravas et de serres abandonnées et laides, ou des quartiers un peu miteux… On n’est parfois pas très loin de la complaisance, même si le message est, effectivement, bien passé : la Corée est un pays qui ne se porte pas très bien, et qui n’offre pas grand-chose de séduisant à ses jeunes.

Entre les pauvres qui errent sans buts, les riches qui s’ennuient, et ceux qui souhaitent ne jamais avoir exister, le portrait est rude. Mais à l’inverse du héros turc de Ceylan, celui de Lee est un taiseux, qui traverse la vie comme un fantôme. Et comme, au début, il est seul la plupart du temps, c’est un peu lourd.

Quand il ne l’est plus (seul), c’est tout aussi lourd, mais cela devient au moins tendu et dérangeant. La rencontre de deux mondes dans une sorte de triangle amoureux un rien malsain bouscule et fait naître un malaise grandissant et persistant. Surtout que la jeune femme disparaît sans laisser de trace, et que les doutes et les soupçons hantent le pauvre Jongsu, reconfronté à la vacuité de sa vie.

C’est là que le film est le plus réussi, dans sa veine la plus hitchcockienne, référence clairement citée lors d’un plan incroyable où l’on voit Jongsu se mettre enfin devant son ordinateur, la caméra le cadrant dans une fenêtre comme perdue dans la ville. Ce simple plan, esthétiquement impressionnant, est un tournant (tardif), qui fait basculer le film, et son héros, dans une autre dimension.

Lee Chang-dong ne facilite pas la tâche, évitant constamment tout effet facile ou tout ce qui pourrait apparenter Burning à un film de genre. Austère le plus souvent, séduisant par intermittence, le film marque en tout cas les esprits. Comme la disparition de Haemi, il nous hante durablement.

Le BGG, le Bon Gros Géant (The BFG, The Big Friendly Giant) – de Steven Spielberg – 2016

Posté : 20 octobre, 2018 @ 8:00 dans 2010-2019, FANTASTIQUE/SF, SPIELBERG Steven | Pas de commentaires »

Le BGG

Finalement, Spielberg n’aime rien tant que le grand écart. Après le très sombre Minority Report, il avait enchaîné avec le lumineux Arrête-moi si tu peux. Entre deux Jurassic Park, il avait tourné La Liste de Schindler. Après le très adulte et très intense Le Pont des Espions, voilà qu’il revient à un cinéma ouvertement tourné vers l’enfance : l’adaptation d’un classique de la littérature jeunesse, dont le personnage principal est une fillette.

Inattendu à ce stade de sa carrière ? Pas tant que ça. Certes, Spielberg est devenu avec le temps le plus grand des grands cinéastes classiques du moment. Mais son il a aussi une tendance de plus en plus marquée depuis une dizaine d’années à se retourner vers la genèse de son œuvre et vers ses rêves de jeunesse : les concrétisations de Lincoln et Tintin, deux projets de très longue date, en sont une forme. Ready Player One et le retour annoncé d’Indiana Jones en sont d’autres.

Reste qu’on n’attendait pas forcément Spielberg dans l’univers de Roald Dahl, qui semblait d’avantage taillé pour un Tim Burton (Charlie et la chocolaterie). Et qu’on se demandait un peu comment il allait s’en tirer. Techniquement et artistiquement, on lui faisait confiance, mais le roman est court, et direct. Comment donc en avait-il tiré un film de près de deux heures ?

Eh bien en rajoutant une foule de détails qui, loin de délayer inutilement l’histoire, renforcent joliment l’histoire et l’émotion, en restant fidèles à l’esprit de Roald Dahl. Le film est donc un beau récit sur l’enfance, un rien naïf : l’histoire d’une orpheline enlevée par un gentil géant, et confrontée à d’autres géants nettement moins sympathiques.

Dans la filmographie de Spielberg, et particulièrement dans sa filmo récente, Le BGG est une petite chose bien mineure. Mais visuellement, c’est une grande réussite, grâce en partie à la superbe photo de Janusz Kamiński, le chef op attitré de Spielberg depuis … Schindler, qui donne une chaleur et un aspect proche du rêve éveillé à ce film.

Mais le meilleur dans ce film, c’est peut-être Mark Rylance. Déjà à l’affiche du Pont des Espions, l’acteur est méconnaissable, transformé par la technique de la motion capture en géant disproportionné. Mais ses mouvements indéfinissables, à la fois lourds et aériens, et sa manière de prononcer les mots imaginés par Dahl représentent la meilleure des plus-valus du film par rapport au livre. Voir le film en VF serait, pour le coup, une erreur.

Pioneer (Pionér) – de Erik Skjoldbjaerg – 2013

Posté : 17 octobre, 2018 @ 8:00 dans * Polars européens, 2010-2019, SKJOLDBJAERG Erik | Pas de commentaires »

Pioneer

Le Danois Erik Skjoldbjaerg s’était fait connaître avec Insomnia, un thriller étouffant qu’avait refait Christopher Nolan (le meilleur film de ce dernier, d’ailleurs). Avec Pioneer, le réalisateur confirme qu’il est particulièrement doué pour filmer les sensations physiques : les effets de l’insomnie là, le malaise et la paranoïa ici.

« Inspiré d’une histoire vrai » clame un carton au début du film. Un ancrage dans le réel qui a pour effet d’accroître le sentiment de malaise et de danger qui se dégage de ce thriller diablement efficace, clairement à la manière des grands films paranoïaques américains des années 70. A ceci près que le contexte post-Watergate laisse la place à cette décennie au cours de laquelle le Danemark s’apprêtait à devenir l’un des pays les plus riches du monde.

Un sacré enjeu, donc, qui laisse planer le doute sur la sincérité d’à peu près tous les personnages. Un seul, finalement, échappe à la règle : Petter, plongeur danois de grand fond, qui fait partie d’une mission cruciale, consistant à installer un pipe line à 400 mètres de profondeur. L’action se passe au tout des années 80, alors que le Danemark cherchait un moyen de profiter des ressources pétrolières qui venaient d’être découvertes au large, et que les Etats-Unis lui disputaient.

Lors de cette mission, le frère de Petter est tué, et ce dernier refuse d’accepter la thèse du simple accident, que tout le monde lui suggère un peu facilement. Mais lui est un jusqu’au-boutiste, rejoignant ainsi les grands héros des films paranoïaques qui refusent de laisser couler. Autour de lui, le danger semble omniprésent.

Et la peur est palpable, constamment. La mise en scène immersive de Skjoldbjaerg dévoile un Danemark à la fois beau et dangereux. Le moindre plan de coupe suggère la possible duplicité des personnages que croise Petter. Skjoldbjaerg utilise les codes du film parano, mais aussi du film noir, avec des « trucs narratifs » comme tirés d’un autre temps : la démarche d’un tueur, le grincement d’un fourgon qui passe… Et ça marche.

Quant aux séquences sous-marines, visuellement splendides et émotionnellement étouffantes, elles évoquent quelques grands films sous-marin, à commencer par Abyss. Entre le film de Cameron et Les Trois jours du Condor, Erik Skjoldbjaerg a visiblement des références très américaines. Son film, pourtant, parle du Danemark. Avec une crudité et une absence de romantisme qui n’ont pas dû plaire à l’office de tourisme local…

Dans la brume – de Daniel Roby – 2018

Posté : 14 octobre, 2018 @ 8:00 dans 2010-2019, FANTASTIQUE/SF, ROBY Daniel | Pas de commentaires »

Dans la brume

Une mystérieuse brume envahit Paris. Seuls ceux qui ont pu se réfugier dans les hauteurs de la capitale ont survécu. Parmi eux, les parents séparés d’une adolescente qu’une grave maladie oblige à vivre dans une sorte de bulle.

La première raison de voir ce film, et sans doute sa principale raison d’être : c’est cette vision hallucinante et très belle des toits de Paris dépassant d’une mer de brouillard. Une image dont la quiétude absolue (on pense à de grandioses paysages de montagne) tranche avec la mort qu’elle sous-entend.

Et cette image résume bien le parti-pris courageux de Daniel Roby, jeune réalisateur québecquois sans doute biberonné aux films fantastiques hollywoodiens d’autrefois, dont il impose la simplicité, le caractère anxiogène, l’aspect romanesque, l’art du twist, et surtout un beau classicisme qui tranche avec les montages saccadés et les cadres mouvants omniprésents aujourd’hui dans le cinéma de genre.

Pas de ça ici : Roby soigne ses cadres, sa caméra est la plupart du temps fixe, et le montage souligne constamment les parti-pris du cinéaste. Parmi ceux-là : la volonté de ne jamais quitter le point de vue de la famille au coeur de l’histoire. Jamais on n’en sait plus qu’eux, jamais le spectateur n’est en avance sur eux.

Des personnages plutôt bien dessinés, à défaut d’être surprenants. Olga Kurylenko est bien jolie et très émouvante, Romain Duris est excellent comme toujours, et le couple de vieux chez qui ils se réfugient est charmant et émouvant.

Sans multiplier inutilement les rebondissements, le film sait ménager le suspense et relancer la tension lorsqu’il le faut. D’accord, on voit venir le twist final gros comme un immeuble parisien. Mais Dans la brume reste une sorte d’exception bienvenue dans le cinéma de genre français actuel.

Le Poirier sauvage (Ahlat Ağacı) – de Nuri Bilge Ceylan – 2018

Posté : 10 octobre, 2018 @ 8:00 dans 2010-2019, CEYLAN Nuri Bilge | Pas de commentaires »

Le Poirier sauvage

Après le sublime Winter Sleep, on l’attendait avec impatience, le nouveau Nuri Bilge Ceylan. Parce qu’au fil du temps, le réalisateur turc s’est imposé comme l’un des plus intenses du moment. Le Poirier sauvage, boudé à Cannes, est pourtant à la hauteur des attentes, et vient clore une sorte de triptyque très informel entamé avec Il était une fois en Anatolie, grandes fresques désenchantées qui, à travers le parcours de personnages déphasés, donnent à voir une Turquie en pleine déliquescence sociale et morale.

Le Poirier sauvage est plus âpre, moins immédiatement séduisant que les deux films précédents. Mais il a cette beauté fulgurante qui marque le cinéma de Ceylan, un cinéma qui sait prendre son temps, et réussit mieux qu’aucun autre à capter la vie de contrées souvent reculées en décalage avec le mouvement des villes, et la beauté perdue de paysages qui n’intéressent plus personnes.

Après l’hôtelier-artiste de Winter Sleep, bien installé, c’est un tout jeune homme sans le sous qui aspire à être écrivain, qui est au cœur du Poirier sauvage. Une sorte de double inversé en quelque sorte, qui partage la même arrogance, le même côté amoral, la même vision biaisée de la société aussi.

De retour dans son village après avoir décroché son diplôme, Sinan est dans une sorte d’entre-deux. Un entre-deux qui est aussi celui de la Turquie, éternel sujet de Bilge Ceylan, cinéaste très ancré dans la réalité et l’actualité de son pays, sans en avoir l’air. Ici, il n’est à peu près question que de ça : ce qui attend les « vrais » Turcs, cette majorité silencieuse oubliée des grands médias, cette Turquie de l’intérieur, loin d’Istanbul et de sa modernité.

Cinéaste politique et cinéaste classique, Nuri Bilge Ceylan signe une grande fresque intime sur son pays, filmée avec un mélange d’assurance et de modestie étonnant. Le Poirier sauvage n’a pas la beauté immédiatement séduisante de Winter Sleep. Plus aride à première vue, le film séduit sur la durée, avec son classicisme, et sa construction quasi circulaire.

C’est l’impression que donne le film : celle d’une circularité du mouvement. Sinan marche. Beaucoup. Et il rencontre des gens. Beaucoup. Avec qui il a des conversations. Longues. Et édifiantes. Et tendues, souvent : ce jeune homme arrogant et pas facile à aimer a des idées très arrêtées sur à peu près tout, et une manière très brusque de les confronter à celles des autres. Il s’affronte ainsi à un imam, à un écrivain qui, lui, a réussi, à une jeune femme qui abandonne la liberté qui la caractérisait, à un homme politique, à un chef d’entreprise…

Le film semble n’être qu’une suite de rencontres qui sont autant de longs dialogues animés. Mais toutes ces rencontres forment une sorte de spirale qui creuse inlassablement les mêmes sillons. Et c’est toute la géographie de la petite ville et de ses alentours qui semble devenir incroyablement familière, au fur et à mesure que l’on plonge dans les espoirs et les doutes de Sinan.

Plus que tout peut-être, le film parle des rapports entre un jeune homme et son père, homme brillant que le jeu a coupé de la vie et de sa famille, et que tout le monde méprise non pour ce qu’il est, mais pour ce qu’il a abandonné. Cet homme dont le ricanement de hyène souligne la conscience qu’il a du regard que tout le monde pose sur lui. C’est l’histoire d’un cheminement. Non pas vers une réussite sociale hypothétique, mais vers une meilleure connaissance de soit.

Le Poirier sauvage : ce beau titre est comme un phare, qui finira par sortir du cynisme et de l’impasse ce jeune homme que l’on voyait hilare écoutant les mésaventures d’un comparse étudiant. Un ami qui, comme lui, voulait devenir enseignant, mais qui avait fini par devenir policier anti-émeute, « cassant » des manifestants avec une brutalité assumée et une jubilation feinte. Elle n’est pas en très bonne santé, cette Turquie qui fait le cinéma de Nuri Bilge Ceylan. Mais lui en tire de grands films.

Mission Impossible : Fallout (id.) – de Christopher McQuarrie – 2018

Posté : 8 octobre, 2018 @ 8:00 dans * Espionnage, 2010-2019, ACTION US (1980-…), CRUISE Tom, McQUARRIE Christopher | Pas de commentaires »

Mission Impossible Fallout

Christopher McQuarrie qui rempile à la tête de la saga, premier cinéaste à diriger deux Mission Impossible ? L’annonce semblait confirmer la sérialisation que prenait l’enthousiasmante machine à succès de Tom Cruise, sous l’influence de JJ Abrams. Sauf que c’est tout le contraire qui se produit : non seulement ce MI6 est très différent de MI5 (pourtant dû au même réalisateur, donc), mais il ouvre de nouvelles perspectives et rappelle que, avant d’être une machine à succès, la série est un formidable laboratoire pour réinventer le cinéma d’action, et ringardiser toutes les grosses productions hollywoodiennes d’aujourd’hui et d’hier.

Plus sombre, plus humain, plus riche, plus complexe, ce Fallout s’inscrit dans la continuité du précédent (c’est la première fois que l’on retrouve autant de personnages secondaires d’un film à l’autre, et que les intrigues se font suite), tout en changeant subtilement la donne. L’ouverture du film illustre bien ce changement de cap. Là où Rogue Nation commençait par une séquence d’action hallucinante… et totalement inutile à l’intrigue, Fallout commence comme un film noir, poisseux et dénué d’action.

Et c’est, d’emblée, fascinant : Ethan Hunt hanté par ses démons et visiblement plus vulnérable, une mission délivrée sur un appareil à bandes d’un autre âge, qui renvoie directement à la série originale (les références aux précédents films sont également légions) dans une esthétique rétro inquiétante et envoûtante… Le générique, qui arrive assez tardivement et dévoile des images des scènes clés à venir (une tradition depuis l’épisode 3), annonce des tonnes d’action. Mais plus que jamais, la psychologie des personnages est centrale.

Il y est beaucoup question de la responsabilité d’Ethan face à la violence, qu’il passe quand même son temps à amener dans les plus grandes villes du monde (ici, Londres et surtout Paris, où il offre l’expérience de sa vie à une actrice inconnue qui, l’espace d’une petite scène dans le rôle d’une fliquette que Tom Cruise sauve de la mort par un ébouriffant accès de violence, trouve de quoi raconter à ses enfants et petits-enfants pour le reste de sa vie !).

Le personnage n’a sans doute jamais été aussi complexe. Il faut dire que, jusqu’à présent, il manquait un alter ego de taille. Aucun des sidekicks de Cruise n’ont jamais fait le poids, malgré leurs qualités respectives. Jusqu’à l’apparition de Rebecca Ferguson, dont le personnage trouble d’Ilsa, agent britannique, fascinait déjà dans l’opus précédent. Elle gagne encore en profondeur, et ce sont ses rapports ambigus avec Ethan qui donnent quelques-unes des plus belles scènes.

A tel point qu’on ne peut que se réjouir de voir la trop douce et trop lisse Julia (la femme d’Ethan, interprétée depuis 2006 par Michelle Monagham) ne revenir sur le devant de la scène que pour lui trouver une sortie honorable, et sans doute définitive. De quoi attendre le prochain épisode avec impatience et confiance, tant le personnage d’Ilsa semble avoir encore beaucoup à livrer.

Fallout réserve d’ailleurs de longues plages étonnamment calmes, où l’action se fait plus discrète, plus classique, voire se passe hors écran. Une posture rare dans le cinéma d’action : McQuarrie et Cruise savent ménager leurs effets, réussissant une rencontre à peu près parfaite entre le cinéma d’espionnage et le film noir à l’ancienne, et le meilleur du cinéma d’action.

Car les séquences d’action sont ahurissantes. Evidemment, devrais-je ajouter, tant la saga est devenue au fil des épisodes le repère absolu en matière d’inventivité et d’efficacité dans le domaine. Toujours garantie sans écrans verts et avec un minimum d’effets numériques. Pour faire simple : on se contente d’effacer les câbles de sécurité, tout étant réalisé « pour de vrai » dans les vrais décors.

Le fait que Tom Cruise réalise lui-même ses cascades n’est, de fait, pas anecdotique : cette posture à peu près unique pour une star de son calibre permet au spectateur une immersion totale, qu’il saute d’un avion à très haute altitude au-dessus de Paris, qu’il s’accroche à un hélicoptère slalomant entre les montagnes (hélico que, bien sûr, il finira par piloter lui-même), qu’il saute d’un immeuble à l’autre à Londres (dans l’une des rares séquences franchement drôles… qui lui vaudra une cheville cassée), ou qu’il pilote sa moto dans les rues bondées de Paris… L’expérience est exceptionnelle.

Evasion 2 : le labyrinthe d’HADES (Escape Plan 2 : HADES) – de Steven C. Miller – 2018

Posté : 7 octobre, 2018 @ 8:00 dans 2010-2019, ACTION US (1980-…), MILLER Steven C., STALLONE Sylvester | Pas de commentaires »

Evasion 2

Un mystère. Comment, après avoir connu une longue traversée du désert et réussi à redevenir une icône du cinéma musclé à l’âge où tous ses confrères sont renvoyés à leurs parterres de fleurs, Stallone a-t-il pu tomber aussi bas ? Lui qui, depuis qu’il a soufflé ses 60 bougies, s’impose comme le garant d’un cinéma d’action à l’ancienne brut et honnête, dépouillé de ses travers des années 80, réussit l’exploit de faire pire que tout ce qu’il a fait de pire.

Evasion 2 est de ce niveau-là, à faire passer Over the Top ou Cobra pour de grands films. Ou presque. On ne peut même pas dire que le film soit raté : c’est juste une sorte d’aberration, une accumulation de scènes qui ne prennent même pas la peine de s’enchaîner convenablement, une interminable succession de plans syncopés incapables de tirer quoi que ce soit des quelques ébauches d’idées.

En fait, cette suite n’a à peu près aucune raison d’être. Le film original valait avant tout pour la confrontation entre Stallone et Schwarzenegger. Le second étant absent, que reste-t-il ? Stallone ? Même pas, ou si peu… Succès très modeste dans la plupart des pays, le premier film avait cartonné sur le marché asiatique. La vraie vedette est donc un Chinois, membre de l’équipe de Breslin (Stallone, spécialiste en sécurité et évasion, donc), qui se fait enfermer dans une prison high tech.

D’un film d’évasion, on pourrait au moins s’attendre à des trouvailles scénaristiques qui permettraient aux prisonniers de se confronter à leur prison. Même pas : non seulement il est visuellement très laid, bourré de robots et de gadgets hich-tech plombés par des effets spéciaux d’un autre âge, mais il suffit d’un hacker qui n’a rien d’autre à faire que de regarder son écran tout au long du film pour tout faire péter. J’exagère à peine : l’imposant Dave Bautista arrive in fine pour dégommer quelques méchants.

Reste le plaisir de voir Stallone en action. Plaisir bien mince, et bien éphémère : sa présence à l’écran ne doit pas dépasser les 15 minutes. Et allez, je spoile, ça vous évitera de perdre 90 minutes : son principal acte de bravoure (si on excepte une fusillade et une bagarre assez plaisantes et 1 bon mot : « It’s bad to be back ») est de s’être fait greffer un émetteur-récepteur dans une dent. Gênant. Le pire là-dedans, c’est que Stallone a déjà tourné Evasion 3.

La Tour sombre (The Dark Tower) – de Nikolaj Arcel – 2017

Posté : 20 septembre, 2018 @ 8:00 dans 2010-2019, ARCEL Nikolaj, FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

La Tour sombre

Un constat étonnant, déjà : à une époque où le moindre blockbuster dépasse allègrement les deux heures de projection, même si son scénario se résume à trois lignes au bas d’un chèque, c’est presque incroyable de voir l’adaptation d’une série de romans épais et denses (ils sont de Stephen King, un auteur rarement avare en termes de pagination) « tenir » dans un film ne dépassant pas les 85 minutes.

Pour le coup, c’est peut-être un peu juste. Le bon côté, c’est qu’on n’a pas vraiment le temps de s’ennuyer. Mais d’un autre côté, l’ampleur du récit aurait sans doute demandé un peu plus de détails, de chemins de traverse, voire de temps morts. A force d’épurer le récit, le film perd un peu d’âme, de ce qui fait la beauté des grands films. C’est tout moi, ça : critiquer les grosses productions ampoulées et interminables tant elles sont vides, et regretter qu’une autre grosse production fasse le choix de la synthèse…

Cela dit, il y a plein de belles choses là-dedans. Un Idris Elba charismatique et hyper cool en pistolero dont chaque mouvement relève de la chorégraphie ; un gamin (Tom Taylor) pas tête-à-claque et aussi à l’aise dans l’action que dans l’émotion pure ; un méchant qui a de la gueule (Matthew McConaughey, pas franchement en nuances, mais intense) ; et une histoire qui tient en haleine (des mondes parallèles, des portes comme dans Stargate, des démons comme dans Le Seigneur des Anneaux, un apocalypse qui s’approche comme dans plein de trucs…).

Et puis le film, qui accumule les morceaux de bravoure, n’oublie pas le côté humain en multipliant les rapports filiaux, et ne fait pas systématiquement le choix de la surenchère. Les moments les plus forts sont peut-être les plus modestes : un simple travelling qui révèle que le pistolero a déjà terrassé (hors champs) une demi-douzaine de méchants, ou cette ultime image, une simple lumière qui apparaît dans un recoin de l’image et qui ouvre vers des tas d’horizons que l’on ne verra probablement jamais, le film s’étant vautré en salles.

The Passenger (The Commuter) – de Jaume Collet-Serra – 2018

Posté : 16 septembre, 2018 @ 8:00 dans 2010-2019, ACTION US (1980-…), COLLET-SERRA Jaume | Pas de commentaires »

The Passenger

Un montage épileptique, des ralentis, zooms et autres effets numériquement modifiés insupportables… On ne peut pas dire que The Passenger emballe son spectateur, avec son style ampoulé qui s’inscrit dans le tout venant du cinéma d’action hollywoodien.

Un Liam Neeson-action hero de plus ? En partie, oui, ce film confirme la triste standardisation de l’ex-Schindler, depuis son Taken triomphal. Mais pour une fois, Neeson assume son âge, et son statut de sexagénaire qui ne peut guère rêver d’un nouveau départ. En cela, le film est assez intéressant, au moins dans sa première partie : en soulignant la routine qu’est devenue sa vie, avec un montage assez original, le film sort du lot.

Cela dit, ce personnage de monsieur tout le monde confronté à une situation extraordinaire est, comme il se doit, un ex-flic, avec les dons exceptionnels qui vont avec côté baston et sens de la déduction. Comment pourrait-il en être autrement, hélas…

Mais le scénario tient en haleine, et Jaume Collet-Serra tient son pari de ne jamais quitter le train dès lors qu’il y a embarqué, avec un certain sens du rythme et de l’espace.

Ça commence plutôt fort : Neeson, dans le train qu’il prend chaque jour pour aller bosser, croise une femme qui lui propose un marché : s’il démasque un intrus dans le train, il gagnera 100 000 euros. Intriguant. Le scénario tient à peu près la route pendant 75 minutes, avant de sombrer dans le film d’action lambda et de révéler une conclusion assez banale.

Et le film, qui s’annonçait comme une rencontre entre Speed et l’excellent Source Code (Vera Farmiga, une intrigue intrigante, un train comme décor unique…) se résume à un énième descendant de Die Hard. Pas désagréable, mais vite oublié. A propos, Die Hard fête ses 30 ans cette année. Yipeekaïee !!!

Léo et les extraterrestres (Luis and the Aliens) – de Christoph Lauenstein, Wolfgang Lauenstein et Sean McCormack – 2018

Posté : 12 septembre, 2018 @ 8:00 dans 2010-2019, DESSINS ANIMÉS, LAUENSTEIN Christoph, LAUENSTEIN Wolfgang, McCORMACK Sean | Pas de commentaires »

Léo et les extraterrestres

Qu’est-ce que vous voulez que je raconte sur ce dessin animé sympathique, mais anodin ? Il faut bien qu’un père réponde aux désirs de ses enfants. Alors voilà, c’est l’histoire d’un gamin dont le père est considéré comme un dingue parce qu’il affirme avoir vu des extraterrestres, qui voit son géniteur comme un raté, et qui rencontre lui-même des extraterrestres.

Il est bien sûr question des rapports père-fils, tout en tendresse. Il est aussi question du regard des autres, de l’incompréhension des êtres, et tout et tout. Mais finalement, il est surtout question de rythme et d’humour… drôle. Par moments en tout cas : les aliens qui débarquent sur terre attirés par les sirènes du téléachat, ou le marchand de glace qui répète fièrement qu’il vend des glaces, on peut effectivement trouver ça drôle.

Sinon, rien de bien neuf. Rien en tout cas de honteux, ni de génial. Du tout-venant, donc.

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