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Archive pour la catégorie '2010-2019'

House of cards, saison 3 (House of Cards, season 3) – série créée par Beau Willimon – 2014

Posté : 18 mai, 2017 @ 8:00 dans 2010-2019, COLES John, DAHL John, FOLEY James, GATES Tucker, HOLLAND Agnieszka, TÉLÉVISION, WILLIMON Beau, WRIGHT Robin | Pas de commentaires »

House of cards, saison 3 (House of Cards, season 3) - série créée par Beau Willimon - 2014 dans 2010-2019 House%20of%20Cards%20saison%203_zpsgctyb0hd

Dans les deux premières saisons (ici et ici), le diabolique couple Macbeth… pardon, Underwood, gravissait l’un après l’autre les dernières marches qui le séparaient du sommet. Cette saison 3 commence au moment où ils y sont enfin, dans ce bureau ovale que Frank connaissait déjà comme invité. Cette fois, il y est chez lui, au moins temporairement. Car l’exercice du pouvoir doit aussi s’accompagner d’une conquête de l’opinion. Avec les manipulations dont le couple a le secret, et la réparation des erreurs d’hier.

Le show n’a rien perdu de son côté addictif. On pouvait craindre que l’arrivée au sommet des personnages mette un terme à l’imagination des scénaristes, ce n’est pas le cas. Et si cette nouvelle saison ébauche de très nombreuses pistes, aucune ne passe à la trappe, et toutes les intrigues s’entremêlent habilement, sans facilité et avec la même richesse. Que ce soit les rapports très conflictuels entre les Underwood et un président russe quasi-sosie de Poutine, la convalescence d’un Doug diminué et écarté (son retour sera aussi spectaculaire que glaçant), les premières décisions du président de Frank Underwood, ses manigances pour tenter d’obtenir l’investiture pour 2016…

Impossible de lister toutes les intrigues secondaires, mais l’une des grandes forces de la série, depuis ses premiers pas, repose sur les seconds rôles, nombreux et formidablement bien écrits. Pas un ne passe à la trappe, pas un n’est sous-exploité, et c’est ce qui explique en partie l’extraordinaire intensité de chacun des treize épisodes.

Mais ce sont les états d’âme de Claire qui marquent surtout dans cette nouvelle saison. Le personnage de Robin Wright est plus central que jamais. L’âme noire de Kevin Spacey baisse la garde à de brèves occasions, révélant une humanité malade et douloureuse inattendue. L’actrice passe d’ailleurs derrière la caméra, pour deux épisodes qui suggèrent joliment les failles de la nouvelle première dame. Jusqu’au drame final, qui donne furieusement envie de voir la saison 4.

Le Réveil de la Force / Star Wars, épisode VII (Star Wars : Episode VII – The Force awakens) – de J.J. Abrams – 2015

Posté : 16 mai, 2017 @ 8:00 dans 2010-2019, ABRAMS J.J., FANTASTIQUE/SF, FORD Harrison | Pas de commentaires »

Le Réveil de la Force / Star Wars, épisode VII (Star Wars : Episode VII - The Force awakens) - de J.J. Abrams - 2015 dans 2010-2019 Star%20Wars%20pisode%207_zpswxwwvpqi

La bande annonce avait fait son petit effet, avec l’apparition de Han Solo et Chewbacca à bord du Faucon Millenium. La petite phrase lancée par un Harrison Ford vêtu des mêmes frusques qu’il y a quarante ans avait fait frissonner de plaisir bien plus que les seuls fans : « Chewie, we’re home ! » De la même manière, ce plan sombre de la main robotisée de Luke Skywalker se posant sur RD2D était une image particulièrement excitante, promesse d’un film porté par une douce nostalgie.

Résultat ? Cette suite tardive, qui permet de retrouver Harrison Ford, Carrie Fisher et Mark Hammill dans les rôles qui les ont rendus tous les trois célèbres, plus de trente ans après l’épisode 6, s’inscrit effectivement dans le prolongement direct de la première trilogie, et multiplie les clins d’œil aux films par lesquels tout a commencé. Et la meilleure idée, c’est peut-être d’avoir fait de Luke une figure quasi-mythologique, que tous les personnages passent l’intégralité du film à chercher.

Sauf que J.J. Abrams confirme ce qu’on pense de lui depuis quelque temps. Cinéaste brillant, Abrams a un vrai sens du rythme et sait composer des cadres qui marquent les esprits. Mais ce n’est pas un créateur : ses films sont tous des hommages sincères, parfois enthousiasmants, et toujours appliqués, à des œuvres existantes, auxquels il applique un lifting et un aspect feuilletonant qui rappelle ses débuts de créateur de série. Ce Star Wars 7 ne fait pas exception.

Le problème, c’est qu’on le sent nettement plus inspiré lorsqu’il introduit de nouveaux personnages que lorsqu’il met en scène les figures historiques de la saga, traités trop ouvertement comme des passages obligés. Ce fameux premier plan sur Han Solo et Chewbacca sonne ainsi curieusement faux. Son personnage, pourtant central dans l’histoire à cause de l’identité du nouveau grand méchant, semble embarrasser Abrams. Trop appliqué, comme écrasé par le poids de l’attente, le réalisateur échoue à lui donner la dimension tragique qui devrait lui convenir.

Même constat pour Leia, qui n’a droit qu’à une poignée de scènes pas franchement bouleversantes. Quant à l’apparition pour le moins tardive de Luke…
Les personnages nouveaux sont plutôt intéressants. Mais dans le rôle de la jeune héroïne qui découvre qu’elle possède la Force, Daisy Riley s’avère nettement plus fade que Felicity Jones dans Rogue One. Dans celui de l’ancien Stormtrooper qui décide de passer du côté de la lumière, John Boyega est impeccable, mais la richesse potentielle de son personnage tourne court. Quant à l’excellent Oscar Isaac, il est franchement sous-exploité.

Bref, c’est bien foutu, plein de suspense et bourré d’action. Tout ce qu’on attendre d’un Star Wars. Mais cet épisode 7 marque d’emblée la limite de ce renouveau, annonce de nouvelles pistes pas franchement enthousiasmantes, et laisse craindre le pire des multiples suites et films dérivés que Disney envisage déjà pour les années, voire les décennies, à venir. C’était peut-être, finalement, bien dispensable.

La saga Star Wars

Alliés (Allied) – de Robert Zemeckis – 2016

Posté : 11 mai, 2017 @ 8:00 dans * Espionnage, 2010-2019, ZEMECKIS Robert | Pas de commentaires »

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Zemeckis nous fait le coup du grand cinéma classique romanesque, avec un modèle évident et proclamé : Casablanca, dont il reprend le décor (le Casablanca de 1942, pour la première partie du film), et même le « Play it » insistant devant un piano… Mais le réalisateur de Retour vers le Futur a-t-il la carrure de Michael Curtiz ? Pas sûr, quand même.

Dès le tout premier plan, absolument virtuose mais (très visiblement) entièrement numérique, le problème principal du film apparaît, avant même les acteurs, problème qui se confirmera scène après scène : Zemeckis soigne le moindre de ses plans avec une application et une volonté de se mettre en danger qui forcent le respect, mais avec une virtuosité trop évidente, trop systématique, et trop dominante.

Cette virtuosité, qui vaut quelques moments de plaisirs, semble le plus souvent trop appliqué. Zemeckis, qui a visiblement envie d’imprimer ce genre très hollywoodien de son emprunte, oublie la passion en route. Et si on suit l’intrigue sans le moindre ennuie, et avec un intérêt qui ne retombe (presque) jamais, l’émotion ne passe pas vraiment, et on reste constamment à distance de ce mélodrame pourtant costaud.

On le sent sincère et passionné par les classiques d’autrefois, mais Zemeckis reste du côté du pastiche. Son film sonne comme un hommage sincère et appliqué à Casablanca donc, mais aussi à l’univers de Graham Greene (dont Brad Pitt lit d’ailleurs le Brighton Rocks), notamment au très beau La Fin d’une liaison, dont Neil Jordan avait tiré un film autrement plus poignant.

Brad Pitt lui-même semble étrangement statique et étranger à l’action, comme engoncé dans un personnage qu’il ne fait jamais vraiment vivre (pas aidé, c’est vrai, par un accent amerloque lorsqu’il est censé parler couramment français). Mais il y a Marion Cotillard, lumineuse et intense, comme toujours parfaitement juste. Elle est pour beaucoup dans le plaisir sincère qui réussit à poindre au milieu de la déception.

Source Code (id.) – de Duncan Jones – 2011

Posté : 8 mai, 2017 @ 8:00 dans 2010-2019, FANTASTIQUE/SF, JONES Duncan | Pas de commentaires »

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Voilà une formidable surprise. De ce film fantastique assez intriguant, je n’attendais pas grand-chose d’autre qu’un petit moment de détente et de relaxe cérébrale. J’en suis ressorti totalement bluffé : Source Code est une réussite majeure du genre, une variation assez géniale sur le thème d’Un Jour sans fin. Bref, un film fantastique dans tous les sens du terme, brillant et passionnant.

Le film s’ouvre mystérieusement, sur Jake Gyllenhaal qui se réveille dans un train, face à une jeune femme qui lui parle comme à un ami. Problème numéro 1 : il n’a pas la moindre idée de comment il est arrivé là. Problème numéro 2 : cette jeune femme, si jolie soit-elle (c’est Michelle Monagham), lui est totalement inconnue et l’appelle par un prénom qui n’est pas le sien. Problème numéro 3 : en se regardant dans le miroir, il réalise qu’il n’est effectivement pas lui-même. Problème numéro 4 : à peine s’en est-il rendu compte qu’une bombe explose et tue tout le monde dans le train…

Oui, on voit venir le truc : le gars va revivre cette journée à l’envi, jusqu’à ce qu’il désamorce la bombe et emballe la fille. Eh bien oui, mais pas tout à fait non plus, pas seulement en tout cas, et pas comme on s’y attend. Le film, malin et intelligent, joue comme le petit classique d’Harold Ramis sur la répétition d’une même journée (en l’occurrence des mêmes quelques minutes), mais en la justifiant par une idée digne des plus grands auteurs de SF, que je ne spoilerai pas, mais qui ouvre des perspectives immenses sur les notions de réalité, de libre-arbitre, et de seconde chance.

C’est formidablement bien écrit (par Ben Ripley, dont le seul « titre de gloire » jusqu’à présent était le scénario de La Mutante 3 !), et c’est réalisé avec un grand sens du détail par Duncan Jones (le filston de David Bowie), qui filme Chicago comme personne avant lui, soulignant le caractère à la fois moderne et humain de la ville, entièrement construite autour de la circulation des hommes, avec ses trains, ses routes, ses rivières, et ses larges promenades. A vrai dire, les villes américaines ont rarement été filmées avec autant d’attention qu’ici, en tout cas dans le cinéma contemporain.

Le (jeune) fait aussi preuve d’une délicatesse (oui oui, délicatesse) inattendue, réussissant à rendre émouvante l’accumulation d’explosion, jusqu’à un bouleversant arrêt sur image absolument magnifique. Sans oublier le suspense (à couper au couteau) en route, le film se révélant finalement plein d’espoir. La noirceur extrême laisse in extremis la place à un feel good movie. L’un des plus beaux films fantastiques / de SF de ces dernières années.

Premier contact (Arrival) – de Denis Villeneuve – 2016

Posté : 4 mai, 2017 @ 8:00 dans 2010-2019, FANTASTIQUE/SF, VILLENEUVE Denis | Pas de commentaires »

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Villeneuve réussit un pari audacieux : baser entièrement un film de science-fiction racontant une « rencontre du troisième type » avec de mystérieux extra-terrestres, sur la difficulté de communiquer entre les peuples. Avec, en lieu et place des scènes d’action attendues, de longues séquences décortiquant la manière dont la linguiste (Amy Adams) et le scientifique (Jeremy Renner) tentent de se faire comprendre et s’interrogent sur tous les pièges potentiels de l’anglais et de la langue parlée. Imbitable ? Passionnant au contraire, et c’est bien le tour de force du cinéaste : la linguistique ne m’a pourtant jamais enthousiasmé durant mes études…

Il y a bien quelques rares moments de pur suspense, comme pour permettre aux producteurs d’offrir une bande annonce un peu mouvementée aux spectateurs potentiels : la scène hallucinante de la bombe, en particulier, avec cette fusillade hors champs. Mais Villeneuve ne triche pas, et va bien au bout de son sujet.

Le film laisse entrevoir la possibilité d’un dialogue entre les peuples. De là à y voir une œuvre profondément optimiste, il y a un gouffre : il est surtout question de la difficulté de se comprendre, et de la quasi-incapacité de l’homme à sortir de son mode de raisonnement habituel. En résumé ; pour se comprendre et apprendre à vivre ensemble, il faut accepter de remettre en question tout ce que l’on croit acquis, et chercher à adopter le point de vue de « l’autre ». Pas simple.

Une ouverture à l’autre que le personnage joué par Amy Adams (très émouvante) pousse à l’extrême, avec une histoire personnelle bouleversante dont je ne dirai rien ici, si ce n’est que la fin du film illustre parfaitement cette nécessité d’accepter la nécessité de remettre en question tout ce que l’on croit acquis. Un choc.

Nemesis / Sam was here (id.) – de Christophe Deroo – 2016

Posté : 29 avril, 2017 @ 8:00 dans 2010-2019, DEROO Christophe, FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

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Christophe Deroo, réalisateur français qui signe son premier long métrage avec cette petite production franco-américaine, a dû beaucoup regarder les films de John Carpenter. Dire que l’auteur de Prince des Ténèbres et L’Antre de la folie fait planer son ombre sur cette habile série B est un euphémisme. Deroo n’est d’ailleurs pas le premier héritier plus ou moins revendiqué du maître. Mais il est loin d’être le plus maladroit.

Le réalisateur le reconnaît lui-même (dans l’intéressant making-of) : le sujet de son film lui a été quasi-imposé par le budget minuscule dont il disposait. Jugez plutôt : un acteur seul à l’écran durant la quasi-totalité du film (et à peu près inconnu en plus, Rusty Joiner), le désert californien, et pour seul effet spécial une discrète lueur rouge dans le ciel. Bref, un film dont le coût se limite à peu près à la location de la caméra. Idéal pour se faire la main.

Et l’histoire ? Le prolongement d’un court métrage que Christophe Deroo avait tourné, et dont il souhaitait faire le point de départ d’une série dans la lignée de La Quatrième Dimension. Un représentant de commerce sillonne le Sud désertique de la Californie, et ne croise que des maisons qui semblent avoir été évacuées dans l’urgence. Unique signe de vie : une radio qui évoque les agissements d’un mystérieux tueur dans la région.

Vous pensez avoir saisi l’origine de l’angoisse ? Vous avez sans doute tort… Nemesis multiplie les fausses pistes, et plonge lentement (enfin, lentement… en à peine plus d’une heure dix) son « héros » et le spectateur dans un cauchemar éveillé de plus en plus opaque et étouffant. Angoisse renforcée par la musique, rare mais marquante, signée par un groupe électro baptisée… Christine. En hommage au film de Carpenter ? Le son entêtant et le logo du groupe ne laisse planer aucun doute.

Le film ne révolutionne certes pas le genre. Mais Deroo, comme Carpenter avant lui d’ailleurs, a le bon goût d’assumer pleinement sa volonté de faire un film de genre, sans chercher autre chose que l’efficacité, avec modestie, et une certaine élégance. Ce n’est pas si courant. A suivre…

* DVD chez Condor Entertainment, accompagné d’un petit making of dans lequel le réalisateur évoque avec lucidité et intelligence cette première expérience du long métrage.

Manchester by the sea (id.) – de Kenneth Lonergan – 2016

Posté : 20 avril, 2017 @ 8:00 dans 2010-2019, LONERGAN Kenneth | Pas de commentaires »

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Il y a quelques jours, j’écrivais tout le mal que je pensais de l’Oscar attribué à Leonardo Di Caprio en 2016. Eh bien son successeur a droit, lui, à toute mon admiration (il doit être heureux, ça vaut un Oscar, ça). Casey Affleck, donc, acteur constamment formidable depuis L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford (Robert Ford, c’était lui), un peu l’antithèse de son frangin Ben (qui l’a d’ailleurs fort bien dirigé dans Gone Baby Gone), qui réussit là l’une des compositions les plus intenses et les plus bouleversantes de ces dernières années.

Pas facile, pourtant, ce personnage qui ne se dévoile que par bribes et lentement au cours du film. Un personnage solitaire et fermé aux autres, cassant et bagarreur, incapable de se lier, incapable même de pleurer la mort d’un frère… Un type pas aimable, pas causant, pas agréable à regarder. Et il faut du temps pour pénétrer cette armure. Non pas qu’il baisse la garde, mais le réalisateur nous en livre les clés avec parcimonie, révélant peu à peu des torrents de douleur.

Manchester by the Sea est un vrai mélo, dont je ne livrerai aucune clé ici : c’est avec l’esprit vierge qu’il faut s’abandonner à cette dérive magnifique, à cet impossible retour à la vie, aux tentatives courageuses et désespérées d’être là. Pour mieux être submergé par l’émotion qui arrive par vagues (de vrais tsunamis, même), pour ne plus jamais se retirer. Et quand je dis jamais… J’écris ces lignes bien 10 jours après avoir vu le film, et l’émotion est toujours là, profondément ancrée.

Ce n’est pas quelque chose que j’écris souvent pour des films récents, mais Manchester by the Sea est un chef d’œuvre. Kenneth Lonergan réussit un pari fort : nous plonger dans l’état d’esprit de cet homme dont, au départ, on ne sait rien. Nous faire ressentir cette douloureuse langueur, et ces fulgurants accès de pure émotion, comme lors de cette rencontre entre Casey et son ex jouée par Michelle Williams, l’un des moments les plus déchirants de ces… allez, 20 dernières années.

Et puis je m’arrête là parce que rien qu’à imaginer cette scène, l’émotion revient en trombes. C’est malin tient…

The Revenant (id.) – d’Alejandro González Iñárritu – 2015

Posté : 15 avril, 2017 @ 8:00 dans 2010-2019, INARRITU Alejandro Gonzales | Pas de commentaires »

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Je sais pas, je lui aurais plutôt refilé une paire de baffe qu’un Oscar, moi, à Leonardo. Effectivement, il atteint des sommets avec The Revenant, mais surtout dans l’art de dire “regardez comme je suis intense, je fais tellement la gueule que cette fois vous allez me le remettre ce putain d’Oscar !!!” Non ? Ben si, il l’a eu. Alors oui, j’en rajoute un peu, et il tient bien sa place le Di Caprio. Depuis Titanic, on peut dire qu’il a pris de l’épaisseur. Tellement, même, qu’il en finit par ressembler un ours…

D’ailleurs, c’est l’une des idées très discutables d’ Iñárritu pour ce film : affubler la star d’une peau d’ours qui semble deux fois plus lourde que lui, histoire d’illustrer le fait qu’après avoir été attaqué par un ours et laissé pour mort, c’est quasiment sous la forme d’un animal sauvage qu’il revient à la vie. Des gros sabots ? Oui, il en a aussi, qui laissent des traces bien visibles dans ces paysages magnifiques, ceux-là même de la véritable histoire.

Oui, parce que The Revenant est à la base une histoire authentique : celle d’un trappeur laissé pour mort par ses camarades qui survivra et traversera seul et à pied les immenses étendues hostiles du Grand Nord américain. Richard Sarafian en avait tiré un film magnifique sur la filiation et la renaissance (le méconnu Le Convoi sauvage), qui prenait de grandes libertés avec la vérité historique. Iñárritu en tire une énorme production très longue, très violente, et très réaliste, qu’il a donc tenu à filmer dans les vrais décors.

Et ce choix apporte… ben de bien beaux paysages, dont le cinéaste tire, c’est vrai, le meilleur, avec ces plans larges absolument saisissants. Pour le reste… Contrairement à ce qu’on a pu dire ici ou là, The Revenant sacrifie toute ambition au simple profit de la performance : celle pour le réalisateur de tourner dans des conditions extrêmes, et celle pour l’acteur de se montrer plus intense que jamais.

Mais dans les thématiques évoquées, dans l’émotion même qui se dégage du film, rien, ou si peu. Sarafian avait réalisé une belle réflexion sur la transmission, avec une vision poétique et toujours surprenante. Iñárritu ne garde que le bruit et la fureur, et transforme cette odyssée édifiante en un énième survival doublé d’une simple histoire de vengeance. Rendez-vous manqué…

Rock’n Roll – de Guillaume Canet – 2016

Posté : 12 avril, 2017 @ 8:00 dans 2010-2019, CANET Guillaume | Pas de commentaires »

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Guillaume Canet met en scène Guillaume Canet dans le rôle de Guillaume Canet, un acteur qui vit avec la star internationale Marion Cotillard et traverse une sorte de crise de la quarantaine lorsqu’une jeune actrice lui lance, plus ou ou innocemment, qu’il n’est pas rock, et qu’il ne fait plus rêver les femmes…

Et c’est le point de départ d’une jolie mise en abîmes toute en décalage et en autodérision que s’offre l’acteur-réalisateur. Le plus réussi dans ce film ? La frontière toujours ténue entre la réalité et la fiction, entre le vrai Canet et le personnage. Il y met en scène ses vrais parents, ses vrais amis, sa vraie femme donc. Mais il s’autorise des tas de libertés avec la vérité, faisant d’Yvan et Alain Attal des frères (ils ne le sont pas), accordant quatre Oscars à Marion Cotillard…

Guillaume Canet se met en scène comme un gentil ringard, pas glamour pour deux sous, avec une bedaine naissante et des soirées passées en chaussons dans son appartement, à côté d’une femme qui a tout compris du système hollywoodien et n’est attirée que par des rôles à Oscars. Marion Cotillard est formidable lorsqu’elle s’entraîne à boiter en rêvant d’interpréter une bègue, tout en passant le film à parler québecois pour préparer le prochain film de Xavier Dolan… qui lui apprendra in fine qu’il ne veut qu’elle parle français.

Et puis il y a ce tournant vers le milieu du film, et la métamorphose physique et de plus en plus extrême de Canet se tournant vers la chirurgie esthétique. Et là, il donne tout, Canet, sans limite et sans peur du ridicule. La jolie ironie des débuts laisse la place à un humour acide teintée de nostalgie. Canet déstabilise, et on aurait tort de lui reprocher ce courage d’aller au bout de ses idées. Mais la métamorphose (du personnage comme du film) est telle qu’on a un peu de mal à vraiment adhérer.

Jusqu’à la toute fin en tout cas : après nous avoir fait croire que Rock’n Roll était un film fait pour démystifier l’image des comédiens, tout en évoquant la crise de la quarantaine, Canet conclut en se recentrant sur l’essentiel. Son film, finalement, est avant tout une grande, et belle, histoire d’amour. Qu’importe ce que les autres pensent, puisque ces deux-là s’aiment…

Les Sept Mercenaires (The Magnificent Seven) – d’Antoine Fuqua – 2016

Posté : 11 avril, 2017 @ 8:00 dans 2010-2019, FUQUA Antoine, WESTERNS | Pas de commentaires »

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Etait-il vraiment nécessaire de remettre au goût du jour le classique de John Sturges ? Oui, d’accord, ce dernier était lui-même un remake (celui des Sept Samouraïs), et les récentes tentatives de dépoussiérer les chefs d’œuvre du genre (comme s’ils en avaient vraiment besoin) n’ont pas toutes été ratées : Le 3h10 pour Yuma de James Mangold était plutôt très réussi.

Mais quand même… Les scénaristes ont-ils à ce point perdu tout semblant d’imagination ? Les producteurs considèrent-ils le public comme des idiots qui ont absolument besoin de se rassurer avec une intrigue déjà connue de tous ? En tout cas, si on s’attaque à un monument, au film qui a starifié Steve McQueen en deux plans, ben vaut mieux réussir son coup, et si possible apporter quelque chose de nouveau.

Alors ? Ben c’est pas mal, on ne s’ennuie pas une seconde, Denzel Washington est très bien en Yul Bryner de 2016, et il s’est plutôt bien entouré (Ethan Hawke en Robert Vaughn, Chris Pratt en ersatz de McQueen, sans le charisme…). Et Antoine Fuqua (quel nom!!) n’est pas un manchot quand il s’agit de filmer l’action ou de faire monter la tension. Et reconnaissons lui un soin tout particulier apporté aux images, avec des plans très joliment construits et une superbe utilisation des décors naturels.

Pourtant ça ne prend pas jamais vraiment. Le principe même du remake veut que la comparaison avec l’original est incontournable. Et là, c’est décevant sur toute la ligne. Indépendamment du film de Sturges, ces Sept Mercenaires-là sont plutôt réussis. Mais à la lumière de ce qu’a donné la même trame devant les caméras de Sturges (ou même de Kurosawa), le film semble totalement anecdotique, chassant le sous-texte social et racial de l’original pour se résumer à une simple histoire de pouvoir et d’argent.

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