Play it again, Sam

tout le cinéma que j’aime

Archive pour la catégorie '2010-2019'

Manchester by the sea (id.) – de Kenneth Lonergan – 2016

Posté : 20 avril, 2017 @ 8:00 dans 2010-2019, LONERGAN Kenneth | Pas de commentaires »

Manchester by the sea (id.) - de Kenneth Lonergan - 2016 dans 2010-2019 Manchester%20by%20the%20sea_zpseffroecl

Il y a quelques jours, j’écrivais tout le mal que je pensais de l’Oscar attribué à Leonardo Di Caprio en 2016. Eh bien son successeur a droit, lui, à toute mon admiration (il doit être heureux, ça vaut un Oscar, ça). Casey Affleck, donc, acteur constamment formidable depuis L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford (Robert Ford, c’était lui), un peu l’antithèse de son frangin Ben (qui l’a d’ailleurs fort bien dirigé dans Gone Baby Gone), qui réussit là l’une des compositions les plus intenses et les plus bouleversantes de ces dernières années.

Pas facile, pourtant, ce personnage qui ne se dévoile que par bribes et lentement au cours du film. Un personnage solitaire et fermé aux autres, cassant et bagarreur, incapable de se lier, incapable même de pleurer la mort d’un frère… Un type pas aimable, pas causant, pas agréable à regarder. Et il faut du temps pour pénétrer cette armure. Non pas qu’il baisse la garde, mais le réalisateur nous en livre les clés avec parcimonie, révélant peu à peu des torrents de douleur.

Manchester by the Sea est un vrai mélo, dont je ne livrerai aucune clé ici : c’est avec l’esprit vierge qu’il faut s’abandonner à cette dérive magnifique, à cet impossible retour à la vie, aux tentatives courageuses et désespérées d’être là. Pour mieux être submergé par l’émotion qui arrive par vagues (de vrais tsunamis, même), pour ne plus jamais se retirer. Et quand je dis jamais… J’écris ces lignes bien 10 jours après avoir vu le film, et l’émotion est toujours là, profondément ancrée.

Ce n’est pas quelque chose que j’écris souvent pour des films récents, mais Manchester by the Sea est un chef d’œuvre. Kenneth Lonergan réussit un pari fort : nous plonger dans l’état d’esprit de cet homme dont, au départ, on ne sait rien. Nous faire ressentir cette douloureuse langueur, et ces fulgurants accès de pure émotion, comme lors de cette rencontre entre Casey et son ex jouée par Michelle Williams, l’un des moments les plus déchirants de ces… allez, 20 dernières années.

Et puis je m’arrête là parce que rien qu’à imaginer cette scène, l’émotion revient en trombes. C’est malin tient…

The Revenant (id.) – d’Alejandro González Iñárritu – 2015

Posté : 15 avril, 2017 @ 8:00 dans 2010-2019, INARRITU Alejandro Gonzales | Pas de commentaires »

The Revenant (id.) - d'Alejandro González Iñárritu - 2015 dans 2010-2019 The%20Revenant_zpsajry3pwx

Je sais pas, je lui aurais plutôt refilé une paire de baffe qu’un Oscar, moi, à Leonardo. Effectivement, il atteint des sommets avec The Revenant, mais surtout dans l’art de dire “regardez comme je suis intense, je fais tellement la gueule que cette fois vous allez me le remettre ce putain d’Oscar !!!” Non ? Ben si, il l’a eu. Alors oui, j’en rajoute un peu, et il tient bien sa place le Di Caprio. Depuis Titanic, on peut dire qu’il a pris de l’épaisseur. Tellement, même, qu’il en finit par ressembler un ours…

D’ailleurs, c’est l’une des idées très discutables d’ Iñárritu pour ce film : affubler la star d’une peau d’ours qui semble deux fois plus lourde que lui, histoire d’illustrer le fait qu’après avoir été attaqué par un ours et laissé pour mort, c’est quasiment sous la forme d’un animal sauvage qu’il revient à la vie. Des gros sabots ? Oui, il en a aussi, qui laissent des traces bien visibles dans ces paysages magnifiques, ceux-là même de la véritable histoire.

Oui, parce que The Revenant est à la base une histoire authentique : celle d’un trappeur laissé pour mort par ses camarades qui survivra et traversera seul et à pied les immenses étendues hostiles du Grand Nord américain. Richard Sarafian en avait tiré un film magnifique sur la filiation et la renaissance (le méconnu Le Convoi sauvage), qui prenait de grandes libertés avec la vérité historique. Iñárritu en tire une énorme production très longue, très violente, et très réaliste, qu’il a donc tenu à filmer dans les vrais décors.

Et ce choix apporte… ben de bien beaux paysages, dont le cinéaste tire, c’est vrai, le meilleur, avec ces plans larges absolument saisissants. Pour le reste… Contrairement à ce qu’on a pu dire ici ou là, The Revenant sacrifie toute ambition au simple profit de la performance : celle pour le réalisateur de tourner dans des conditions extrêmes, et celle pour l’acteur de se montrer plus intense que jamais.

Mais dans les thématiques évoquées, dans l’émotion même qui se dégage du film, rien, ou si peu. Sarafian avait réalisé une belle réflexion sur la transmission, avec une vision poétique et toujours surprenante. Iñárritu ne garde que le bruit et la fureur, et transforme cette odyssée édifiante en un énième survival doublé d’une simple histoire de vengeance. Rendez-vous manqué…

Rock’n Roll – de Guillaume Canet – 2016

Posté : 12 avril, 2017 @ 8:00 dans 2010-2019, CANET Guillaume | Pas de commentaires »

Rock'n Roll – de Guillaume Canet - 2016 dans 2010-2019 Rockn%20roll_zpszcpvfdzh

Guillaume Canet met en scène Guillaume Canet dans le rôle de Guillaume Canet, un acteur qui vit avec la star internationale Marion Cotillard et traverse une sorte de crise de la quarantaine lorsqu’une jeune actrice lui lance, plus ou ou innocemment, qu’il n’est pas rock, et qu’il ne fait plus rêver les femmes…

Et c’est le point de départ d’une jolie mise en abîmes toute en décalage et en autodérision que s’offre l’acteur-réalisateur. Le plus réussi dans ce film ? La frontière toujours ténue entre la réalité et la fiction, entre le vrai Canet et le personnage. Il y met en scène ses vrais parents, ses vrais amis, sa vraie femme donc. Mais il s’autorise des tas de libertés avec la vérité, faisant d’Yvan et Alain Attal des frères (ils ne le sont pas), accordant quatre Oscars à Marion Cotillard…

Guillaume Canet se met en scène comme un gentil ringard, pas glamour pour deux sous, avec une bedaine naissante et des soirées passées en chaussons dans son appartement, à côté d’une femme qui a tout compris du système hollywoodien et n’est attirée que par des rôles à Oscars. Marion Cotillard est formidable lorsqu’elle s’entraîne à boiter en rêvant d’interpréter une bègue, tout en passant le film à parler québecois pour préparer le prochain film de Xavier Dolan… qui lui apprendra in fine qu’il ne veut qu’elle parle français.

Et puis il y a ce tournant vers le milieu du film, et la métamorphose physique et de plus en plus extrême de Canet se tournant vers la chirurgie esthétique. Et là, il donne tout, Canet, sans limite et sans peur du ridicule. La jolie ironie des débuts laisse la place à un humour acide teintée de nostalgie. Canet déstabilise, et on aurait tort de lui reprocher ce courage d’aller au bout de ses idées. Mais la métamorphose (du personnage comme du film) est telle qu’on a un peu de mal à vraiment adhérer.

Jusqu’à la toute fin en tout cas : après nous avoir fait croire que Rock’n Roll était un film fait pour démystifier l’image des comédiens, tout en évoquant la crise de la quarantaine, Canet conclut en se recentrant sur l’essentiel. Son film, finalement, est avant tout une grande, et belle, histoire d’amour. Qu’importe ce que les autres pensent, puisque ces deux-là s’aiment…

Les Sept Mercenaires (The Magnificent Seven) – d’Antoine Fuqua – 2016

Posté : 11 avril, 2017 @ 8:00 dans 2010-2019, FUQUA Antoine, WESTERNS | Pas de commentaires »

Les Sept Mercenaires (The Magnificent Seven) – d'Antoine Fuqua – 2016 dans 2010-2019 Les%20Sept%20Mercenaires%202016_zpsyzyofkc8

Etait-il vraiment nécessaire de remettre au goût du jour le classique de John Sturges ? Oui, d’accord, ce dernier était lui-même un remake (celui des Sept Samouraïs), et les récentes tentatives de dépoussiérer les chefs d’œuvre du genre (comme s’ils en avaient vraiment besoin) n’ont pas toutes été ratées : Le 3h10 pour Yuma de James Mangold était plutôt très réussi.

Mais quand même… Les scénaristes ont-ils à ce point perdu tout semblant d’imagination ? Les producteurs considèrent-ils le public comme des idiots qui ont absolument besoin de se rassurer avec une intrigue déjà connue de tous ? En tout cas, si on s’attaque à un monument, au film qui a starifié Steve McQueen en deux plans, ben vaut mieux réussir son coup, et si possible apporter quelque chose de nouveau.

Alors ? Ben c’est pas mal, on ne s’ennuie pas une seconde, Denzel Washington est très bien en Yul Bryner de 2016, et il s’est plutôt bien entouré (Ethan Hawke en Robert Vaughn, Chris Pratt en ersatz de McQueen, sans le charisme…). Et Antoine Fuqua (quel nom!!) n’est pas un manchot quand il s’agit de filmer l’action ou de faire monter la tension. Et reconnaissons lui un soin tout particulier apporté aux images, avec des plans très joliment construits et une superbe utilisation des décors naturels.

Pourtant ça ne prend pas jamais vraiment. Le principe même du remake veut que la comparaison avec l’original est incontournable. Et là, c’est décevant sur toute la ligne. Indépendamment du film de Sturges, ces Sept Mercenaires-là sont plutôt réussis. Mais à la lumière de ce qu’a donné la même trame devant les caméras de Sturges (ou même de Kurosawa), le film semble totalement anecdotique, chassant le sous-texte social et racial de l’original pour se résumer à une simple histoire de pouvoir et d’argent.

Instinct de survie (The Shallows) – de Jaume Collet-Serra – 2016

Posté : 5 avril, 2017 @ 8:00 dans 2010-2019, COLLET-SERRA Jaume | Pas de commentaires »

Instinct de survie (The Shallows) - de Jaume Collet-Serra - 2016 dans 2010-2019 Instinct%20de%20survie_zpsn7eso6o5

A chaque film de requin, c’est la même question : est-il à la hauteur des Dents de la Mer. Et à chaque fois, c’est la même réponse : ben non. Avec Instinct de survie, le réalisateur Jaune Collet-Serra ne manque pourtant pas d’ambition : à quelques apparitions près, son film se concentre sur une jeune surfeuse attaquée par un immense requin, réfugiée sur un minuscule îlot à quelques dizaines de mètres seulement d’une plage déserte.

Comment peut-elle survivre avec une blessure béante à la cuisse ? Comment peut-elle gagner la plage avec ce requin qui rode, et qui semble quand même en avoir après sa peau à elle ? Côté suspense, le film tient ses promesses, avec une tension qui ne retombe jamais et, assez miraculeusement, pas le moindre temps mort. Collet-Serra a, c’est vrai, un peu de mal à faire durer ses plans plus d’une poignée de secondes, mais il évite quand même l’aspect épileptique de beaucoup de films. Et reconnaissons lui le mérite de beaux plans qui mettent joliment en valeur les magnifiques paysages.

Quant à Blake Lively, seule à l’écran la plupart du temps, elle fait preuve d’un beau tempérament d’action hero, et réussit à faire vivre un personnage pas facile à faire exister dans un tel contexte. Elle lui apporte le mélange de force et de détresse qu’il fallait, ne serait-ce que pour nous faire douter un minimum de l’issue de ce huis-clos étouffant en pleine mer.

Le film n’a certes pas l’humanité et la fluidité exemplaires du chef d’œuvre de Spielberg, mais s’impose comme l’un de ses dignes héritiers. Jusqu’à la dernière partie en tout cas. Parce qu’après une bonne heure globalement sans faute de goût, et comme si le réal et son scénariste n’avaient pas trop su quoi faire de cette jeune femme sur son caillou, le « survival » tourne à l’épouvante grand-guignol, lors d’une séquence improbable et ridicule, qui en ferait presque oublier tous les bons points que Collet-Serra avait engrangé.

Flight (id.) – de Robert Zemeckis – 2012

Posté : 11 mars, 2017 @ 8:00 dans 2010-2019, ZEMECKIS Robert | Pas de commentaires »

Flight (id.) - de Robert Zemeckis - 2012 dans 2010-2019 Flight_zpsu8sctpei

Ça commence fort : un pilote de ligne porté sur la bouteille et la cocaïne prend les commandes d’un avion qui finit par partir en couilles en plein vol. La seule solution pour éviter le crash en pleine zone urbaine : retourner l’appareil et voler sur le dos, pour enrayer la chute avant de tenter un atterrissage sur le ventre. La suite : le long combat dudit pilote contre les enquêteurs… et sa propre culpabilité.

La construction dramatique ressemble fort à celle de Sully, basé lui sur une histoire vraie. Mais Zemeckis n’est pas Eastwood. Et pour le coup, la comparaison fait bien mal à ce Flight qui, dès la toute première scène, chausse des sabots bien lourdingues. Il est bien sympathique, ce film, assez passionnant et plutôt bien ficelé. Mais tout est trop lourdement souligné, avec d’énormes ficelles et rebondissements que l’on voit venir de loin. Comme ce gros plan sur une mignonnette autour de laquelle on aurait presque l’impression de voir des signaux lumineux annonçant : « me quittez pas des yeux, finalement il va me prendre ».

Bref, on a vu des films plus délicats sur les conséquences d’un crash (Sully, justement), mais aussi sur l’alcoolisme, qui est finalement le véritable sujet du film. Zemeckis est un cinéaste supérieurement sympathique. Eh, c’est quand même à lui qu’on doit Retour vers le Futur ou Qui veut la peau de Roger Rabbit. Rien que ça, ça mérite le respect. Mais pour son retour à un cinéma en prises de vues réelles (après de longues années à expérimenter le motion capture), le sujet qu’il choisit est peut-être trop sérieux pour lui.

Reste le portrait, pas délicat mais beau tout de même, d’un salaud attachant, un alcoolique cynique interprété par un Denzel Washington très convainquant, qui suivra le même chemin que son avion : après une chute libre qui le précipite vers le sol (il s’y vautre d’ailleurs à plusieurs reprises), il finira par redresser la barre in extremis et par prendre le chemin de la rédemption (on est en Amérique, et Dieu est omniprésent, jusque dans les causes officielles d’un crash). Pas léger, non, mais efficace.

Black Coal (Bai ri yan huo) – de Diao Yi’nan – 2014

Posté : 9 mars, 2017 @ 8:00 dans * Polars asiatiques, 2010-2019, DIAO Yi'nan | Pas de commentaires »

Black Coal (Bai ri yan huo) - de Diao Yi'nan - 2014 dans * Polars asiatiques Black%20Coal_zpswuhrewmu

Un flic dépressif devenu ex-flic alcoolique à la suite d’un bain de sang. Une série de meurtres commis sur plusieurs années. Un mystérieux assassin au patin à glace. Une douce jeune femme au lourd secret… C’est un pur film noir que signe Diao Yi’nan. Et comme dans la grande tradition hollywoodienne du genre, le film noir est à la fois le moyen d’offrir une plongée labyrinthique dans les affres des personnages, et de faire ressentir le poids social d’une époque…

Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette époque-là (la Chine d’il y a une dizaine d’années) ne fait pas rêver. Ni les spectateurs, ni les personnages, qui semblent se débattre sans trop y croire dans une vie sans issue heureuse. « Tu crois qu’on peut gagner dans cette vie ? » lance même l’un des flics avec le petit sourire de celui qui a compris.

Le décor lui-même est totalement sinistre : une région grise où le charbon est omniprésent, industrie qui semble faire vivre tant bien que mal, et d’une manière ou d’une autre, la moitié de la population. Un univers où les hommes gesticulent pour se donner l’illusion d’avoir un but (« Je veux faire quelque chose » explique Zhang, l’ex flic obsédé par des meurtres qui le ramènent à une ancienne enquête), et où les femmes ne font plus même mine de croire en quoi que ce soit.

Diao Yi’nan signe un film au rythme lancinant, inconfortable et fascinant. Un film dont les seules couleurs semblent venir des lumières artificielles de la ville, et où la glace semble constamment tout recouvrir. Un film aussi qui privilégie les moments en creux, le cinéaste suivant ses personnages de près, les filmant longuement dans leurs silences, en s’autorisant de grandes et audacieuses ellipses.

Mais il sait aussi, dès les premières scènes, instaurer un climat d’angoisse. Un sentiment d’oppression et de menace qu’il pousse à son paroxysme à chaque explosion de violences, où l’horreur et l’absurde se disputent la vedette. Jusqu’à un final étrange, poétique et magnifique, un « feu d’artifice en plein jour » (c’est d’ailleurs le titre en version originale) qui, sur le fil, semble annoncer la possibilité de sentiments partagés. Une infime lueur d’espoir dans cette atmosphère plombée.

Ipu, condamné à vie (A Farewell to fools) – de Bogdan Dumitrescu – 2013

Posté : 2 mars, 2017 @ 8:00 dans 2010-2019, DUMITRESCU Bogdan | Pas de commentaires »

Ipu, condamné à vie (A Farewell to fools) - de Bogdan Dumitrescu - 2013 dans 2010-2019 Ipu%20condamn%20%20vie_zpslkdqsbqr

Dans les derniers jours de la seconde guerre mondiale, dans une petite ville d’Europe de l’Est, un soldat allemand est assassiné par un tueur mystérieux. Les officiers annoncent que si le coupable ne se dénonce pas, les dix principaux notables de la ville seront exécutés au petit matin. Les notables en question profitent de leur dernière nuit pour tenter de convaincre l’idiot du village, un vétéran français de la Grande Guerre avec une balle dans la tête, à se dénoncer pour les sauver…

L’idiot en question, c’est Gérard Depardieu, dans l’un de ses rôles tournés lors de ses escapades vers l’Est, en Roumanie en l’occurrence. Une curiosité vue de France, mais aussi un événement qui réunit outre notre Gégé toujours national Harvey Keitel et Laura Morante, formidablement odieux en couple de notables bien sous tout rapports… et acharnés à pousser un innocent (dans tous les sens du terme) à se sacrifier pour eux.

Le film est souvent maladroit, c’est vrai. La sincérité flagrante de Bogdan Dumitrescu ne suffit pas toujours à rendre perceptible les tourments de Ipu, cet attachant idiot, ou la cruauté de cet hallucinant banquet de faux-culs, qui acceptent d’offrir au condamné une sorte de répétition grandeur nature de ses funérailles. Et Depardieu, touchant et intense, est sans doute plus convainquant lorsqu’il descend des litres d’alcool que quand il déclame des dialogues dans un anglais approximatif.

Mais il y a aussi plus de vie dans ce petit film que dans la majeure partie de la production française de ces dernières années. Visuellement, le film est tantôt bancal (comme lors de cette scène d’ouverture un peu pénible, qui appuie lourdement sur l’amitié entre le colosse simplet et un enfant aussi souriant que transparent), tantôt très séduisant avec de beaux plans qui soulignent la place de l’homme dans une nature hors du temps. Et si le début et la fin ne sont pas totalement convaincants, le film, malin et audacieux, est aussi cruel que passionnant.

Independance Day Resurgence (id.) – de Roland Emmerich – 2016

Posté : 28 février, 2017 @ 8:00 dans 2010-2019, EMMERICH Roland, FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

Independance Day Resurgence (id.) - de Roland Emmerich - 2016 dans 2010-2019 Independance%20Day%20Resurgence_zpsj9jhtcgs

Quand il fait ce qu’il sait le mieux faire, c’est-à-dire détruire des villes entières et pulvériser gratte-ciels et monuments historiques, Roland Emmerich fait mouche dans cette suite tardive de son premier méga-succès. Mais il le fait peu. Bien moins en tout cas que dans 2012, son meilleur film à ce jour, celui où il laisse éclater son goût immodéré pour la destruction massive.

Avec ce Resurgence, Emmerich est tenté par autre chose. On le sent d’ailleurs à la fin du film : cette fois, il rêve d’espace. La plupart des scènes importantes se passent autour de la lune, loin de la surface terrestre, et le réalisateur entend bien emmener ses personnages très loin dans l’espace pour d’hypothétiques suites (hypothétiques, car le film n’a pas eu le succès attendu).

Résultat : du grand n’importe quoi marqué par quelques fulgurances (l’évacuation du bébé et de sa mère sur le toit de la maternité), où se côtoient les vieux de la vieille (Jeff Goldblum et Bill Pullman rempilent) et de nouveaux personnages, uniquement des têtes brûlées à la psychologie aussi épaisse qu’une page de missel.

C’est long, laid et répétitif. Bref, pas bien.

Rogue One : A Star Wars Story (id.) – de Gareth Edwards – 2016

Posté : 5 février, 2017 @ 8:00 dans 2010-2019, EDWARDS Gareth, FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

Rogue One : A Star Wars Story (id.) - de Gareth Edwards – 2016 dans 2010-2019 Rogue%20One_zpsy47osbl0

Disney l’a annoncé (pas en ces termes, certes) en rachetant les droits à George Lucas : le studio compte bien user jusqu’à la corde l’univers de Star Wars, et en faire une espèce d’univers augmenté et décliné à l’envi sur le modèle des super-héros Marvel ou DC Comics. Bref, autant dire qu’on attendait avec un peu de circonspection ce premier film « indépendant », entre deux épisodes de la nouvelle trilogie officielle.

« Indépendant », mais pas tant que ça. A ce titre, le film n’a pas droit à un numéro officiel, mais il s’inscrit bien dans une temporalité précise, c’est à dire juste avant le tout premier film (autrement dit l’épisode 4). Ce Star Wars originel commençait juste après que les rebelles avaient dérobé à l’Empire les plans de la redoutable Etoile de la Mort, lors d’une mission suicide dont on ne voyait rien.

C’est cette mission suicide qui est au cœur de Rogue One. Et la surprise est belle : le film, confié à un p’tit jeune au talent déjà bien affirmé dans le domaine du gros blockbuster (le dernier Godzilla, c’est lui), est une vraie réussite, qui réussit l’exploit d’être passionnant indépendamment de toute la mythologie, tout en multipliant les clins d’œil aux films originels et en respectant parfaitement la place qui est la sienne : une sorte de prologue à l’épisode 4.

C’est à ce respect absolu que l’on doit une partie du plaisir que l’on prend devant Rogue One : en croisant des silhouettes vaguement connues (la sale gueule que dévisage Luke avant de rencontrer Han Solo), en revoyant les Storm Troopers, et surtout en entendant les quelques notes d’un thème inoubliable, qui annonce l’apparition très attendue de Dark Vador, à qui James Earl Jones prête une nouvelle voix sa voix caverneuse, une première pour lui depuis 1983.

Mais c’est aussi de là que viennent les principales réserves. Deux réserves pour être précis : l’extrême noirceur de la fin du film, induite par la notion de « mission suicide » ; et surtout le choix, pour mieux coller avec la suite de 1977, de faire revenir des morts. Passons sur l’apparition d’une Carrie Fisher toute jeune, reconstituée numériquement avec l’accord (mais sans sa participation) de l’actrice bien vivante alors, encore qu’on se demande si la magie du cinéma n’offrait pas d’autres possibilités d’évoquer la présence de Leia…

Mais j’avoue être beaucoup plus gêné par le rôle important joué par Peter Cushing qui, rappelons le, est bel et bien mort depuis plus de vingt ans. La question que cette présence pose est moins technique (bluffante, cette apparition a tout de même quelque chose d’irréel) qu’éthique. Et on se dit que seul le désintérêt du public empêche désormais les studios de produire un nouveau film avec Bogart ou Garbo…

Cette (grande) réserve mise à part, Rogue One apporte un plaisir fou. Brillamment réalisé, le film joue à la fois la carte du grand spectacle, celle de la nostalgie, et celle de la tragédie classique, à laquelle il emprunte sa construction et la richesse de ses personnages. S’il est aussi réjouissant, c’est bien grâce à ces personnages, qui renouvellent les thèmes de la paternité et du sacrifice, centraux dans la saga. Dans le rôle principal, Felicity Jones est formidable, parfait mélange de féminité et d’héroïsme. Le film doit beaucoup à son charme vénéneux.

La saga Star Wars

12345...23
 

Kiefer Sutherland Filmographie |
LE PIANO un film de Lévon ... |
Twilight, The vampire diari... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | CABINE OF THE DEAD
| film streaming
| inderalfr