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Archive pour la catégorie '2010-2019'

Rogue One : A Star Wars Story (id.) – de Gareth Edwards – 2016

Posté : 5 février, 2017 @ 8:00 dans 2010-2019, EDWARDS Gareth, FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

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Disney l’a annoncé (pas en ces termes, certes) en rachetant les droits à George Lucas : le studio compte bien user jusqu’à la corde l’univers de Star Wars, et en faire une espèce d’univers augmenté et décliné à l’envi sur le modèle des super-héros Marvel ou DC Comics. Bref, autant dire qu’on attendait avec un peu de circonspection ce premier film « indépendant », entre deux épisodes de la nouvelle trilogie officielle.

« Indépendant », mais pas tant que ça. A ce titre, le film n’a pas droit à un numéro officiel, mais il s’inscrit bien dans une temporalité précise, c’est à dire juste avant le tout premier film (autrement dit l’épisode 4). Ce Star Wars originel commençait juste après que les rebelles avaient dérobé à l’Empire les plans de la redoutable Etoile de la Mort, lors d’une mission suicide dont on ne voyait rien.

C’est cette mission suicide qui est au cœur de Rogue One. Et la surprise est belle : le film, confié à un p’tit jeune au talent déjà bien affirmé dans le domaine du gros blockbuster (le dernier Godzilla, c’est lui), est une vraie réussite, qui réussit l’exploit d’être passionnant indépendamment de toute la mythologie, tout en multipliant les clins d’œil aux films originels et en respectant parfaitement la place qui est la sienne : une sorte de prologue à l’épisode 4.

C’est à ce respect absolu que l’on doit une partie du plaisir que l’on prend devant Rogue One : en croisant des silhouettes vaguement connues (la sale gueule que dévisage Luke avant de rencontrer Han Solo), en revoyant les Storm Troopers, et surtout en entendant les quelques notes d’un thème inoubliable, qui annonce l’apparition très attendue de Dark Vador, à qui James Earl Jones prête une nouvelle voix sa voix caverneuse, une première pour lui depuis 1983.

Mais c’est aussi de là que viennent les principales réserves. Deux réserves pour être précis : l’extrême noirceur de la fin du film, induite par la notion de « mission suicide » ; et surtout le choix, pour mieux coller avec la suite de 1977, de faire revenir des morts. Passons sur l’apparition d’une Carrie Fisher toute jeune, reconstituée numériquement avec l’accord (mais sans sa participation) de l’actrice bien vivante alors, encore qu’on se demande si la magie du cinéma n’offrait pas d’autres possibilités d’évoquer la présence de Leia…

Mais j’avoue être beaucoup plus gêné par le rôle important joué par Peter Cushing qui, rappelons le, est bel et bien mort depuis plus de vingt ans. La question que cette présence pose est moins technique (bluffante, cette apparition a tout de même quelque chose d’irréel) qu’éthique. Et on se dit que seul le désintérêt du public empêche désormais les studios de produire un nouveau film avec Bogart ou Garbo…

Cette (grande) réserve mise à part, Rogue One apporte un plaisir fou. Brillamment réalisé, le film joue à la fois la carte du grand spectacle, celle de la nostalgie, et celle de la tragédie classique, à laquelle il emprunte sa construction et la richesse de ses personnages. S’il est aussi réjouissant, c’est bien grâce à ces personnages, qui renouvellent les thèmes de la paternité et du sacrifice, centraux dans la saga. Dans le rôle principal, Felicity Jones est formidable, parfait mélange de féminité et d’héroïsme. Le film doit beaucoup à son charme vénéneux.

La saga Star Wars

Norm (Norm of the North) – de Trevor Wall – 2016

Posté : 4 février, 2017 @ 8:00 dans 2010-2019, DESSINS ANIMÉS, WALL Trevor | Pas de commentaires »

Norm (Norm of the North) – de Trevor Wall - 2016 dans 2010-2019 Norm_zpsprsi2jv2

A peu près rien à dire sur ce dessin animé taillé pour un public jeune, et visiblement jugé inapte à être bousculé ou interrogé. Cette histoire d’un ours polaire qui se rend en Amérique pour mettre à mal le projet immobilier d’un homme d’affaires au Pôle Nord est une succession de clichés, pas forcément désagréable, et qui se laisse voir sans grand ennui. Mais avec une impression constante de déjà vu.

Et même un agacement grandissant, à partir de, disons, la troisième blague scatologique. Ça pète, ça pisse, ça rote, et, non, ce n’est même pas impertinent. Juste bâclé et dépourvu de vraies idées, si ce n’est celle de faire du héros un ours capable de parler aux humains et de danser, histoire de montrer qu’il est moderne et connecté. Bof.

Sully (id.) – de Clint Eastwood – 2016

Posté : 29 janvier, 2017 @ 8:00 dans 2010-2019, EASTWOOD Clint (réal.) | Pas de commentaires »

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Voilà bien longtemps que je n’avais pas été à ce point emballé par un nouveau Eastwood. Depuis L’Echange et Gran Torino en fait. Avec Sully, le cinéaste poursuit pourtant une logique qu’il n’a quasiment plus quitter depuis dix ans : désormais, seules les histoires vraies semblent l’inspirer. Avec des limites évidentes : dans des films comme Invictus ou J.Edgar, le sujet domine trop souvent le style, et l’émotion en fait les frais.

Ce n’est pas du tout le cas dans Sully, pourtant adapté d’une histoire très récente : l’amerrissage forcé et réussi d’un avion de ligne sur la rivière Hudson, en 2009. Un sujet qui fait curieusement échos à un épisode de la propre jeunesse d’Eastwood lorsque l’avion militaire dans lequel il se trouvait avait dû amerrir, sans faire de victime non plus, un incident qui s’est déroulé durant son service militaire au début des années 50, que Richard Shieckel raconte dans sa biographie consacrée à son ami Clint).

Le vol de Sully lui-même n’a duré qu’une poignée de minutes. Mais tout le film s’articule autour de ces minutes exceptionnellement denses que Sully et son copilote (Aaron Eckhart, parfait) ne cessent de revivre dans les jours qui suivent, que ce soit dans leurs cauchemars, les questions des journalistes, où l’enquête à laquelle ils sont soumis par des spécialistes qui les soupçonnent d’avoir pris les mauvaises décisions, qui ont conduit à la perte d’un avion (c’est cher, un avion!)

Plus que l’acte héroïque du pilote (Sully, magnifiquement interprété par Tom Hanks), c’est ce qu’il représente dans cette Amérique encore traumatisée par le 11 septembre qui est au cœur du film. La scène inaugurale le confirme, avec cette vision cauchemardesque de l’avion qui vole entre les gratte-ciels de New York avant de s’écraser sur l’un d’eux. C’est un aspect qu’Eastwood illustre parfaitement, sans en rajouter : cet avion qui survole l’Hudson au niveau des gratte-ciels fait forcément écho à la tragédie du World Trade Center.

Mais l’issue est bien sûr radicalement différente. Tout le monde a survécu à cet amerrissage, devenu « le miracle de l’Hudson , et faisant de Sully le héros dont l’Amérique avait besoin. Un statut que le personnage joué par Tom Hanks a bien du mal à endosser, et qu’il partage avec son copilote, ses passagers (au comportement exemplaire), les secouristes (arrivés sur place en un temps record et qui leur ont évité la noyade ou l’hypothermie), les New Yorkais… Bref, l’Amérique entière, dans ce qu’elle a de plus positif.

Oublions les positions publiques douteuses d’Eastwood : son film parle de l’homme sans doute mieux que l’homme lui-même, comme John Ford en son temps. Avec Sully, il signe peut-être le premier film radicalement optimiste de l’Amérique post-11 septembre. Un cinéma qui renoue avec l’humain, et avec des valeurs aussi désuètes que la solidarité et l’entraîne. Simplement beau, toujours à hauteur d’homme.

Les Suffragettes (Suffragette) – de Sarah Gavron – 2015

Posté : 17 janvier, 2017 @ 8:00 dans 2010-2019, GAVRON Sarah | Pas de commentaires »

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J’aurais aimé aimer ce film, hommage au combat et au sacrifice de ces femmes qui, dans les années 1910, se sont battues pour obtenir le droit de vote en Angleterre.

Sarah Gavron prend son sujet au sérieux, et signe une belle reconstitution historique, pour un récit parfaitement mené, qui n’oublie rien des grands épisodes de cette lutte : le rôle de la leadeuse Emmeline Pankhurst (Meryl Streep, dont la courte apparition repose entièrement sur le prestige qui se dégage d’elle), le drame du Derby…

Le personnage principal de cette jeune blanchisseuse abîmée par la vie est touchant, et Carey Mulligan est parfaite dans le rôle, comme l’est Helena Bonham Carter dans celui plus secondaire d’une militante engagée depuis longtemps, ainsi que toutes les autres interprètes de ces personnages de femmes.

Le gros problème, c’est que ces personnages de femmes semblent n’être que d’un bloc. Pas la moindre aspérité, pas le moindre trouble. Leur combat est beau, juste et tragique. Leur vie est dramatique, et elles sont clairement des victimes. Bref, on devrait être bouleversé par leur sort, par le poids de leur sacrifice. Mais elles sont tellement tournées vers les autres, tellement courageuses, tellement lisses en un mot, qu’elles en deviennent abstraites, et que l’émotion ne vient jamais vraiment.

D’ailleurs, et c’est un comble dans ce film : les seuls personnages vraiment intéressants sont celui du mari d’Helena Bonham-Carter, homme totalement effacé qui révèle peu à peu une personnalité plus forte qu’il ne le laissait paraître. Celui de Carey Mulligan, mari doux et aimant qui se laisse dominer par le poids des convenances. Et surtout le flic incarné par Brendan Gleeson, masse impitoyable qui laisse finalement transparaître une fêlure et un doute dans ses yeux froids. Des personnages d’hommes, donc.

Hélas, les personnages de femmes n’ont pas ce petit quelque chose qui sème le trouble. Et Sarah Gavron a beau y mettre du cœur et de la conviction (on ne lui enlèvera pas ça), son film est trop poli, trop attendu aussi. Mais quand elle se laisse aller à la pire forme de mélodrame avec cette scène où l’enfant est enlevé à la mère, avec d’interminables gros plans inutiles et racoleurs, là on ne lui pardonne plus, surtout que même là, l’émotion reste à la porte.

L’honnêteté me pousse quand même à tempérer mon jugement. Ma femme, elle, a été bouleversée et a versé des torrents de larmes. Peut-être n’ai-je plus de cœur…

L’Avenir – de Mia Hansen-Love – 2016

Posté : 22 novembre, 2016 @ 8:00 dans 2010-2019, HANSEN-LOVE Mia | Pas de commentaires »

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Isabelle Huppert est, une fois de plus, formidable dans le rôle d’une prof de philo à la vie bien remplie, qui voit tous les éléments qui font la richesse de cette existence disparaître l’un après l’autre : ses enfants sont partis, son mari la quitte, son job annexe d’éditrice lui est retiré par de jeunes loups… même son ancien élève préféré quitte Paris pour aller s’installer au fin fond du Vercors, dans une maison collective perdue dans la montagne mais habitée par des jeunes qui ne parlent que de philo et des grands auteurs.

Etonnant ? Ben non. Mia Hansen-Love est une réalisatrice certes douée, plutôt très douée même lorsqu’il s’agit d’installer une atmosphère. La jeune femme a grandi dans une famille d’intellectuels, ce qui n’est pas un mal. Mais ce qui est plus gênant, c’est qu’à trop faire comme si cette intellectualisation de chaque instant était la norme, elle aurait un peu tendance à exclure une partie des spectateurs.

Le destin de cette femme est touchant, et assez passionnant. Mais il y a constamment une petite distance qui s’installe et qui empêche d’être vraiment bouleversé. Malgré Isabelle Huppert, malgré l’intensité de son jeu, cette ironie qu’elle propose, et ce trouble qu’elle dégage. Cette « liberté » retrouvée, dont son personnage parle sans cesse, a un arrière-goût fortement amer. Et la solitude qui l’accompagne, cette sensation d’être en dehors du monde, évoque cruellement le destin de la mère, pathétique et tragique, jouée par Edith Scob.

Il y a dans ce cinéma de Mia Hansen-Love quelque chose de fascinant et de troublant , que la présence d’Isabelle Huppert transcende souvent ici. Il y a aussi, hélas, cette impression tenace et agaçante de déjà-vu, comme si le cinéma français n’arrivait pas à sortir de ces personnages, de ce milieu intellectuel…

Mr. Holmes (id.) – de Bill Condon – 2015

Posté : 2 octobre, 2016 @ 8:00 dans 2010-2019, CONDON Bill, Sherlock Holmes | Pas de commentaires »

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Bien sûr, il y a le sens de l’observation, quasi intact, du plus célèbre des détectives, capable de dire à sa gouvernante qu’elle vient de prendre le train pour Portsmouth et qu’elle a accepté un nouveau travail. On les attend, forcément, ces déductions incroyables, et on les retrouve avec un plaisir gourmand, même s’il ne s’agit que de toutes petites choses comme dans cette scène d’ouverture, où Holmes comprend qu’un enfant s’apprête à taper sur une vitre pour effrayer une guêpe…

Des petites choses, qui tirent à Holmes un petit sourire satisfait, ou plutôt rassuré. Car ce Holmes-là n’est pas le vaniteux splendide des récits de Conan Doyle. Cette adaptation d’un roman beaucoup plus récent confronte le détective au plus terrible de ses ennemis, bien pire que Moriarty : la vieillesse, et tout son cortège de saloperies. Holmes est vieux (93 ans), et seul. Watson, Mycroft, Mme Hudson sont tous morts. Et une vieille affaire le hante, traumatisme qui l’a poussé, bien des années plus tôt, à quitter Londres pour se perdre dans la campagne anglaise.

Holmes est rongé par un sentiment de culpabilité. Pourtant, il ne sait plus pourquoi : sa mémoire lui fait défaut. Et le terrain de jeu de sa dernière enquête, c’est lui-même et son cerveau abîmé… Ian McKellen est extraordinaire dans le rôle de cet homme arrivé au bout de sa vie, qui tente désespérément de se raccrocher aux bribes de la légende qu’il fut. Un vieillard qui retrouve sa fièvre d’autrefois par bribes, entre deux accès de sénilité, et dont la cohabitation avec un gamin, fils de sa gouvernante, apporte de subits regains d’énergie.

Mr. Holmes joue habilement avec cette mémoire défaillante et cette forme inégale, en multipliant les flashbacks et cassant constamment le rythme. Bill Condon entremêle les petites intrigues et les époques, pour ce qui est le dernier voyage d’un homme habité par ses échecs et ses trop grands succès. L’enquête à proprement parler est plus psychologique que policière, mais Condon se rapproche curieusement de l’esprit des récits originaux, témoignant d’un amour sincère pour ce personnage.

Surtout, son film tourne autour de cet improbable triangle sur lequel pèse constamment l’ombre de ce que fut Sherlock Holmes : le détective lui-même, et l’équilibre qu’il peine à trouver avec sa gouvernante et le fils de cette dernière. Laura Linney rappelle qu’elle est une actrice sublime. Son interprétation tout en finesse d’une mère qui voit son enfant trop intelligent s’éloigner d’elle est bouleversante. Si le film est aussi beau, c’est peut-être surtout grâce aux acteurs…

Capitaine Phillips (Captain Phillips) – de Paul Greengrass – 2013

Posté : 1 octobre, 2016 @ 8:00 dans 2010-2019, GREENGRASS Paul | Pas de commentaires »

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C’est quand même un acteur rudement doué, Tom Hanks. Et il n’est jamais aussi bon que quand il interprète un type normal confronté à des situations exceptionnelles. C’est le cas dans une grande partie de ses films, du Soldat Ryan au Pont des Espions. Et c’est encore vrai dans Capitaine Phillips, dont la mention bien en valeur « d’après une histoire vraie » avait de quoi effrayer.

Surtout quand on sait que le film est réalisé par Paul Greengrass. Le réalisateur est efficace, et il a imposé une touche réaliste très séduisante au cinéma d’action avec La Mort dans la peau. Mais son style, basé pour faire court sur une utilisation de la caméra à l’épaule et surtout sans stabilisateur (pour faire « plus vrai ») a un côté systématique assez gonflant à la longue.

De ce point de vue, Capitaine Philipps est bien un film de Paul Greengrass, aucun doute là-dessus. C’est donc ultra-efficace et sans la moindre surprise, mais ça fonctionne quand même très bien. L’histoire, il est vrai, est passionnante : la prise d’otages (bien réelle, donc) d’un navire marchand américain par des pirates somaliens, en 2009.

Mais si le film est si prenant, c’est surtout grâce à l’ami Tom. Il y a bien longtemps qu’on ne l’avait pas vu aussi intense que dans ce rôle de capitaine tellement banal qu’il en devient chiant. Presque transparent, même, jusqu’à une décision prise sur le vif, aux conséquences terribles. Hanks a cette particularité d’être le reflet de monsieur tout le monde, et c’est particulièrement vrai ici. D’où l’immense émotion qui finit par nous gagner, malgré tout.

House of Cards, saison 2 (House of Cards, season 2) – série créée par Beau Willimon – 2014

Posté : 24 septembre, 2016 @ 8:00 dans 2010-2019, COLES John, FOLEY James, FOSTER Jodie, FRANKLIN Carl, TÉLÉVISION, WILLIMON Beau, WRIGHT Robin | Pas de commentaires »

House of Cards, saison 2 (House of Cards, season 2) - série créée par Beau Willimon - 2014 dans 2010-2019 House%20of%20Cards%20saison%202_zps1pj7ymyp

Après une première saison hautement addictive, on attendait cette suite avec un rien d’incertitude. Frank Underwood étant arrivé à ses fins, la série pouvait-elle tenir le rythme ? La réponse est oui. Et côté rythme, on est servi. Trop sans doute, dans le premier tiers de cette saison 2, qui frôle le trop-plein à plusieurs reprises.

On savait le héros prêt à tout pour obtenir ce qu’il veut, on le savait prêt à tuer même. Mais de là à arriver à cette séquence sur le quai du métro (pas de spoiler, non)… Certes, cette scène coupe le souffle et laisse le spectateur ahuri, mais quand même, n’est-ce pas un peu too much ?

Plus encore que dans la première saison, la série multiplie les petites intrigues, et laisse pas mal de cadavres sur le bord de la route, au sens propre comme au sens figuré. Et comme dans la première saison, la série tourne entièrement autour de ce machiavélique jeu de massacre orchestré par le couple Underwood, plus glaçant que jamais, lancé dans une « partie » à moitié improvisée aux rebondissements incessants.

Et comme dans la première saison, toujours, la série fascine et dérange parce que, malgré tout, ils sont AUSSI attachants, les Underwood. Horribles, dangereux, mesquins, foncièrement mauvais, mais attachants. Un petit miracle que permet la fiction, et le talent de scénaristes et de réalisateurs qui continuent un quasi sans-faute, et qui nous balance constamment d’une émotion à l’autre, entre jouissance et écœurement.

Et, toujours, ce superbe générique qui plante à lui seul l’atmosphère d’une série d’une richesse incomparable. Et cette fois, on ne se demande même plus si la saison 3 saura être aussi addictive…

La Dénonciation / Seule contre tous (The Whistleblower) – de Larysa Kondracki – 2011

Posté : 9 septembre, 2016 @ 8:00 dans 2010-2019, KONDRACKI Larysa | Pas de commentaires »

La Dénonciation / Seule contre tous (The Whistleblower) - de Larysa Kondracki - 2011 dans 2010-2019 La%20Deacutenonciation_zpsls8zh7gk

Policière dans une petite ville du Nebraska, une jeune femme accepte une mission inattendue qui peut lui rapporter l’argent nécessaire pour se rapprocher de sa fille, dont son ex-mari à la garde : participer à une opération des Casques Bleus en Bosnie, après la guerre. Elle y découvre un pays ravagé par le conflit, et une criminalité omniprésente dont les femmes sont les premières victimes. Elle découvre surtout un trafic sexuel particulièrement cruel auquel personne ne semble vouloir s’attaquer…

Ce sujet fort est basé sur une histoire vraie : celle de Kathryn Bolkovac, qui tira un livre de son expérience édifiante. On est d’accord, la mention « d’après une histoire vraie » est loin de garantir la réussite d’un film. Mais la Canadienne Larysa Kondracki s’en tire plutôt avec les honneurs, en faisant le bon choix : faire du cœur de son film l’obsession et le sentiment d’impuissance de plus en plus terrible de son personnage principal.

L’autre bon choix, c’est celui de l’actrice. Rachel Weisz est une grande et belle actrice, lorsqu’elle trouve un rôle à sa mesure. Celui-ci en est un, qui rappelle que la belle fut l’une des plus troublantes incarnations de la décennie précédente dans The Constant Gardener. Ce rôle-ci n’est pas tout à fait aussi fort, toutefois. Et l’importance de sa vie privée, totalement inutile pour le récit, apparaît comme une facilité un peu agaçante pour souligner l’humanité du personnage.

Le début du film, entièrement basé sur cette vie privée compliquée, est d’ailleurs ce qu’il y a de moins intéressant. Cette première partie, qui traîne en longueur et tire un peu trop facilement sur la corde lacrymale, paraît même un peu bâclée et poussive.

La suite est nettement plus convaincante. Et si on oublie les afféteries de mise en scène, et cette approche pseudo-réaliste à la Paul Greengrass (caméra à l’épaule, et surtout pas de plan fixe), le film a une vraie force dérangeante. Mieux. Le choix de filmer cette histoire comme un thriller se révèle d’une efficacité redoutable.

Mission Impossible : Rogue Nation (id.) – de Christopher McQuarrie – 2015

Posté : 4 septembre, 2016 @ 8:00 dans * Espionnage, 2010-2019, ACTION US (1980-…), CRUISE Tom, McQUARRIE Christopher | Pas de commentaires »

Mission Impossible : Rogue Nation (id.) - de Christopher McQuarrie - 2015 dans * Espionnage Mission%20Impossible%20Rogue%20Nation_zps9rdmjzwa

Cette cinquième mission impossible est l’exemple parfait pour souligner la suprématie et la limite du Tom Cruise d’aujourd’hui. Les lecteurs de ce blog le savent : j’aime la star, sa filmographie hallucinante et son statut unique dans le Hollywood de ces vingt dernières années. La dernière des grandes stars, c’est lui. Et même si sa stature s’est quelque peu émoussée ces dernières années, il reste la pierre angulaire de tous ses films, ou presque.

Cruise n’est pas, et n’a jamais été, un simple faiseur de succès. Il aime le cinéma, affiche une belle (et rare) ambition, et cherche constamment à se lancer des défis. C’est encore le cas actuellement, même s’il s’agit désormais le plus souvent de défis physiques et pyrotechniques. Une mégastar dont le pouvoir est tel qu’on le laisse s’accrocher à la plus haute tour du monde (dans l’épisode précédent), ou ici à un avion qui prend son envol. Pour de vrai. Et dire que, dans les années 70, les Français étaient fiers de leur Bebel qui s’accrochait à un hélicoptère…

Bref… Ce MI5 porte en lui toutes les contradictions de la star. Il s’agit bien d’un film d’action époustouflant, l’un des meilleurs si ce n’est le meilleur de ces dernières années. Un pur moment de plaisir cinématographique, inventif, haletant et visuellement assez formidable. En un sens, on peut dire sans rougir que Tom Cruise continue un exceptionnel sans-faute avec cette série qui booste depuis vingt ans le cinéma d’action américain.

Mais cette fois, il manque tout de même un petit quelque chose qui faisait l’originalité de ces films : l’effet de surprise. Elle semble bien finie l’époque où chacun des films était confié à un cinéaste différent qui amenait sa (forte) personnalité. Après l’élégance de De Palma, John Woo avait signé un vrai film personnel avec son romantisme exacerbé, avant que JJ Abrams fasse des débuts remarqués, transposant sur grand écran l’efficacité imparable de ses séries TV.

Seulement voilà, JJ est resté producteur, et son influence est, depuis manifeste : l’homme de télé a mine de rien transformé la franchise de Tom Cruise en série de luxe, dont chaque épisode répond aux mêmes ambiances, aux mêmes mécaniques, et reprend le même groupe de comédiens. L’épisode 4 était tout de même formidable, et celui-ci aussi. Mais n’empêche : il y a cette petite frustration de ne plus être surpris et bousculé que par l’inventivité des séquences d’action.

Au moins la recette est-elle, et de plus en plus, assumée. C’est même ce qui est assez formidable dans ce nouvel opus, où Tom Cruise et Christopher McQuarrie, scénariste et réalisateur, assument leur ambition d’enchaîner les morceaux de bravoure, d’une manière totalement décomplexée, sans toujours trouver de liens logiques entre eux. Les personnages passent ainsi d’un pays à l’autre sans même faire semblant de trouver une raison, la fameuse scène de Tom accroché à l’avion ne sert à rien, et tout ça n’a effectivement aucune importance !

La recette fonctionne toujours parfaitement et, franchement, on ne fait pas mieux dans le genre aujourd’hui. D’ailleurs, ce n’est pas pour la prochaine mission que le renouvellement devrait arriver : le sixième opus devrait être une nouvelle fois écrit et réalisé par Christopher McQuarrie. Ce serait la première fois qu’un réalisateur rempilerait pour une mission de plus.

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