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Archive pour la catégorie '2000-2009'

Contre-enquête – de Franck Mancuso – 2007

Posté : 17 octobre, 2022 @ 8:00 dans * Polars/noirs France, 2000-2009, MANCUSO Franck | Pas de commentaires »

Contre-enquête Dujardin

On s’attend toujours à être secoué par un film évoquant la mort d’un enfant. En guise se secousses, on se contente de légers frémissements dans ce premier polar réalisé par Franck Mancuso. Surtout connu pour être le scénariste de 36 quai des Orfèvres, le film d’Olivier Marshall, Mancuso est clairement plus à l’aise pour imaginer une histoire dense et tortueuse que pour la mettre en scène.

Réalisé par un cinéaste plus chevronné, Contre-enquête aurait pu être un excellent film. Sur le papier, il a tout ce qu’il faut pour cela : l’histoire de ce flic ravagé par la mort de sa fille est plutôt bien écrite, privilégie l’introspection à l’action, et réserve un retournement final que, franchement, on ne voit pas arriver. C’est même assez passionnant de voir ce père détruit entretenir une liaison épistolaire avec l’homme qui a été condamné et emprisonné pour le meurtre de sa fille, et qui finit par se convaincre de son innocence.

Et puis il y a Jean Dujardin, pour qui ce film constitue une nouvelle étape charnière, juste après le premier OSS 117. Même s’il était déjà apparu dans un polar très noir et réussi (Le Convoyeur), c’est la première fois qu’il porte sur ses épaules un film aussi sombre, avec un personnage aussi troublé. Et il se révèle, déjà, d’une grande intensité et d’une grande justesse. L’acteur habité d’Un balcon sur la mer ou Möbius est déjà là.

Mais ça ne suffit pas, hélas. D’abord parce que tous les acteurs ne sont pas de la trempe de Jean Dujardin. Laurent Lucas est troublant en meurtrier présumé, Aurélien Recoing parfait en flic empathique. Mais beaucoup de seconds rôles sont pour le moins approximatif (mon dieu, la plaidoirie de l’avocat!), et surtout, Mancuso se révèle incapable de filmer convenablement un dialogue lambda.

Mancuso peine à donner du rythme à son film. Dans la première partie surtout, où tout semble faux, pas dans le ton. C’est bien dommage, parce que quelques belles images nocturnes, ou quelques plans sur le visage hanté de Dujardin laissent imaginer ce qu’aurait pu être le film entre les mains d’un cinéaste plus doué : autre chose que ce petit polar prenant et souvent plaisant, mais aussi maladroit et très frustrant.

A.I. Intelligence Artificielle (Artificial Intelligence : AI) – de Steven Spielberg – 2001

Posté : 15 septembre, 2022 @ 8:00 dans 2000-2009, FANTASTIQUE/SF, SPIELBERG Steven | Pas de commentaires »

AI intelligence artificielle

Quel est le point commun entre Rencontres du 3e type, The Fabelmans (son prochain film) et ce AI ? Ce sont les trois seuls longs métrages de Spielberg dont le cinéaste a lui-même signé le scénario. Autant dire qu’il a mis beaucoup de lui dans AI, projet initié par Stanley Kubrick que le réalisateur de Eyes Wide Shut a longtemps voulu confier à Spielberg. Ce dernier a pourtant toujours refusé, jusqu’à ce que la veuve de Kubrick revienne à la charge après la mort de son mari.

Bien sûr, il y a du Kubrick dans cette histoire parfois presque métaphysique qui nous plonge au cœur des sentiments humains, mais aussi du difficile rapport à l’autre, au temps qui passe, et à ce qu’est au fond l’humanité. Il y a aussi beaucoup de Spielberg, qui trouve là une belle occasion d’apporter un éclairage nouveau sur un thème qui l’inspire depuis toujours : l’héritage, l’amour filial.

Difficile de savoir ce qu’en aurait fait Kubrick s’il l’avait finalement réalisé lui-même. Spielberg, lui, en fait une fable profonde et émouvante, un film sensible et délicat. C’est aussi son hommage à Kubrick, avec une dernière scène très belle qui évoque celle de 2001, mais dont la simplicité presque enfantine et la voix off portent la marque de Spielberg, éternel conteur qui ne cesse de nous émerveiller avec son art de raconter des histoires.

Plus que Blade Runner (il y a des thèmes similaires) ou d’autres classiques de la SF (il faudra attendre Minority Report pour ça), c’est Pinocchio que AI évoque, d’une manière d’ailleurs tout à fait revendiquée, et avec un regard d’enfant qu’on imaginerait mal à Kubrick. Spielberg, lui, l’a toujours bel et bien, et il n’a aucun mal à adopter le point de vue de David, enfant-robot conçu pour palier l’absence d’un « vrai » enfant.

David, qui a été conçu pour aimer sa maman d’adoption quoi qu’il arrive, et que cette dernière finit par abandonner dans la forêt. Au-delà de la figure de Pinocchio, qui revient tout au long du film, c’est toute la cruauté des contes de Grimm ou Perrault que Spielberg met en scène, fée, ogre, mauvais garçon et bonne conscience compris.

Spielberg flirte avec le sentimentalisme le plus facile, mais signe un film bouleversant et finalement délicat. Bien sûr, la réflexion sur la folie créatrice de l’homme qui se prend pour dieu n’a rien de bien neuf : il y a du Frankenstein là dessous. Mais AI séduit par sa vision d’un monde au bord de l’implosion, et d’une humanité à la fois géniale et abjecte. Une curiosité dans le parcours du cinéaste.

In hell (id.) – de Ringo Lam – 2003

Posté : 7 décembre, 2021 @ 8:00 dans 2000-2009, ACTION US (1980-…), LAM Ringo | Pas de commentaires »

In hell

Troisième et dernier film commun pour Ringo Lam et Jean-Claude Van Damme. Cette série B carcérale confirme que le cinéaste hong-kongais est à peu près ce qui est arrivé de mieux à la carrière du Belge castagneur. Il est très bien, comme il l’était dans le double-rôle de Réplicant, en homme brisé par la mort de sa femme, qui se retrouve enfermé dans une terrible prison en Russie, sorte de variante de l’enfer sur terre…

L’histoire est classique, oui. Van Damme lui-même s’était d’ailleurs déjà prêté à ce sous-genre du film de prison dans Coup pour coup. Dans In hell, on sent comme rarement sa volonté de ne pas imposer son propre style, mais de se laisser embarquer dans celui de son réalisateur. Un vrai acteur, donc, quoi qu’on en dise. Alors oui, il y a quelques bastons bien corsées, mais pas dans le genre habituel de Van Damme. Peu de coups de pied retournés, pas de grand écart : ça frappe sec et dur, ça sent la sueur, le sang et la crasse, la violence est laide et radicale.

In hell n’est pas un film parfait, loin de là. Scénario basique, seconds rôles caricaturaux et pas toujours très inspirés, quelques effets faciles aussi. On pourrait ajouter à ce constat une musique assez affreuse, et une image pisseuse franchement laide. Mais ces choix semblent assumés : des parti-pris assez radicaux de Lam, qui signe moins un film d’action derrière les barreaux qu’une plongée dérangeante dans un univers déshumanisant.

Pas un grand film, non, mais un Van Damme surprenant, poisseux et inconfortable. Un sommet, dans sa carrière.

Réplicant (Replicant) – de Ringo Lam – 2001

Posté : 4 novembre, 2021 @ 8:00 dans 2000-2009, ACTION US (1980-…), FANTASTIQUE/SF, LAM Ringo | Pas de commentaires »

Réplicant

A sa sortie en salles, ce Réplicant avait un peu fait l’effet d’une bombe, souvenons-nous. Le seul, sans doute, de tous les films de Jean-Claude Van Damme, à avoir obtenu un franc succès critique. Le revoir tout juste vingt ans plus tard confirme tout le bien qu’on pensait alors de cette improbable histoire de SF, un peu à la manière du Volte/Face d’un autre transfuge de Hong-Kong, John Wood, qui avait lui aussi fait ses premiers pas américains avec Van Damme (c’était dans Chasse l’homme).

Ici, c’est une nouvelle fois Ringo Lam qui le dirige, après le réussi Risque Maximum, et avant In hell. Et ce film fait plus que confirmer que Lam est le cinéaste le plus important de toute la carrière de Van Damme, celui en tout cas qui aura su tirer le meilleur de la star. Encore une fois, l’intrigue est pour le moins improbable, voire grotesque : pour traquer un terrible tueur en série, un flic utilise un clone du criminel, sorti d’un laboratoire fédéral.

Dans Volte/Face, Woo se fendait d’une pseudo explication scientifique. Il se contente ici de glisser un « moi non plus je ne comprends pas » dans la bouche du flic, joué avec conviction par Michael Rooker. Bref, Lam s’en fout. Ce qui compte, c’est l’étrange lien qui se noue entre le tueur sanguinaire et son double si-innocent… double-rôle en or pour un Van Damme dont les capacités athlétiques sont parfaitement utilisées, mais sans jamais prendre le dessus.

Non, ce qui frappe avant tout ici, c’est à quel point il est sobre, et juste, Van Damme. A la fois en « nouveau-né » un peu idiot, ce qui n’étonnera pas les mauvaises langues acerbes, mais aussi dans le rôle du tueur, qu’il interprète avec une sorte de tristesse dans le regard, totalement inattendue. Il est même franchement excellent, dans ce qui reste sans doute le meilleur de ses films : le plus surprenant, le plus ambitieux, le plus abouti, celui dans lequel sa présence est, et de loin, la mieux utilisée.

Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain – de Jean-Pierre Jeunet – 2001

Posté : 22 octobre, 2021 @ 8:00 dans 2000-2009, JEUNET Jean-Pierre | Pas de commentaires »

Le Fabuleux destin d'Amélie Poulain

Une idée à la minute. Non, une idée par plan. Jean-Pierre Jeunet a mis tout ce qu’il avait dans ce premier film français en solo, après son expérience hollywoodienne en demi-teinte avec Alien la résurrection. Résultat : plus qu’un énorme succès populaire lors de sa sortie en salles il y a vingt ans, un vrai phénomène, de ces films que le public s’approprie pour en faire un pan de leur vie.

A le revoir après tant d’années, il faut admettre que les ficelles sont grosses, surtout que Jeunet les a réutilisées depuis, et souvent avec moins de bonheur. Mais certaines sont joliment poétiques, comme le regard que lance le poisson rouge sous la pluie… Oui, c’est naïf. Mais la naïveté peut être très émouvante quand elle est bien filmée. Elle l’est la plupart du temps.

Et franchement, on continue à fondre devant le minois hors du temps d’Audrey Tautou, personnage lunaire mais pas si léger que ça : il y a une vraie gravité chez Amélie Poulain, jeune femme totalement déconnectée du monde réel, chez qui tout est bonté et générosité. La forme du film rattrape constamment le fond, la virtuosité de Jeunet épousant fidèlement le regard et l’état d’esprit de son héroïne.

On ne s’étonnera donc pas que le Paris qu’il filme soit si irréel, si idéalisé. Jeunet s’est toujours fait le porte-parole de personnages maltraités par la vie. Son Amélie Poulain en est plein, d’Audrey Tautou à Jamel Debbouze en passant par Isabelle Nanty, Mathieu Kassovitz ou Rufus. Et il les aime tous, Jeunet, au-delà du grotesque ou du ridicule, il en fait de beaux héros, que magnifie encore un peu plus la musique de Yann Tiersen, la BO d’une époque.

A bord du Darjeeling Limited (The Darjeeling Limited) – de Wes Anderson – 2007

Posté : 26 septembre, 2021 @ 8:00 dans 2000-2009, ANDERSON Wes | Pas de commentaires »

A bord du Darjeeling Limited

Trois frères qui se sont perdus de vue se retrouvent dans un train qui traverse l’Inde, un an après le décès de leur père, à la recherche de leur mère. L’aîné rêve ce voyage comme l’occasion pour eux de redevenir les frères qu’ils étaient enfants, proches et soudés. C’est Owen Wilson, lunaire et formidablement exaspérant, qui réclame un « voyage spirituel ». Ce sera plutôt un voyage symbolique, décalé, à la manière inimitable de Wes Anderson.

Le premier veut façonner ses frères tels qu’il les garde en mémoire. Le deuxième s’est accaparé les lunettes, le rasoir du père, autant de reliques qui le rattachent à cette enfance disparue. Le troisième reste enfermé dans une certaine insouciance de l’enfance, comme hermétique aux évolutions et aux réalités de la vie qui avance.

Ils traversent le pays avec des tonnes de bagages, ceux du père bien sûr, qui les suivent à la trace où qu’ils aillent. On le voit bien venir : la finalité du voyage sera de se débarrasser de ces bagages trop encombrants, et de tourner le dos à une mère dont ils doivent encore s’émanciper.

Le film a le regard décalé de Wes Anderson, souvent très drôle, avec cette mélancolie à fleur de peau, et cette souffrance qui affleure, mais ne surgit qu’à de brefs moments, laissant le plus souvent la place à une ironie douce-amère, à l’image de l’autoritarisme léger d’Owen Wilson dont on réalise tardivement qu’il s’agit d’un atavisme moins touchant que troublant.

Ils pensaient se rapprocher en se retournant vers l’enfance… C’est quand ils lui tourneront le dos après un drame terrible qu’ils pourront se découvrir un avenir commun, en affirmant ce qu’ils sont devenus plutôt que ce qu’ils étaient.

Le Mystère de la chambre jaune – de Bruno Podalydès – 2003

Posté : 23 août, 2021 @ 8:00 dans * Polars/noirs France, 2000-2009, PODALYDES Bruno | Pas de commentaires »

Le Mystère de la chambre jaune Podalydès

Grande adaptation du roman de Gaston Leroux, grande comédie très personnelle de Podalydès, mais pas seulement : cette énième version du Mystère de la chambre jaune (L’Herbier et Tourneur père s’y sont collés bien avant les frangins Podalydès) est aussi la meilleure mise en images de l’univers de Tintin. Avec L’Homme de Rio, disons. Si, si.

C’est tout le génie de Podalydès : rester fidèle à son propre univers, à l’esprit et à l’intrigue du roman originel, tout en invoquant une imagerie tirée de tout autre chose, en l’occurrence l’œuvre de Hergé, dont il est un grand admirateur revendiqué. Le journaliste Rouletabille, sous les traits de Denis P., est évidemment une variation autour du reporter à la houppette. Quant à Sinclair, son fidèle photographe qui le suit comme une ombre, il fait un Milou tout à fait convainquant, profitant d’un arrêt de la voiture pour aller pisser dans un bosquet comme le bon chien qu’il est.

Cette voiture : bricolage improbable inventé par un pseudo-Tournesol vivant dans un château qui évoque furieusement Moulinsard. Où on croise au hasard deux policiers à chapeau melon, un chanteur à la voix crissante, une espèce de gitan inquiétant, et un mystère insondable, bien sûr… Plus qu’une simple adaptation, Podalydès fait de ce Mystère de la chambre jaune un réjouissant grand écart, parfaitement cohérent, réjouissant, et inventif.

Ça se joue dans les petits détails : les quatre personnages qui tournent les pages de leur journal au même moment au début du film, les grognements à peine articulés de Michael Lonsdale, la raideur irrésistible d’Olivier Gourmet, le jeu de coq que se livrent Denis Podalydès et Pierre Arditi, les petits commentaires de Claude Rich (génial)… Et cette bille qui se trimballe dans ce génial interlude évocateur et ludique.

L’intrigue elle-même est d’un autre temps. « C’est décevant », lance même le juge Claude Rich en découvrant la vérité. Tout se joue dans le mouvement, dans la manière dont Podalydès s’amuse avec ses décors, ses comédiens. Tout est jeu, faux semblants, et plaisir pur de cinéma. Les univers de trois grands auteurs (un romancier, un dessinateur et un cinéaste) ne font plus qu’un, et c’est enthousiasmant.

A Serious Man (id.) – de Joel et Ethan Coen – 2009

Posté : 7 avril, 2021 @ 8:00 dans 2000-2009, COEN Ethan, COEN Joel | Pas de commentaires »

A Serious Man

Voilà un film à la fois très typique de l’univers des frères Coen, et très à part dans leur œuvre. A part, parce que les frangins les plus enthousiasmants du cinéma depuis les frères Lumière (et oui, il y a eu beaucoup d’autres fratries qui ont marqué les écrans) se livrent visiblement d’une manière très intime, comme jamais auparavant. Et typique parce que leur héros ressemble à beaucoup d’autres, du mari de Sang pour sang au sublime pathétique Llewyn Davis en passant par Barton Fink ou le commercial de Fargo : un inadapté, qui cherche désespérément à maîtriser son destin, mais ne fait que subir sa vie…

La culture juive a souvent marqué les films des Coen, en filigrane, comme un contexte plus ou moins défini pour l’humour et la folie de leur cinéma. Dans A Serious Man, cette culture est centrale, abordée frontalement, comme si les frangins nous proposaient une plongée plus intime que jamais dans leurs propres souvenirs, leur enfance dans une famille juive, avec des parents universitaires.

A Serious Man met en scène une famille juive, dont le père est universitaire. Ce père est idéalement interprété par Michael Stuhlbarg, dont le visage posé et le regard étonné sont constamment en décalage avec ce qui l’entoure. La grandeur de ce film, c’est de nous plonger dans le même sentiment d’incompréhension que ce personnage, Larry, qui ne cesse de demander à ses interlocuteurs ce qu’ils veulent dire…

Professeur, il se sent mal inclus dans la vie de l’université. Père de famille, il apprend que sa femme le quitte pour un amant improbable, tandis que ses enfants se désintéressent totalement de lui. Juif, il cherche chez des rabbins de plus en plus aguerris (vieux, donc) des soutiens et explications qu’il comprend de moins en moins… Et c’est peut-être là la clé d’une grande partie du cinéma des Coen : cette sensation que donne le personnage d’appartenir presque malgré lui à une communauté qu’il ne comprend pas.

C’est à la fois très drôle et grave. Terrible, même, comme le rappelle la superbe fin, apocalyptique. Les Coen ont ce talent de tourner les choses en dérision tout en abordant des sujets grave. En racontant l’histoire de ce Juif perdu dans une communauté juive, ils semblent expliquer la genèse de bien des personnages de leur œuvre, s’amusent de leur culture, en tirent toute l’absurdité et tous les excès, dans une espèce de chant d’amour pas dupe. Passionnant.

Le Seigneur des Anneaux : Le retour du roi (The Lord of the Rings : the return of the king) – de Peter Jackson – 2003

Posté : 23 mars, 2021 @ 8:00 dans 2000-2009, FANTASTIQUE/SF, JACKSON Peter | Pas de commentaires »

Le Seigneur des Anneaux Le Retour du Roi

et quatre heures de plus pour boucler une trilogie d’anthologie. Quatre heures d’une densité quand même assez rare, au cours desquelles on aura assisté à deux batailles titanesques, à des milliers de morts, à trois ou quatre odyssées parallèles, à l’apparition de monstres spectaculaires, à l’explosion d’un volcan, à l’avancée d’une armée de morts… J’arrête là, c’est à peu près sans fin.

De ce troisième volet, j’avais gardé le souvenir d’un sentiment de trop plein, d’une fresque où le gigantisme avait finalement pris le dessus sur les personnages. Mais à le revoir bien des années plus tôt, je dois revoir ce jugement. Le Retour du Roi a la même force que les deux premiers films, et Peter Jackson confirme cette capacité qu’il a d’allier l’énorme spectacle et l’intimité de ses personnages.

Bien sûr, ces personnages ne sont plus vraiment surprenants, et sont tous tels qu’on a largement eu le temps de les découvrir au fil des huit premières heures. Mais en passant d’un groupe à l’autre, et en restant systématiquement longtemps sur eux, plutôt que de zapper constamment de l’un à l’autre, Jackson fait ressentir le poids de leurs épreuves, les alternances de doutes et d’espoirs.

Il réussit à éviter la redite lors des grandes batailles, et signes quelques beaux moments épiques ou magiques : l’apparition des oliphants, celle de l’armée des morts, ou le spectaculaire plan en contre-plongée de l’araignée géante… La réussite du film doit évidemment beaucoup à cette ambition formelle que Jackson parvient à tenir du début à la fin de sa trilogie.

Elle doit aussi beaucoup aux personnages, dont chacun apporte une dimension particulière aux films. Le romanesque pour Aragorn, l’humour pour le duo formé par le nain Gimli et l’elfe Legolas, la tragédie des hobbits Frodo et Sam, la sagesse pour Gandalf… Autant d’ingrédients qui, habilement associés, forment l’un des grands blockbusters de la décennie.

Voir aussi La Communauté de l’Anneau et Les Deux Tours.

Inside Man : l’homme de l’intérieur (Inside Man) – de Spike Lee – 2006

Posté : 21 février, 2021 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 2000-2009, LEE Spike | Pas de commentaires »

Inside Man

Skipe Lee signe un vrai film de braquage, brillamment retors et franchement réjouissant, en distillant le mystère et le suspense. Une vraie récréation dans l’œuvre souvent sombre et engagée du cinéaste, qui délaisse pour une fois le thème du communautarisme, à peine évoqué ici. Le racisme si présent dans son œuvre n’est abordé que par quelques détails, des remarques lancées par des policiers qui en disent long sur la vision qu’à Lee des institutions américaines.

Inside Man n’est pas le film le plus personnel de Spike Lee, c’est une évidence. Mais c’est un divertissement de luxe, qui porte tout de même la griffe d’un grand réalisateur, dès la scène d’introduction, avec Clive Owen face caméra. Spike Lee est d’ailleurs, il faut le dire, un grand directeur d’acteur.

Denzel Washington fait ici un grand numéro en flic trouble, acteur génial qui est quand même rarement aussi bien que quand il est dirigé par Lee. Quant à Jodie Foster, elle est formidablement cynique dans un rôle plus en retrait mais marquant. Ajoutez Willem Dafoe en flic mauvais coucheur, Christopher Plummer en banquier au passé bien embarrassant, ou Chiwetel Ejiofor en partenaire enthousiaste de Denzel… Inside Man est un film de genre franchement classe.

Si le film est si séduisant, ce n’est pas vraiment pour le scénario, gentiment retors, mais pour le décalage constant que choisit Spike Lee à force de petits détails. La musique, loin des notes dramatiques habituelles. Le fait de dissimuler le visage de Clive Owen dans la plupart de ses scènes. Le plan typique de Spike Lee où Denzel Washington, sous le choc, avance face caméra comme en lévitation. Ou encore cet autre plan tout simple d’un coin de rue quasi désert, filmé en plongé, où apparaissent deux silhouettes dont les ombres s’allongent longuement devant eux… Trois fois rien, une image sans réelle importance, mais qui rend soudain palpable le crépuscule, l’attente, cette espèce d’entre-deux incertain.

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