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Archive pour la catégorie '2000-2009'

Whatever works (id.) – de Woody Allen – 2009

Posté : 3 mai, 2017 @ 8:00 dans 2000-2009, ALLEN Woody | Pas de commentaires »

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Le plus New-Yorkais des cinéastes américains a tourné tous ses films en Europe entre 2004 et 2012, à une exception près : ce Whatever works, qui marque ses retrouvailles avec « sa » ville, et avec un ton qui rappelle ses grands classiques d’hier, ces films dont il tenait immanquablement le premier rôle avec cet éternel personnage d’angoissé insatisfait aux aphorismes irrésistibles.

Les premières minutes de Whatever works sont d’ailleurs un peu déstabilisantes. Parce que ce personnage de génie vieillissant et trop lucide ressemble furieusement à celui qu’il a incarné si souvent. Et que pour une fois, ce n’est pas lui qui est à l’écran, mais Larry David, homme de télévision très célèbre en Amérique, moins chez nous. Généralement, Woody Allen ne filmait des alter-egos que lorsqu’il était touché par la limite d’âge (comme Kenneth Branagh dans Celebrity). Ce n’est pas le cas ici, et l’envie d’entendre Woody débiter lui-même ces répliques sarcastiques est forte…

Et puis Larry David, qui paraissait d’abord singeait Woody, finit par s’imposer. Et son personnage par révéler sa singularité. Oui, il y a des similarités avec le traditionnel personnage allenien. Mais Boris Yellinikoff a sa propre singularité, une manière toute personnelle d’affronter les pires aspects de la vie, de se préparer constamment pour son issue tragique, et grosso-modo de mépriser le monde entier, y compris de jeunes enfants à qui il enseigne les échecs avec un mépris pas même dissimulé… et du coup à mourir de rire.

Boris est un homme volontiers méchant, mais dont le refus de se plier aux conventions sociales finit par éveiller ceux qui l’entourent à eux-mêmes. Et c’est tout le sujet de ce film faussement cynique, et profondément optimiste d’une manière inattendue : la manière dont chacun trouve sa place, la nécessité de tirer un trait sur ce que l’on croit être la vérité pour découvrir sa propre vérité.

Ce qui est beau dans Whatever works, c’est la manière dont Woody Allen amène l’émotion dans des moments de pure comédie où le cynisme semble dominer. Derrière le rictus trop détaché de Larry David, il y a une fêlure, une solitude, et un besoin de l’autre qui ne sont jamais clairement reconnus.

Et derrière ces couples (ou trios) qui se font ou se défont, aussi improbables qu’ils puissent être (un sexagénaire et une jeune femme qui pourrait être sa petite-fille, un catho réac qui découvre son homosexualité, une quinqua coincée qui se lance dans un ménage à trois), Woody fait montre d’une foi en l’être humain et d’un optimisme qu’on ne lui avait plus vus depuis longtemps, avec une propension au bonheur assez inattendue chez lui.

La Revanche des Sith / Star Wars, épisode III (Star Wars : Episode III – Revenge of the Sith) – de George Lucas – 2005

Posté : 1 mai, 2017 @ 8:00 dans 2000-2009, FANTASTIQUE/SF, LUCAS George | Pas de commentaires »

La Revanche des Sith / Star Wars, épisode III (Star Wars : Episode III - Revenge of the Sith) - de George Lucas - 2005 dans 2000-2009 Star%20Wars%20La%20Revanche%20des%20Sith_zpsbi9xs2fh

Après les deux premiers volets de cette « prelogie », on n’était pas totalement convaincu du bien-fondé de cette volonté de mettre en image la manière dont Anakin Skywalker est passé du côté obscur de la Force. Obnubilé par son désir de rester fidèle à sa trilogie inaugurale, mais aussi d’en mettre plein la vue et de coller à ce qu’il croit être les goûts du moment, Lucas est certes allé au bout de son ambition, mais en se perdant parfois en route, notamment sur le ton à donner à ses films.

Hésitant entre noirceur et légèreté fun, il a quoi qu’il en dise appris de ses erreurs, reléguant l’insupportable Jar-Jar Binks au rang de second rôle dans l’épisode II, et ne lui accordant qu’une apparition furtive en arrière-plan dans cet épisode III. Comment, d’ailleurs, aurait-il pu donner une place plus importante à cet accident industriel pseudo-comique, dans cet épisode-clé éminemment sombre. Sur ce point, d’ailleurs, Lucas rassure complètement ici : la noirceur du récit, dont on connaît d’avance la fin tragique, est totalement assumée.

Dans la première heure, Lucas réussit ainsi ce qu’il avait largement échoué dans les deux films précédents: mettre au cœur du récit le trouble d’Annakin, Jedi tiraillé entre son devoir, l’amour qu’il ressent pour Padmé, et cette colère de plus en plus explosive qui le dévore peu à peu. Lucas se livre là à un passionnant jeu de dupe, mettant en scène des personnages qui ne sont pas ce qu’ils prétendent être, et faisant planer le doute sur les véritables intentions de chacun, rappelant enfin les inspirations tragiques de la saga.

Le basculement définitif, le moment où les masques tombent dans la douleur, n’est pas totalement à la hauteur, mais il a le mérite d’ouvrir sur une longue conclusion, tout en bruit, en fureur et en larmes, sorte d’apogée pyrotechnique et dramatique de cette prelogie imparfaite. Lucas retrouve alors tout son sens de l’action et du rythme, qui paraissait curieusement amorphe durant la première heure, où les (nombreux) combats semblaient être tournés sans conviction.

Cette conviction, il la retrouve plus que jamais dans la dernière partie du film. Une dernière partie, dont on connaît d’avance tous les rebondissements. C’est d’ailleurs le principal défi que relève Lucas, et qui tourne au jeu de piste pour le spectateur, qui connaît la trilogie originelle, et donc la fin de cette prelogie (l’Empereur omnipotent, Vador engoncé dans sa carapace, Luke sur sa planète, Yoda en exil…).

Certains « raccords » semblent sortir d’un chapeau (la capacité de « survivre à la mort » d’Obi-Wan, la mémoire effacée de C3-PO). Mais pour l’essentiel, Lucas réussit son pari et signe un film réjouissant, notamment pour les fans. Et lorsque Annakin, devenu définitivement Dark Vador, parle pour la première fois avec son célèbre masque, véritable emblème de la saga, c’est la voix profonde de James Earl Jones qui résonne. Superbe manière de boucler la boucle.

La saga Star Wars

L’Attaque des clones / Star Wars, épisode II (Star Wars : Episode II – Attack of the Clones) – de George Lucas – 2002

Posté : 10 avril, 2017 @ 8:00 dans 2000-2009, FANTASTIQUE/SF, LUCAS George | Pas de commentaires »

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Les trois apparitions, courtes et sobres, de Jar Jar Binks dans cet épisode II prouvent au moins une chose : quoi qu’il puisse dire, George Lucas a entendu les innombrables critiques qui ont entouré la sortie de La Menace Fantôme. Les fans n’ont pas supporté ce personnage entièrement en images de synthèses à l’humour irritant ? Il le relègue à un quasi-rôle de figurant. Les fans regrettaient de ne pas retrouver leurs repères ? Il multiplie les clins d’œil à la trilogie originale, quitte à risquer les incohérences.

Sans vouloir jouer les connaisseurs pointus (ce que je ne suis pas), on peut quand même être surpris de retrouver C3-PO dans la maison des futurs parents adoptifs de Luke Skywalker (une apparition par ailleurs très sympathique), alors que l’on verra ces derniers le découvrir des années plus tard dans l’épisode IV. Mais ne soyons pas snobs : les retrouvailles avec ces décors fondateurs de la saga sont assez enthousiasmantes.

Ce qui l’est plus encore, c’est la manière dont Lucas traite l’apparition des fameux Storm Troopers, les reliant d’une manière totalement inattendue à un autre personnage secondaire mais mythique de la saga : le chasseur de primes Bobba Fett, dont on découvre ici les origines étonnantes et tragiques.

Surtout, ce deuxième volet de la prelogie aborde enfin le sujet central : le passage annoncé d’Anakin du côté obscur de la Force. Le sujet est au cœur de ce film, et son traitement est plutôt convainquant, avec un personnage arrogant juste ce qu’il faut pour être crédible sans être trop évident. Deux grands regrets, quand même : la séquence-clé durant laquelle Anakin cède à la colère dans un déchaînement de violence est largement éclipsée, et Hayden Christensen s’avère un comédien pas vraiment enthousiasmant.

On sent aussi Lucas tiraillé entre son envie de renouer avec la simplicité et la linéarité de la première trilogie, avec ces longues scènes étirées à l’envi pour le seul plaisir du spectateur, et sa volonté de faire avancer l’intrigue de la manière la plus cohérente possible avec son oeuvre originelle, quitte à complexifier à outrance.

Et puis il y a ce regret que l’on peu accoler à à peu près tous les films produits par Lucas devenu multi-millionnaire et tout-puissant : sa tentation de suritiliser les effets spéciaux, jusqu’à l’écœurement. Aussi rythmée et enthousiasmante soit-elle, la course-poursuite dans la grande ville-planète est tellement coupée d’un quelconque semblant de décor naturel qu’elle en devient presque abstraite. Du trop-plein : c’est le principal reproche que l’on peut faire à cet épisode transitoire.

La saga Star Wars

Charlie et la chocolaterie (Charlie and the chocolate factory) – de Tim Burton – 2005

Posté : 18 janvier, 2017 @ 8:00 dans 2000-2009, BURTON Tim, FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

Charlie et la chocolaterie (Charlie and the chocolate factory) – de Tim Burton - 2005 dans 2000-2009 Charlie%20et%20la%20chocolaterie_zpsbcrq3fr8

Remettons dans le contexte : c’est avec ce film, plus encore qu’avec sa douteuse Planète des Singes ou son trop sage Big Fish, que j’ai décroché pour de bon de l’univers burtonien. Et même si la suite a réservé quelques belles surprises (à commencer par le délicieusement glauque Sweeney Todd), la passion des premiers temps, celles d’Edward aux mains d’argent ou Batman le défi, était passée pour de bon.

Charlie et la chocolaterie est bien un Burton de l’entre-deux : le symbole le plus évident du passage entre son passé si singulier, et un avenir marqué par un cinéma mainstream parfois écœurant. Bref, cette adaptation d’un classique jeunesse de Roald Dahl propose un grand écart assez vertigineux entre une première partie qui évoque l’univers féérique morbide des débuts, et une suite qui ouvre la porte aux guimauves du genre Alice au pays des merveilles.

Il y a un certain charme dans cette visite de la chocolaterie, pleine de trouvailles visuelles et comiques gentiment irrespectueuses qui sont autant de leçons de vie . On peut aussi prendre un vrai plaisir à cette visite ponctuée de chansons cyniques et décalées. Et puis on peut aussi trouver que la première partie, glaciale et bleue nuit, est la plus typiquement burtonienne. La plus belle et la plus passionnante, mais aussi la moins surprenante, le signe peut-être que l’univers de Burton n’est pas extensible à l’infini.

OSS 117 : Le Caire, nid d’espion – de Michel Hazanavicus – 2006

Posté : 9 décembre, 2016 @ 8:00 dans * Espionnage, 2000-2009, HAZANAVICUS Michel | Pas de commentaires »

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Le point de départ de cet OSS 117 pourrait ressembler à celui de The Artist, et pas seulement parce que Michel Hazanavicus y dirige déjà Jean Dujardin et Bérénice Béjo : comme il se mettra dans la peau d’un réalisateur du muet, le cinéaste se glisse ici dans celle d’un réalisateur de films d’aventures des années 50/60. 60 plutôt même, l’époque où le cinéma français surfe (à sa manière) sur le succès de James Bond.

La grande différence est que ici, Hazanavicus ne se contente pas de faire un film comme il l’aurait fait plusieurs décennies plus tôt : il se positionne quelque part entre le pastiche et la parodie, citant de nombreux films de l’époque (des OSS 117 d’Hunnebelle à Quand les aigles attaquent avec Eastwood), avec un humour décalé bien d’aujourd’hui, qui évite constamment le gros rire et se situe toujours juste à côté de là où on l’attend…

Mais au confort du pur gag, Hazanavicus préfère un décalage plus audacieux, et plus déstabilisant. Alors on rit de bon cœur devant les airs ahuris de Jean Dujardin, et quelques répliques déjà cultes (« j’aime me beurrer la biscotte »). La formule séduit, même si la mécanique, pour le coup, tourne un peu en rond au bout d’une heure.

Mais Hazanavicus se permet toutes les folies, avec une liberté totale : une scène clé de l’intrigue qui se transforme en un morceau de comédie musicale (« Bambino »), un duel de pensées pseudo-philosophiques venus de nulle part (devant l’air totalement crétin de François Damiens, à mourir de rire), un duel à coups de poulets vivants, ou les running gags autour d’une série d’intermèdes autour d’un espion insupportable qui épie et commente le moindre fait et geste du Français, ou de celui qui n’arrive pas à retenir le mot de passe…

Mais si le film est aussi enthousiasmant, c’est aussi parce qu’Hazanavicus a trouvé avec Dujardin son interprète idéal. Un véritable personnage de dessin animé, capable de passer des postures héroïque à la James Bond, à une tête d’abruti fini. Il faut voir ses regards concupiscents devant une femme en tenue légère, ou son sourire de gamin lorsqu’il joue avec la lumière qui réveille les poulets.

Le plus drôle, c’est la suffisance de Hubert Bonnisseur de la Bath, agent secret propulsé spécialiste du monde arabe (« Allez voir l’Imam. – Lee qui ? »), sa formidable inculture (ah, cette scène où il gueule après le muezzin qui le réveille !), et l’arrogance du représentant de la grande France coloniale (« C’est René Coty, il sera ton ami »). La scène où, bien aidé par la Chicha qu’il a fumée, il s’autorise quelques confidences bien personnelles sur cette culture et cette religion « pas très sérieuse » et « sans avenir » est un sommet de dérision. Qu’il conclue avec un magnifique « Il s’agirait de grandir… »

Liberté-Oléron – de Bruno Podalydès – 2001

Posté : 27 septembre, 2016 @ 8:00 dans 2000-2009, PODALYDES Bruno | Pas de commentaires »

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« Mais qu’ils sont cons ! » Tout l’univers des Podalydès est dans cette séquence où, agacé par les avaries à répétition du bateau de ses rêves, le père de famille se met à insulter ses fils. On l’aime, ce père si normal, et si touchant dans son envie d’aller au bout de ses rêves. Mais il est odieux aussi, capable des pires horreurs avec ceux qu’il aime, jusqu’à frôler la tragédie.

C’est donc un film de vacances, mais à la mode Podalydès : tendre, cruel, drôle et cynique, tout cela dans un même mouvement irrésistible. On rit, beaucoup. Mais la gêne n’est jamais très loin, parce qu’il y a dans ce portrait d’une famille qui passe l’été dans une maison de vacances à Oléron une sorte de condensé de toutes les vies qu’on n’a pas et qu’on aurait aimé avoir.

Les rêves, d’ailleurs, sont omniprésents. Bruno Podalydès les filme tour à tour : ceux du père, de la mère, et des trois enfants. Forcément, chacun a ses propres envies, et va (ou pas) vivre ses rêves dans ce film d’été. Et ces rêves omniprésents soulignent constamment l’incommunicabilité de cette famille qui semble si unie, et qui l’est vraiment d’une certaine manière.

Mais y a-t-il une place pour l’épanouissement personnel de chacun au sein d’une communauté aussi restreinte qu’une famille ? C’est la question que semblent poser les frères Podalydès. La réponse est loin d’être évidente.

Vicky Cristina Barcelona (id.) – de Woody Allen – 2008

Posté : 7 juillet, 2016 @ 8:00 dans 2000-2009, ALLEN Woody | Pas de commentaires »

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Woody continue son tour d’Europe avec cette nouvelle carte postale, envoyée cette fois de Catalogne. Point de meurtrier à l’horizon, cette fois : si l’Angleterre poussait le réalisateur au crime, l’Espagne réveille plutôt son âme romantique, teintée de libertinage. Mais la manière de filmer le pays reste, comme pour ceux tournés à Londres ou à Paris, clairement celle d’un Américain.

On a donc droit à une visite en règle de la capitale catalane, avec dialogue au pied de la fameuse Salamandre du parc Gaudi. Caricatural ? Un peu, sans doute, mais cette vision touristique tient aussi à la nature des personnages : deux touristes américaines (riches et artistes, bien sûr) qui viennent passer un été en Espagne. Une sorte de luxueux film de vacances, donc.

C’est, paradoxalement, la force du film : Woody filme une parenthèse. Inoubliable, certes, mais sans grande conséquence pour ces deux jeunes femmes qui repartiront à la fin de l’été et retrouveront leurs vies dans le même état qu’elles les avaient laissées en partant. Elles-mêmes, quand même, auront appris au passage quelques petites choses sur la vie et sur elles. Un été comme tant d’autres, finalement.

Pas plus d’originalité du côté des personnages. Les deux amies américaines sont aussi belles que différentes (la blonde et libre Scarlett Johansson, la brune et plus coincée Rebecca Hall), l’Espagnol qui les fait chavirer est un artiste à la sexualité éclatante (Javier Bardem, animal), et son ancienne femme est une hystérique exubérante (Penelope Cruz). De purs stéréotypes.

Mais alors, d’où vient de charme immense du film ? Des acteurs, justement ; mais aussi des décors trop beaux pour être vrais, de la lumière chaude, de ce sentiment de liberté omniprésent, et surtout de ces petits riens qui dérangent les certitudes de tous ces personnages qui se croisent, s’aiment, s’enrichissent et se bousculent. Vicky Cristina Barcelona est une petite chose sans conséquence ? C’est justement ce qui fait son charme.

Les Climats (Iklimler) – de Nuri Bilge Ceylan – 2006

Posté : 8 juin, 2016 @ 8:00 dans 2000-2009, CEYLAN Nuri Bilge | Pas de commentaires »

Les Climats (Iklimler) - de Nuri Bilge Ceylan – 2006 dans 2000-2009 Les%20Climats_zpsxbwsirlt

Un été brûlant à Kas, cité balnéaire turque : pendant les vacances, un homme quitte celle qui partage sa vie. Un automne pluvieux à Istanbul : l’homme essaye d’oublier la femme et de renouer avec sa vie d’autrefois. Un hiver glacial dans les montagnes d’Anatolie : l’homme tente de renouer avec la femme… jusqu’à l’évocation d’un rêve de printemps.

Après Uzak, où la météo jouait déjà un rôle important, le grand Nuri Bilge Ceylan raconte les errances d’un couple qui se sépare à travers trois saisons lourdes en évocation. Rien de bien neuf sous le soleil, d’ailleurs, si ce n’est la manière avec laquelle le cinéaste filme ces saisons.

Le cinéaste aime les images travaillées comme autant d’œuvre d’art, les longs plans dépouillés où le moindre son a son importance et où chaque mouvement compte. Et il réussit à rendre palpable la chaleur accablante, la pluie pesante, ou le froid paralysant. Autant d’atmosphères qui collent parfaitement à l’état d’esprit de ses personnages.

Pour une fois, Nuri Bilge Ceylan se met lui-même en scène dans Les Climats, comme s’il n’avait voulu imposer à personne ce personnage d’universitaire égoïste et manipulateur, dont l’incapacité à partager a quelque chose de profondément cruel. Un homme qui semble constamment passer à côté de sa vie et des autres, et que l’on sent totalement incapable de s’ouvrir, et encore plus de partager les émotions et les sentiments de ceux qui l’entourent.

A ses côtés, ou plutôt face à lui : Ebru Ceylan, sa femme, à la beauté troublante et fragile. Une actrice magnifique aussi, qui dévoile son mal-être par de minuscules mouvements du visage lors de très longs et très gros plans d’une beauté renversante. Il fallait une grande actrice pour apporter tant d’émotion à ce cinéma-là, si économe en « effets ».

L’émotion, immense, vient de ces gros plans. Elle vient aussi de l’omniprésence de la nature, en particulier dans la séquence « anatolienne » du film. Une nature sidérante de beauté qui semble à la fois réveiller les sentiments et les étouffer. C’est à la fois sombre et lumineux, et c’est magnifique.

Rapt – de Lucas Belvaux – 2009

Posté : 4 juin, 2016 @ 8:00 dans * Polars/noirs France, 2000-2009, BELVAUX Lucas | Pas de commentaires »

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Il a un vrai ton, le cinéma de Belvaux. Mine de rien, avec un style visuel qui n’a rien de tape-à-l’œil, le réalisateur construit une œuvre d’une cohérence rare. Rapt rompt pourtant totalement avec le monde ouvrier qui lui avait si bien réussi dans La Raison du plus faible, ou même avec la classe très moyenne de l’excellent 38 témoins. Mais il y a dans tous ces films une même manière de filmer les êtres frontalement et simplement pour mieux démonter leurs travers.

Belvaux adopte les bases du film de genre. Mais c’est bien un cinéma de caractère qu’il fait. En s’inspirant de la célèbre affaire du baron Empain, enlevé en 1978 par des kidnappeurs qui lui ont coupé un doigt avant de réclamer une lourde rançon, ce n’est pas l’intrigue criminelle qui intéresse Belvaux, même s’il n’élude pas les moments de pur suspense comme ce moment où le baron de l’industrie attend de savoir s’il va être libéré ou exécuté.

Ce qu’il raconte, c’est l’effet révélateur de cet enlèvement. Le comportement de tous les proches de cet homme richissime et respecté, dont les réactions rapprochent plus que jamais le cinéma de Belvaux à celui de Chabrol (chez qui on l’a découvert acteur, dans le rôle du postier indélicat de Poulet au vinaigre) : même critique acerbe et sans concession de la grande bourgeoisie, l’ironie en moins. Dans le rôle de l’épouse effacée, éplorée et autocentrée, Anne Consigny est formidable, mélange de froideur absolue et d’extrême fragilité.

Et puis il y a la prestation de Yvan Attal, assez exceptionnelle. Son rôle n’est pas facile, contraint la plupart du temps au silence et à rester dans l’ombre, dissimulé derrière une épaisse barbe et un bandeau qui lui cache le visage. Pourtant, il incarne formidablement cet être tout puissant qui se retrouve coupé de la société, et qui retrouve une douloureuse humanité au fur et à mesure que son comportement se met à ressembler à celui d’un animal : une espèce d’ours enchaîné qui découvre peu à peu la solitude de sa captivité… et celle, pire encore, qui l’attend.

X-Files : Régénération (The X-Files : I want to believe) – de Chris Carter – 2008

Posté : 4 avril, 2016 @ 8:00 dans 2000-2009, CARTER Chris, FANTASTIQUE/SF, X-Files | Pas de commentaires »

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De ce second film, sorti six ans après la fin de la série originelle, j’avais surtout gardé l’excitation qui avait entouré le tournage, et la grande déception partagée par à peu près tout le monde à la sortie du cinéma. Plutôt que de prolonger la mythologie pourtant pleine de promesses, Chris Carter avait choisi de nous livrer un loner de luxe, qui ne répondait en rien aux questions en suspens. Un loner par ailleurs loin d’être inoubliable.

A l’époque, on lui pardonnait tout de même, en se disant que ce film n’avait pas d’autre ambition que de rappeler Scully et Mulder au bon souvenir de leurs fans, et que Carter comptait sur le succès de cette modeste production (le premier film, tourné à l’apogée de la série, bénéficiait de moyens nettement plus importants) pour convaincre les studios de lancer un troisième film plus ambitieux en 2012, date clé depuis le dernier épisode de la saison 9. Sauf que le film a déçu les fans sans convaincre les néophytes, et qu’il est du coup tout juste rentrée dans ses frais. Depuis, donc, plus rien, jusqu’à cette fameuse annonce de début 2015.

Sans doute en attendait-on trop en 2008. Parce qu’à le revoir aujourd’hui, I want to believe révèle des qualités qui nous avaient échappées jusqu’à présent. Visuellement déjà, le film est une réussite, une mise en scène particulièrement soignée et une belle lumière qui privilégie les séquences nocturnes et enneigées, renouant avec l’esprit de la série, et de Fight the future. Sur ce plan au moins, le film est à la hauteur.

Quant au sujet choisi, il est particulièrement audacieux, associant les visions d’un ancien prêtre pédophile et les crimes d’un hallucinant docteur Frankenstein. Too much par moments, et le laboratoire des horreurs va tellement loin en restant tellement « premier degré » qu’une petite gène s’installe lors du « climax » de l’intrigue. Mais Carter réussit à créer une atmosphère dérangeante qui rappelle Le Silence des Agneaux, la référence première de X-Files, à la fois dans sa manière de créer le suspense (la scène d’ouverture est particulièrement prenante) et de mettre en scène le personnage du prêtre interprété par Billy Connolly.

Mais ce qu’on attendait surtout, c’est l’évolution du couple Scully-Mulder. Et là, à une réserve près (la tirade incompréhensible et grotesque de Scully sur la soeur de Mulder et l’éternelle quête de ce dernier ; quête qui, rappelons le, a trouvé sa résolution), la réussite est totale. Scully tiraillée entre ses nouvelles responsabilités de médecin, Mulder à moitié dépressif loin des affaires non-classées… C’est un couple en crise qui nous revient, jusqu’à l’ultime scène, assez magique.

* Voir aussi la saison 1, la saison 2, la saison 3, la saison 4, la saison 5, le premier film, la saison 6, la saison 7, la saison 8, la saison 9, la saison 10.

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