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Archive pour la catégorie '2000-2009'

L’Attaque des clones / Star Wars, épisode II (Star Wars : Episode II – Attack of the Clones) – de George Lucas – 2002

Posté : 10 avril, 2017 @ 8:00 dans 2000-2009, FANTASTIQUE/SF, LUCAS George | Pas de commentaires »

L'Attaque des clones / Star Wars, épisode II (Star Wars : Episode II - Attack of the Clones) - de George Lucas - 2002 dans 2000-2009 LAttaque%20des%20clones_zpskx4tbqra

Les trois apparitions, courtes et sobres, de Jar Jar Binks dans cet épisode II prouvent au moins une chose : quoi qu’il puisse dire, George Lucas a entendu les innombrables critiques qui ont entouré la sortie de La Menace Fantôme. Les fans n’ont pas supporté ce personnage entièrement en images de synthèses à l’humour irritant ? Il le relègue à un quasi-rôle de figurant. Les fans regrettaient de ne pas retrouver leurs repères ? Il multiplie les clins d’œil à la trilogie originale, quitte à risquer les incohérences.

Sans vouloir jouer les connaisseurs pointus (ce que je ne suis pas), on peut quand même être surpris de retrouver C3-PO dans la maison des futurs parents adoptifs de Luke Skywalker (une apparition par ailleurs très sympathique), alors que l’on verra ces derniers le découvrir des années plus tard dans l’épisode IV. Mais ne soyons pas snobs : les retrouvailles avec ces décors fondateurs de la saga sont assez enthousiasmantes.

Ce qui l’est plus encore, c’est la manière dont Lucas traite l’apparition des fameux Storm Troopers, les reliant d’une manière totalement inattendue à un autre personnage secondaire mais mythique de la saga : le chasseur de primes Bobba Fett, dont on découvre ici les origines étonnantes et tragiques.

Surtout, ce deuxième volet de la prelogie aborde enfin le sujet central : le passage annoncé d’Anakin du côté obscur de la Force. Le sujet est au cœur de ce film, et son traitement est plutôt convainquant, avec un personnage arrogant juste ce qu’il faut pour être crédible sans être trop évident. Deux grands regrets, quand même : la séquence-clé durant laquelle Anakin cède à la colère dans un déchaînement de violence est largement éclipsée, et Hayden Christensen s’avère un comédien pas vraiment enthousiasmant.

On sent aussi Lucas tiraillé entre son envie de renouer avec la simplicité et la linéarité de la première trilogie, avec ces longues scènes étirées à l’envi pour le seul plaisir du spectateur, et sa volonté de faire avancer l’intrigue de la manière la plus cohérente possible avec son oeuvre originelle, quitte à complexifier à outrance.

Et puis il y a ce regret que l’on peu accoler à à peu près tous les films produits par Lucas devenu multi-millionnaire et tout-puissant : sa tentation de suritiliser les effets spéciaux, jusqu’à l’écœurement. Aussi rythmée et enthousiasmante soit-elle, la course-poursuite dans la grande ville-planète est tellement coupée d’un quelconque semblant de décor naturel qu’elle en devient presque abstraite. Du trop-plein : c’est le principal reproche que l’on peut faire à cet épisode transitoire.

La saga Star Wars

Charlie et la chocolaterie (Charlie and the chocolate factory) – de Tim Burton – 2005

Posté : 18 janvier, 2017 @ 8:00 dans 2000-2009, BURTON Tim, FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

Charlie et la chocolaterie (Charlie and the chocolate factory) – de Tim Burton - 2005 dans 2000-2009 Charlie%20et%20la%20chocolaterie_zpsbcrq3fr8

Remettons dans le contexte : c’est avec ce film, plus encore qu’avec sa douteuse Planète des Singes ou son trop sage Big Fish, que j’ai décroché pour de bon de l’univers burtonien. Et même si la suite a réservé quelques belles surprises (à commencer par le délicieusement glauque Sweeney Todd), la passion des premiers temps, celles d’Edward aux mains d’argent ou Batman le défi, était passée pour de bon.

Charlie et la chocolaterie est bien un Burton de l’entre-deux : le symbole le plus évident du passage entre son passé si singulier, et un avenir marqué par un cinéma mainstream parfois écœurant. Bref, cette adaptation d’un classique jeunesse de Roald Dahl propose un grand écart assez vertigineux entre une première partie qui évoque l’univers féérique morbide des débuts, et une suite qui ouvre la porte aux guimauves du genre Alice au pays des merveilles.

Il y a un certain charme dans cette visite de la chocolaterie, pleine de trouvailles visuelles et comiques gentiment irrespectueuses qui sont autant de leçons de vie . On peut aussi prendre un vrai plaisir à cette visite ponctuée de chansons cyniques et décalées. Et puis on peut aussi trouver que la première partie, glaciale et bleue nuit, est la plus typiquement burtonienne. La plus belle et la plus passionnante, mais aussi la moins surprenante, le signe peut-être que l’univers de Burton n’est pas extensible à l’infini.

OSS 117 : Le Caire, nid d’espion – de Michel Hazanavicus – 2006

Posté : 9 décembre, 2016 @ 8:00 dans * Espionnage, 2000-2009, HAZANAVICUS Michel | Pas de commentaires »

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Le point de départ de cet OSS 117 pourrait ressembler à celui de The Artist, et pas seulement parce que Michel Hazanavicus y dirige déjà Jean Dujardin et Bérénice Béjo : comme il se mettra dans la peau d’un réalisateur du muet, le cinéaste se glisse ici dans celle d’un réalisateur de films d’aventures des années 50/60. 60 plutôt même, l’époque où le cinéma français surfe (à sa manière) sur le succès de James Bond.

La grande différence est que ici, Hazanavicus ne se contente pas de faire un film comme il l’aurait fait plusieurs décennies plus tôt : il se positionne quelque part entre le pastiche et la parodie, citant de nombreux films de l’époque (des OSS 117 d’Hunnebelle à Quand les aigles attaquent avec Eastwood), avec un humour décalé bien d’aujourd’hui, qui évite constamment le gros rire et se situe toujours juste à côté de là où on l’attend…

Mais au confort du pur gag, Hazanavicus préfère un décalage plus audacieux, et plus déstabilisant. Alors on rit de bon cœur devant les airs ahuris de Jean Dujardin, et quelques répliques déjà cultes (« j’aime me beurrer la biscotte »). La formule séduit, même si la mécanique, pour le coup, tourne un peu en rond au bout d’une heure.

Mais Hazanavicus se permet toutes les folies, avec une liberté totale : une scène clé de l’intrigue qui se transforme en un morceau de comédie musicale (« Bambino »), un duel de pensées pseudo-philosophiques venus de nulle part (devant l’air totalement crétin de François Damiens, à mourir de rire), un duel à coups de poulets vivants, ou les running gags autour d’une série d’intermèdes autour d’un espion insupportable qui épie et commente le moindre fait et geste du Français, ou de celui qui n’arrive pas à retenir le mot de passe…

Mais si le film est aussi enthousiasmant, c’est aussi parce qu’Hazanavicus a trouvé avec Dujardin son interprète idéal. Un véritable personnage de dessin animé, capable de passer des postures héroïque à la James Bond, à une tête d’abruti fini. Il faut voir ses regards concupiscents devant une femme en tenue légère, ou son sourire de gamin lorsqu’il joue avec la lumière qui réveille les poulets.

Le plus drôle, c’est la suffisance de Hubert Bonnisseur de la Bath, agent secret propulsé spécialiste du monde arabe (« Allez voir l’Imam. – Lee qui ? »), sa formidable inculture (ah, cette scène où il gueule après le muezzin qui le réveille !), et l’arrogance du représentant de la grande France coloniale (« C’est René Coty, il sera ton ami »). La scène où, bien aidé par la Chicha qu’il a fumée, il s’autorise quelques confidences bien personnelles sur cette culture et cette religion « pas très sérieuse » et « sans avenir » est un sommet de dérision. Qu’il conclue avec un magnifique « Il s’agirait de grandir… »

Liberté-Oléron – de Bruno Podalydès – 2001

Posté : 27 septembre, 2016 @ 8:00 dans 2000-2009, PODALYDES Bruno | Pas de commentaires »

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« Mais qu’ils sont cons ! » Tout l’univers des Podalydès est dans cette séquence où, agacé par les avaries à répétition du bateau de ses rêves, le père de famille se met à insulter ses fils. On l’aime, ce père si normal, et si touchant dans son envie d’aller au bout de ses rêves. Mais il est odieux aussi, capable des pires horreurs avec ceux qu’il aime, jusqu’à frôler la tragédie.

C’est donc un film de vacances, mais à la mode Podalydès : tendre, cruel, drôle et cynique, tout cela dans un même mouvement irrésistible. On rit, beaucoup. Mais la gêne n’est jamais très loin, parce qu’il y a dans ce portrait d’une famille qui passe l’été dans une maison de vacances à Oléron une sorte de condensé de toutes les vies qu’on n’a pas et qu’on aurait aimé avoir.

Les rêves, d’ailleurs, sont omniprésents. Bruno Podalydès les filme tour à tour : ceux du père, de la mère, et des trois enfants. Forcément, chacun a ses propres envies, et va (ou pas) vivre ses rêves dans ce film d’été. Et ces rêves omniprésents soulignent constamment l’incommunicabilité de cette famille qui semble si unie, et qui l’est vraiment d’une certaine manière.

Mais y a-t-il une place pour l’épanouissement personnel de chacun au sein d’une communauté aussi restreinte qu’une famille ? C’est la question que semblent poser les frères Podalydès. La réponse est loin d’être évidente.

Vicky Cristina Barcelona (id.) – de Woody Allen – 2008

Posté : 7 juillet, 2016 @ 8:00 dans 2000-2009, ALLEN Woody | Pas de commentaires »

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Woody continue son tour d’Europe avec cette nouvelle carte postale, envoyée cette fois de Catalogne. Point de meurtrier à l’horizon, cette fois : si l’Angleterre poussait le réalisateur au crime, l’Espagne réveille plutôt son âme romantique, teintée de libertinage. Mais la manière de filmer le pays reste, comme pour ceux tournés à Londres ou à Paris, clairement celle d’un Américain.

On a donc droit à une visite en règle de la capitale catalane, avec dialogue au pied de la fameuse Salamandre du parc Gaudi. Caricatural ? Un peu, sans doute, mais cette vision touristique tient aussi à la nature des personnages : deux touristes américaines (riches et artistes, bien sûr) qui viennent passer un été en Espagne. Une sorte de luxueux film de vacances, donc.

C’est, paradoxalement, la force du film : Woody filme une parenthèse. Inoubliable, certes, mais sans grande conséquence pour ces deux jeunes femmes qui repartiront à la fin de l’été et retrouveront leurs vies dans le même état qu’elles les avaient laissées en partant. Elles-mêmes, quand même, auront appris au passage quelques petites choses sur la vie et sur elles. Un été comme tant d’autres, finalement.

Pas plus d’originalité du côté des personnages. Les deux amies américaines sont aussi belles que différentes (la blonde et libre Scarlett Johansson, la brune et plus coincée Rebecca Hall), l’Espagnol qui les fait chavirer est un artiste à la sexualité éclatante (Javier Bardem, animal), et son ancienne femme est une hystérique exubérante (Penelope Cruz). De purs stéréotypes.

Mais alors, d’où vient de charme immense du film ? Des acteurs, justement ; mais aussi des décors trop beaux pour être vrais, de la lumière chaude, de ce sentiment de liberté omniprésent, et surtout de ces petits riens qui dérangent les certitudes de tous ces personnages qui se croisent, s’aiment, s’enrichissent et se bousculent. Vicky Cristina Barcelona est une petite chose sans conséquence ? C’est justement ce qui fait son charme.

Les Climats (Iklimler) – de Nuri Bilge Ceylan – 2006

Posté : 8 juin, 2016 @ 8:00 dans 2000-2009, CEYLAN Nuri Bilge | Pas de commentaires »

Les Climats (Iklimler) - de Nuri Bilge Ceylan – 2006 dans 2000-2009 Les%20Climats_zpsxbwsirlt

Un été brûlant à Kas, cité balnéaire turque : pendant les vacances, un homme quitte celle qui partage sa vie. Un automne pluvieux à Istanbul : l’homme essaye d’oublier la femme et de renouer avec sa vie d’autrefois. Un hiver glacial dans les montagnes d’Anatolie : l’homme tente de renouer avec la femme… jusqu’à l’évocation d’un rêve de printemps.

Après Uzak, où la météo jouait déjà un rôle important, le grand Nuri Bilge Ceylan raconte les errances d’un couple qui se sépare à travers trois saisons lourdes en évocation. Rien de bien neuf sous le soleil, d’ailleurs, si ce n’est la manière avec laquelle le cinéaste filme ces saisons.

Le cinéaste aime les images travaillées comme autant d’œuvre d’art, les longs plans dépouillés où le moindre son a son importance et où chaque mouvement compte. Et il réussit à rendre palpable la chaleur accablante, la pluie pesante, ou le froid paralysant. Autant d’atmosphères qui collent parfaitement à l’état d’esprit de ses personnages.

Pour une fois, Nuri Bilge Ceylan se met lui-même en scène dans Les Climats, comme s’il n’avait voulu imposer à personne ce personnage d’universitaire égoïste et manipulateur, dont l’incapacité à partager a quelque chose de profondément cruel. Un homme qui semble constamment passer à côté de sa vie et des autres, et que l’on sent totalement incapable de s’ouvrir, et encore plus de partager les émotions et les sentiments de ceux qui l’entourent.

A ses côtés, ou plutôt face à lui : Ebru Ceylan, sa femme, à la beauté troublante et fragile. Une actrice magnifique aussi, qui dévoile son mal-être par de minuscules mouvements du visage lors de très longs et très gros plans d’une beauté renversante. Il fallait une grande actrice pour apporter tant d’émotion à ce cinéma-là, si économe en « effets ».

L’émotion, immense, vient de ces gros plans. Elle vient aussi de l’omniprésence de la nature, en particulier dans la séquence « anatolienne » du film. Une nature sidérante de beauté qui semble à la fois réveiller les sentiments et les étouffer. C’est à la fois sombre et lumineux, et c’est magnifique.

Rapt – de Lucas Belvaux – 2009

Posté : 4 juin, 2016 @ 8:00 dans * Polars/noirs France, 2000-2009, BELVAUX Lucas | Pas de commentaires »

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Il a un vrai ton, le cinéma de Belvaux. Mine de rien, avec un style visuel qui n’a rien de tape-à-l’œil, le réalisateur construit une œuvre d’une cohérence rare. Rapt rompt pourtant totalement avec le monde ouvrier qui lui avait si bien réussi dans La Raison du plus faible, ou même avec la classe très moyenne de l’excellent 38 témoins. Mais il y a dans tous ces films une même manière de filmer les êtres frontalement et simplement pour mieux démonter leurs travers.

Belvaux adopte les bases du film de genre. Mais c’est bien un cinéma de caractère qu’il fait. En s’inspirant de la célèbre affaire du baron Empain, enlevé en 1978 par des kidnappeurs qui lui ont coupé un doigt avant de réclamer une lourde rançon, ce n’est pas l’intrigue criminelle qui intéresse Belvaux, même s’il n’élude pas les moments de pur suspense comme ce moment où le baron de l’industrie attend de savoir s’il va être libéré ou exécuté.

Ce qu’il raconte, c’est l’effet révélateur de cet enlèvement. Le comportement de tous les proches de cet homme richissime et respecté, dont les réactions rapprochent plus que jamais le cinéma de Belvaux à celui de Chabrol (chez qui on l’a découvert acteur, dans le rôle du postier indélicat de Poulet au vinaigre) : même critique acerbe et sans concession de la grande bourgeoisie, l’ironie en moins. Dans le rôle de l’épouse effacée, éplorée et autocentrée, Anne Consigny est formidable, mélange de froideur absolue et d’extrême fragilité.

Et puis il y a la prestation de Yvan Attal, assez exceptionnelle. Son rôle n’est pas facile, contraint la plupart du temps au silence et à rester dans l’ombre, dissimulé derrière une épaisse barbe et un bandeau qui lui cache le visage. Pourtant, il incarne formidablement cet être tout puissant qui se retrouve coupé de la société, et qui retrouve une douloureuse humanité au fur et à mesure que son comportement se met à ressembler à celui d’un animal : une espèce d’ours enchaîné qui découvre peu à peu la solitude de sa captivité… et celle, pire encore, qui l’attend.

X-Files : Régénération (The X-Files : I want to believe) – de Chris Carter – 2008

Posté : 4 avril, 2016 @ 8:00 dans 2000-2009, CARTER Chris, FANTASTIQUE/SF, X-Files | Pas de commentaires »

X-Files : Régénération (The X-Files : I want to believe) - de Chris Carter - 2008 dans 2000-2009 X%20Files%20Regeneration_zpsolahp96a

De ce second film, sorti six ans après la fin de la série originelle, j’avais surtout gardé l’excitation qui avait entouré le tournage, et la grande déception partagée par à peu près tout le monde à la sortie du cinéma. Plutôt que de prolonger la mythologie pourtant pleine de promesses, Chris Carter avait choisi de nous livrer un loner de luxe, qui ne répondait en rien aux questions en suspens. Un loner par ailleurs loin d’être inoubliable.

A l’époque, on lui pardonnait tout de même, en se disant que ce film n’avait pas d’autre ambition que de rappeler Scully et Mulder au bon souvenir de leurs fans, et que Carter comptait sur le succès de cette modeste production (le premier film, tourné à l’apogée de la série, bénéficiait de moyens nettement plus importants) pour convaincre les studios de lancer un troisième film plus ambitieux en 2012, date clé depuis le dernier épisode de la saison 9. Sauf que le film a déçu les fans sans convaincre les néophytes, et qu’il est du coup tout juste rentrée dans ses frais. Depuis, donc, plus rien, jusqu’à cette fameuse annonce de début 2015.

Sans doute en attendait-on trop en 2008. Parce qu’à le revoir aujourd’hui, I want to believe révèle des qualités qui nous avaient échappées jusqu’à présent. Visuellement déjà, le film est une réussite, une mise en scène particulièrement soignée et une belle lumière qui privilégie les séquences nocturnes et enneigées, renouant avec l’esprit de la série, et de Fight the future. Sur ce plan au moins, le film est à la hauteur.

Quant au sujet choisi, il est particulièrement audacieux, associant les visions d’un ancien prêtre pédophile et les crimes d’un hallucinant docteur Frankenstein. Too much par moments, et le laboratoire des horreurs va tellement loin en restant tellement « premier degré » qu’une petite gène s’installe lors du « climax » de l’intrigue. Mais Carter réussit à créer une atmosphère dérangeante qui rappelle Le Silence des Agneaux, la référence première de X-Files, à la fois dans sa manière de créer le suspense (la scène d’ouverture est particulièrement prenante) et de mettre en scène le personnage du prêtre interprété par Billy Connolly.

Mais ce qu’on attendait surtout, c’est l’évolution du couple Scully-Mulder. Et là, à une réserve près (la tirade incompréhensible et grotesque de Scully sur la soeur de Mulder et l’éternelle quête de ce dernier ; quête qui, rappelons le, a trouvé sa résolution), la réussite est totale. Scully tiraillée entre ses nouvelles responsabilités de médecin, Mulder à moitié dépressif loin des affaires non-classées… C’est un couple en crise qui nous revient, jusqu’à l’ultime scène, assez magique.

* Voir aussi la saison 1, la saison 2, la saison 3, la saison 4, la saison 5, le premier film, la saison 6, la saison 7, la saison 8, la saison 9, la saison 10.

X-Files, aux frontières du réel (The X-Files) – saison 9 – créée par Chris Carter – 2001-2002

Posté : 29 mars, 2016 @ 8:00 dans 2000-2009, BOLE Cliff, CARTER Chris, DUCHOVNY David, FANTASTIQUE/SF, GILLIGAN Vince, LITTLE Dwight H., MacLAREN Michelle, MANNERS Kim, SHIBAN John, SPOTNITZ Frank, TÉLÉVISION, WHARMBY Tony, X-Files | Pas de commentaires »

X-Files, aux frontières du réel (The X-Files) - saison 9 - créée par Chris Carter - 2001-2002 dans 2000-2009 X-Files%20saison%209_zpswltzpjx8

A la fin de la saison 8, on avait laissé Scully et Mulder en couple, tandis que les affaires non classées était officiellement reprises par Monica Reyes et John Doggett. Bref, la possibilité d’une jolie conclusion, ou d’un nouveau départ pour X-Files. Duchovny, lui, en avait (à peu près) définitivement terminé, et quoi qu’il en soit, ne reviendrait pas pour une neuvième saison. Alors, nouveau départ ?

Eh bien toujours pas. Il est vite apparu que cette saison 9 serait la dernière, et Duchovny a accepté de revenir pour l’ultime épisode (d’une heure trente) qui devait préparer une suite sur grand écran. Résultat : comme dans la saison précédente, Mulder n’est plus là, mais semble omniprésent.

Toute la mythologie, recentrée sur les « supersoldiers » invincibles et mystérieux, repose ainsi sur l’absence de Mulder, qui a donc fui à la demande de Scully, parce que sa vie était en danger. Un départ qui est le cœur de cette saison, mais qu’on a un peu de mal à prendre au sérieux. Du coup, les épisodes purement mythologiques sont loin d’être les plus convaincants : même si les diptyques Nouvelle génération (épisodes 1 et 2) et La prophétie (épisodes 9 et 10) n’apportent pas grand-chose à la gloire d’X-Files.

Plus passionnants, parce que beaucoup plus originaux, deux épisodes tournent entièrement autour de la présence (ou pas) de Mulder, sans que Duchovny ne revienne pour autant. Ne faites confiance à personne (épisode 6) est un chassé-croisé haletant et très émouvant autour des retrouvailles annoncées entre Mulder et Scully. Gillian Andersonn est magnifique, laissant transparaître les doutes et le manque de Scully.

Le même ton est au cœur de William (épisode 16), le bouleversant segment réalisé par David Duchovny : le plus audacieux, le plus surprenant, le plus émouvant, et sans doute le plus réussi de cette neuvième saison. Construire tout un épisode autour du doute qui s’immisce en Scully, face à cet homme au visage détruit (est-il Mulder ?) est une idée géniale, et parfaitement aboutie.

Autre grande réussite : l’incroyable épisode décalé réalisé par Chris Carter, Improbable (épisode 13)… qui porte parfaitement son titre. Burt Reynolds en… Dieu ? Des coïncidentes totalement improbables (donc). D’étranges chansons en français et en italiens. Une atmosphère inqualifiable et totalement fascinante… Carter se lâche totalement ici, et ça marche !

Cette saison confirme aussi que Doggett est un personnage passionnant, et que Robert Patrick a trouvé là le rôle de sa vie. Toujours dans l’ombre de Mulder hélas, mais il a droit à une poignée d’épisodes qui lui rendent enfin justice : Amnésie (épisode 7), où Doggett amnésique ne retrouve la mémoire que pour réapprendre la mort de son fils ; ou 4-D (épisode 5), troublante histoire de réalité alternative au final particulièrement gonflé, qui donne le beau rôle à Monica Reyes et aux sentiments qui auraient pu naître entre ces deux-là. Annabeth Gish aussi aurait mérité de ne pas rester à l’arrière plan.

Fin de série oblige, Carter apporte plusieurs conclusions. Pour le meilleur en ce qui concerne la mort du fils de Doggett dans Clairvoyance (épisode 17), bouleversant. Pour le nettement moins bon en ce qui concerne les Lone Gunmen, dont la série dérivée venait d’être annulée, et qui font leurs adieux dans le discutable N’abandonnez jamais (épisode 15).

Notons encore quelques loners réussis : Une vue de l’esprit (épisode 14) autour des peurs enfantines ; le très violent et traumatisant Ecorchés (épisode 8) ; Audrey Pauley (épisode 11) qui plonge Monica Reyes dans une maison de poupée ; et surtout le très étonnante et très nostalgique Irréfutable (épisode 18), ultime loner de la série avant son retour, une petite merveille d’émotion, écrite par Vince Gilligan.

Le tout dernier épisode, de 90 minutes, La Vérité (épisode 19), alterne le poussif (le procès) et l’enthousiasmant. Les retrouvailles entre Scully et Mulder, sous le regard de Skinner, justifient à elles seules l’existence de cet épisode fourre-tout. Qui se termine presque comme tout avait commencé, neuf ans plus tôt : avec Scully et Mulder dans une chambre de motel. Le poids de leurs drames, et une lueur d’espoir quant à l’avenir…

* Voir aussi la saison 1, la saison 2, la saison 3, la saison 4, la saison 5, le premier film, la saison 6, la saison 7, la saison 8, le second film, la saison 10.

X-Files, aux frontières du réel (The X-Files) – saison 8 – créée par Chris Carter – 2000-2001

Posté : 21 mars, 2016 @ 8:00 dans 2000-2009, CARTER Chris, COMPTON Richard, FANTASTIQUE/SF, HARDY Rod, MANNERS Kim, MARKLE Peter, O'HARA Terrence, SPOTNITZ Frank, TÉLÉVISION, THOMAS Barry K., WHARMBY Tony, X-Files | Pas de commentaires »

X-Files, aux frontières du réel (The X-Files) - saison 8 - créée par Chris Carter - 2000-2001 dans 2000-2009 X-Files%20saison%208_zpsdoq5zlzh

La série pouvait-elle survivre au départ de David Duchovny ? Difficile d’imaginer ce qui se serait passé pour la série s’il n’était pas parti… ou s’il avait totalement disparu, pour de bon, à la fin de la saison 7.

Duchovny est parti, mais pas vraiment : Mulder, enlevé par les aliens, sera de retour vers la mi-saison, dans Espérance (épisode 14) et surtout Renaissance (épisode 15), diptyque particulièrement intense qui inaugure le thème des « super-soldats » qui sera au cœur de la nouvelle mythologie jusqu’à la fin de la saison 9. Mulder revient en fait par le biais de flash-backs dès l’étonnant Dévoreur d’âmes (épisode 11), qui prépare son retour en creusant le mystère de sa maladie, qui n’avait été qu’évoquée jusqu’à présent.

Dans le diptyque inaugural, le bancal Chasse à l’homme (épisodes 1 et 2), Mulder a disparu, mais Duchovny est toujours là, incarnant une forme prise par le fameux chasseur de primes extraterrestres. Une fausse bonne idée, qui distrait inutilement du véritable enjeu de ce double-épisode : introduire le successeur de Mulder aux affaires non-classées.

Cette espèce d’entre-deux dans lequel Duchovny n’est ni vraiment là, ni vraiment absent, ne laisse pas à ce successeur, John Doggett, la place qu’il méritait. Parce que le personnage est absolument formidable, sorte de double négatif de Mulder dont il partage la passion, mais qui ne croit en rien d’autre qu’au concret et à l’action.

Il se passe une sorte de miracle avec ce personnage, qui existe dès sa toute première apparition d’une manière extraordinaire. Robert Patrick, acteur généralement pas vraiment bouleversant, est exceptionnel, imposant une présence d’une intensité rare. Aussi à l’aise dans l’action pure que dans l’émotion, il parvient à faire exister un personnage qui restera toujours dans l’ombre de Mulder, et qui aurait mérité bien mieux.

Les « monstres de la semaine » sur lesquels il enquête avec Scully ne sont pas nombreux. Mais ils sont tous passionnants : Patience (épisode 3), Un coin perdu (épisode 4), Via Negativa (épisode 7), Dur comme fer (épisode 9) ou le traumatisant A l’intérieur (épisode 10)… autant de loners traditionnels que la présence magnétique de Doggett/Robert Patrick transforme en éléments du renouveau de la série.

Son trauma (la mort de son fils, quelques années plus tôt) n’est qu’évoqué, en particulier dans Empédocles (épisode 17) ou l’excellent Combattre le passé (épisode 6, clin d’œil au film Memento), mais Patrick impose immédiatement Doggett comme un personnage passionnant. Malgré tout, et jusqu’à devenir le personnage central de la saison dans une poignée d’épisodes : l’intense Invocation (épisode 5) ou le claustrophobique Luminescence (épisode 12).

Quand même, pas facile pour lui de s’imposer entre deux enjeux majeurs : la quête de Mulder (l’accord de Duchovny de revenir à la mi-saison était un cadeau décidément empoisonné) et la grossesse mystérieuse de Scully, qui permet à Gillian Anderson de prendre un peu de recul par moments, et de donner à sa remplaçante annoncée, Monica Reyes (Annabeth Gish) un rôle de plus en plus important jusqu’au double-épisode final Essence (épisodes 20 et 21), qui associe habilement et efficacement tous les thèmes de cette saison, jusqu’à l’extraordinaire accouchement de Scully.

C’est bien Mulder qui, jusque dans ses absences, reste l’âme de cette saison, et visiblement son moteur premier. Son retour est ainsi mis en scène comme une résurrection au sens premier du terme (Renaissance, épisode, 15). Sa cohabitation forcée avec Doggett, et la méfiance qui s’instaure d’emblée entre eux, aurait pu donner une nouvelle direction, passionnante, à la série. Elle est au cœur de quelques épisodes au ton particulier : le mythologique Confiance (épisode 16) ou le loner Vienen (épisode 18).

La mythologie ouvre quelques portes, notamment dans le réussi Per Manum (épisode 13), et la succession des affaires non classées se peaufine, dans Seul (épisode 19) et surtout dans le double-épisode final. Mais on sent bien que l’avenir de X-Files, pour la première fois peut-être, est incertain. Tout est en place pour un nouveau départ, mais Chris Carter offre un final sans cliffhanger, qui aurait pu conclure (fort bien d’ailleurs) la série.

* Voir aussi la saison 1, la saison 2, la saison 3, la saison 4, la saison 5, le premier film, la saison 6, la saison 7, la saison 9, le second film, la saison 10.

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