Play it again, Sam

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Archive pour la catégorie '2000-2009'

Incassable (Unbreakable) – de M. Nyght Shyamalan – 2000

Posté : 16 juin, 2019 @ 8:00 dans 2000-2009, FANTASTIQUE/SF, SHYAMALAN M. Night | Pas de commentaires »

Incassable

Faites l’expérience : voyez et revoyez Sixième Sens, puis voyez et revoyez Incassable. Deux films de Shyamalan réputés pour leur twist final. Le premier, auréolé d’un gros succès, ne passe pas l’épreuve de la deuxième vision : tout, mais vraiment tout, repose sur ce twist. Incassable, en revanche, se révèle nettement plus riche, plus complexe, et plus abouti.

C’est même, sans doute, le meilleur film de Shyamalan. Et, mais les avis seront sans doute très partagés, le meilleur film récent de super-héros… Dit un cinéphile lambda qui ne supporte plus les films de super-héros et leur omniprésence. Une assertion hautement discutable, donc, mais qui repose sur un constat : que ce soit dans son rythme, dans l’utilisation (l’absence en l’occurrence) d’effets spéciaux, Incassable est à l’opposée du film de super-héros.

Jusqu’à ce parti-pris qui consiste à éviter constamment toute image ne serait-ce que vaguement spectaculaire. Le film commence quand même par une catastrophe ferroviaire dont on ne voit… qu’une sorte de pressentiment dans le regard pas bien vif de Bruce Willis. Bruce Willis, déjà dans son penchant faciès de marbre, regard fatigué, jamais aussi bien que lorsqu’il incarne un personnage coupé du monde.

Ici, il est servi. Le film se concentre en grande partie sur ce vide qui habite son personnage. Et logiquement, l’acteur trouve l’un de ses meilleurs rôles de la décennie qui s’ouvre (et d’une grande partie de la précédente), retrouvant l’intensité qui était la sienne au début de sa carrière. Shyamalan renoue aussi avec le duo des opposés qu’il formait déjà avec Samuel L. Jackson dans Die Hard 3 (alors l’un de ses derniers très bons films). Dans un esprit différent, certes, mais il y a sans doute un truc à creuser là-dedans. L’emphase de Jackson est en tout cas un contrepoint parfait aux airs dépressifs de Willis…

Shyamalan n’a pas toujours été un cinéaste d’une immense finesse. Ici, il réussit de très scènes intimistes, offrant une belle vision d’un couple en crise. Même si son rôle se limite à quelques scènes, Robin Wright apporte une belle intensité à cette épouse que Bruce n’a plus le cœur d’aimer. Le portrait d’un homme qui se rouvre à son entourage quand il apprend à connaître sa nature profonde. Qui se trouve être celle d’un super-héros.

Trois enterrements (The Three Burials of Melquiades Estrada) – de Tommy Lee Jones – 2005

Posté : 7 juin, 2019 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 2000-2009, JONES Tommy Lee, WESTERNS | Pas de commentaires »

Trois enterrements

Tommy Lee Jones passe derrière la caméra, et il signe un film à son image. Brut, humaniste, sombre, et terriblement Américain. Un film formidable, en fait, qui n’aurait pu être tourné par personne d’autre, et nulle part ailleurs. Ce qui, en soit, est un sacré compliment. Rajoutons en un autre : Tommy Lee Jones, acteur central de son film, est absolument formidable. Il a d’ailleurs obtenu le prix d’interprétation à Cannes pour ce rôle. Mérité.

Le voilà donc en vieux cow-boy (contemporain) qui kidnappe le policier des frontières qui a tué (par accident) son ami mexicain. Le duo improbable déterre la victime, histoire de lui faire passer la frontière, de l’enterrer dans le village où il a laissé sa famille, et possiblement de venger la mort de ce type bien. Et c’est un mouvement lent et terrible qui se met en branle, à travers des paysages désolés, croisant des êtres comme en suspens entre la vie et la mort.

Pour son premier film, Jones ne choisit pas le côté glamour du film de genre. Son étrange western moderne est une sorte de récit initiatique, de long voyage dans le tréfonds des âmes de ses personnages. Un voyage à la construction savante, plein d’allers-retours temporels et géographiques (sur un scénario également récompensé à Cannes). L’acteur et réalisateur est formidable, donc. Mais il lui fallait aussi un contrepoint à la hauteur, et Barry Pepper se révèle exceptionnel, sale type pathétique et détestable, que l’on se prend à prendre en pitié tant il tombe bas.

Cette frontière mexicano-américaine, Jones en fait d’ailleurs une sorte de purgatoire, pour des êtres sans perspective. La (belle) femme du policier-tueur se livre à la seule amie qu’elle a pu se faire dans ces contrées hostiles, où les rares femmes sont des versions monstrueuses et désespérément seules d’elle-même : « Nous étions tous les deux très populaires au lycée. » Une simple phrase qui sonne tragiquement dans la réalité du moment.

Les femmes sont le plus souvent en retrait dans cette histoire, mais Jones ne les sacrifie pas pour autant, soulignant justement leur côté sacrificiel, annonçant ainsi le thème central de son second film, The Homesman. Deux films seulement, et déjà un univers d’une extrême cohérence. Et d’une extrême noirceur, même s’il y a dans cet opus inaugural un certain espoir, une certaine foi. Pas en un monde meilleur sans doute, mais au moins à la possibilité d’une pénitence.

Arrête-moi si tu peux (Catch me if you can) – de Steven Spielberg – 2002

Posté : 17 avril, 2019 @ 8:00 dans 2000-2009, SPIELBERG Steven | 1 commentaire »

Arrête-moi si tu peux

Avec son beau générique hommage à Saul Bass (signe par deux Français, Florence Deygas et Olivier Kuntzel), Arrête-moi si tu peux s’annonce comme une pure fantaisie, une récréation pour Spielberg après quelques films très sombres, à laquelle le cinéaste apporte son art du récit, du rythme et de l’image.

Et sur ce plan, c’est une assez jolie réussite, pleine d’inventivité dans la mise en scène. « Assez jolie », parce que quand même, Spielberg a déjà fait mieux dans le registre du mouvement perpétuel qui anime ses personnages, lancés ici dans une sorte de jeu du chat et de la souris à travers les Etats-Unis (et un peu la France) et les années. C’est le thème du film, mais ce mouvement n’a pas la folie des Aventuriers de l’Arche perdue, par exemple.

Le film est beau, pourtant, et cette beauté réside ailleurs. Pas dans la légèreté apparente, mais dans un thème typique du cinéma de Spielberg : le rapport au père. Spielberg fait de Frank Abagnale Jr. (le « Jr. » est important), interprété par Leonardo Di Caprio, un jeune homme qui court littéralement après son père (Christopher Walken), et après sa jeunesse qui a explosé avec le départ de sa mère (Nathalie Baye).

Franck Abagnale Jr. est un personnage bien réel, qui a été l’un des plus grands faussaires de son époque, amassant des fortunes dans les années 1960 en se faisant passer pour un pilote de ligne, pour un chirurgien… Spielberg en fait un gamin touchant et pathétique, un jeune homme qui se berce d’illusion, tout ce qu’il fait n’ayant qu’un but : retrouver ce paradis perdu de l’enfance.

Bercé d’illusion, comme le montre cette magnifique scène où Franck supplie son père d’agir en tant que père, et de lui dire d’arrêter cette vie de mensonges. Mais le père lui-même court après ses rêves envolés, et semble revivre à travers ce fils qui attire tous les regards, comme le soldat qu’il fut pendant la guerre avait été acclamé par les villageois français en 1944…

Très réussi aussi, le rapport, à distance une bonne partie du film, entre Franck et Carl, l’agent du FBI triste comme la mort, génialement interprété par Tom Hanks. Ce dernier devient contre toute attente une sorte de père de substitution, en tout cas un refuge rigoureux dans la quête de Franck. Une quête pas si légère, donc…

Gran Torino (id.) – de Clint Eastwood – 2008

Posté : 2 avril, 2019 @ 8:00 dans 2000-2009, EASTWOOD Clint (acteur), EASTWOOD Clint (réal.), POLARS/NOIRS | Pas de commentaires »

Gran Torino

Lorsque Clint Eastwood a commencé le tournage de Gran Torino, une rumeur persistante voulait que l’acteur y renoue avec son personnage de Dirty Harry, abandonné vingt ans plus tôt. L’ex-inspecteur Callahan contraint de sortir de sa retraite paisible? La présence de la Ford Gran Torino, voiture mythique des années 70 (c’est celle de Starsky et Hutch) semblait renforcer cette hypothèse.

Et puis non. Mais la parenté est, quoi qu’on en dise, indéniable entre Harry et Walt Kowalski, vétéran de la guerre de Corée hanté par la violence de son passé. Un homme rude, taiseux et direct, dont les paroles ouvertement racistes ne sont qu’une façade, et qui a une certaine propension à sortir les armes. Cela étant dit, Walt et Harry, pas même combat.

Kowalski est un type qui ne demande rien à personne, si ce n’est qu’on le laisse siroter ses bières sur le porche de sa petite maison, en admirant sa Gran Torino impeccablement lustrée fièrement garée le long de sa pelouse. Une image très Américaine et très eastwoodienne, qui s’inscrit dans la longue évolution de son personnage des années 70 jusqu’au tout récent La Mule.

L’humaniste du type, son côté réac, la violence qu’il trimbale comme un boulet… C’est tout un pan de la culture américaine des Etats ruraux que symbolise Eastwood, ici d’une manière plus marquée peut-être que dans la plupart de ses autres films. On pourrait se sentir exclu, ou être agacé devant des valeurs qui peuvent sembler d’un autre temps. Mais il y a une telle sincérité là-dedans qu’on est séduit par ce baroud d’honneur plein de panache.

Eastwood aime ses personnages : ce vieux Kowalski, dont il fait une sorte de dinosaure grognant la moitié de ses répliques, mais aussi et surtout cette famille Hmong qu’il va aider à échapper à la violence des gangs, et même ce jeune prêtre à peine sorti du séminaire dont on croit d’abord, à tort, qu’il va se faire un plaisir de le ridiculiser. Eastwood se moque du politiquement correct, mais s’impose comme un cinéaste humaniste, dans la lignée d’un John Ford.

Et puis il y a ce thème récurrent du cinéma de Clint Eastwood, dont il est lui-même la meilleure incarnation : le vieillissement, son propre vieillissement, qu’il ne cesse de mettre en scène, sans complaisance, mais sans rien cacher non plus de la faillite du corps et du poids des souvenirs et des regrets. Gran Torino est en cela l’un de ses films les plus personnels, qui condense une grande partie de ses obsessions.

Jusqu’au générique final, où l’on entend la voix éraillée et fatiguée de Clint entonner la chanson « Gran Torino » (qu’il a co-écrite avec son fils Kyle et Michael Stevens), bientôt reprise par la voix pure et jeune de Jamie Cullum. Comme un écho de Honkytonk Man. Bouleversant.

Les Enquêtes de l’inspecteur Wallander : le guerrier solitaire (Wallander : Sidetracked) – de Philip Martin – 2008

Posté : 25 février, 2019 @ 8:00 dans * Polars européens, 2000-2009, MARTIN Philip, TÉLÉVISION | Pas de commentaires »

Les Enquêtes de l'inspecteur Wallander le guerrier solitaire

Ça m’a pris comme ça, après avoir lu l’excellent roman de Mankell : l’envie de voir si ce téléfilm était fidèle à l’œuvre originelle. Alors ? Oui et non. Et nous voilà bien avancés…

On reprend donc l’intrigue imaginée par le romancier suédois, ces meurtres successifs commis à coups de petite hachette, sans liens apparents entre les victimes. La scène d’ouverture aussi : le héros Kurt Wallander qui insiste impuissant au suicide d’une très jeune fille qui s’immole par le jeu dans un vaste champ de colza. Et on n’hésite pas à prendre d’importantes libertés avec la conclusion. C’est pas dramatique, mais c’est dommage.

Peu importe, en fait. Visuellement, c’est propre et assez terne, loin en tout cas du pouvoir d’évocation de Mankell. Bref, ce n’est pas déshonorant, pas plus que ça ne rend vraiment hommage au roman. Mais il y a Kenneth Branagh, lourdement fatigué, qui est la raison d’être de ce téléfilm, premier épisode d’une série qui durera quatre saisons (au rythme de trois épisodes par an), et au cours de laquelle Branagh excellera.

La tristesse et la douleur lui vont parfaitement bien. Tant mieux : c’est lui, avec son pas fatigué, sa carcasse qu’il semble avoir un mal fou à bouger, son regard douloureux, sa sensibilité à fleur de peau, qui donne le ton et le rythme du film. Sa première raison d’être, oui.

Space Cowboys (id.) – de Clint Eastwood – 2000

Posté : 19 février, 2019 @ 8:00 dans 2000-2009, EASTWOOD Clint (acteur), EASTWOOD Clint (réal.) | Pas de commentaires »

Space Cowboys

Clint Eastwood dans l’espace ? Personne ne l’avait vu venir, tant l’univers de la conquête spatiale, ou même des effets spéciaux en général sont éloignés des préoccupations habituelles du cinéaste, qui avait juré vingt ans plus tôt, après la galère de Firefox, qu’il ne toucherait plus à un sujet demandant autant d’effets spéciaux. Autant dire que ce retour aux affaires était pour le moins inattendu.

Et quand on l’a vu, on a compris : ce qui intéresse Eastwood dans le scénario de Space Cowboys, ce n’est pas le dernier tiers, dans l’espace. Cette ultime partie, bien foutue et très efficace, est d’ailleurs relativement convenue et sans grande surprise. Non, ce qui l’intéresse, c’est un thème qui occupe déjà une grande partie de son cinéma depuis un bon moment : la vieillesse, sa propre vieillesse.

C’est tout le sujet du film : comment quatre septuagénaires qui avaient fait partie des pionniers de la conquête spatiale mais n’avaient jamais eu l’occasion de quitter l’atmosphère de la Terre, ont enfin une chance de partir dans l’espace, quarante ans plus tard. Un sujet que la récente mission de John Glen rendait plausible en ce début des années 2000, et dont Eastwood, contre toute attente, tire une réjouissante comédie, le plus joyeusement léger (au moins dans les deux premiers tiers) de tous les films qu’il a réalisés.

Cinéaste d’habitude plutôt grave, Eastwood révèle un talent insoupçonné par la comédie pure. On le savait apte à mettre en scène sa propre décrépitude physique, mais jamais il ne l’avait fait avec un tel sens de l’autodérision, bien aidé par ses trois acolytes qui s’amusent avec autant de plaisir manifeste que lui des ravages du temps : James Garner (que Clint avait déjà côtoyé plus de quarante ans plus tôt dans un épisode de Maverick), Donald Sutherland (irrésistible en papy dragueur, qui retrouve Clint trente ans après De l’or pour les braves) et Tommy Lee Jones (trop jeune pour le rôle, mais l’alchimie avec Clint est parfaite).

La longue partie consacrée à l’entraînement des quatre « space cowboys » est la raison d’être du film : James Garner incapable de se redresser sans l’aide de ses amis, Donald Sutherland sortant des lunettes aux verres épais de deux centimètres… Clint Eastwood filme les rides et les cous flasques avec un plaisir réjoui qui donnerait presque envie d’être vieux plus rapidement. C’est en tout cas absolument irrésistible.

Space Cowboys est un jalon particulier dans la filmographie d’Eastwood, mais c’est un jalon qui n’en est pas moins cohérent, et qui porte constamment la marque de son réalisateur : avec la petite musique (signée Eastwood lui-même) qui résonne dès les premières images du film, avec les face à face intenses et pleins de chaleurs qu’il s’offre avec Tommy Lee Jones, et surtout avec ce long silence qu’il filme à la toute fin du film, l’une de ces pauses anormalement longues que lui seul se permet, et qui procure une immense émotion.

Meurs un autre jour (Die another day) – de Lee Tamahori – 2002

Posté : 4 février, 2019 @ 8:00 dans * Espionnage, 2000-2009, ACTION US (1980-…), James Bond, TAMAHORI Lee | Pas de commentaires »

Meurs un autre jour

Du bon et du beaucoup moins bon, pour ce Bond officiellement estampillé n°20. Et ce contraste apparaît dès l’incontournable séquence d’ouverture, à la fois poussive et éphémèrement grotesque (l’arrivée en surf ? vraiment ?), et aussi assez maline : comment répondre à la question brûlante que personne ne se pose vraiment… mais où donc était James Bond le 11 septembre 2001 ?

Il était donc dans une prison de Corée du Nord, où il est resté plus d’un an, subissant interrogatoires et tortures avant d’être échangé contre un autre prisonnier politique. Une entrée en matière particulièrement sombre et audacieuse, qui semble répondre aux aspirations de Pierce Brosnan d’incarner un Bond plus intense, plus noir, plus brut.

Las… La suite lorgne d’avantage du côté de Roger Moore que de Sean Connery, même si ce vingtième opus multiplie les clins d’œil aux premiers films de la saga : Halle Berry qui sort de l’eau comme Ursulla Andress quarante ans avant elle bien sûr, mais aussi le laser et le siège éjectable de Goldfinger. Mais ce qui domine, c’est un humour bon enfant, des dialogues à double-sens d’une lourdeur affligeante, et une surenchère qui, loin de constituer un sommet, représentera une fin de règne bien involontaire pour le pauvre Pierce.

Ultime image de cette surenchère malheureuse : la voiture invisible, sommet de « what the fuck » qui symbolisera rétrospectivement l’impasse de la logique dans laquelle s’enfermait 007, qui aboutira à l’éviction de Brosnan (qui méritait mieux), et au premier vrai reboot de la série, avec Casino Royale. Cette voiture invisible est bien sûr totalement ridicule, mais colle parfaitement à l’esprit de la séquence finale, climax se déroulant dans un palais de glace où Bond affronte des méchants artificiels, qui forcément manque totalement d’humanité et de profondeur.

Et ce n’est pas la prestation incroyablement transparente de Halle Berry, qui se contente d’être belle (pour ça, elle n’a pas grand-chose à faire) sans rien apporter à son personnage, pseudo-alter ego féminin de 007. « Une belle vue », comme le répète Bond dès qu’elle apparaît. Pas plus que celle de Rosamund Pike, très jolie et très froide dans le rôle d’une James Bond Girl très jolie, et très, très froide. Bond est décidément le plus misogyne de tous nos héros, éternellement entouré de belles plantes qui n’incarnent rien. Dommage.

Finalement, le rôle féminin le plus marquant serait presque celui de Madonna, plus convaincante dans son minuscule rôle (une apparition clin d’œil en maîtresse d’escrime, rien de plus) que dans son interprétation de la chanson de générique, très électro et déjà très datée.

De ce grand spectacle outrancier et glacé, on sort avec le sentiment d’un gâchis, pour le spectateur et pour Pierce Brosnan, dont on ne dira jamais assez à quel point sa classe naturelle correspondaient parfaitement à l’idée qu’on se faisait du plus célèbre des agents de sa majesté. Une idée que, après ces excès pas franchement assumés, il fallait absolument redessiner. Et c’est l’ère de Daniel Craig qui s’ouvre…

Get Carter (id.) – de Stephen T. Kay – 2000

Posté : 26 janvier, 2019 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 2000-2009, KAY Stephen T., STALLONE Sylvester | Pas de commentaires »

Get Carter

Je ne dis pas que ce film est bon, ni même qu’il y a quelque chose à y sauver. A vrai dire, je serais tenté de dire l’inverse : si, sur le principe, on peut trouver une certaine excitation à voir Stallone dans un remake de ce petit classique hard boiled des seventies, tous les parti-pris sont simplement catastrophiques.

Bref, je ne dis pas que Get Carter est réussi, je dis juste qu’il est un maillon incontournable si on veut appréhender correctement la carrière hors normes de Stallone. Je ne dis d’ailleurs pas qu’il faut l’appréhender correctement. Juste que j’en ai envie.

Après les échecs (injustes, comme j’ai déjà eu l’occasion de l’écrire) de Daylight et Copland, Stallone sait qu’il doit se renouveler. Il le croit, en tout cas : quelques années plus tard, c’est en revenant à ses personnages fétiches qu’il finira par sortir de l’ornière. Son inspiration, en l’occurrence, est assez évidente : c’est du côté du Payback avec Mel Gibson que Stallone lorgne. Pourquoi pas.

Sauf que le film est aussi indispensable pour comprendre une bonne fois pour toutes l’importance d’un réalisateur aux commandes d’un film. Zooms utilisés à l’excès, plans désaxés, montage syncopé… Tout l’attirail lourdingue du réalisateur de bouses est réuni pour faire de ce film… eh bien une bouse. Ajoutez des dialogues lourdingues (« still pretty ? – yeah, like cat pee on the snow »).

Qu’est-ce qu’il reste ? Ben pas grand-chose. Pour l’anecdote : juste les retrouvailles de Stallone et Michael Caine, le Carter original qui avait autrement plus de classe, vingt ans après s’être donnés la réplique dans A nous la victoire, devant la caméra de John Huston. Ce n’était peut-être pas un chef d’œuvre, mais c’est un peu plus glorieux sur un CV.

Johnny English (id.) – de Peter Howitt – 2003

Posté : 28 novembre, 2018 @ 8:00 dans 2000-2009, HOWITT Peter | Pas de commentaires »

Johnny English

Qu’il découvre le goût particulier d’un oursin dans un restaurant japonais, ou qu’il sorte d’un conduit d’évacuation couvert de merde en lançant un « Voyons, ce n’est que du caca! », il ne perd jamais une dignité inattendue, ce Johnny English, copie un rien dégradée de 007. Une copie forcément très maladroite : lorsqu’il tente de faire comme son modèle qui ne ratait jamais le porte-manteau en lançant son chapeau, lui passe à un bon mètre de sa cible et balance son pardessus à travers la fenêtre ouverte.

Johnny English, c’est l’autre personnage de Rowan Atkinson, éternel Mr. Bean, qui prouve que son talent comique passe aussi par le langage. Même s’il n’est jamais si drôle que lorsqu’il se contente de lâcher une flûte de champagne et de casser le pied de la suivante, en l’arborant avec toujours cette dignité qui ne le quitte pas. Ou lorsque sa cravate se prend dans un passe-plats automatique. Ou qu’on le voit piétiner le cercueil d’un vrai défunt pensant mettre la main sur des truands.

Non, Johnny English ne révolutionne pas le cinéma comique, pas plus qu’il n’invente quoi que ce soit. Tout est très attendu : dès que l’on voit un faux archevêque dévoiler un tatouage sur ses fesses, on comprend que notre espion maladroit finira par déculotter le vrai archevêque en public et à se couvrir de honte. Toujours à côté de la plaque, comme lorsqu’il saute en parachute sur le mauvais building. Mais avec dignité, toujours.

Il n’y a à vrai dire qu’une seule raison d’être à ce film : Rowan Atkinson, qui est de toutes les scènes, et l’unique ressors comique de l’entreprise. Amplement suffisant d’ailleurs : même si son personnage d’agent triple zéro est un rien plus convenu que son alter ego Mister Bean, il reste franchement irrésistible. Et le reste ? Natalie Imbruglia est bien jolie, et John Malkovich est comme toujours : insupportablement prétentieux en surjouant un accent français à couper au couteau. Même dans une comédie aussi potache, il lui faut en rajouter des tonnes dans le registre « je suis un grand acteur de composition ». Hélas.

Jurassic Park 3 (id.) – de Joe Johnston – 2001

Posté : 24 octobre, 2018 @ 8:00 dans 2000-2009, FANTASTIQUE/SF, JOHNSTON Joe | Pas de commentaires »

Jurassic Park 3

Avec le premier Jurassic Park, mais aussi avec sa suite mal aimée, Steven Spielberg avait continué sa révolution en profondeur du cinéma populaire, entamée dès la fin des années 70. Sur un thème proche des Dents de la mer, mais aussi de Rencontres du 3e type, il signait de grands films de monstres, mêlant inspirations à l’ancienne (l’ombre de King Kong planait, omniprésente) et effets spéciaux novateurs et spectaculaires.

Avec ce troisième volet, Joe Johnston n’invente rien, ne crée rien, se contente la plupart du temps de citer Spielberg jusqu’à reprendre des plans, voire des séquences entières des deux premiers films. Mais au final, c’est ce manque total d’ambition qui finit par conférer au film un certain charme.

Le charme des petites productions d’autrefois, qui ne se prenaient pas pour autre chose que ce qu’elles étaient. Et c’est exactement ce que l’on peut dire de ce Jurassic Park 3, qui déroule gentiment ses scènes effrayantes sans vrai suspense. On connaît le héros (Sam Neill, rescapé du premier film), on sait d’avance qui va mourir et qui va s’en sortir. Et on n’est ni surpris, ni déçu.

Joe Johnston, au moins, ne se prend pas la tête. Il sait que l’effet de surprise du premier film ne peut pas se renouveler : il ne surjoue donc pas le choc de l’apparition des dinosaures. Il sait que le spectateur a vu suffisamment de films plus ou moins inspirés de celui de Spielberg : il se débarrasse des morts évidentes dès les premières minutes sur l’île des dinos.

Dégraissé au maximum, le film se contente d’enchaîner les séquences gentiment effrayantes, avec finalement peu d’idées (à l’exception d’une utilisation maligne et séduisante de la brume dans deux séquences clés, les meilleures du film), mais une vraie efficacité. Et le générique de fin arrive à peine une heure vingt après le début du film, suffisamment tôt pour éviter tout ennui, ou toute tentation de se prendre au sérieux. Bon choix.

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