Wake up Dead Man : une histoire à couteaux tirés (Wake up Dead Man : A Knives Out mystery) – de Rian Johnson – 2025
Enfin un peu d’enthousiasme, dans cette série qui, jusqu’à présent, avait tout du plan de retraite pépère pour Daniel Craig, et qui sort enfin de son agréable ronron pour proposer quelque chose d’un peu plus consistant que A couteaux tirés et Glass Onion.
La base n’a pas foncièrement changé : un meurtre impossible, un lieu clos, autant de suspects que de personnages (dont Glenn Close, Jeremy Renner et Kerry Washington), et un célèbre détective très sûr de son talent au milieu. Du Agatha Christie mâtiné de Sherlock Holmes, qui reste le cœur de ce Wake up Dead Man aussi rigolard que plein de surprises.
Ce n’est pas le meurtre lui-même qui fait la différence : un prêtre aux méthodes discutables (Josh Brolin, verbe haut et regard gourmand) poignardé dans son église en pleine messe, alors qu’il était seul dans une petite pièce sans autre issue que le chœur. Un crime impossible, donc, pour reprendre le terme de Benoît Blanc, le détective qu’incarne Daniel Craig.
Ce dernier ne rentre réellement en scène qu’au bout d’une quarantaine de minutes, déplaçant d’emblée le centre d’intérêt du récit vers le suspect évident (et donc innocent, ce qui ne fait aucun doute) : le jeune prêtre idéaliste, ancien mauvais garçon, qui vient d’arriver dans la paroisse, se heurtant à une sorte de secte unie autour de son aîné.
Le jeune prêtre, c’est Josh O’Connor, réjouissant dans ce rôle central, qui en fait un acteur plus qu’à suivre. On le reverra d’ailleurs en 2026 tenant le haut de l’affiche des nouveaux films de Kelly Reichardt (The Mastermind) et Steven Spielberg (Disclosure Day). Donc oui, c’est son année. Et le tandem qu’il forme avec Daniel Craig (tout en dérision… son « Scoo-bi-doo-bi-doo » est irrésistible) est un formidable moteur pour ce film à la fois drôle et intense.
Rian Johnson n’est certes pas le cinéaste le plus porté sur les nuances : le jeu très appuyé sur les lumières dans l’église, qui plongent le mécréant Daniel Craig dans l’obscurité, puis illumine le prêtre habité par sa foi… hmmm… Mais ce troisième Knives Out est, de loin, le plus réussi de la série, un divertissement stimulant et ludique qui s’amuse de ses propres codes.









