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Archive pour la catégorie '2020-2029'

Wake up Dead Man : une histoire à couteaux tirés (Wake up Dead Man : A Knives Out mystery) – de Rian Johnson – 2025

Posté : 12 février, 2026 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 2020-2029, JOHNSON Rian | Pas de commentaires »

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Enfin un peu d’enthousiasme, dans cette série qui, jusqu’à présent, avait tout du plan de retraite pépère pour Daniel Craig, et qui sort enfin de son agréable ronron pour proposer quelque chose d’un peu plus consistant que A couteaux tirés et Glass Onion.

La base n’a pas foncièrement changé : un meurtre impossible, un lieu clos, autant de suspects que de personnages (dont Glenn Close, Jeremy Renner et Kerry Washington), et un célèbre détective très sûr de son talent au milieu. Du Agatha Christie mâtiné de Sherlock Holmes, qui reste le cœur de ce Wake up Dead Man aussi rigolard que plein de surprises.

Ce n’est pas le meurtre lui-même qui fait la différence : un prêtre aux méthodes discutables (Josh Brolin, verbe haut et regard gourmand) poignardé dans son église en pleine messe, alors qu’il était seul dans une petite pièce sans autre issue que le chœur. Un crime impossible, donc, pour reprendre le terme de Benoît Blanc, le détective qu’incarne Daniel Craig.

Ce dernier ne rentre réellement en scène qu’au bout d’une quarantaine de minutes, déplaçant d’emblée le centre d’intérêt du récit vers le suspect évident (et donc innocent, ce qui ne fait aucun doute) : le jeune prêtre idéaliste, ancien mauvais garçon, qui vient d’arriver dans la paroisse, se heurtant à une sorte de secte unie autour de son aîné.

Le jeune prêtre, c’est Josh O’Connor, réjouissant dans ce rôle central, qui en fait un acteur plus qu’à suivre. On le reverra d’ailleurs en 2026 tenant le haut de l’affiche des nouveaux films de Kelly Reichardt (The Mastermind) et Steven Spielberg (Disclosure Day). Donc oui, c’est son année. Et le tandem qu’il forme avec Daniel Craig (tout en dérision… son « Scoo-bi-doo-bi-doo » est irrésistible) est un formidable moteur pour ce film à la fois drôle et intense.

Rian Johnson n’est certes pas le cinéaste le plus porté sur les nuances : le jeu très appuyé sur les lumières dans l’église, qui plongent le mécréant Daniel Craig dans l’obscurité, puis illumine le prêtre habité par sa foi… hmmm… Mais ce troisième Knives Out est, de loin, le plus réussi de la série, un divertissement stimulant et ludique qui s’amuse de ses propres codes.

Le Monde après nous (Leave the world behind) – de Sam Esmail – 2023

Posté : 11 février, 2026 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 2020-2029, ESMAIL Sam, FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

Le Monde après nous (Leave the world behind) – de Sam Esmail – 2023 dans * Thrillers US (1980-…) 55055593303_5c8715bf05_z

La fin du monde n’est pas un thème foncièrement nouveau au cinéma (spécialement américain). Mais il a le vent en poupe en cette période si propice à l’espoir, à la joie et à l’allégresse. Y compris sur Netflix où, avant l’excellent et guère optimiste House of Dynamite (et après l’excellent et guère optimiste Don’t look up), il y avait déjà Le Monde après nous, plutôt très réussi aussi, et pas plus optimiste.

Ecrit et réalisé par le créateur de la série Mr. Robot (que je n’ai pas vue), le film se révèle aussi impressionnant que malin, glissant derrière les apparences un rien clinquante du film apocalyptique une vraie réflexion sur notre rapport à la technologie, et notre dépendance à la connexion.

Ce n’est pas tout à fait nouveau : le geste final de Snake Plissken dans Los Angeles 2013 relevait déjà de cette interrogations. Mais le moins que l’on puisse dire, c’est que les temps ont changé. Et ce qui était jouissif au milieu des années 1990 provoque un malaise profond qui touche même les moins addicts aux réseaux (je ne le suis pas), titillant les neurones avec cette question : comment s’est-on enfermé dans une telle dépendance ?

L’angoisse prend ici des formes souvent bien peu spectaculaires : un écran de tablette qui se fige, une télévision qui n’offre que de la « neige », des lumières qui s’éteignent… Et c’est ainsi que ce qui devait être un séjour salvateur pour une famille presque normale (presque, parce qu’il faut voir la gueule de la maison qu’ils ont louée) éprouvant le besoin de se couper du monde, se transforme bien vite en un cauchemar… effectivement coupé du monde.

Le couple en question a d’ailleurs de la gueule : Julia Roberts et Ethan Hawke, qui voient arriver dans la maison qu’ils ont loué le propriétaire de ladite maison, que joue Mahershala Ali, avec sa fille. Un casting qui claque donc, auquel il faut ajouter la participation de Kevin Bacon dans le rôle court mais intense d’un survivaliste bien barré.

Alternant ces petits signes anodins et des passages plus spectaculaires (l’échouage d’un pétrolier, le crash d’un avion), Le Monde après nous installe le cauchemar par petites touches, en n’adoptant les points de vue que de ces quelques personnages réunis dans une (grande) maison et sans le moindre contact avec le monde extérieur. Un parti pris fort qui nous place dans la même situation que les personnages, avec les mêmes doutes, et la même absence de réponse.

Malgré quelques mouvements de caméra un peu trop tape-à-l’œil qui nuisent à la fluidité du récit (des travellings verticaux à travers les étages de la maison, qui rappellent les excès du David Fincher de Panic Room), Sam Esmail maîtrise parfaitement la montée de l’angoisse et l’émotion. Il réussit à apporter du neuf à un thème qu’on croyait usé jusqu’à la corde, ce n’est pas rien.

The harder they fall (id.) – de Jeymes Samuel – 2021

Posté : 10 février, 2026 @ 8:00 dans 2020-2029, SAMUEL Jeymes, WESTERNS | Pas de commentaires »

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Côté scénario, rien que du très classique, voire basique : un hors-la-loi veut se venger de l’homme qui a abattu ses parents devant ses yeux lorsqu’il était enfant. Seule particularité apparente : tous les personnages sont noirs dans ce western qui vise à redonner leur place à ceux qui ont été largement gommés du tableau dans les westerns traditionnels.

De ce matériau guère original, Jeymes Samuel, dont c’est le premier long métrage, tire un film pop, fun et violent, qui doit tout ou presque à son admiration très visible pour Tarantino, dont il a assimilé une bonne partie de la manière : stylisation extrême, violence exacerbée, cool attitude et bande musicale en forme de juke box anachronique et imparable. Sans doute pas un hasard si c’est Lawrence Bender qui produit, lui qui fut le producteur historique de QT.

Et comme Tarantino, Samuel pioche dans l’histoire du cinéma des tas d’influences plus ou moins évidentes : un plan nocturne et boueux qui rappelle le Django de Sergio Corbucci, le décor qui est celui de Silverado, sans oublier des emprunts aux chefs d’œuvre de Leone, particulièrement les débuts de Il était une fois dans l’Ouest et Le Bon, la brute et le truand.

Le côté fun est souvent réjouissant, porté par des acteurs qui se donnent à fond : Jonathan Majors et Delroy Lindo (qui furent père et fils dans Da 5 Bloods l’année précédente) côté « gentils », Regina King et Idris Elba côté méchants. Un peu plombé par moments par une certaine complaisance très tendance pour la violence, et par un gunfight final un peu trop mécanique et désincarné.

Mais le trip est plutôt réjouissant, et s’offre même quelques petits moments d’émotion inattendus dans ce monde de sauvagerie, notamment un final porté par un Idris Elba formidable, loin du face à face annoncé depuis le début du film.

Da 5 Bloods : Frères de sang (Da 5 Bloods) – de Spike Lee – 2020

Posté : 7 février, 2026 @ 8:00 dans 2020-2029, LEE Spike | Pas de commentaires »

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Aussi ambitieux que personnel, ce film de guerre d’après-guerre prend le risque de brouiller constamment les pistes, comme souvent chez Spike Lee, qui oscille entre le premier degré et l’ironie macabre, pour ce qui ressemble fort à une fable à sa manière. Où, bien au-delà de la guerre du Vietnam, c’est la place des noirs dans la société américaine qui est le sujet central.

Le récit est contemporain. Quatre vétérans noirs américains sont de retour au Vietnam pour honorer une promesse faite bien des années auparavant : retrouver et ramener au pays la dépouille de leur ami tombé au combat, et dont le fantôme ne cesse de hanter l’un d’eux. Du moins est-ce la raison qu’ils présentent. Parce que ce qu’ils recherchent aussi, c’est la cargaison d’or qu’ils avaient enfouie durant la guerre avec l’espoir de revenir la récupérer après le conflit.

Il s’est passé bien plus de temps que prévu avant qu’ils honorent leur promesse d’alors. Suffisamment de temps pour que l’amertume se soit imposée, pour que tous se retrouvent sans grande illusion, et à l’heure du bilan, face à leur certitude de s’être battu pour un pays qui ne les a jamais totalement intégré.

Le récit est émaillé de flash-backs qui révèlent peu à peu le mystère de ce qui s’est vraiment passé lors de la guerre. Flash-backs pour lesquels Spike Lee prend le même parti-pris que John Ford avec le personnage de James Stewart dans L’Homme qui tua Liberty Valance : les comédiens septuagénaires incarnent sans maquillage les jeunes soldats qu’ils furent. Seul celui qu’ils ont laissé là-bas a les traits d’un jeune homme (ceux de Chadwick Boseman, tristement et ironiquement mort peu après le tournage).

Entrecoupé, aussi, d’images d’actualités évoquant la mort de Martin Luther King ou le combat des Black Panthers, le récit dépasse de loin la simple chasse au trésor, pour devenir une grande fresque sur la condition des noirs américains, tiraillés entre leur « négritude », leur attachement aux Etats-Unis, le sentiment d’être les laissés pour compte, et beaucoup d’autres zones d’intérêt (y compris le Trumpisme pour le personnage le plus fracassé qu’incarne Delroy Lindo).

C’est très sombre au fond, d’autant plus que le récit tourne peu à peu au macabre, et même à l’hécatombe. Mais plus le film s’enfonce dans la noirceur et la violence, plus Spike Lee y glisse une ironie, mordante et extrême, frôlant même la farce, particulièrement lorsque apparaissent deux personnages français : un homme d’affaires cynique (et caricatural) qu’incarne un Jean Reno monolithique, et une jeune bourgeoise engagée dans l’humanitaire que joue une Mélanie Thierry extrêmement souriante.

Spike Lee déconcerte par moments. Pourtant, même lorsqu’il pousse loin le curseur de l’excès (et même surtout là), l’émotion est présente, puissante. Et ce sentiment de révolte qui va si bien au réalisateur, qui signe son film in fine par l’un de ces plans « glissés » qui habitent tout son cinéma, face caméra, comme un clin d’œil ironique.

The Dig (id.) – de Simon Stone – 2021

Posté : 5 février, 2026 @ 8:00 dans 2020-2029, STONE Simon | Pas de commentaires »

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Voilà un très beau film, tout en sensibilité, intelligent, délicat et profondément émouvant. Ce qui n’est pas rien. Inspiré d’une histoire vraie, la découverte du site archéologique de Sutton-hoo au Royaume-Uni, The Dig brasse avec bonheur beaucoup de thèmes passionnants, autour d’un fil conducteur : le rapport à la mort et aux morts, ceux d’hier, d’aujourd’hui et de demain.

Ce pourrait être glauque, en tout cas mortifère. Mais non. Il y a dans le film de Simon Stone quelque chose de lumineux et de débordant de vie, y compris lorsque la mort est là, où lorsque les fantômes d’hier se glissent derrière les yeux, bouleversants, de ses personnages. Ralph Fiennes en archéologue amateur, ou plutôt en « excavateur », hanté par ses recherches et par le fantôme d’un enfant absent. Carey Mulligan, merveilleuse en riche héritière, hantée par sa propre disparition à venir.

Oui, ça pourrait être plombant, d’autant que l’histoire se déroule à la veille (littéralement) de la déclaration de guerre à l’Allemagne nazie, et que tous savent qu’un danger de mort plane sur chacun d’entre eux, particulièrement sur cet amour naissant entre une jeune archéologue mariée à un homme qu’elle admire mais qu’elle n’attire pas, et un jeune homme qui s’apprête à partir au front.

Le film raconte une découverte archéologique majeure : un bateau-tombe d’avant la conquête normande, mis à jour par un chercheur sans formation au grand dam des grands spécialistes du British Museum (ce qui permet aussi d’interroger notre place dans la course du temps, et la trace que l’on laisse). Mais au fond, il ne parle que des liens qui se créent, qui persistent ou qui disparaissent, du souvenir que l’on laisse.

L’intrigue se déroule sur une période courte de quelques jours, quelques semaines au maximum, dans un récit parfaitement linéaire. Pourtant, le film de Simon Stone associe le passé, le présent et le futur dans un même mouvement, dans un grand tout. L’intelligence du scénario, la délicatesse de la mise en scène, la manière de filmer les silences et d’y associer les dialogues… The Dig est une petite merveille, très british dans l’esprit mais pourtant universelle. Un vrai coup de cœur.

Avatar : de feu et de cendres (Avatar : Fire and Ash) – de James Cameron – 2025

Posté : 1 février, 2026 @ 8:00 dans 2020-2029, CAMERON James, FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

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James Cameron nous en met encore plein la vue avec le troisième volet de cette saga qui nous prive depuis si longtemps de tant d’autres films qu’aurait pu faire le réalisateur d’Abyss. Avatar : de feu et de cendres offre au spectateur tout ce qu’il attendait, et c’est bien le moins qu’on pouvait espérer. Encore que non, il manque clairement un élément, qui pourrait bien être primordial pourtant : la surprise.

Parce que oui, Avatar 3 est visuellement un film impressionnant, et pour en savoir plus, il suffit de relire ma chronique du premier ou du deuxième, vu que toutes les qualités esthétiques et techniques de celui-ci étaient déjà là. La Voie de l’Eau établissait déjà une première limite dans le cinéma de Cameron qui, pour la première fois, donnait le sentiment de recycler des idées de ses films précédents (de tous ses films précédents).

L’impression est encore plus forte ici : non seulement Cameron recycle, mais il n’apporte strictement rien de neuf. Contrairement au précédent film, De feu et de cendres ne vient pas remettre en question aucune ligne narrative, et se contente même d’être un simple prolongement du deuxième.

Quant au titre, qui laisse espérer une prédominance d’un nouvel élément, le feu, après celle de l’eau dans le précédent, il n’est qu’un prétexte pour une affiche à dominante rouge, mais se révèle bien anecdotique dans le film lui-même. Même le personnage, nouveau, joué par Oona Chaplin n’est central que dans une courte partie de ce très long métrage.

Et puis pour la première fois, Cameron est pris en flagrant délit de paresse narrative, s’offrant des facilités impardonnables dans une saga qu’il porte en lui depuis si longtemps. Deux exemples : la « trouvaille » factice (et déjà vue) pour débarrasser le personnage de Spider de son masque ; et ce rebelle humain qui fait acte d’héroïsme pour libérer Jake avant de disparaître aussi subitement qu’inexplicablement.

Le pire dans tout ça : le côté répétitif d’un récit qui se limite en grande partie à un match de foot dont Spider serait le ballon (convoité, protégé, attrapé, libéré… ça n’en finit plus!) a une fâcheuse tendance à lasser, et finit même par ennuyer copieusement. De l’ennui dans un film de James Cameron ? Voilà au moins une nouveauté…

Reedland (Rietland) – de Sven Bresser – 2025

Posté : 30 janvier, 2026 @ 8:00 dans * Polars européens, 2020-2029, BRESSER Sven | Pas de commentaires »

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Fascinant, dérangeant, malaisant… Ces trois adjectifs résument plutôt bien l’expérience que propose ce film néerlandais (qui serait absent de ce blog jusqu’à présent, s’il n’y avait Paul Verhoeven) dépouillé et entêtant.

Ce qui frappe d’abord, c’est le réalisme extrême, et la précision qui l’est tout autant, des images. A force de longs plans captant les gestes lents, répétitifs, Sven Bresser capte la rudesse de ce microcosme agricole attaché aux méthodes à l’ancienne, mais rattrapé inexorablement par une mondialisation et une modernisation qui menacent leur mode de vie, leur survie même.

Le film commence ainsi par de longues scènes précises et envoûtantes du « héros » fauchant les roseaux et les herbes hautes dans une terre au cœur de vastes marées. Et l’irruption de la menace, impalpable d’abord, et surtout : cette lisière derrière laquelle l’homme pressent le pire, plus inquiétante et dérangeante que la découverte du corps de cette jeune femme.

L’inquiétude qui plane sur le film prend donc la forme d’une enquête policière, mais sans jamais en prendre vraiment le chemin. Ce qui compte dans ce film, c’est avant tout l’image de la lisière. C’est là que se situe constamment le récit, entre les plaines ouvertes et les champs de roseaux, entre l’hyperréalisme documentaire et le fantastique horrifiant, et pour le personnage principal, entre la révolte et… l’introspection inquiétante ?

Difficile d’en dire plus sans en dire trop. Mais le malaise repose aussi sur l’opposition presque frontale entre ce que dit le scénario et ce qu’assène la mise en scène, qui instille le doute très vite. Formellement impressionnant de maîtrise, le film dérange, secoue, et ne laisse jamais de répit, avec une bande sonore totalement crispante dès la première seconde : ce n’est pas ici qu’on trouvera du confort.

Glass Onion : une histoire à couteaux tirés (Glass Onion : a Knives Out mystery) – de Rian Johnson – 2022

Posté : 29 janvier, 2026 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 2020-2029, JOHNSON Rian | Pas de commentaires »

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Toujours pas de révolution du côté de Benoît BlanC (le c se prononce, rappelons le), le nouveau personnage refuge d’un Daniel Craig en semi-retraite, qui ne faisait déjà plus grand-chose entre deux James Bond, et qui ne fait désormais plus grand-chose entre deux Knives Out Mysteries. Et l’attente (trois ans depuis A couteaux tirés, trois ans avant Wake up dead man) est assez supportable, reconnaissons-le.

On prend donc le même, et on recommence, ou à peu près. Soyons honnête : dès ce deuxième épisode, on sent chez Rian Johnson la volonté de creuser le même sillon, mais avec des variations, qui tiennent essentiellement au décor et à la lumière du film. Le décor entraînant la lumière : après l’atmosphère cossue et tamisée du premier film, l’intrigue est cette fois baignée dans la lumière éclatante d’une île grecque.

Côté originalité, on notera surtout les premières minutes qui rappellent que le film a été tourné en 2021, alors que la crise du Covid était encore là. Ce qui donne quelques images finalement rares au cinéma, en tout cas dans les films dont la pandémie n’est pas le sujet. Ce n’est pas révolutionnaire, mais assez étonnant.

Plus étonnant en tout cas que la résolution du whodunit attendu, franchement décevant, qui vient éventer tous les efforts fait par Johnson, réalisateur et scénariste qui s’évertue à exploiter à fond le côté ludique de son intrigue. Tout fait jeu sur cette île coupée du monde, où un mystérieux milliardaire (Edward Norton) a invité quelques-uns de ses (plus ou moins) proches pour une course au trésor qui tourne vite au drame.

Il y a quelques images marquantes (le « meurtre » d’Helen), beaucoup de grosses ficelles, mais un plaisir évident. Daniel Craig lui-même semble prendre beaucoup de plaisir à jouer ce détective aux antipodes de Bond, maniéré et fat à la Hercule Poirot, dont une apparition très brève de Hugh Grant vient confirmer l’homosexualité (sans que ça apporte grand-chose au truc).

Autre apparition fugitive : celle d’Angela Lansbury, pour ce qui est son ultime rôle presque quatre-vingts ans après son premier film (Hantise de Cukor, autrement plus mémorable tout de même). Une apparition qui rappelle que la saga est largement inspiré de l’œuvre d’Agatha Christy, dont Lansbury fut une Miss Marple très convenable dans Le Miroir se brisa.

Zero Day (id.) – mini-série créée par Eric Newman, Noah Oppenheim et Michael Schmidt, et réalisée par Lesli Linka Glatter – 2025

Posté : 22 janvier, 2026 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 2020-2029, DE NIRO Robert, GLATTER Lesli Linka, NEWMAN Eric, OPPENHEIM Noah, SCHMIDT Michael, TÉLÉVISION | Pas de commentaires »

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Une cyberattaque contre les Etats-Unis fait des milliers de morts, fragilise le pays, et incite la Présidente (le tournage a eu lieu à une époque où on croyait encore en la victoire à venir de Kamala Harris) à donner les pleins pouvoirs à une commission d’enquête…

Voilà de quoi alimenter un très long métrage ou quelques épisodes d’une série, a priori. Mais non : ce n’est que le début du premier épisode de cette mini-série Netflix, première incartade dans l’univers sériel d’un Robert De Niro qui renoue enfin avec des choix de carrière ambitieux.

La suite, c’est l’enquête elle-même, mais du point de vue du président de cette commission. De Niro donc, ses 80 ans élégants, son rythme. Pas vraiment un action movie, donc, et très loin du rythme trépidant d’un 24 h chrono, Zero Day assume ce parti pris d’un rythme d’antichambre, où le suspense repose la plupart du temps sur des déclarations, des échanges téléphoniques, des écrans d’ordinateur.

On imagine bien ce que Kathryn Bigelow en aurait fait. Mais l’efficacité ne fait pas vraiment partie du cahier des charges de cette mini-série qui s’attache bien plus à interroger sur les piliers de la démocratie américaine et, l’opportunité de les faire reposer sur un homme providentiel.

C’est ambitieux, c’est à moitié réussi seulement. Côté positif : c’est mené sans temps mort, avec un mystère prenant et un De Niro qui incarne parfaitement ce mélange de doutes et de certitude sur lequel repose toute l’entreprise. Côté négatif : des rebondissements finaux qui paraissent bien simplistes et peinent à convaincre.

Et puis, quitte à faire de la famille Mullen le pivot omniprésent de l’intrigue (le père De Niro, la mère Joan Allen, la fille Lizzy Caplan, sans oublier l’ancienne maîtresse, la fille illégitime et le fils de substitution), sans doute aurait-il fallu aller au bout des choses et jouer à fond la carte de la tragédie familiale shakespearienne. Ce qui n’est le cas que dans les toutes dernières minutes.

Plutôt très recommandable, quand même. Et malgré un style qui en manque (de style), Zero Day est une mini-série qui joue habilement sur la paranoïa et la question du patriotisme. Et pour De Niro un baptême du feu convainquant dans l’univers de la série.

Jay Kelly (id.) – de Noah Baumbach – 2025

Posté : 12 janvier, 2026 @ 8:00 dans 2020-2029, BAUMBACH Noah | Pas de commentaires »

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Le premier plan-séquence, extraordinaire, est aussi une fausse piste. En nous plongeant directement, et avec style, dans les coulisses très hollywoodiennes d’un tournage de film, Noah Baumbach laisse entendre qu’il nous fait ici sa Nuit américaine. L’hommage à Truffaut est d’ailleurs tellement explicite qu’il le cite nommément.

Fausse piste, donc. Après ce premier plan assez dingue, le film s’éloignera pour de bon des plateaux de tournage, pour ne plus être que le portrait d’un homme entre deux âges, dont la vie est en apparence une réussite éclatante, mais qui réalise peu à peu à quel point toute son existence n’a été tournée que vers son ambition professionnelle, au détriment de tout le reste.

Et il se trouve que cet homme entre deux âges est une star mondiale du cinéma, que joue une star mondiale du cinéma, George Clooney, cette dernière trouvant au passage l’un de ses plus beaux rôles. Il est magnifique, Clooney, dans ce rôle pour lequel il donne forcément beaucoup de lui-même, et pour lequel il dévoile une fragilité inattendue.

C’est en fait un double-portrait. Celui de cette star confrontée à sa grande solitude au cours d’un voyage en Europe où il est pourtant constamment entouré. Et celui de l’homme de l’ombre qui l’assiste au quotidien, qui l’accompagne partout… et qui sacrifie lui-même toute sa vie personnelle au profit de cet « ami » qui lui donne 15 % de tous ces gains.

Dans ce rôle évidemment bien plus en retrait (il est l’ombre, le soleil n’éclairant que la star), Adam Sandler est lui aussi formidable : deux facettes pathétiques d’un même revers de la médaille. Deux hommes qui comprennent bien tard que la gloire a un prix bien amer, au cours de ce voyage beau, cruel, bouleversant.

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